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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 07:46

Le dimanche, nous aidions maman à ranger la vaisselle de fête quand le bulletin météo annonça de grosses perturbations sur la région parisienne, l’est et le nord de la France. Dès le lendemain des nouvelles alarmantes circulaient : arbres arrachés, toitures effondrées et autres dégâts très importants.

Loin de se calmer la tempête menaçait le sud-ouest : la promenade  prévue chez des amis fut annulée. Le soir papa vérifia les fermetures des volets et nous partîmes nous coucher sans trop d’angoisse : c’était sûrement un avertissement préventif.

Dans la nuit, le vent fort se leva. Des bruits étranges, des craquements, des sifflements réveillèrent la maisonnée. Lorraine, elle que rien n’inquiétait, semblait cette fois anxieuse.

Les résineux se balançaient si fort que leur chute nous semblait inévitable !

Aucun ne menaçait la maison, ils étaient éloignés et seul le parc pourrait souffrir du mauvais temps

Les lumières s’éteignirent.

Un arbre est tombé sur la ligne, dit papa et avec ce vent nous ne serons pas dépannés avant demain !

Il ne pouvait savoir que l’interruption durerait cinq jours chez nous, une semaine ou plus dans certains endroits!

Au matin, le réveil fut difficile, rien ne marchait ! Pas de télévision, pas de grille pain, pas de micro-ondes !

L’éclairage à la bougie, transformait les pièces en théâtres d’ombres. Quand la lumière du jour fut là, Bénédicte se mit à pleurer. Elle venait de découvrir les branches qui jonchaient le sol et rendaient l’allée impraticable. Nous étions tous tristes. Maman essayait de nous remonter le moral : un peu de courage, nous allions tout remettre en ordre !

Le téléphone était coupé lui aussi, seule la radio nous relayait au monde.

Après une inspection rapide des lieux, la situation  n’était  pas catastrophique.

Quelques tuiles avaient été soulevées et avant les réparations, on déplaça les objets qui pourraient être endommagés par une gouttière. Les grosses caisses furent poussées et une fois de plus elles excitèrent notre curiosité !

L’entrée dans le vingt et unième siècle, qui avait tant inquiété certains pour d’autres raisons, se révélait épouvantable  pour les sylviculteurs. Une promenade dans les bois proches nous permit de rencontrer Daniel, un voisin.

Propriétaire de quelques hectares de pins, il avait les larmes aux yeux en voyant ces géants abattus, gisant sur le sol. L’étendue des dégâts était considérable, les branches entremêlées rendaient notre avancée difficile. Daniel, nous invita à grimper sur son tracteur.  En évitant les pièges nous rejoignîmes sa ferme. Construite sur un airial, entourée de chênes c’était une maison landaise typique avec son poulailler perché. Un retour dans le passé nous attendait dans la pièce à vivre ! Sa femme cuisinait sur le feu de la cheminée, des lampes à pétrole  posées sur la table éclairaient la pièce. Ces objets que nous avions l’habitude de voir chez les antiquaires reprenaient du service et nous intriguaient !    

Daniel nous en expliqua le fonctionnement. Ravis, après avoir dégusté de bonnes tartines de confiture, nous reprîmes le chemin de la maison.

Depuis ce jour-là, Daniel et sa femme devinrent nos amis et souvent nous allions les retrouver. C’était alors une formidable occasion d’apprendre à connaître la forêt.

 

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