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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 15:23

    Une petite fille m’a, un jour, révélé  une histoire surprenante !

Elle s’est approchée et m’a chuchoté à l’oreille :

  •   Tu sais, j’ai rencontré trois arbres qui marchaient.
  •   Impossible lui ai-je répondu avec ma logique d’adulte.
  •   Si, je t’assure et ils m’ont  conté leur aventure.

Je me suis assise, elle est venue tout contre moi et de sa jolie voix chantante a commencé :

Il était une fois trois arbres….

Il y avait un vieux chêne, un jeune châtaignier bavard et un pin maritime haut très haut et très arrogant.

Venus de différentes directions ils se retrouvèrent dans une clairière. L’ancêtre âgé de près d’un millénaire,  quittait le parc de Vincennes, lassé des visiteurs qui sans cesse le photographiaient et lui arrachaient un bout d’écorce. Il faut dire qu’une rumeur le signalait comme étant l’arbre sous lequel Saint Louis rendait la justice, l’arbre de la sagesse. Le châtaignier,  né dans le Périgord,  avait survécu à la dernière tempête. Le hurlement du vent, les craquements sinistres, la vue de ses compagnons jetés à terre le firent frissonner. Le bruit aigu des tronçonneuses, quelques semaines plus tard, le fit fuir  ce lieu maudit. Le pin tirait gloire de n’avoir point succombé aux tornades qui sur la côte, dévastèrent les pinèdes et soulevèrent la colère de l’océan. Il ne dirait jamais que sa situation privilégiée lui assurait la vie sauve. En effet, planté derrière une habitation, il était protégé des bourrasques qui régulièrement venaient de l’ouest. Cette fois, il l’avait échappé belle ! Pour ne plus voir ce désastre il  prit  la route. 

Des jours et des jours de marche, narraient le vieillard  encore alerte, j’en ai vu des forêts !

Oh ! Moi, j’ai dévalé des montagnes, les glissades sur les pentes neigeuses, un vrai régal ! J’avais perdu mes feuilles et me sentais léger et libre. Les flocons tourbillonnaient et se posaient pour me faire une jolie parure !   

Et moi, j’allais sur les routes de France, tout le monde admirait ma ramure. Au milieu de l’hiver vous aviez tous l’air de moribonds ! Le vert de mes aiguilles, l’odeur de résine, faisaient rêver, je suis l’espoir des jours meilleurs !

Ainsi  devisaient-ils  dans la clairière où ils s’étaient rencontrés. C’était le début du printemps, les bourgeons commençaient à poindre sur les rameaux des trois compères.

  •   Voudriez-vous faire un bout de chemin avec moi ? Demanda le châtaignier qui commençait à s’impatienter.  Si nous restons là à bavarder, nous allons prendre racine et n’est-ce pas ce que nous avons refusé ?

L’ancien, en bon patriarche, réfléchit longuement.

      -  Où irons-nous? L’été, la canicule viendront dans quelques mois.

  •  Je n’ai aucunement peur de la chaleur bien au contraire !  Elle me convient et permet à mes pommes de s’ouvrir en libérant les pignons !
  • Moi, dit le chêne, j’aimerai voir la mer !
  • Et moi, j’ai des rêves de paysages lointains ! Aller dans les pays chauds,  voir les palmiers et les oliviers,  offrir mes châtaignes à ceux qui ont faim !
  • Tu es un jeune sot ! S’exclama le pin. Comment traverseras-tu la mer ? Je la connais et sais que ses vagues nous repoussent vers les terres.

La discussion dura des heures et des heures. Le ton s’éleva et il fallu toute la diplomatie du vieillard pour  éviter une séparation. Ils prirent la direction du sud. Quelques oiseaux se posèrent sur leurs branches et firent des plans pour y construire leur nid, mais quand ils revenaient, un brin de mousse dans leur bec, une mauvaise surprise les attendait : les arbres étaient repartis vers d’autres horizons.

Tout en cheminant, ils bavardaient  se racontant des histoires de forêt !  Le pin, orgueilleux comme un pou, voulait chaque fois être le meilleur, le plus fort ! L’ancêtre ne trahissait pas sa réputation d’arbre de la justice et le plus jeune les écoutait en souriant.

Au début de l’été ils stationnèrent sur une place. La ronde des saisons qui jamais ne s’arrête, avait permis au feuillage de chacun de se développer. Désormais chêne et châtaignier arboraient une parure dont la magnificence faisait envie au pin. Celui-ci cependant ne l’avouerait jamais ! Il continuait à pérorer, faisant étalage de sa soi-disant science et de ses connaissances diverses. Ses deux compagnons avaient pris la sage décision de le laisser parler et de profiter de la beauté des paysages. Installés au milieu du square, les voitures venaient se ranger sous leurs branches pour bénéficier de l’ombre rafraîchissante. Les enfants jouaient et leurs cris et jeux mettaient de la gaîté.

Ils décidèrent de faire une longue pause,  de jouir du calme et reposer leur tronc et racines. Cependant  une semaine plus tard ils recommencèrent à sentir des fourmillements dans leurs extrémités.

  •   Non, décidemment je ne suis pas fait pour l’immobilité ! décréta le plus jeune. Qui m’aime me suive ! Je repars en promenade.  

