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Mercredi 25 février 2009
Assis sur un rocher, un homme pêche.
Tout autour de lui les goélands tournent.
Peuple de prédateurs à la recherche de nourriture! Lui descendant lointain de l'homme de Cro Magon, aimerait rentrer au campement arborant un trophée qui lui vaudra l'admiration de la tribu.
Eux doivent assurer la survie de l'espèce:pondre puis nourrir leur progéniture, et pour celà il faut des forces.Dans ce lieu désert les occasions sont rares, le pêcheur a des appâts qu'il abandonne souvent en fin de journée.  Surveillance et patience seront récompensées.
Dans les eaux tumultueuses qui s'agitent et frappent les rochers, la lutte pour la vie se poursuit. Les gros poissons mangent les petits!
L'homme vient bouleverser l'ordre normal, il jette une sardine dans l'océan, le plus gourmand ou le plus affamé vient mordre à l'hameçon. Les sardines ont été prises au filet, aucune chance d'y échapper le banc est enserré dans le filet. Plus tard les oiseaux viendront mendier, voler leur part du butin.
La lutte pour la vie, la survie est parfois cruelle.
La-haut sur son rocher le pêcheur guette son fil....pour certains il s'agit aussi d'assurer le repas de la famille.

Passe temps pour nous, la pêche à la ligne est dans ces provinces sahariennes un vrai et le seul métier du père de famille. Repas du jour ou monnaie d'échange, le poisson est un bien précieux.

Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Mardi 24 février 2009
Cinq heures du matin, un claquement de toile nous réveille ! Le vent se lève, le vent d’est, celui que redoute tout voyageur dans le sud. Appelé chergui ou simoun c’est le vent de sable, celui qui justifie le chèche des Touaregs. Nous avions vu hier, les libellules voleter autour du bivouac, nous le craignions et espérions qu’elles s’étaient affolées pour rien. Mais le souffle s’amplifie et il nous faut s’incliner : nous y aurons droit ! Elles ont fui les oasis de l’intérieur pour trouver refuge près de la mer mais les voila rattraper par le fléau du Sahara. La poussière vole, le ciel s’obscurcit, vite, essayons de calfeutrer tout ce qui est possible. Le sable pénètre dans la caravane, l’air est chargé de particules et comme les autochtones nous mettons un foulard devant la face pour nous protéger. Toute la journée nous subirons les rafales, consoliderons le campement. Combien de temps devrons-nous subir ? Nul ne le sait mais chacun a une réponse. La météo est optimiste. La soirée devrait être calme mais on craint une reprise demain ! Finalement après quelques colères, l’intensité des tourbillons diminue. Le calme après la tempête ! Nous goutons à la sérénité revenue et oublions vite les tracas. Un bon ménage et il n’y paraîtra plus !
Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Jeudi 19 février 2009

Le Draa est le plus long fleuve du Maroc 1100km.
Il prend sa source dans le haut Atlas,
son lit est asséché une grande partie de l'année
il redevient visible à une cinquantaine de km de l'océan.
Ses crues sont spectaculaires et souvent dévastatrices.  







A l'embouchure du Draa vit "Diogène".
Dans une citerne de récupération d'eau , il s'est aménagé un logis
et vit de la pêche.

 

Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Mardi 17 février 2009

Je suis actuellement au Sud Maroc.
Je vais vous faire partager mes coups de coeur 
et mes rencontres 

Cette année, il a beaucoup plu sur le pays

nous avons eu la surprise de découvrir

des paysages verdoyants .

Les sommets de l'Atlas étaient couverts de neige. 

Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Mardi 13 janvier 2009



       Il revient quand, le soleil?
Par Nicole Coste
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Vendredi 2 janvier 2009

A vous tous qui passez par ici


Bonne Année!

Que 2009 vous apporte
Santé
Joie
     Bonheur



Nicole

Par Nicole Coste
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Mercredi 24 décembre 2008

Il y a trois âges dans la vie d'un homme:

- Celui où il croit au Père Noël
- Celui où il ne croit plus au Père Noël
- Celui où il est le Père Noël
Celui où il ressemble au Père Noël.




A vous qui passez par ici
JOYEUX NOËL!

Par Nicole Coste - Publié dans : nicole-raconte
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Samedi 20 décembre 2008

Voyager est l'occasion de faire des rencontres.
Ce récit d'un voyageur est un témoignage de l'hospitalité marocaine.
Merci Jean, d'avoir partagé avec nous ces moments.

