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Dimanche 30 mars 2008

Il a fait chaud toute la journée, la famille s'est réunie sur la terrasse pour profiter de la fraicheur de la soirée. C'est l'heure où chacun oublie ses soucis, c'est l'heure où on a envie de partager ses découvertes. Le ciel est étoilé, pas un souffle ne fait trembler les feuilles des arbres.

Marion, la fillette  est très intéressée par les explications de papa. A son âge on est curieux de tout, on veut tout savoir, tout connaître.

  • - Tu vois là se trouve l'étoile polaire qui indique le nord au voyageur!

Et là c'est le Grand Chariot !

Soudain, un froissement d'ailes, une chauve souris vient près du lampadaire chasser quelques insectes.

Marion pousse un cri

  • - Quelle horreur! Un vampire!

Papa éclate de rire :

  • - Ce n'est qu'une chauve souris qui vient manger les moustiques!
  • - Pourquoi dit-on qu'elle est chauve?
  • - Parce que ses ailes n'ont pas de poils!
  • - Pourquoi?
  • - Ecoute, c'est une belle histoire qu'on m'a racontée quand moi aussi je m'interrogeais!

Il y a bien longtemps, un roi, le roi Salomon avait le pouvoir de parler aux animaux et de comprendre leur langage, il réglait les conflits et son autorité n'était pas contestée,  tous respectait ses décisions.

Un jour, pensant qu'on lui avait désobéi, il les convoqua et annonça qu'il allait les déplumer pour les punir.

La chauve souris arriva la première et insista pour subir la punition sans plus attendre ! On voulut la faire patienter. Le roi était juste et souhaitait connaître les raisons de la faute. Mais devant l'insistance de l'animal, il ordonna à ses serviteurs de la déplumer afin qu'elle puisse repartir au plus vite vers  ses occupations.

Ainsi fut fait ! Plus tard quand tous les animaux furent rassemblés, ils expliquèrent au roi les raisons de leur désobéissance. Celui-ci réfléchit longuement et décida de pardonner. La chauve souris fut donc la seule à subir le châtiment. Honteuse, de peur des moqueries elle décida de ne plus sortir que la nuit pour se nourrir ! C'est pour cela qu'elle est devenue un oiseau nocturne. Répudiée, mise à l'écart, certains la considèrent comme maléfique.

Voilà comment, par sa précipitation, la chauve souris s'est fait une mauvaise réputation !

  • - Elle n'est pas méchante? Demande Marion.
  • - Non, elle cherche sa nourriture. Celle-ci est une pipistrelle. Et maintenant, au lit!



    Histoire inspirée par une légende africaine
par Nicole Coste publié dans : Histoires pour les petits
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Lundi 24 mars 2008
 

 

 

Tu as coulé jeunesse,

Déjà voici Vieillesse.

Lorsqu'on allait danser,

Lorsqu'on aimait chanter,

Lorsqu'on allait jouer

Avec notre poupée,

Lorsqu'on grimpait partout

Et qu'on adorait tout,

Passé n'existait point,

Avenir était loin.

                                                                                                                           Maryse 1970

 

par Nicole Coste publié dans : poésies
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Mardi 18 mars 2008
 