Et tels les trois mousquetaires, unis comme de bons copains et pourtant se chamaillant sans cesse, ils reprirent la route.

Leur marche les entraina vers des rivages marins. Dès qu’il sentit les effluves iodées de la mer, le pin se sentit tout chose ! Il perdit de sa superbe et se remémorant son enfance et sa vie d’avant il se prit à raconter à ses amis de belles histoires. Les écureuils qui volaient de branche en branche, les résiniers qui fendaient son écorce pour récupéraient son sang, lui laissant une cicatrice. C’était il y a bien longtemps, peut-être était-ce ses parents qui avait connu l’outrage, mais peu importe ! Les deux autres étaient sous le charme. Mais lorsque sa vanité  reprenant le dessus, il évoqua les ramasseurs de cèpes, ils rirent de bon cœur ! Que s’imaginait-il donc ? Les bolets poussent aussi dans les chênaies et les châtaigneraies ! Cependant il leur cloua le bec.

  •   Et les bidaous ? Ils élisent domicile sous vos branches ?

Silence, les deux compères ne  connaissait pas ce champignon. Il faut dire qu’on ne le trouve que dans les pinèdes qui bordent l’Atlantique !

Les échanges de souvenirs terminés, il fallait prendre une décision importante :

  •   Allons-nous rester là jusqu’à l’automne ? Le soleil qui déjà darde ses rayons ne brûlera-t-il pas nos futurs fruits ? Et quand l’hiver sera de retour, quand à nouveau se lèveront les tempêtes, comment  résisterons-nous ?
  • Je suis las de cette errance ! Je suis trop vieux pour courir le monde ! Je voulais voir « ailleurs », c’est fait, je me suis éloigné de mon parc, j’ai rencontré des amis, vous, il est temps que je choisisse le lieu de ma retraite !
  • J’ai gambadé, découvert d’autres horizons, je dois me poser quelques années pour permettre à mes châtaignes de trouver un sol adéquat et de germer pour assurer la continuité.
  • Loin de mon océan aux colères terribles, j’ai trouvé une colline d’où je pourrai admirer, de loin, la grande bleue ! 

Et c’est ainsi que les trois amis, élurent domicile sur un plateau des Corbières protégés de la tramontane. Mais de temps en temps, quand l’inaction est trop pesante, ils font une promenade et c’est au cours de l’une d’elle que Sylvie les rencontra.  Ravis de trouver une oreille attentive, ils lui contèrent leur secret.

 

à mon tour je vous le confie ......

 

                                             Nicole

 

         

 

 

 

 

 

 

 

15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 07:39

En bordure du Niger il est une ville dont le nom fait rêver : Tombouctou la mystérieuse. On raconte qu’ici, il y a bien longtemps les nomades ont confié la garde d’un puits à une vieille femme nommée Bouctou.

Venues du Sud, chargées d’or, venues du nord, lestées de plaques de sel, les caravanes y échangeaient leur cargaison. Ainsi se développa une cité marchande connue bien au-delà des 
frontières du Sahara. Depuis ces temps lointains, deux fois par an, aux abords de la fabuleuse cité s’organise  l’azalaï : 800 kilomètres  pour joindre Taouedeni ce village, couleur du sol, où dans l’ancien lac asséché, les mineurs ont remplacé les anciens forçats. Dans cet environnement hostile,  ils extraient l’or blanc réputé comme étant le meilleur sel du monde !

 Ali le père et chef du clan, vieillard au visage buriné, a fait de nombreux voyages.  Il est temps pour lui de transmettre le commandement à son aîné. Sofiane est dans la force de l’âge, il porte avec fierté le turban de la tribu.

   Les dromadaires, ici on dit les chameaux, sont bâtés. Tôt le matin, c’est le grand départ. Il faut avancer avant que les rayons de soleil ne viennent ralentir le rythme de la marche. 
Vingt jours pour traverser la hamada, plateau rocheux, et les vastes étendues de  sable du Tanezrouft. Le vent, la chaleur, l’épuisement et l’angoisse  guettent les nomades.

Le soir, au bivouac, quelques brindilles arrachées aux touffes de buisson permettent d’allumer le feu qui fera chanter l’eau dans la théière. Le jeune homme participe aux travaux, la fatigue ne se fait pas encore sentir, il pile le mil pour confectionner les galettes, les dokhns. Il est 
heureux, cette expédition est vitale pour la survie du groupe.

Le  deuxième jour les dunes se dressent devant eux,  leur franchissement n’est pas toujours facile. Le jeune homme songe aux épopées anciennes, aux risques qu’ils encourent.  Une atmosphère étrange règne sur le groupe, un nuage ocre apparaît à l’horizon: dans quelques heures le sirocco soufflera. Le vent chaud venu de l’orient qui dessèche tout sur son passage, ne les épargnera pas. Il faut  rajuster son chèche,  s’envelopper dans sa djellaba et  maintenir fermement la longe qui le relie au chameau. 
Déjà la poussière vole à la surface du sol, les bêtes sont nerveuses et ralentissent la marche. Aucune paroi rocheuse dans les environs pour se protéger, la colonne doit progresser contre le fléau et rejoindre au plus vite la prochaine halte. Sofiane connait les dangers du vent : il efface les traces, on ne retrouve plus les jalons. Ali s’approche et le réconforte :

- Ne crains rien, derrière le cordon de dunes nous pourrons nous mettre à l’abri et organiser le bivouac.