DIRECTION ICH

Après 110 kms de désert et à 45 kms d'ICH nous nous arrêtons pour déjeuner dans une zone aride et pierreuse.
Au loin nous apercevons une tente de nomades avec des troupeaux de chèvres et de moutons.
Bientôt nous apercevons 2 petites taches noires qui s'en détachent et nous savons déjà ce qui nous attend. (ti donnes, ti donnes avec plus ou moins d'insistance)
Arrêtés à 50 m de nous ils nous observent et étudient certainement les meilleurs moyens de nous attaquer.
Ils décident de nous prendre par le coté où nous ne pouvons les voir.
Intrigué je les observe par la vitre du porteur.
Ils ne bougent pas.
Un quart d'heure plus tard pris de pitié de voir ces enfants sous ce soleil écrasant je les invite à nous rejoindre pour déguster un bon jus de fruits frais.
Les 2 enfants de 4 et 6 ans s'approchent avec précautions.
Arrivés à la porte du porteur 2 petites menottes se tendent vers moi et comme une offrande me tendent 2 œufs.
Je tombe de toute la hauteur de mon piédestal et je me sens tout petit.
Un moment d'émotion devant ces humbles frimousses .
Un moment plus tard nous voyons approcher ce qui semble être la maman avec un enfant accroché à ses jupes.
Elle avance d'une façon curieuse comme glissant sur les pierres
Plus tard nous voyons arriver la sœur, une jeune fille de 13 ans qui porte une coupe remplis à ras bord.
Du lait caillé bien rafraichissant.
nous étions là à bien 2 kms de la tente.


ICH

village solitaire perdu à la frontière Algérienne dans un endroit tout aussi solitaire.
Le village ou la ville la plus proche est BOUARFA plus de 100 kms.
Accroché à une falaise le village semble replié sur lui même et ressemble à un village provençal abandonné dans les années 70.
Pas de commerce, pas d'électricité sauf un groupe électrogène qui fonctionne dés la tombée de la nuit jusqu'à 22h.
Pas de moyen de locomotion sauf une navette les lundi et vendredi vers Bouarfa.

Composé de 40 familles soit environ 400 personnes, le village domine une petite palmeraie jardin d'où il tire sa subsistance.
Une petite source alimente les jardins et un petit château d'eau qui alimente les habitations.

Un petit détachement militaire est installé à l'entrée du village.
Lorsque nous arrivons un militaire nous place dans leur parking et un des militaires nous annonce qu'il est spécialement désigné pour nous servir de guide. MAO n'est po loin.

Au cours de l'après midi nous visitons le village en sa compagnie, les bains douches communautaires hommes puis celles des femmes avec son lavoir qui fonctionne toujours.
Vieilles ruelles pavées, parcs à chèvres.
Nous ne rencontrons personne dans ce village, le militaire nous explique que les femmes s'occupent de la maison et les hommes des jardins.
Visite des jardins ou nous rencontrons surtout des enfants, pas de jardins clôturés mais 5 tours de guets désaffectés.
Visite de l'école, de l'infirmerie occupée par un infirmier qui y loge.

À 300m du village une KAIMA.
ICH étant un village d'agriculteurs un chevrier est chargé de s'occuper des 400 chèvres du village.
Ce chevrier vit avec sa femme et ses enfants dans cette tente.
Dés 6h il récupère les chèvres et part dans les montagnes avec son troupeau qu'il ramènera à la tombée de la nuit. Son fils de 8 ans l'accompagne.
Nous nous approchons de la tente. L'état sanitaire de la tente et de ses environs est épouvantable. Femme et enfant en bas âge circulent pieds nus dans une couche de crottes jusque sous la tente.
Un enfant nous tend 2 œufs et la femme nous apporte un bol de lait où des grumeaux surnagent. Je vais être malade, je le sens mais ne peux refuser devant tant de gentillesse.

A 19h nous sommes à nouveau au CCar et partageons avec les militaires, thé, apéro, couscous au lait de chèvre, souvenirs etc....
On se passe les albums photos on me montre un groupe de CCaristes qui ripaillent au milieu de ce village. j'en ai la nausée cela doit être le lait ?.

Très tard le soir l'adjudant vient encore s'enquérir de notre bien être et nous proposer thé ou café avec pain et huile d'olives pour le petit déjeuner.

Tôt le matin les chèvres me réveillent en traversant le village pour rejoindre le berger. Elles accourent de toutes les ruelles pour leur rendez vous devant la tente du berger. Ce berger est en principe un nomade qui se déplace au gré du pâturage, ici il est sédentaire.
Plus tard je prends mon paquetage et me dirige vers la Kaima pour le remettre à l'enfant qui déjà m'attend. Sans un mot il récupère le sac et le traîne vers la tente.
La mère me fait un signe bien timide.
Le berger et son fils de 8ans sont déjà dans les montagnes.
De retour au parking l'adjudant attend déjà avec sa théière.
Nous ne sommes que des voyageurs qui passons comme des pèlerins en quête de savoir et de souvenirs.
Pour la première fois depuis bien longtemps notre contact ne s'est pas réalisé dans un village.

