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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 14:58

Quelques mois plus tard, avec l’arrivée du printemps, les souvenirs de cette période étaient encore visibles.  De nombreux arbres décapités, des branches cassées, nous rappelaient cette semaine de tempête.

Les vacances de Pâques nous octroyaient  quinze jours de congé que nous allions mettre à profit pour terminer les travaux entrepris. Nettoyage et rangement étaient au programme.

Dès les premiers jours, les combles eurent notre visite.

 

Notre mission était claire, trier et classer les jouets inutilisés, pour les donner ou les jeter. Les persiennes ouvertes, le soleil pénétrait dans la pièce. Bénédicte s’inquiétait :

Tu crois qu’il y a des souris ?

Peut-être mêmes des rats ?

Nous devrions aller chercher Grisou, le chat des voisins.

Nous avons Lorraine qui consciencieusement furetait un peu partout cherchant des traces, des signes  d’une présence.

Les lieux semblaient inhabités, nous pouvions commencer notre classement.

Chaque objet était soigneusement examiné, commenté avant de trouver sa place. Les souvenirs de notre petite enfance étaient là, bientôt destinés à rejoindre les oubliettes. Au bout d’un certain temps, le jeu devenant lassant, nos regards allaient vers les malles qui, elles, contenaient de vrais secrets !

On ouvre ?

On n’a pas le droit !

On ouvre et on referme, personne ne le saura !

D’accord, vas-y !

J’étais l’ainé, le garçon, je devais donc agir mais

ma sœur, toujours d’accord sur le moment,    changeait d’avis ensuite par peur de la punition. Il arrivait même qu’elle aille raconter à maman ce que nous avions fait pour éviter les remontrances : faute avouée, à moitié pardonnée !

Je m’approchais de la caisse et regardais les serrures. Elles étaient rouillées, et n’avaient pas été manœuvrées depuis longtemps.

Une barre de fer pourrait me servir de levier, mais rien ne semblait convenir.

A table !

Nous descendîmes les escaliers quatre à quatre bien décidés à revenir, munis des outils nécessaires.

Pendant le repas, Bénédicte ne put tenir sa langue :

   -   Dis maman, qu’est ce qu’il y a dans la grosse malle ?

J’eu beau lui faire des signes, elle continua :

   -   Nicolas a essayé de l’ouvrir

   -   Petits curieux, vous savez bien que son contenu ne nous appartient pas !

   -   Mais, maman, puisque ils l’ont abandonnée chez nous, on peut l’ouvrir ?

   -   Je suppose qu’elle ne contient pas de choses secrètes mais cela fait partie de leur vie pas de la notre !

   -   On pourrait ouvrir et si ça ne nous regarde pas, on referme ?

   -   Oui, on pourrait mais je ne sais pas si j’en ai envie ! Attendons papa nous  prendrons une décision tous ensemble.

L’après midi fut longue, la proximité du coffre excitait notre curiosité, des images de chasse au trésor tournaient dans ma tête. Bénédicte rêvait de toilettes d’autrefois, de dentelles et autres fanfreluches.

Allions-nous être déçus ? Découvrir des secrets de famille abandonnés pour ne pas être découverts par les intéressés ?

Papa était très attendu ce soir là !

Il ne comprit pas tout de suite pourquoi nous nous précipitions sur lui et l’aidions à ranger ses affaires.

   -   Papa ! On peut ouvrir la valise ?

Elle ne pouvait tenir sa langue  plus longtemps !

   -   Quelle valise ?

   -   Tu sais bien celle du grenier !

   -   Vous deviez le ranger ce grenier, l’avez-vous fait ?

   -   Oui, mais la malle, celle qui était là avant, qu’est-ce qu’on en fait ?

   -   On devrait l’ouvrir, et on referme si ce sont des secrets !

   -   Nicolas a essayé mais il n’a pas pu !

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