Pluie sur le Sahara
 
L’été a été très chaud comme en témoigne le paysage desséché qui s’offre à nos yeux. Depuis six mois pas une goutte de pluie n’est venue  humidifier et rafraîchir  l’atmosphère. Les moutons broutent les rares brins d’herbe qui poussent sur les rochers de la hamada. Les chèvres errent dans le village, chapardant les détritus, elles lorgnent d’un œil avide l’étalage des fruits et légumes. Avec le retour de l’automne, chacun se prend à espérer : Allah sera miséricordieux et enverra l’eau salvatrice.
De temps en temps les hommes scrutent le ciel : des bataillons de nuages s’avancent à l’ouest, la température a chuté de quelques degrés, cette fois l’attente sera récompensée. Mais ici rien n’est simple, il ne suffit pas qu’un gros cumulus stagne au-dessus de nos têtes pour qu’il crève et dispense un arrosage.  
Le vent se lève, violent. Chacun se calfeutre chez soi et assiste impuissant et plein d’espoir  à la révolte des forces de la nature. Les papiers tourbillonnent, les portes claquent, la mer se gonfle et les vagues se jettent à l’assaut de la falaise. Emportées par le souffle puissant, les boules d’écume blanchâtre s’envolent et se posent sur le sol caillouteux.  Quelques gouttes s’écrasent puis tout s’apaise, le ciel redevient bleu pourtant au loin une nouvelle attaque s’annonce. L’horizon s’obscurcit, un nuage crève sans plus de succès. Il faudra attendre le soir, la nuit venue pour entendre le crépitement de l’eau sur la toiture. Hélas dans ce pays de la démesure, un ruissellement dévastateur conclus  souvent la lutte entre les éléments déchainés. A l’aube le soleil se lève inconscient du combat de la nuit. Sur le plateau,  des flaques subsistent, dans une semaine elles se couvriront de reflets verts qui feront la joie des ovins.  « La moindre goutte d’eau tire du sable l’étincelle verte d’un brin d’herbe » ( Saint Exupéry, Terre des hommes)
Parfois la chance sourit et une averse s’abat sur la région. Vite, chaque parcelle de terre cultivable est labourée et l’attente continue : « pleuvoir n’est rien si le sol ne boit pas quand il faut à l’heure des semis et de la récolte ». 

Quand les conditions climatiques sont favorables, des milliers de fleurs surgissent entre les cailloux, le miracle de la vie se renouvelle pour le plaisir des yeux et dans les familles l'espoir renaît: cette année le blé lèvera et le troupeau mangera. Par la Grâce d'Allah!
   
                                 Nicole   18 mars 08
                 En supplément quelques proverbes Touareg :
Le courage de la goutte d'eau, c'est qu'elle ose tomber dans le désert
Les rêves ont leur place dans la vie, une vie sans rêve est comme une terre sans pluie.

Pour lire d'autres proverbes et récits de voyage, allez chez Danae!
par Nicole Coste publié dans : Récits de voyage
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Mercredi 12 mars 2008
Conjugaison du verbe : donner
 
Je te donnerai la vie
Tu me donneras l'espoir
Il  te donnera l'avenir
Nous te donnerons l'amour
Ils te donneront les peines
 
 
 
J'ai écrit ce poème lorsque j'ai su que j'étais enceinte de Kiki
                     Maryse 5 février 1976
 
 
 
 
Kiki a aujourd’hui 31 ans ; elle est à son tour maman 
 
d’Emma et de Nathan, Bruno est venu quelques 
 
années plus tard, il est  papa de Théo et de Ethan.
par Nicole Coste publié dans : poésies
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Mardi 11 mars 2008
Rachid est fils de nomade. Depuis toujours sa famille vit dans le grand désert. Il y a bien longtemps ses ancêtres transportaient les marchandises depuis les rives du Niger jusqu’aux cités marchandes plus au Nord. Aujourd’hui la tribu va d’oasis en oasis à la recherche des pâturages pour le troupeau. Rachid aime connaître l’histoire de son peuple, souvent quand le campement s’endort, quand le chacal au loin pousse son cri, il va trouver Ali, l’ancêtre. Assis sur le tapis, dans le coin de la khaïma, il écoute. Le vieil homme, appuyé sur les coussins parle d’une voix monocorde, il dit les méharées d’autrefois. Il dit les razzias lors de la grande révolte contre le colonisateur, il dit le commerce des esclaves. Il dit son angoisse devant le progrès, sa peur de voir disparaître les traditions qui depuis des lunes et des lunes régissent la vie du peuple Touareg.
Rachid sait tout cela. Ce soir  il raconte à Ali son aventure du jour. Le vent d’est qui détruit tout sur son passage soufflait depuis l’aube, enveloppé dans son burnous, Rachid était parti à la recherche de bois pour le brasero. Il avançait courbé, les rafales soulevaient la poussière et devant la tempête qui enflait il trouva refuge dans une grotte pour se reposer quelques instants. Là, observant les parois de son abri, il vit des signes. Allumant son briquet pour déchiffrer le message, il eut la surprise de découvrir des dessins représentant des rhinocéros, un éléphant et d’autres animaux qu’il n’avait jamais vus.             
   -  Comment et pourquoi des hommes ont-ils pu dessiner dse bêtes qui vivent plus au sud au-delà des dunes? 

