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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 18:30

Les premières réponses furent rassurantes et positives : si nous restions sur la côte, le climat était supportable, il y avait des plages, et on pourrait voir les dunes, le Sahara se prolongeant jusqu’à l’atlantique.

Très gentiment des membres me proposèrent des itinéraires et je pus fièrement montrer mon travail le soir à la veillée !

A la fin de l’été, le projet était fin prêt. Enfin presque ! Nous partirons du 14 juillet au 15 août, vers le Sahara occidental, ne restait plus qu’à savoir comment !

En effet, une question restait sans réponse, prendrions-nous l’avion puis une voiture louée ou bien partirions nous de France avec notre véhicule ?

Et là-bas où logerions-nous ? Une année pour trouver la solution !

Avant la reprise des cours, quelques visites familiales s’imposaient.

Depuis l’achat de la maison, les relations avec la famille paternelle s’étaient un peu distendues : papi et mamie n’avaient pas vraiment approuvé notre choix !

Ils avaient rêvé d’une installation proche de chez eux, avait même envisagé de nous céder un terrain pour que nous fassions construire. Pour eux qui approchaient de la vieillesse et qui s’isolaient de plus en plus, le choix de la forêt landaise était presque une trahison de papa envers ses lieux d’origine.

Ne comprenant pas cette brouille nous avions demandé des explications aux parents.

Maman nous avait fait un cours d’histoire régionale :

La rivalité entre propriétaires de terres cultivables ou d’hectares de pins datait du milieu du XIX° siècle, depuis la création de l’étendue forestière.

La vigne existait déjà au temps des romains, les vestiges nombreux en témoignaient, les fortunes sylvicoles étaient récentes !

Daniel, notre voisin, nous avait raconté l’histoire de sa famille. Bergers pour les ancêtres, résiniers ensuite, il était lui à la tête d’une exploitation qui faisait sa fierté.

Pourtant, racontait maman, certains viticulteurs n’hésitaient pas à placer une partie de leur bénéfice « dans les arbres » car le gel et la grêle n’avaient point prise sur la production.

Depuis la terrasse des grands parents, on apercevait à l’horizon une ligne sombre, là commençait « l’autre pays ».

Pendant l’été, apercevant une fumée s’élevant dans le ciel bleu, pépé et mémé s’inquiétaient, elle signalait un feu de forêt et leur rappelait la triste période des incendies de 1949 qui avait dévasté la forêt,  catastrophe qui était encore dans toutes les mémoires.

Notre arrivée chez les aieuls fut ponctuée d’aboiements peu amènes.

Lorsque nous descendîmes du véhicule, Youky, nous reconnaissant, sauta de joie, et fit plus particulièrement bon accueil à Lorraine. Il l’entraîna vers les prairies. Mamie, attirée par le bruit, apparut sur le seuil. Son visage sévère s’adoucit, heureuse de nous revoir.

Vous venez tellement peu souvent que le chien ne vous reconnaît plus !

Nous voici !

A la fin des vacances ! Ce n’est pas trop tôt ! Je vous croyais partis au bout du monde !

Non, mais l’année prochaine nous partons au Maroc, annonça Bénédicte qui ne savait pas garder une nouvelle !

Au Maroc ? C’est vrai ça ?

Rentrons au frais, dit papa, nous avons tout le temps de parler !

Papi, étendu sur son fauteuil, le journal sur ses genoux, faisait la sieste. Un peu sourd, l’animation n’avait pas dérangé son sommeil !

Coucou, papi, tu ronfles ! Ma sœur lui secouait le bras pour attirer son attention.

Qui es-tu ? Je ne te connais pas jeune fille !

C’était chaque fois les mêmes phrases, le même jeu : un peu bougon, il faisait celui qui était fâché mais au fond de lui, il nous retrouvait avec joie.

Quelques considérations sur le temps, chaud mais clair, qui allait permettre des vendanges précoces, détendirent l’atmosphère.

Mamie, prévenue de notre visite, avait préparé sa fameuse tarte aux mures qui nous faisait tant saliver !

Papi, vas donc chercher des boissons fraîches !

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