Après quelques heures de marche les voici enfin sur le lieu choisi pour la nuit. Entraver les animaux afin qu’ils ne s’enfuient affolés par la tempête, piler le mil et préparer les galettes, allumer le feu…les diverses tâches occupent les hommes.

 Ce soir toutes ces tâches répétitives sont accomplies lentement, la lassitude et la fatigue 
marquent les visages. 

Le repos est nécessaire, il faudrait dormir, pourtant Sofiane roulé dans sa couverture, observe le ciel. Le vent s’est calmé, là-haut brille l’étoile qui la nuit, leur sert de guide, saura-t-il lui aussi, se fier à elle pour conduire à son tour la tribu vers la mine ?

-   Sofiane ! Près de lui se tient une vieille femme.

-   Qui es-tu ?

-   Je suis Bouctou, la gardienne du puits et depuis des lunes et des lunes la protectrice de ton clan. Les tiens m’ont protégée autrefois, aujourd’hui c’est à moi de vous aider. Demain, quand la tempête soufflera à nouveau, quand les signes qui servent de repère auront disparu, garde courage ! Aie confiance en moi, je vous guiderai.

-   Mais comment ? Sofiane, éberlué se frotte les yeux.

Personne, la vieille femme s’est évanouie !

A-t-il rêvé ? Un rayon de lune fait scintiller un caillou blanc sur le sol. Le jeune homme le prend entre ses mains, il le caresse longuement, ses yeux se ferment, il plonge dans un profond sommeil réparateur.  

     Aux premières lueurs de l’aube, la caravane reprend la piste.

- Aw ! Aw ! Tu peux avancer !

Crie le chamelier d’une voix gutturale. Déjà la poussière vole, les grains de sable piquent les visages, la journée s’annonce périlleuse, Sofiane s’est rapproché d’Ali, il le sent tendu, fatigué, c’est un vieil homme, un chibani disent les nomades avec respect. Longtemps il a conduit l’azalai, et avant lui son père, son grand père et son arrière grand père, 
mais aujourd’hui, devant les éléments déchaînés, il est inquiet.

- Akaaba ! crie l’homme de tête, je ne vois plus les signes !

Sofiane, anxieux, presse la pierre qu’il a glissée dans sa poche. Une  incroyable audace l’envahit :
Là-bas, à l’horizon, il entrevoit le creux entre les dunes qui, tel un col, leur permettra de franchir l’erg. C’est la « passe » qu’ils cherchaient. Ses compagnons vont-ils le croire ? N’est-il pas victime d’un mirage, le péril qui guette le voyageur inexpérimenté ?

-   Père ! Père ! Regarde ! Il tend le bras, dans sa main la pierre étincelle au soleil.

Le vieillard a compris, le temps est venu pour lui de se reposer, ce sera son dernier voyage et son fils continuera la tradition.

-   Courage, aie confiance en moi ! Lui a dit Bouctou ! Il sait qu’elle est près de lui, il doit convaincre les autres. La chose est difficile, la discussion s’anime. Les propositions divergent.

-   Il s’avance et d’une voix ferme qu’il ne reconnaît pas lui-même, il indique le chemin à suivre. 

-   Tout droit ! Vite il faut traverser avant que le vent forcisse à nouveau !

 

 

En silence,  la colonne s’ébranle. Sofiane puise sa force dans le talisman donné par Bouctou.

-   Courage, aie confiance en moi ! A-t-elle dit !

Sans encombre la caravane chemine, les dunes semblent s’écarter, 
et l’ouragan se calme. Le soir au campement, le père appelle le fils :

-   Souviens-toi, il ne faut jamais douter !

Bientôt,  ils échangeront le mil contre les lourdes plaques de sel. Sur la longue route du retour, semée d’embûches, la caravane avance. Courbés par la fatigue, les yeux rougis par le soleil, les hommes suivent le jeune chef valeureux, il a mérité son rôle de meneur.

Dans quelques semaines, à Tombouctou la mythique, des danses et des cris de joie fêteront les hommes et les animaux qui ont traversé le  désert aride. 
Ils s’inclineront devant Sofiane louant son courage et son sang froid.

  •   Aie confiance en moi !  Et dans sa main brille le galet blanc.

 