DIMANCHE le 20 avril 08

Nous décidons de continuer notre chemin.
En cours de route nous croisons un fennec puis beaucoup de lézards géants soudain ma mie me crie
« LA LAAA ATTENTIONNNN»
Cha y est j'ai écrasé quelqu'un « OU OU ?? »
« Sous le ccar...... 2 lézards »
Je recule et il en reste un, 40cms de long et 20 de large, la largeur du pneu de notre CCar. Paix à son âme.

ENFANTS AUX PIEDS NUS SANS AVENIR
Peu après nous apercevons la KAIMA des enfants rencontrés la veille. Lentement nous quittons la route pour nous engager dans un terrain bien pierreux mais nous y parvenons sans trop de difficultés.
Nous nous arrêtons à 20m de la tente.
Pendant notre approche ils ont déjà préparé le terrain, œufs, lait de chèvre, fromage de chèvre .....le comité d'accueil (3 femmes et 5enfants) est prêt et nous très gênés.
Après un échange de petits cadeaux nous sommes entraînés sous la Kaima.
8m de long et 5 de large, un large trou au plafond à une extrémité prés de l'entrée sous lequel est installé la cuisinière (4 cailloux, un petit feu au milieu) l'ensemble est propre et bien aéré. Nous y pénétrons à 4 pattes.
La tente est divisée en 2 parties, une pour les animaux (poules, coqs, dindons, lapins) semble t-il et une pour les adultes.
Un muret fait de caisses, sacs à provisions, couvertures et coussins les sépare.
Une trentaine d'agneaux et de chevreaux pattes liées sont entassés sur un des cotés.
La dame la plus âgée nous montre son savoir faire avec la toison des moutons.
La plus souriante nous montre une baudruche, qui contient du lait. En forme et de la taille d'un mouton elle l'agite avec force.
La plus jeune, belle à faire damner les dieux, nous prépare le thé et les galettes.
Les enfants entretiennent le feu et chassent de la tente poules, dindons, lapins à coups de pieds ou de pierres.
On a étalé à terre à notre intention un tapis et des coussins.
Nous nous déchaussons, nous sommes les seuls à avoir droit au tapis et aux coussins.
Rituel lavage des mains dans une cruche et broc en plastique.
Avec les galettes on nous sert du saindoux ??.
bon OK pas ricanement cela doit être du beurre de leur bétail.
Le petit déjeuner est délicieux, les crêpes ont le goût et la texture d'un croissant chaud.
C'est bientôt la franche rigolade nous arrivons à nous faire comprendre par gestes et grimaces.

2 heures plus tard tournée général de coca dans le CCar. 10 personnes dans le CCar y reste po de place.
Nos invités sont fascinés par le robinet d'eau et la salle d'eau.
Il est 13 heures le berger rentre avec son troupeau, on lâche les agneaux et chevreaux qui courent rejoindre leurs mères.
La dame souriante vient nous prier de rejoindre leur table mais malheureusement nous somme déjà en train de déjeuner sans avoir vraiment faim.
Déçu, elle repart avec des cigarettes pour le berger.
Qu'à cela ne tienne elle revient avec un délicieux couscous sec puis peu après avec une omelette au fromage de chèvre.
BOCUSE est un débutant chez Mac do en comparaison de notre charmante et belle cuisinière. un délice.

Nous leur demandons si nous pouvons passer la nuit ici.
les visages s'épanouissent.
Je passe l'après midi à errer dans le désert avec le garçon le plus âgé, 8 ans.
Moi jean et toi ?
???
Moi jean en me frappant la poitrine comme un gorille et toi ?
???
Jean et toi ?
????
Jo et toi ?
????
Je dresse l'oreille et la tend vers lui car il me semble entendre un murmure
Harrreuuuuu
Comment ?
Je m'appelle rrrrrecs moins fort qu'un murmure
Bon d'accord, pour nous deux tu seras ALEX
Il me répond par une grosse toux.


L'après midi n'est pas de tout repos, dés qu'une poule a pondu un œuf les enfants accourent nous l'apporter
Le summum est atteint quand ils nous ramènent 2 BELLES TRUFFES car ils ont droit à une récompense.
Pendant 2 heures les enfants rapportent les truffes, une par une, qu'ils cueillent dans le désert.
Pendant ce temps les dames nous prennent pour des toubibs elles nous ramènent leurs ordonnances et nous désignent leurs bobos, elles repartent toutes fières avec parfums et savons odorants qu'elles sniffent à en perdre les sens .boudiou el ont gagnées li gros lot.
Le berger fait la sieste et on se relaie pour garder le troupeau, (60 moutons et autant de chèvres) aux pâtures à 1 km.