    -   Tu me l'as souvent répété Ali: " Au sud s'étendent les contrées fertiles d'où provient notre mil alors qu'au nord ne règne que le désert et la faim!"
    
 
Ali le regarda, hocha la tête, lui servit un verre de thé et garda le silence un long moment. 
    -   C'est vrai je te l'ai dit mais il n'en a pas toujours été ainsi. Je vais te conter une histoire qui se passe au tout début des temps, une histoire que la mémoire des hommes n'a pas retenue et c'est bien dommage.
 

Le désert n’a pas toujours existé, lors de la création du monde, ici aussi la terre était féconde, les hommes épandaient les semences et la pluie dispensait les arrosages nécessaires à leurs germinations. Entre les rochers de nos montagnes jaillissaient les cascades, les animaux sauvages venaient s’y abreuver, les oiseaux chantaient. Les hommes ne connaissaient pas le mensonge et cohabitaient sans heurt. Un jour pourtant, on ne sait pourquoi, l’un d’eux fit une toute petite menterie. Petite, toute petite mais c’était une tromperie. Le créateur faisant glisser entre ses mains une poignée de sable, leur dit alors : vous voyez ces grains de sable, ils sont petits, tout petits, chaque fois que vous prononcerez un mensonge, je jetterai un grain de sable sur vos terres.
Un grain, c’est sans importance, on ne le voit même pas !
Les hommes continuèrent de mentir, et voilà pourquoi, de mensonge en mensonge, petit à petit, le Sahara est devenu cette immensité où rien ne pousse. On trouve cependant de ci de là, des lieux où, comme jadis, subsistent des palmiers et des jasmins qui embaument l’air, car, tous les hommes ne mentent pas !

Rachid sortit dans la nuit étoilée, le sirocco s’était calmé, la voie lactée au-dessus de sa tête traçait un chemin dans la voute céleste.
Pensif, il rêvait aux temps lointains de la légende d’Ali, mais demain il faudrait repartir!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La légende de la création du Sahara peut être lue dans les recueils de contes et légendes marocaines.
par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
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Vendredi 7 mars 2008

 

 
Coule, jeunesse
 
 
Coule, coule, jeunesse,
Bientôt viendra vieillesse.
Lorsque nous resterons
Sous le même plafond,
Lorsqu’on nous quittera,
Que rien on ne verra,
Et qu’on trottinera
Du lit au débarras,
Passé sera derrière
Et avenir, chimères…
 
                                                                           
Maryse 15 avril 1970
 
par Nicole Coste publié dans : poésies
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Mercredi 5 mars 2008
 
 
 
 
Il est un lieu paradisiaque, quelque part en Polynésie, dans les eaux chaudes du Pacifique. Là, protégés des vagues et des tempêtes par la barrière de corail, vivent des milliers de poissons aux couleurs éclatantes. Chacun bataille pour sa nourriture, la lutte y est féroce et les drames sont nombreux. Parfois l’affrontement est sans surprise - David contre Goliath - le petit n’a aucune chance. Pourtant, dans cet univers cruel,   la nature réserve des émerveillements qui surprennent : certains habitants possèdent des armes redoutables qui assurent leur survie.
Le poisson clown est de ceux là. Ses couleurs vives attirent les prédateurs, alors, le petit clown s’esquive et se réfugie dans la chevelure protectrice d’une anémone les entraînant dans sa suite. Malheur au poursuivant téméraire ! L’animal fleur lui infligera des piqûres qui le paralyseront ou lui ôteront la vie ! Reconnaissant envers sa bienfaitrice, le clown offrira les reliefs de ses repas. Une telle symbiose n’est pas unique dans le monde animal et il existe d’autres associations :
Le requin a son rémora,
 