29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 17:22


Dans le sud Gironde entre les rives du fleuve et le coteau, s’égrènent les villages de Saint Pierre d’Aurillac, Saint Maixent et Verdelais. C’est le pays de mon enfance, y flotte le souvenir des années école et des années collège. Pays de mes origines, il l’est aussi pour François Mauriac à Malagar. Sur la terrasse du célèbre domaine, accoudé à la balustrade, « devant cet horizon de vignes et de pins » un homme en espadrilles, chapeau de paille, un paquet de livres sous le bras : Monsieur François est de retour dans la maison familiale. Acquise par son arrière grand père, elle sera son port d’attache.
- « Au sortir de Langon, il fallait d'abord traverser la Garonne sur le vieux pont Eiffel aujourd'hui disparu. Une ligne droite, un virage à gauche sous le grand viaduc, et la montée commençait, dure … ».
- pour contempler « le plus beau paysage du monde » : le vignoble amoureusement entretenu, les raisins, grappes dorées, promesses de délices…
- « Les étés d’autrefois brûlent dans les bouteilles d’Yquem et les couchants des années rougissent le Gruaud Larose ».
- Crus de prestige, issus des terres de l’autre côté de la rivière. Le vin de chez nous est plus modeste !
- « J’ai également été « friand des restes du garde-manger », j’ai déjeuné « sur le pouce d’une carcasse, d’une tranche de confit froid, ou encore d’une grappe de raisin et d’une croûte frottée d’ail ».
Voisine d’un « grand écrivain » excite la curiosité ! Qui êtes-vous Mr Mauriac ?
- « Si jamais je survivais, je sais bien que ce ne serais pas moi, puisque même de mon vivant je ne suis pas cet homme que les autres imaginent et que je ne sais pas moi-même qui je suis. »
- Je dialoguerai donc avec vos écrits !
- « Dis moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es ; il est vrai, mais je te connaitrai encore mieux si tu me dis ce que tu relis. J’ai lu et relu vos livres : « La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté ». Avec vous j’ai cheminé dans la Lande, sous mes pieds crissaient les aiguilles de pins, je respirais avec plaisir le parfum de résine et de bruyère à Argelouse j’ai cherché Thérèse. Je l’ai aperçue sur les marches du Palais de justice de Bazas mais pourquoi n’avoir raconté que des histoires sombres ?
- Je suis « le grand maître de l’amertume… »
- Moi aussi je pourrai dire : « A vous lire, monsieur, j’ai cru que vous alliez troubler l’harmonieuse image que je garde de votre (notre) région. J’ai failli prendre la Gironde pour un fleuve de feu et la Guyenne pour un nœud de vipères… »
- Cette région, je l’ai quittée…
- A la veille de vos vingt deux ans, « deux semaines avant les vendanges à Malagar…un mois avant le passage des palombes dans le ciel de Saint Symphorien ».
- C’est Bordeaux que je quittais : « si nous fûmes mes amis et moi, si pressés de fuir notre ville c’est que nous l’emportions avec nous. »
- Bordeaux que vous considériez comme un désert culturel, Bordeaux qui vibrait pour le rugby que vous abhorriez !
- Comme tous les sports, je ne me suis jamais passionné pour ces jeux du stade !
- Seules, les corridas vous enthousiasmaient.
- « Nous redoutions, …de manquer le premier taureau »
- Provincial vous étiez, provincial et ambitieux, c’est dans la capitale que vous vouliez être reconnu, mais vous serez toujours François de Gironde. Malagar restera à jamais votre domaine et si aujourd’hui il est propriété de la région Aquitaine, c’est l’auteur du Mystère de Frontenac, du Sagouin, du Désert de l’amour qu’on vient chercher dans ces lieux devenus monument historique.
- Ma mère disait que je n’aurai jamais mon buste dans la préfecture !
- Votre buste, je ne sais mais une route porte votre nom ! Vous qui aimiez tant la solitude !
- «Je suis venu ici me terrer et me taire»
- Elle conduit les promeneurs en longeant la Garonne au gré de ses méandres
- «Pauvre Malagar, il appartient à un rêve dont j'ai déjà commencé à m'éloigner pour jamais.» où « le soir j’observe (j’observais) de ma terrasse la forêt que j’ai quittée et dont l’immense armée noire ferme l’horizon. »
- Votre Querencia ! (l’endroit de l’arène où se réfugie le taureau)
- « La vérité c’est que j’appartiens à l’innombrable espèce de chèvres qui ... ne s’éloignent jamais du piquet qui a fixé une fois pour toutes leur destin. »
- Mais une chèvre qui vit à la campagne à la saison des vacances et qui s’y ennuie dès que les caprices de la météo viennent troubler la douceur des étés girondins où que la guerre vous oblige à y demeurer !
- « L'affreux de la vie à la campagne, c'est d'être livré sans recours à la pluie, à la boue, à la neige, à la nuit. »
Ecrire, écrire, toujours écrire pour oublier.
- « Je me distrais avec un long roman… »
- Et plus tard éditorialiste au Figaro
- « Vous ne sauriez croire comme c’est merveilleux de finir sa vie comme journaliste… »
- Et d’être comparé à une girouette, d’être à contre courant et empli de contradictions, « traitre à votre classe ». Mais il faut que je me taise : vindicatif vous étiez,
- « je vous aurez prévenu » !
Il se fait tard Monsieur Mauriac, avant de clore ce dialogue, je vous fais cette confidence : Quand votre petite fille (Régine Desforges, femme du dessinateur Wiaz), a publié La bicyclette bleue, j’ai aimé retrouver la propriété de Montillac, avec Léa, comme à la suite de vos héroïnes, j’ai arpenté les rangs de vignes, grimpé au calvaire de Verdelais, pris le train à la gare de Langon. Peut-être auriez vous pu faire ce commentaire :
- C’est un livre…dont un chrétien doit penser beaucoup de mal. C’est bien intéressant tout de même. » et dans votre regard s’allumerait une petite flamme qui vous ramènerait à votre jeunesse, cette adolescence qui vous a poursuivi toute la vie.
- « Je me dis que peut-être, quand je ne serais plus là, mes livres continueront, … à faire aimer le cher et doux pays auquel je dois tout… »
- Tous les ans dans Malagar réaménagé, se retrouvent, écrivains, artistes et visiteurs curieux. Tous, dans vos pas, font et refont vos promenades, et se retrouvent sous la charmille pour partager le plaisir de la visite. Cette maison du pays de Garonne « ce n’est que ça ! » (allusion à une remarque d’écrivain célèbre, qui s’est vu traiter d’imbécile et écarté de ses relations.)
« Adischats » Monsieur Mauriac, vous avez dit « Les morts seraient bien embarrassants s’ils revenaient », peut-être seraient-ils déçus : A Malagar l’allée de cyprès qui faisait votre fierté n’est plus, et dans la Lande, le murmure des pins et le chant des cigales sont remplacés par le vrombissement des voitures et bientôt du TGV, mais le chêne est toujours là devant le chalet de Saint Symphorien.

