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Mardi 2 juin 2009

 

 

 

Vous souvenez-vous ? Au début de notre séjour nous avions rencontré un homme (nous l'avions nommé Diogène), nous sommes revenus le voir. Il vit toujours dans sa citerne, à l'embouchure du Draa, ce fleuve de 1300km, asséché dans la plus grande partie de son cours et qui retrouve à une cinquantaine de km de l'océan retrouve un aspect majestueux qui sied à sa réputation. Atteindre son embouchure est chose facile, une piste entièrement rénovée y conduit. Elle traverse le plateau caillouteux et nous apercevons de loin en loin des champs de blé semés lors des pluies d'automne. Ils ont bénéficié des averses tombées au long de l'hiver et sont aujourd'hui prêts à être moissonnés. C'est un labeur pénible, les machines modernes ne sont pas adaptées, les épis sont très courts et c'est à la faucille que femmes et hommes courbés au ras du sol, fauchent le champ.

Le désert quand il a plu, se couvre de fleurs et un tapis mauve, jaune et vert le recouvre, une vraie splendeur !

Au hasard de nos pérégrinations nous croisons des troupeaux de moutons et de chèvres gardés par des enfants. Les dromadaires déambulent librement dans l'immensité, le chamelier connaît les points d'eau pour les rassembler quand ils viennent s'abreuver. Diogène, notre ami, nous ramasse des vers de vase pour appâter le poisson, pour le remercier nous lui apportons des cigarettes. Contrairement au grec qui nous a inspiré son nom il est dépendant de l'herbe à Nicot et son isolement rend l'approvisionnement difficile. Grâce à ses appâts nous ferons de bonnes pêches et je cuisinerai des soupes de poissons délicieuses.

Vous l'avez deviné  nous sommes curieux et aimons découvrir des endroits sauvages. Nous avons décidé de remonter le cours de l'oued aussi loin que le permettrait la piste. Nous atteignons  un site qui nous offre en amont et aval une vue éblouissante. A notre époque moderne où tout est répertorié, classé, celui-ci mériterait quatre étoiles. Nous sommes seuls, au milieu de nulle part, coupés de toute vie civilisée et nous sommes heureux de pouvoir profiter de cette beauté.

Nous étions venus pêcher des anguilles : au travail, une ligne à l'eau ! Après plusieurs essais infructueux, un petit crabe puis un autre s'accroche désespérément à la sardine qui garnit l'hameçon. Changement de programme, la balance est mise à l'eau. Croyez-moi ,  nous nous sommes amusés comme des gamins ! En peu de temps nous avons rempli un seau de crustacés et la soupe du soir était une fois de plus un régal !

Pendant que nous étions occupés par notre récolte un homme s'est approché. C'est un ouvrier du chantier de la piste, il nous a offert un verre de thé. Gardien de la pompe, il vit sous une tente et possède un braséro qui lui permet avec quelques brindilles de respecter les traditions d'hospitalité du pays.

Notre séjour touche à sa fin et nous allons reprendre la longue route qui nous conduira vers la France. Dans une dizaine de jours nous reprendrons nos habitudes mais nous garderons au fond des yeux des paysages  et dès que possible nous envisagerons un nouveau départ !

          Nicole          

Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Jeudi 23 avril 2009
Au Maroc chaque goutte de pluie est un espoir de grain de blè !









Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Vendredi 17 avril 2009







Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Mardi 14 avril 2009



Une piste ...





une chamelle et son petit

Les pluies ont permis de semer le blé

Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Lundi 13 avril 2009

Parfois la patience du pêcheur est bien récompensée!
une courbine de 6 kg




Elle fera d'excellentes brochettes!
Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Dimanche 12 avril 2009



Le désert en fleurs
Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Jeudi 2 avril 2009

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Une route, quoi de plus banal qu'une route ? Dans nos pays développés les voie de communication sont nombreuses et si l'une est indisponible pour travaux d'autres permettent de rejoindre le but fixé. Tous les chemins mènent à Rome dit-on ! Dans nos livres d'histoire nous avons appris que les Romains avaient entrepris de grands travaux pour relier leurs possessions : la Via Appia, la Via Emilia et d'autres célèbres. En Amérique des routes mythiques traversent d'Est en Ouest et du Nord au Sud le continent. Chez nous la nationale 7 a été chantée par Trenet.

