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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 16:38

Un autre voyage, d'autres souvenirs!

Il y a très longtemps …
Décembre 1984, il fait très chaud sur le littoral atlantique marocain. Nous sommes quelques kilomètres au nord d’Agadir, la ville au 300 jours de soleil, la ville du séisme de 1960. Dans ce petit village de pêcheurs on n’a pas oublié la nuit du 29 février 1960, mais on n’y pense plus ! Inch Allah ! On espère ne plus jamais revivre une telle expérience. Tous les matins à l’aube les hommes préparent les barques puis vont affronter la barre, la « sauter » pour relever leurs filets et revenir vendre le produit de la pêche.
La place en bordure de la route est en terre battue, de là partent des ruelles vers le port. Des échoppes, épiciers, bouchers, et quelques artisans animent le bourg. Depuis quelques années, une foule cosmopolite déambule dans les rues. Il y a les campeurs qui se rassemblent sur le terrain près de la plage : tentes, caravanes et, nouveaux venus, les camping-cars, ils s’installent pour passer l’hiver au soleil. Plus loin vers l’ancienne madrague (installation pour la pêche au thon) c’est le rendez-vous des surfeurs. Au sud, le rocher du Diable et sa crique accueille les hippies. Tout ce monde se côtoie sans vraiment se rencontrer. Le village de Taghazout est connu bien au-delà du Détroit ! Comme jadis le petit port de Saint Tropez, il attire ! Déjà des chantiers de construction sont ouverts, mais le non raccordement au réseau électrique est un frein. Certes nous souhaitons le progrès pour nos amis villageois mais … que va devenir ce petit bourg quand la fée électricité l’aura doté ?
Nous avons installé notre camp de base dans une crique quelques kilomètres plus au nord près d’un village Imi Ouadar. Village de pêcheurs, une seule épicerie et un four pour cuire le pain permettent d’assurer le nécessaire ! Ali l’épicier possède un bateau, il ouvre son magasin au retour de la levée des filets. Une dizaine d’années auparavant il est parti en France « chercher fortune » ! A la mort de son père il est revenu au Pays pour devenir le chef de famille. Nous avons sympathisé et passons de longs moments à bavarder autour du thé. Il fait des projets : se marier, des enfants, mais il lui faut de l’argent ! A notre question : tes enfants iront-ils à l’école ? Sa réponse est nuancée. Les garçons : oui ! Les filles ? Elles iront chercher l’eau au puits sur la place en face de la boutique et garderont chèvres et moutons.
Nous pratiquons la pêche sous marine. Les sentiers qui mènent à la côte d’ici jusqu’au Cap Guir n’ont plus de secrets pour nous ! Au retour nous avons souvent un « comité d’accueil » ! Distribution de poissons ! Cela devient une habitude et nous devons surveiller pour garder quelques pièces destinées à notre repas ! Je garde le souvenir d’une sortie de l’océan sous les acclamations des femmes venues cueillir des moules (pour les faire sécher) rassemblées sur un rocher comme au spectacle !
A Tiguert une petite crique permet la mise à l’eau de quelques barques et nous sommes conviés à prendre le thé. Les pêcheurs affalés sur les filets fument le hash, les verres collent aux doigts et l’eau provient surement de la source où vont s’abreuver les chèvres en fin de journée ! Un peu inquiets, mais l’eau du thé a du bouillir !! Nous n’aurons aucun souci !
Janvier 1985 grande animation à Agadir : on annonce la visite du Roi pour la pose de la première pierre du futur port. Travaux de rénovation, peinture, jardins, nettoyage, pose des drapeaux, tout le monde s’active ! Aucune date n’est annoncée et les drapeaux fanent vite au soleil il faudra les remplacer avant le grand jour ! C’est le 3 mars, jour de la fête du trône qu’aura lieu l’événement.
Bientôt nous remontons vers le nord, autres lieux, autres rencontres ! Oualidia, Tétouan et la côte méditerranéenne (Oued Laou).
Fin mai nous retraversons le détroit en nous promettant de revenir l’année suivante !

Aujourd’hui le vieux camping de Taghazout n’est plus, au rocher du Diable c’est Atlantica Imourane, et chez Ali, Atlantica Park ! Ali est toujours là, son frère tient toujours l’épicerie. Malika sa fille ainée ne va pas chercher l’eau au puits !
A Taghazout la place est goudronnée !
Une chose perdure : notre souhait de revenir au Maroc pour découvrir d’autres lieux et faire de nouvelles rencontres.

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commentaires

danae 29/08/2015 17:40

Coucou Nicole, alors toujours amoureuse du Maroc et pleine de souvenirs de ce beau pays ! Oui tout change et je me demande si c'est en mieux, pas vraiment sûr. Gros bisous