Contrairement à ce que vous avez écrit : « que mon grand père de Langon soit allé prendre femme dans la grande lande, du côté de Villandraut et de Saint Symphorien, j’ai toujours cru que le don littéraire en moi était lié à cette double appartenance. » le talent n’est pas affaire de terroir ! Vous pouvez me lire et me relire, peut-être me connaitrez-vous mais, et je le regrette, lecteur, seule l’œuvre de mon admirable voisin mérite votre attention !
Nic 9 janvier 11

24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 15:49

 

 

 

 

Il était une fois une petite graine ,

une petite graine toute ronde, toute verte,

 une petite graine somme toute bien ordinaire !

 Pas de quoi en faire une histoire,

 sauf que……

Cette graine était tombée sur une feuille…

 un grand coup de vent l’emporta loin d’ici,

dans le nid d’un oiseau !

 une petite graine dans le nid d’un oiseau , rien d’extraordinaire ?

 pas de quoi…. ,

 sauf que….

En s’agitant dans le nid , les oisillons firent tomber la graine

qui s’envola vers …

un panier de pique-nique posé là,

 par une famille venue passer la journée en forêt.

Une graine dans un panier,

rien d’extraordinaire,

 pas de quoi…….,

 sauf que……..

La graine, toute petite , toute ronde, toute verte,

atterrit, le soir, dans une valise,

en partance pour ….New York !!!

Après un voyage en avion,

dont elle ne vit pas grand chose,

sauf que….

Elle fut secouée, retournée, puis transportée

et enfin sa prison s’ouvrit .

 Elle se cacha dans un coin.

Toutes les petites graines aiment se cacher…..

Rien de bien ……

Le bagage fut agité par la fenêtre d’un gratte- ciel

et à nouveau le grand voyage !!!!

 

Extraordinaire, cette aventure !!

Peut-être bien qu’on pourrait en faire une histoire !!

 

Après avoir tournoyée dans le ciel Américain,

elle se posa dans un parc au milieu d’un jardin .

Là, elle prit le temps de germer,

 profitant des soins accordés aux fleurs !

 

Et voilà comment une petite graine,

 bien ordinaire, se fit une nouvelle vie en  Amérique !

une vie bien ordinaire,

 pas de quoi en faire toute une histoire…..

bien que…..

 

Texte écrit par Nicole

20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 16:33

Pourquoi les appelle –t-on « chauves souris » ?

 

Il a fait chaud toute la journée, la famille s’est réunie sur la terrasse pour profiter de la fraicheur de la soirée. C’est l’heure où chacun oublie ses soucis, c’est l’heure où on a envie de partager ses découvertes. Le ciel est étoilé, pas un souffle ne fait trembler les feuilles des arbres.

Marion, la fillette  est très curieuse. A son âge  on veut tout savoir, tout connaître , et papa est là pour expliquer, répondre aux questions !

  •  Tu vois là se trouve l’étoile polaire qui  indique le nord au voyageur !

Et là c’est le Grand Chariot !

Soudain, un froissement d’ailes, une chauve souris vient près du lampadaire chasser quelques insectes.

Marion pousse un cri

  • Quelle horreur ! Un vampire !

Papa éclate de rire :

  • Ce n’est qu’une chauve souris qui vient manger les moustiques !

  • Pourquoi dit-on qu’elle est  chauve ?

  • Parce que ses ailes n’ont pas de poils !

  • Pourquoi ?

  • Ecoute, c’est une belle histoire qu’on m’a raconté quand moi aussi je m’interrogeais !

Il y a bien longtemps, un roi, le roi Salomon avait le pouvoir de parler aux animaux et de comprendre leur langage, il réglait les conflits et son autorité n’était pas contestée,  tous respectait ses décisions.

Un jour, pensant qu’on lui avait désobéi, il les convoqua et annonça qu’il allait les déplumer pour les punir.

La chauve souris arriva la première et insista pour subir la punition sans plus attendre ! On voulut la faire patienter. Le roi était juste et souhaitait connaître les raisons de la faute. Mais devant l’insistance de l’animal, il ordonna à ses serviteurs de la déplumer afin qu’elle puisse repartir au plus vite vers  ses occupations.