Ici la transsaharienne qui relie le Maghreb aux pays d'Afrique noire est, sur des centaines de kilomètres le seul ruban asphalté. Le touriste qui veut s'aventurer au-delà, emprunter les pistes qui sillonnent la Hamada doit s'adjoindre l'aide d'un Sarahoui ou posséder un bon GPS avec des points repères surs  pour ne pas se perdre.

Nous sommes sur une plaine caillouteuse, trottoir qui longe l'océan à l'ouest et vers l'est l'immensité du désert. Qu'y a-t-il au-delà des falaises qui barrent l'horizon ? Des traces de chemins empruntés par les autochtones apparaissent sur le sol, nous partons à l'aventure ! Distances, particularités géographiques sont notées, des amas de pierres placés aux changements de direction et tout à coup  une bande de couleur caractéristique apparaît au loin : chemin goudronné en plein désert ? Est-ce un mirage ? Pas de doute possible il y a bien au pied de la colline une voie goudronnée qui se dirige vers les sommets. Toute récente elle conduit vers Smara la cité autrefois  interdite que Michel Vieuchange atteignit le 16 novembre 1930 après avoir accomplit  1400 kilomètres depuis Tiznit à pied. Fondée en 1898 par Ma el-'Aïnine dans ce territoire qui se nommait alors Sahara espagnol.

« J'ai vu tes deux kasbah et ta mosquée en ruines. Je t'ai vu toute entière posée sur ton socle face au désert, déserte, dans le silence, sous l'ardent soleil. J'ai vu tes palmiers à présent desséchés. Tu es bien l'œuvre d'un homme, Ma el Aïnin au sommet de sa puissance. » (M Vieuchange)

Qui était donc cet homme ? Un cheikh, un chef de tribu, qui voulait rassembler toutes les peuplades du sud pour résister aux roumis, les envahisseurs chrétiens. Aux confins de la Saghiet El Hamra et au bord de l'oued Solouane, il fonda la cité mythique et fit construire une mosquée qu'il voulait aussi prestigieuse que celle de Cordoue. Hélas ! En 1910 la grande sécheresse tarit les puits, les bêtes moururent de soif, son royaume de sable s'effritait et l'envahisseur le fit brûler. C'est quelques années plus tard que le français partit à sa recherche.

 A travers  des paysages monotones, la hamada caillouteuse, avec de-ci de là quelques tentes de nomades qui élèvent des chèvres, en trois heures depuis Tantan ou Layoune, on atteint Es Smara (lieu herbeux) aujourd'hui ville de garnison.

Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Lundi 30 mars 2009


Ce matin la marée basse est à huit heures, et son coefficient 96 indique une amplitude importante, les conditions sont remplies pour une pêche à pied (c'est ainsi qu'on nomme le fait d'aller à la recherche de coquillages ou autres).
Sacs, crochet, couteau, un petit trident et surtout de bonnes chaussures les risques de glissades sont nombreux sur les rochers recouverts d'algues, le plateau s'étend sur plus d'un kilomètre, il est entièrement hors d'eau, la chasse est ouverte ! Je suis seule, les blocs calcaires ont des arêtes coupantes, c'est donc avec précaution que j'avance vers l'océan. Surprise ! Je dérange quelques oiseaux marins qui s'envolent en poussant des cris stridents de colère ou de peur. Les effluves iodés se mêlent à l'odeur salée de l'Atlantique. Pour être sure de ne pas revenir bredouille je me dirige vers la plate forme des moules. Tout le monde connait ce coquillage oblong, noir bleuté ou violacé à reflets châtains. Cette moulière naturelle me permet, en choisissant les plus grosses pièces, de remplir une poche pour le dîner. Il faut essayer de les détacher une à une et ne pas arracher le naissain. Maintenant chasse aux bulots également appelés buccins ou rochers. Ces gros escargots à coquille allongée se repèrent en limite du plateau lors des marées de vive eau (plus au Nord on ramasse des rochers à pourpre). Parfois ils s'aventurent sur la rocaille mais sont le plus souvent dans les anfractuosités à l'abri de l'assaut des vagues. Un œil exercé, une habitude des lieux mais surtout la passion de la cueillette font de la quête une réussite. Glaner des coquillages oblige à surveiller l'heure, inévitablement le flux avance de plus en plus loin et le rocher sur lequel on se croît en sécurité pourrait bien se trouver isolé et rendre le retour périlleux. Pour les novices les bigorneaux ont colonisé le plateau et les berniques (chapeau chinois) solidement fixés à la paroi rugueuse ne tentent guère le promeneur averti. Une autre fois, munie d'une balance, j'irai piéger les crevettes. Elles se cachent dans les recoins sombres des trous d'eau et sont attirées par l'odeur d'une sardine déposée au fond de la cavité. On peut en relevant très vite le piège en cueillir une poignée. Il suffit de recommencer, la patience est recommandée ! Le pêcheur local traque le poulpe, il a une valeur marchande mais possède une intelligence qui est loin d'en faire une proie facile. Il faut savoir qu'il est gourmand ; résiste difficilement à une sardine qui se balance devant son refuge. C'est également un animal solitaire et la vue d'un congénère le fait jaillir pour une attaque. Une petite pieuvre ou un chiffon blanc servant de leurre et on peut apercevoir un tentacule se projeter pour punir l'intrus. La patience sera récompensée, l'animal après plusieurs tentatives ira à l'affrontement. Aurons-nous encore l'envie de le harponner?
Plus facile est la récolte des oursins appelés châtaignes de mer ou hérisson de mer. Sachons-nous protéger de ses épines calcaires !
Le retour est une promenade sur la plage : un chien errant course les mouettes qui piaillent, des petits oiseaux à longues pattes courent sur le sable........

 

Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Dimanche 22 mars 2009

 

 

N'allez pas croire que je sois obsédée par la météo, mais lorsqu'on vit dans la nature il est important d'en tenir compte !

On dit souvent qu'au Maroc  on voit dans une journée les quatre saisons. Les nuits glaciales du Sahara et les chaleurs difficilement supportables des  journées sont connues de tous. Au bord de l'Atlantique les températures sont plus modérées. Hier au lever du jour les rubans de brume sur le plateau annoncent une belle journée. Ils disparaîtront quand se lèvera le soleil et laisseront la place à un ciel bleu sans nuage. Pourtant vers 11h des libellules envahissent la crique dans laquelle nous sommes installés. Elles devancent de peu le vent chaud et dans les minutes qui suivent le chergui nous déloge. Nous avons de la chance il ne s'accompagne pas de vent de sable, juste une chaleur étouffante, un souffle qui brûle tout sur son passage. Quelques heures plus tard satisfaits nous observons à nouveau les libellules. Elles font demi-tour et par nuages entier repartent vers les oasis de l'intérieur. La girouette oscille, hésite puis fait un virage à 180° ! Simultanément une brise fraîche vient rétablir la situation.

Dans la soirée un pull sera nécessaire !

Ainsi vont les caprices du temps.    

Par Nicole Coste - Publié dans : nicole-raconte
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Mardi 17 mars 2009
Nous arrivons à la lagune. Cette étendue d’eau est une des plus grandes réserves ornithologique du Maroc. Elle est classée par l’Unesco et bénéficie d’aménagements. Un escalier pour atteindre les rives remplace désormais le sentier escarpé utilisé depuis des décennies. Cette année une surprise nous attend, un magnifique ponton permet d’accéder aux bateaux. Nous l’inaugurons et après de nombreuses photos Mohamed nous conduit vers les yeux de pêche. Il navigue en connaisseur entre les vasières peuplées de limicoles. Plus loin les flamants roses cherchent pitance au bord des prairies salées. Le guide stoppe la barque, les lignes sont prêtes, il faut accrocher les appâts et… espérer ! La première prise ne se fait pas trop attendre : un bar, certains disent un loup apparaît. Il sera suivi de beaucoup d’autres, chacun d’entre nous remontera plusieurs poissons et à la fin de la journée, satisfaits nous reprendrons le chemin du campement. Il y aura ce soir grillades et soupe de poisson au menu !
Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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