 
 Dans les profondeurs, une femelle poulpe cherche en vain l’âme sœur. Elle étale ses tentacules en corolle, 
les enroule, les déroule dans un ballet dont elle seule perçoit la musique. Il est tôt ce matin là, madame revient de sa chasse quotidienne. Quelques petits poissons, un crabe et des crevettes ont succombé à la ruse du céphalopode.
En s’approchant du rivage, une chanson connue se fait entendre: 
Sors du trou;
 petit poulpe à huit tentacules
Sors du trou. 
Les femmes de l'atoll veulent le convier à leur table. Nulle envie de les satisfaire, il faudra qu'elle cherche ailleurs leur pitance! 
 
Rapidement, elle rejoint son territoire, protégée par un nuage d’encre.
Proche d’un bouquet d’anémones, un rocher pourvu d’une anfractuosité pique sa curiosité. Examinant attentivement les lieux, elle se promet de revenir le moment venu pour y construire un nid et abriter sa ponte. Loi cruelle, son existence se terminera, ici, dans ce jardin aquatique au moment même de l’éclosion de sa descendance.
 
Un cousin de Némo, intrépide comme lui, erre dans le lagon à la recherche d’une bonne fortune. Effronté, taquin, il s’amuse à provoquer puis se dissimule dans son refuge. Pour l’heure, il a d’autres préoccupations : il est temps de fonder une famille. Trouver un autre mâle, devenir femelle,  former un couple indissociable - c’est la règle de son espèce - lui présenter son logis et dans le nid qu’il placera au pied de l’anémone, surveiller la naissance de sa progéniture, voilà de bien agréables loisirs en perspectives.
 
Dame pieuvre se pose sur le sol. Pour se faire oublier des habitants aux couleurs vives, elle devient cailloux au milieu des cailloux.
Que se passa t-il lorsque les rayons du soleil réchauffèrent le milieu marin, quelle ivresse vint troubler le sommeil du poulpe et quelle folie s’empara du poisson ?
Un nuage joua t-il les troubles fêtes dans le prélude au renouvellement des espèces ?
Nul ne le sait, toujours est-il qu’une semaine plus tard, madame pieuvre et monsieur poisson clown surveillaient, ensemble, leur précieuse couvée.
Surprise totale quand naquit, un mois plus tard, une étrange créature. La nature, le hasard ou les facéties d’un diablotin ont permis, ce que jamais n’aurait osé imaginer le plus farfelu des savants : un être hybride est né et cet insolite animal vivant ne passe pas inaperçu comme vous pourrez en juger.
Son corps fait honneur à papa : rouge flamboyant, trois bandes blanches, il est l’un des plus colorés de la portée. Les gènes de maman ont complété l’œuvre du créateur, à la place des nageoires, inattendus sur un poisson, des tentacules !  Au nombre de huit, comme chez sa mère, l’animal pouvait en jouer et ne s’en privait pas. Titiller ses congénères, les retenir prisonnier, puis les relâcher au gré de son humeur- son passe temps favori- inspirait crainte et énervement !    
Comme les rejetons de la famille, dès sa naissance il s’était frotté contre la tige de  l’anémone, se couvrant de la substance protectrice, le mucus, et désormais, lui aussi, peut se promener dans la plante animal sans craindre les piqûres mortelles. Beaucoup plus adroit pour capturer une proie, il est très courtisé par les anémones voisines qui espèrent recueillir les résidus de sa chasse.
Du côté maternel, il a hérité d’un pouvoir magique. Il peut se fondre à loisir dans le paysage en copiant les couleurs alentours, comme la rascasse sur sa pierre, il devient alors invisible à l’œil du chasseur. Cela lui a valu bien des aventures !
 
C’est ainsi qu’une fois, il aperçut à l’entrée d’un trou, un mérou qui sommeillait. Il passa et repassa près de la gueule du monstre lui chatouillant les moustaches ! Ce qui devait arriver arriva ! Réveillé en sursaut, l’animal flaira le bon repas. Il ouvrit le gosier pour se saisir de la lanière, mais petit poisson était malin. D’un coup de queue, il s’éloigna rapidement. Quand le jeu devint plus dangereux et que la bête sortit de sa grotte pour se mettre à table, le petit rusé se posa sur un rocher et en un instant se fit oublier. Frustré, le mérou grognon réintégra ses pénates et se jura d’être plus agile dans le futur !
 
 Sa curiosité faillit lui coûter la vie. Alors qu’il tâtait la paroi rocheuse à l’aide de ses tentacules, une murène se saisit de l’extrémité de l’une d’elles,  il s’en fallut de peu qu’il ne finisse entre les mâchoires de la redoutable locataire. Sa faculté d’étirer son appendice et de le rendre semblable à un fil le sauva in extremis.
 
 Au sein de sa famille, il était comme le vilain petit canard, la différence ne facilite pas les relations.
 
Il admirait ses frères et sœurs, et comme on souhaite toujours ce que l’on n’a pas, lui, aurait voulu des nageoires tandis qu’eux, étaient jaloux de ses tentacules. Le temps s’écoulait paisible dans ce petit coin de paradis quand survint un évènement qui allait bouleverser le milieu aquatique. Avec le développement du tourisme, les plongeurs envahirent le lagon. Subjugués par les coloris de la faune, certains eurent l’idée de les subtiliser pour rapporter des souvenirs de leur escapade dans le nouvel Eden.
Armés d’épuisettes, ils tentaient, souvent en pure perte, de recueillir quelques spécimens. Tant que l’affaire resta artisanale, les conséquences furent minimes. Mais, peu à peu, un véritable commerce s’organisa. Les poissons clowns furent chassés sans répit.
La chose s’aggrava lorsqu’un des plongeurs aperçut le phénomène. Poursuivi, photographié, son quotidien devint un véritable enfer. Prévenus, les scientifiques  n’eurent de cesse de se l’approprier.
Ses ennemis le traquaient, la lutte était inégale, il fut fait prisonnier. Apeuré, paralysé, il se retrouva dans une boîte exiguë, fut transporté avec ménagement, mais quelle importance, vers des horizons inconnus.
Jamais il ne saurait qu’il avait prit son baptême de l’air, changé de continent, et qu’il se trouvait maintenant dans l’aquarium réputé d’un musée océanographique.
Il était devenu objet de recherche, la coqueluche des savants incompétents à expliquer son origine.
Pesé, mesuré, observé, mais choyé par tous, dans sa cage de verre, il avait pour colocataires les mêmes spécimens que dans son lagon natal. Des anémones, ici on disait actinies, enracinées dans le corail, l’accueillirent comme là bas, ses frères devenus amphirions, restèrent perplexes. Il était triste, prisonnier dans cet univers aseptisé où tout était étudié. A chaque instant, il recevait des visites. Mis en présence de seiches, de pieuvres ou de calamars on espérait entrevoir le secret de sa naissance. Des éprouvettes s’alignaient dans le laboratoire, mais aucune à ce jour n’était le berceau d’un être lui ressemblant. De manipulations génétiques en manipulations - grande déception- l’énigme restait entière !
 
Comment ces chercheurs pouvaient-ils imaginer qu’un jour dans un atoll, il était né, fruit des amours d’un poulpe et d’un poisson clown, par une bizarrerie de la nature que les savants ne pouvaient comprendre ?
 