Ainsi fut fait ! Plus tard quand tous les animaux furent rassemblés, ils expliquèrent au roi les raisons de leur désobéissance. Celui-ci réfléchit longuement et décida de pardonner. La chauve souris fut donc la seule à subir le châtiment. Honteuse, de peur des moqueries elle décida que désormais elle  ne sortirait plus que la nuit pour se nourrir ! C’est pour cela qu’elle est devenue un animal nocturne. Répudiée, mise à l’écart, certains la considèrent comme maléfique.

Voilà comment, par sa précipitation, la chauve souris s’est fait une mauvaise réputation !

  • Elle n’est pas méchante ? Demande Marion.

  • Non ! pas du tout !

 

                                 

  •  

 

 

 

 

 

 

16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 18:28

Pour célébrer le printemps des poètes

 un poème d'une amie trop tôt disparue.

 

 

Les mots ont une vie

Souffrir sans le dire,

Souffrir et sourire.

Un art que je connais bien

Je l’exerce au quotidien.

Ecrire pour voyager,

Ecrire pour oublier.

Oublier les souffrances,

Oublier la désespérance.

Le jour, je dors. Un peu.

Dans mes rêves ambitieux,

Je cours. J’aspire la vie

Gaiement. Mon énergie

Je la cultive, la fertilise.

Elle est une image. Mon image.

Elle rassure, elle soulage

Ceux qui me tiennent la main

En masquant leur chagrin.

Souffrir sans le dire.

Souffrir et sourire.

 Nicole Tourneur

6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 15:15

Es-tu le frère du loup, qui dévore le mouton ?
Es-tu le frère de la lionne,
Qui attaque le faible du troupeau ?
Es-tu le frère du chien, qui cherche ton amitié ?
Es-tu le frère de la hyène, charognard s’il en est ?
HOMME
Que dis-tu ?
Est-ce toi qui appelles au secours ?
Est-ce toi qui cries victoire ?
HOMME
Que fais-tu ?
Es-tu le bâtisseur du monde ?
Es-tu celui qui invente des armes ?
Des armes contre les virus ou contre tes semblables ?
Et toi qui es-tu ?
Moi je suis une femme, qui regarde cet étranger.
Que fais-tu ?
Parfois je crie, d’autre fois je console
Trop souvent sans doute, je me tais
Pourtant je voudrais agir
Qu’entends-tu ?
J’entends vengeance, revanche
Que réponds-tu ?
Je suis impuissante
Et ne connais que
Tolérance, écoute, dialogue

Nicole

5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 16:29

 

Chaque année c’est la même chose, dés que la nouvelle année montre le bout de son nez, une crainte m’envahit ! Je sais que la ronde des saisons ne s’arrête jamais, pourtant une question trotte dans ma tête :

  • Quand le printemps fera-t-il son apparition ?

Janvier s’écoule dans la froidure et malgré les journées ensoleillées, la nature hiberne.

  • Les arbres sont-ils endormis ou ont-ils souffert du gel de façon irrémédiable ?

Un à un les feuillets du calendrier s’envolent. Février, dans les prés bien exposés au sud, les premières jonquilles font leur apparition !

Ces fleurs sont guettées dans notre région, elles poussent depuis toujours dans les prairies et les rangs de vigne (non désherbés). Les enfants les cueillent et vont les vendre sur les marchés pour alimenter les caisses des écoles. Dans certains endroits on trouve également des tulipes rouges ou jaunes.

Sur les bords de route, dans les pelouses, « le poète à toujours raison » lorsqu’il écrit : « Mars qui rit malgré les averses

Prépare en secret le printemps…

Pour les petites pâquerettes

Sournoisement lorsque tout dort

Il repasse les collerettes…. »

Les merles saluent la venue du jour et lui font une aubade. Le coucou lance son cri et si les enfants s’amusent à chercher celui qui les nargue, une grande tristesse se prépare pour l’oiselle dont il a occupé le nid. Dans les vergers cerisiers blancs et pommiers roses (contrairement à la chanson) resplendissent, prometteurs de fruits juteux.

  • Pourquoi s’inquiéter ?
  • Le renouveau est là, les beaux jours aussi ! Mais, allez savoir pourquoi je ne serai rassurée que lorsque les lilas refleuriront !
3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 15:35

 

 Cafouille la sorcière

 

 Des sorcières, il y en a de toutes sortes :

des méchantes, des laides, des monstrueuses,

des maléfiques, des vieilles

et même des jeunes qui vont à l’école des sorcières

apprendre leur métier.

A l’école des sorcières,

il y a des petites sorcières, très coquettes, très jolies

pas encore très méchantes, juste un peu….

coquines, énervantes, agaçantes,

quelquefois même un peu pestes,

enfin des apprenties sorcières…

A l’école des sorcières, c’est l’heure des vacances,

c’est le moment pour elles d’aller dans le monde

exercer leurs pouvoirs.

Toutes les destinations sont possibles,

pas de problèmes de transport,

elles enfourchent leur balai,

la formule magique et hop !

A peine parties les voilà déjà arrivées

sur le lieu de leurs vacances !

Pas d’embouteillage,

pas de risque d’accidents sur les routes, le bonheur !