Un fût de 200 litres sur une charrette sert de réservoir d'eau que l'on va remplir dans les environs.
6 ânes ou mules (j'vois po la différence) servent comme moyen de locomotion et de transport d'eau et de déménageurs.
2 chiens pour aboyer.

La nuit arrive et le ciel est couleur ocre.
Les photos sont splendides.
La plénitude.

Les enfants dorment sous une deuxième tente qui ne sert qu'à cela.
Pas de matelas tout le monde dort sur un tapis rembourré et des couvertures .

Nous dormons tranquillement jusqu'à 4h et là ce n'est plus le muezzin mais le coq qui nous réveillent ainsi que les chiens et les ânes.

A 5 h je regarde l'horizon et je vois une tête qui émerge du troupeau, c'est la jeune fille de 13 ans en train de traire le troupeau.
Il fait frisquet ce matin 9°

Nous avons 450 kms à faire pour arriver à HASSI LABIAL prés de MERZOUGA, nous devons partir tôt avant que le soleil soit à son zénith.
A 6h mise en route du CCar les femmes accourent avec bol et lait chaud de chèvre.
6h45 nous partons enfin avec des souvenirs et des images extraordinaires.

Un instant rare.

Pauvres enfants quel est leur avenir dans la société moderne ?.
Ne nous leurrons pas nous avons eu la chance d'être tombés sur une famille très soigneuse .
Beaucoup des enfants de nomades ressemble à la famille d'ICH.
Nous étions un peu déçus de notre crochet de 500kms mais notre seule rencontre avec ces derniers nomades vaut le détour.

En quittant cette terre ingrate je pense encore à ces enfants ayant déjà perdus toutes leurs illusions et leurs rires d'enfants.
A 5 ans l'enfant garde déjà le troupeau et ne se plaint plus.
A 13 ans cette jeune fille Cosette au visage triste trait le troupeau bien avant le levé du soleil, toute la journée elle est occupée, soit à filer une corde, soit à s'occuper du dernier né toujours dans ces jupes, soit .......
Ici pas de radio ou de télé, de jouet quelconque, de livres ou de BD on ne sait peut être même pas que cela existe.
J'aimerai leur transmettre ma hargne de se battre contre un avenir prédéfini.

                                                            Jean

Par Nicole Coste - Publié dans : Récits de voyage
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Mercredi 26 novembre 2008

 

L'automne vit ses dernières semaines, les forêts sont flamboyantes, bientôt les premières gelées apparaîtront. Dans cette belle région du Périgord on se prépare à la cueillette de ce « trésor de Dieu », de ce champignon appelé aussi diamant noir : la truffe.

Dans les chênaies, on verra s'activer les chiens, peut-être des truies à la recherche de la « tuber mélanosporum ». L'origine de ce champignon se perd dans la nuit des temps. On dit qu'il est connu depuis l'Antiquité, que les Romains en étaient très friands. Pourtant dans les chaumières on raconte une toute autre histoire !

Dans la maisonnette, à l'orée de la forêt, vit une famille de pauvre gens. Le père est  bûcheron, la mère l'aide et élève les enfants. L'année n'a pas été bonne, les maigres récoltes du petit jardin n'ont pas permis de garnir le coffre pour assurer les réserves d'hiver. Ce soir, pour le souper, quelques rares pommes de terre cuisent sous la cendre. La journée a été froide, les premières gelées ont engourdi les doigts. Autour de l'âtre, ils sont tous rassemblés quand on frappe à la porte. L'homme ouvre, sur le seuil une vieille édentée, en haillons, s'appuie sur un bâton noueux. Grelottant de froid, elle demande l'aumône. Un temps d'hésitation puis n'écoutant que son bon cœur, il va chercher une pomme de terre et la lui tend.

  • - Mange, et viens te réchauffer!

Des larmes coulent sur les joues des enfants, ils savent que le sommeil sera long à venir ! La faim les tenaillera jusqu'au déjeuner du matin. Pourtant personne n'intervient, l'hospitalité est un devoir sacré. C'est alors qu'un éclair illumine la masure. Aveuglés par la soudaine lumière, tous se frottent les yeux et : Oh ! Surprise ! Devant eux la mendiante s'est transformée en une belle dame, dans ses mains une baguette :

  • - Je suis la fée du Périgord, sois récompensé de ton accueil! Elle frappe la pomme de terre. Devenue noire comme l'ébène, celle-ci exhale un parfum qui envahit la pièce.
  • - Ta récolte est un trésor, disperse la sous les chênes et les noisetiers qui entourent ta demeure, la misère fuira ton foyer!