 
 
    
 
 
par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
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Lundi 3 mars 2008
PRIMAVERA
 
  Tandis qu'à leurs œuvres perverses
 Les hommes courent, courent haletants,
 Mars qui rit, malgré les averses,
 Mars prépare en secret le printemps.
 Pour les petites pâquerettes,
 Sournoisement lorsque tout dort,
 Il repasse des collerettes
 Et cisèle des boutons d'or.
 La nature au lit se repose;
 Lui, descend au jardin désert,
 Et lace les boutons de rose
 Dans leur corset de velours vert.
 Sur le cresson de la fontaine
 Où boit le cerf, l'oreille au guet,
 De sa main cachée il égrène
 Les grelots d'argent du muguet.
 Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,
 Il met la fraise au teint vermeil,
 Et te tresse un chapeau de feuilles
 Pour te garantir du soleil.
 Puis, lorsque sa besogne est faite,
 Et que son règne va finir,
 Au seuil d'avril tournant la tête,
 Il dit: « Printemps, tu peux venir! » 

 
        Théophile Gautier

Quand arrive le mois de mars, ce poème appris il y a bien longtemps, trotte dans ma tête.
par Nicole Coste publié dans : poésies
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Jeudi 28 février 2008
 
 
 
 
Là, tout près, sur la terre grise,
Alors que je me suis assise,
Trois petites fourmis
Toutes pleines de vie
Se hâtent de voir,
Juste avant le soir,
Qui, un petit bâton,
Qui, un brin de laiton.
 
Mais à peine ai-je écrit
Un vers sur ces fourmis,
Qu’une bête arriva
Et sans mot les happa.
 
 
                               Maryse  Printemps 1970
 
  
Vous avez aimé le poème de Maryse, en voici un autre.Nicole
par Nicole Coste publié dans : poésies
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Mardi 26 février 2008
 
Quelque part dans un camping du sud Maroc…
 
Ils sont arrivés se tenant par la main….
Avisant un espace libre entre deux camping-cars, ils ont posé leurs sacs et regardé la mer.
Depuis quelque temps déjà, ils sillonnent le pays, s’extasiant de tout, nouant ça et là des amitiés éphémères.
Le beau temps permet l’insouciance!
Peu de bagages sont nécessaires dans ces régions proches du désert: les journées sont chaudes et les soirées clémentes.
 
En un tour de main, la tente igloo est dressée. Le sol caillouteux rend difficile sa fixation, qu’importe ! Quelques pierres en assureront l’équilibre !
Le crépuscule est déjà là, ils oublient de s’inquiéter de ces rubans de brume qui rosissent l’horizon, de ces gros nuages noirs qui rendent le coucher de soleil si particulier. Vite l’appareil photo, pour fixer sur la pellicule le spectacle, chaque fois différent, de la fin du jour.
La nuit tombe vite sous les tropiques, ils vont au village assurer le ravitaillement. Leur marché fait, le sac à provisions bien rempli, ils s’assoient à la terrasse d’un café déguster le thé à la menthe : c’est l’endroit idéal pour les rencontres.
Rapidement rejoints par d’autres touristes, ils ne voient pas le temps passer. La soirée se poursuit autour d’un tagine et les conversations sont animées.
Le vent s’est levé, ils ne s’en alarment pas, ils ne le sentent pas, occupés qu’ils sont à refaire le monde !
Tard, très tard, ils rejoignent leur campement. La toile vole, des gros galets sont ajoutés et, hop ! Au lit !
Le sommeil vient vite, peuplé de rêves ensoleillés, de paysages idylliques !
Plic ! Ploc ! Rien ne les éveille !
La pluie est une chose rare, mais quand elle vient c’est sans modération.
Une flaque se forme, se gonfle, s’étale et envahit l’abri précaire !
Une sensation étrange vient chatouiller leurs pieds, et un cri de stupeur et d’étonnement s’exhale !
-          Il pleut, on est inondé !
 -   La valise, les vêtements !
Rassemblant, aussi vite que possible leurs affaires dégoulinantes, sauve qui peut, ils courent vers un toit plus protecteur !
 
 
      Au matin, les voisins surpris, découvrent la place vide.
      -   Ils ont déménagé de bonne heure, les jeunes !
 
 
                                                    
 
 
 
  
 
par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
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