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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 11:22

Submergé par nos commentaires, papa jetait des regards à maman pour comprendre de quoi il s’agissait !

   -   Du calme s’il vous plait, laissez-moi expliquer.

Elle fit un rapide compte rendu de l’affaire, nous étions impatients de connaître la décision finale.

Comme d’habitude, quand quelque chose lui posait problème, il se grattait la tête, prenait un air lointain, semblait prendre très au sérieux notre requête.

La décision tomba :

   -   Je crois qu’on peut l’ouvrir, mais maman et moi déciderons si on va plus loin dans notre exploration !

   -   Quand ? On y va !

 

Peu  désireux de supporter notre agitation toute la soirée, toute la famille s’engagea dans l’escalier qui conduisait sous les toits !

Seule, la chienne ne comprenait pas notre curiosité, elle nous suivit cependant pour vérifier une fois de plus la présence éventuelle de rongeurs !

Devant notre empressement autour de la caisse elle la renifla et s’éloigna vers d’autres recoins. Cette boîte n’avait rien de particulier ! Pourquoi les humains s’intéressent-ils à des choses qui sentent le vieux papier ?

Papa essaya sans succès de faire jouer les serrures.

Je vais prendre une tige pour faire levier.

Peine perdue, la rebelle résistait ! A croire que les secrets devaient  rester secrets !

   -   Allons chercher Daniel, il aura sûrement le matériel nécessaire !

 

Je courus à perdre haleine et arrivai  chez  lui écarlate. Après une rapide explication un peu confuse de ma part, il prit son  quatre-quatre et m’accompagna.

 Calmement il examina la situation et repartit chercher les outils et …  

On entendit un craquement,  le couvercle se souleva légèrement.

Nos cris, nos applaudissements, saluèrent la réussite de l’entreprise !

   -   Ouvre ! Ouvre !

La malle aux secrets se livra enfin. Bouffées d’odeurs, effluves  moisis, parfums surannés, le passé rejoignait le présent mais ce n’était pas notre passé ! 

Des journaux, des paquets de lettres, des cartes routières, des cahiers d’écoliers apparurent.

Nos mains se tendaient pour toucher, lire, être le premier à voir.

Silence, nous devons regarder sans détériorer :

   -   Tout ceci ne nous appartient pas, rappela papa.

Il choisit ce qui était le moins personnel : les cartes routières.

Des itinéraires traversant l’Espagne, le Maroc, d’autres plus détaillées sur les pays maghrébins, accompagnés de notes, il s’agissait vraisemblablement de projets de vacances. Daniel se souvenait : bien que n’ayant jamais eu de relations amicales avec ses voisins, il avait compris qu’ils venaient des anciennes colonies, on les appelait « Les pieds noirs » ! Pieds noirs, cela nous fit beaucoup rire, papa promit de nous expliquer.

Les cahiers attirèrent notre attention. J’imaginais les exercices, les problèmes, tout le travail d’une enfance, abandonné pour ne pas tomber entre les mains des enfants qui auraient pu établir des comparaisons.

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commentaires

danae 13/12/2014 12:48

Bonjour Nicole, j'étais en retard mais je l'ai rattrapé et j'ai bien aimé ton histoire, très vivante. Bises et belle journée