La femme s'envola, telle une étincelle par la cheminée !

L'homme fit ce qu'elle lui avait dit mais il  garnit un panier des pommes devenues diamants noirs,  pour en offrir au chanoine du village. Celui-ci le remercia généreusement et à son tour ayant apprécié le cadeau, en offrit à l'évêque de Périgueux qui en expédia au pape. 

 L'hiver fut moins rude dans la forêt grâce aux présents reçus. L'année suivante l'homme récolta le champignon précieux. Il se rendit au marché de Saint Alvère. Les châtelains des environs voulaient tous déguster la perle noire ! Ce fut le début d'une nouvelle vie. L'homme cependant continua à faire le bien, à aider les pauvres et à vivre dans sa cabane.

A la mort de leur père les enfants devenus adultes, achetèrent des châteaux et ne roulèrent plus qu'en carrosse. Orgueilleux, ils méprisaient leurs anciens voisins voulant oublier leur vie d'avant. Un soir, tandis qu'ils donnaient une réception, une vieille femme se présenta à la porte du castel. Ils l'éconduirent et lui firent donner des coups de bâtons pour avoir osé troubler la fête. Hélas pour eux, c'était la fée Périgord, celle qui avait fait leur fortune des années auparavant ! Pour les punir de leur méchanceté, les pommes précieuses disparurent du jardinet et se dispersèrent dans les forêts environnantes.

On dit que, transformés en porcs, les enfants les cherchèrent autour des chênes et des noisetiers de la région !  

C'est  depuis ce temps là qu'on utilise les truies pour récolter, dès les premières gelées, la perle noire du Périgord !

Par Nicole Coste - Publié dans : nicole-raconte
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Samedi 15 novembre 2008

Sur  la route de Compostelle, la via Podiensis traverse un village au confluent de la Sagne et du Célé. Accroché à la haute falaise qui le domine les pèlerins peuvent apercevoir les ruines d'une forteresse. Les archives locales nous disent que celui-ci fut reconstruit par Waïffre, seigneur d'Aquitaine au VIII siècle. Dans les fermes, à la veillée, quand les paysans se retrouvent près du cantou pour le dénoisillage, ils racontent de biens étranges histoires !

Ils disent que parfois les nuits de pleine lune, une chèvre blanche apparaît aux promeneurs téméraires gambadant dans les rochers. Ils disent aussi que les murs parlent aux curieux qui osent s'approcher des ruines. C'est ainsi que l'histoire de Mariette, une jeune paysanne, circule de maison en maison.

Mariette habitait dans une chaumière, en compagnie de ses parents et de sa grand'mère. Ils vivaient de peu, travaillant pour le seigneur, faisant régulièrement les corvées et apportant au maître le produit des récoltes. En cet hiver de l'an 745, les temps sont durs : les moissons ont été maigres et la cueillette des châtaignes n'a pas rempli le coffre, les chèvres n'ont guère de lait. L'angoisse du long hiver à venir pèse lourdement sur la famille. Une vilaine toux accable l'aïeule déjà paralysée, les privations l'affaiblissent et la jeune fille cherche le moyen de lui redonner des forces. Elle sort et emprunte le sentier escarpé qui mène au domaine. Au château, la fête de Noël bat son plein. Dans la plus grande salle éclairée par les flammes de la cheminée, le seigneur et ses compagnons d'armes dans leurs plus beaux atours, font ripaille. Les nombreux plats se succèdent, rires et badinages résonnent, une longue nuit joyeuse s'annonce. Soudain la porte s'ouvre : un archer pousse devant lui la jeune bergère apeurée. Vêtue de hardes, pieds nus, elle est cependant très belle. Les yeux des hommes brillent, le vin servi en abondance a échauffé les esprits.

  • - Qui es-tu? Que puis-je faire pour toi demande le suzerain.
  • - Je suis la petite fille de Jeanneton, j'habite près du ruisseau, ma grand-mère va mourir si vous ne l'aidez!
  • - Belle enfant, approche que l'on te voie mieux!
  • - Tremblante, Mariette avance lentement.
  • - Belle enfant, j'aiderai la vieille, te couvrirai de bijoux et tu seras ma maîtresse! L'homme s'avance, les mains tendues pour l'enlacer, une lueur lubrique dans les yeux.

Les convives ricanent, