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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 15:47

 

 

L'hiver est une belle saison pour reprendre la lecture. Je vous invite à rencontrer des écrivains de ma région l'Aquitaine

Burdigala est le lieu qui m’a vu naître écrira le poète Décimus Magnus Ausonia. Il possédait cinq villas gallo-romaines dans le bordelais et appréciait son pays « terre de succulences puisqu’elle a pour frontières l’huitre et le beurre, la truffe, le cèpe et le vin, le foie gras, le pruneau et l’ortolan, ce bruant d’Europe à la chair délicate… ». Si vous passez près de Saint Emilion, n’oubliez pas de déguster le Grand cru : Château Ausone, il provient dit-on de l’emplacement exact de sa villa Lucaniacus.
Aliénor fit de son duché une possession anglaise mais c’est une française, Mireille Calmel qui lui consacre son premier roman. La duchesse d’Aquitaine était la petite fille de Guillaume IX Le Troubadour, sa famille encouragea les poètes occitans.
Jaufré Rudel, prince de Blaye, rencontra-t-il « La dame de TrIpoli » au cours de la deuxième croisade avec sa souveraine ? Est-ce elle qui lui inspira ses poèmes sur l’amour lointain ? En visitant la citadelle de Blaye vous n’aurez pas de réponse. Au bord de l’estuaire balayé par le même vent salin, au gré des marées, la nostalgie des départs vous envahira peut-être.
A Bordeaux tout le monde cite les trois M : Montaigne, Montesquieu et Mauriac. Mais ils sont nombreux ceux qui ont élu domicile dans cette région et l’ont mise en scène dans leurs œuvres.
En arpentant, les rues de la ville des fantômes vous accompagneront. Aurez-vous la chance de croiser sur les marches de l’ancienne faculté de médecine cet homme vêtu d’une peau de mouton qui inspira à Roger Boussinot Vie et mort de Jean Chalosse ? Natif d’un petit village, sur les bords de la Garonne, Boussinot « monte » à Bordeaux faire ses humanités puis à Paris, mais il reviendra et écrira plusieurs romans ruraux.
C’est à Bordeaux que François Mauriac passe neuf mois de l’année : « Les maisons, les rues de Bordeaux, ce sont les évènements de ma vie», mais c’est à Malagar, sur les coteaux qui dominent la vallée de la Garonne qu’il écrira Le nœud de vipères, La chair et le sang et Destins. C’est dans sa demeure landaise qu’il fera vivre l’enfant du Mystère de Frontenac.
C’est aussi sur les bords de la Garonne que Michèle Perrein rencontre des personnages « ordinaires » qui deviendront héros de roman. Elle nous conte dans Le buveur de Garonne une pêche à l’alose chère à tous les girondins. Plongez-vous dans « Les cotonniers de Bassalane » pour humer les odeurs marines du Bassin.
Entre Garonne et Dordogne, l’Entre deux mers accueillit Marguerite Duras à son retour d’Indochine.
C’est près de la Dordogne que se retira Michel de Montaigne, après avoir était maire de la capitale girondine. Dans la tour de son château il écrivit Les Essais.
Vous parlerai-je aussi des géographes Elisée et Onésime Reclus, natifs de la bastide de Sainte Foy la Grande, d’Elie Faure leur neveu essayiste, tous trois encore présents dans la mémoire des foyens ?
Philippe Sollers : « Je suis né là, juste avant la guerre, tout près des vignes du château Haut Brion.. », Pierre Veilletet, Jean Vautrin, Michel Suffran et bien d’autres, certains natifs du bordelais, d’autres l’ont rejoint, tous ont apprécié comme Anouilh d’y vivre ou d’y passer des vacances. Sur le Bassin d’Arcachon, « ici le soleil, le sable, les vagues, les baignades, les courses me grisent… » (J Anouilh), on déguste « l’huitre grasse et blanche » (Ausone).
Vous aurai-je donné envie d’y faire un séjour ? Vous ne pourrez alors dire comme Claude Villers : Arrivé dans ce pays par hasard, je fus conquis par surprise.
Nicole

 

Pardon à tous les écrivains que j’ai oubliés, si vous les rencontrez, racontez-moi !

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