Les unes après les autres,

elles choisissent leur destination :

moi l’Espagne, pour moi la montagne,

pour moi le Pôle Nord, et pour moi l’Amérique…

Seule dans un coin,

une petite sorcière ne dit rien, timide,

elle n’ose parler,

elle prendra ce qui restera.

Son nom, Cafouille, Cafouille la timide !

Elle voudrait bien donner son avis, prendre la parole,

mais quand elle commence, elle bafouille, elle bégaie,

les autres parlent fort,

personne ne prend le temps de l’écouter.

Tout à coup elle entend :

  • Qui veut aller dans le Sahara ?
  • C’est où  demande quelqu’un ?
  • C’est le désert, c’est pour Cafouille,
  • elle n’aura pas peur, il n’y a personne.

Cafouille murmure :

-   D’accord ! Oui, je veux bien y aller, mais….

Elle ne peut continuer,

on est passé à une autre destination.

Pourtant, se dit-elle,

pourquoi aller dans le désert s’il n’y a personne !

A-t-on besoin d’une sorcière dans le désert ?

-   Alors Cafouille ! Tu pars quand ? Tu dors !

 

Elle attrape son balai, patatrac ! 

Elle se prend les pieds dedans et tombe sur les fesses !

Un autre essai, elle se cogne le front,

tout le monde rit et se moque.

Cafouille devient toute rouge,

elle voudrait rentrer sous terre,

elle voudrait que personne ne la voie !

Oh ! Oui ! Elle sera bien dans le désert, toute seule,

personne pour ricaner dans son dos, personne pour crier :

« Cafouille la Timide, Cafouille qui bafouille. »

Allez, un effort Cafouille, je lève la jambe droite, je m’assois et…

.Ah ! La formule magique, j’allais oublier !

Quelle est donc cette formule qui va m’expédier dans le désert !

Le maître lui tend un papier sur lequel est écrit :

Chafouri, Chafoura !

Ton balai enfourcheras

Chafouri, Chafoura

Au désert t’emmèneras!

 

Un grand souffle chaud, le sable vole et le balai se plante dans le sable au sommet d’une dune.

Un peu étourdie, Cafouille roule, roule, roule,

elle est au pied de la dune et son balai est resté en haut !

Vite, il faut remonter le chercher !

Mais non suis-je sotte  !

Je suis une sorcière je connais les formules magiques voyons !

Chafouri, Chafoura

Le balai m’apporteras

Chafouri, Chafoura

Le balai sera là !

Plusieurs essais, puis miracle ! Le balai est là !

Elle bat des mains, ça y est, je suis une vraie sorcière, personne n’a ri !

Personne, personne, bien sur, il n’y a personne ! Mais alors que vais-je faire ?

Chafouri, Chafoura

Qui viendra ?

Chafouri, Chafoura

Qui m’accompagnera ?

 

Moi ! Moi ! Entend-elle autour d’elle !

Mais, mais, mais…Il y a du monde ! pourtant le désert, c’est le désert !

Elle se retourne et voit : un dromadaire, un fennec, une gazelle, à ses pieds un lézard…

Bonjour, je suis  Dromadaire le mâchouilleur,

moi je suis  Fennec le rusé

et moi Gazelle l’acrobate,

et moi Lézard longue langue,

que viens-tu faire ?

Je suis sorcière, j’ai appris les tours de magie et je viens les expérimenter !

Ouf ! Je l’ai dit, et sans bafouiller, pense t-elle.

Des tours de magie ? Quésako ? Demande l’animal à bosse.

A quoi sert la magie ? Ca se mange ? Ca se boit ?

Euh ! Non ! Mais c’est très utile, je dirais même indispensable.

Ah ! Bon ! Dit le renard, montre-nous !

Bien, je vais te transformer en, en, en poisson !

Chafouri, Chafoura

Un poisson deviendras,

Chafouri, Chafoura

Un poisson   tu seras !

 

Et le fennec … devenu petit poisson, ouvre et ferme la bouche.

De l’eau ! De l’eau ! Vite de l’eau !

Cafouille s’affole, que faire ? La formule, la formule !

Chafouri, Chafoura

Redeviens, redeviens,

Chafouri, Chafoura

Ce que tu étais, tu redeviens !

 

Ouf ! Revoilà le renard.

Tu parles d’un tour de magie ! J’ai failli y laisser la vie !

Mais j’en ai d’autres, j’en ai d’autres !

Cafouille s’affole , elle ne veut pas perdre si vite ses nouveaux amis.

Elle n’est pas mauvaise, Cafouille,

elle fait partie des sorcières gentilles !

Elle réfléchit,  réfléchit, que pourrait-elle faire ?

Si tu es une vraie sorcière, dit le lézard,

fait venir la pluie,

ici, il n’y a que cela de vraiment indispensable.

La pluie, la pluie, on a bien du lui donner la formule magique à l’école,

voyons, cherchons, mais oui !

L’autre jour, une sorcière a fait tomber une averse le jour du grand pique-nique !

Tout le monde s’enfuyait en courant, elle ricanait,

elle avait même déclenché une vraie tempête,

les parasols volaient, les nappes s’enroulaient autour des arbres,

elle, elle applaudissait à ce chari- vari !

La formule, vite, où est-elle ?

Peut-être :

Chafouri, Chafoura

Le vent soufflera

                        Chafouri, Chafoura

               Les nuages, tu emmèneras !

Une tornade de sable se lève !

Ah ! Non ! Crient les animaux, ici pas de vent s’il te plait !

Essayons autre chose :

Chafouri, Chafoura,

Gouttes, gouttelettes !

Chafouri, Chafoura,

Des gouttes sur nos têtes !

 

Et quelques gouttes : Flic ! Floc ! Tombent sur le sol !

Pas mal, pas mal, mais insuffisant… Faut mieux faire…..

Elle se croit revenu à l’école, peut mieux faire !

Un effort, elle va bien y arriver !

Chafouri, Chafoura,

                       La pluie appelleras

Chafouri, Chafoura,

La pluie viendra !

 

Un grand silence, tous attendent,

un nuage gris apparaît, un autre, un autre

et une pluie fine  vient les rafraîchir.

Le dromadaire, le fennec, la gazelle et même le lézard,

tous approchent d’une flaque d’eau

et viennent se désaltérer.

Chafouri, Chafoura,

Avec nous, elle est,

Chafouri, Chafoura,

                                          Avec nous, elle restera !

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 15:47

 

 

L'hiver est une belle saison pour reprendre la lecture. Je vous invite à rencontrer des écrivains de ma région l'Aquitaine

Burdigala est le lieu qui m’a vu naître écrira le poète Décimus Magnus Ausonia. Il possédait cinq villas gallo-romaines dans le bordelais et appréciait son pays « terre de succulences puisqu’elle a pour frontières l’huitre et le beurre, la truffe, le cèpe et le vin, le foie gras, le pruneau et l’ortolan, ce bruant d’Europe à la chair délicate… ». Si vous passez près de Saint Emilion, n’oubliez pas de déguster le Grand cru : Château Ausone, il provient dit-on de l’emplacement exact de sa villa Lucaniacus.
Aliénor fit de son duché une possession anglaise mais c’est une française, Mireille Calmel qui lui consacre son premier roman. La duchesse d’Aquitaine était la petite fille de Guillaume IX Le Troubadour, sa famille encouragea les poètes occitans.
Jaufré Rudel, prince de Blaye, rencontra-t-il « La dame de TrIpoli » au cours de la deuxième croisade avec sa souveraine ? Est-ce elle qui lui inspira ses poèmes sur l’amour lointain ? En visitant la citadelle de Blaye vous n’aurez pas de réponse. Au bord de l’estuaire balayé par le même vent salin, au gré des marées, la nostalgie des départs vous envahira peut-être.
A Bordeaux tout le monde cite les trois M : Montaigne, Montesquieu et Mauriac. Mais ils sont nombreux ceux qui ont élu domicile dans cette région et l’ont mise en scène dans leurs œuvres.
En arpentant, les rues de la ville des fantômes vous accompagneront. Aurez-vous la chance de croiser sur les marches de l’ancienne faculté de médecine cet homme vêtu d’une peau de mouton qui inspira à Roger Boussinot Vie et mort de Jean Chalosse ? Natif d’un petit village, sur les bords de la Garonne, Boussinot « monte » à Bordeaux faire ses humanités puis à Paris, mais il reviendra et écrira plusieurs romans ruraux.
C’est à Bordeaux que François Mauriac passe neuf mois de l’année : « Les maisons, les rues de Bordeaux, ce sont les évènements de ma vie», mais c’est à Malagar, sur les coteaux qui dominent la vallée de la Garonne qu’il écrira Le nœud de vipères, La chair et le sang et Destins. C’est dans sa demeure landaise qu’il fera vivre l’enfant du Mystère de Frontenac.
C’est aussi sur les bords de la Garonne que Michèle Perrein rencontre des personnages « ordinaires » qui deviendront héros de roman. Elle nous conte dans Le buveur de Garonne une pêche à l’alose chère à tous les girondins. Plongez-vous dans « Les cotonniers de Bassalane » pour humer les odeurs marines du Bassin.
Entre Garonne et Dordogne, l’Entre deux mers accueillit Marguerite Duras à son retour d’Indochine.
C’est près de la Dordogne que se retira Michel de Montaigne, après avoir était maire de la capitale girondine. Dans la tour de son château il écrivit Les Essais.
Vous parlerai-je aussi des géographes Elisée et Onésime Reclus, natifs de la bastide de Sainte Foy la Grande, d’Elie Faure leur neveu essayiste, tous trois encore présents dans la mémoire des foyens ?
Philippe Sollers : « Je suis né là, juste avant la guerre, tout près des vignes du château Haut Brion.. », Pierre Veilletet, Jean Vautrin, Michel Suffran et bien d’autres, certains natifs du bordelais, d’autres l’ont rejoint, tous ont apprécié comme Anouilh d’y vivre ou d’y passer des vacances. Sur le Bassin d’Arcachon, « ici le soleil, le sable, les vagues, les baignades, les courses me grisent… » (J Anouilh), on déguste « l’huitre grasse et blanche » (Ausone).
Vous aurai-je donné envie d’y faire un séjour ? Vous ne pourrez alors dire comme Claude Villers : Arrivé dans ce pays par hasard, je fus conquis par surprise.
Nicole

 

Pardon à tous les écrivains que j’ai oubliés, si vous les rencontrez, racontez-moi !