Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 14:24

Elle déployait la nappe qui, délicatement brodée par une arrière grand-mère,  suscitait toujours l’admiration de maman, disposait les assiettes et distribuait les serviettes.

Belle Maman, pourquoi  n’utilisez-vous pas le papier, c’est tellement pratique.

Je n’aime pas, les armoires sont pleines de linge, il faut bien l’aérer de temps en temps !

Un silence accompagna la dégustation du gâteau.

Où as-tu trouvé les baies ?

Dans la haie qui longe la pièce « des quatre journaux », tu sais celle que tu n’aimes pas parce que les rangs sont trop longs !

On n’en voit jamais le bout avant la fin de la journée, mais vous n’avez pas effeuillé cette année ?

Si quelques pieds de chasselas, on ira voir tout à l’heure, peut-être y en aura t il de mûrs !

 Chaque fois  la conversation s’orientait vers les terres, les récoltes, et nous étions exclus de leurs souvenirs. Bénédicte ramena tout le monde vers son sujet de prédilection.

Il y a des raisins au Maroc ?

Oui ! Et même du bon vin ! Pourquoi cette question s’enquit  grand père.

Je commençais à raconter nos recherches, nos projets, ma sœur intervenant  pour rajouter des détails qui en fait embrouillaient tout.

Maman prit la parole et en quelques phrases les mit au courant de nos intentions.

Il n’y eut pas de tonnerres d’applaudissements  à la fin de son discours mais une moue dubitative, et même réprobatrice.

En été, aller au sud, vous êtes fous ! Vous allez être malades, et la sécurité, vous avez pensé à la situation internationale ?

Ne vous inquiétez pas, prévient papa d’un ton très calme, nous prendrons toutes les précautions et nous vous tiendrons au courant, avec le portable maintenant nous serons toujours à portée de voix !

Vous êtes grands, vous faîtes ce que vous voulez !

C’était la phrase qui clôturait les débats quand les divergences étaient si grandes que rien ne pouvait les aplanir.

Une promenade sur la propriété ramena la sérénité. Les vignes étaient belles, les raisins pendaient, les grains gros et juteux  gorgés de soleil  commençaient à prendre couleur. La vendange serait belle, la récolte abondante, promesse de cuves bien remplies ! Papi s’éloigna d’un pas alerte et revînt les mains derrière le dos cachant sa surprise : de belles grappes bien dorées, qu’il nous tendit avec fierté.

 Disséminées au milieu des cépages destinés à la fabrication du vin, des variétés  produisaient un fruit  sucré qui arrivait à maturité vers le quinze août. Nous aimions éclater les graines avec nos mâchoires et faire gicler le jus dans la bouche pour en apprécier la saveur.

De retour à la maison, assis sous la sapinette, donc nous ne comprenions pas le nom tant l’arbre était gigantesque,    protégés de la chaleur du soleil, les adultes conversaient. Bénédicte et moi étions chargés de cueillir les légumes au potager. Tomates, haricots verts, radis, s’étalaient dans une caisse, ils agrémenteraient les repas de la semaine.

Papi vînt nous rejoindre :

   -   Maintenant, l’arrosage !

La soirée nous réunit autour de la table familiale,  trop souvent désertée par les enfants et les petits enfants, et bien trop grande pour eux deux !

La comtoise sonna dix coups, l’heure des au revoir !

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires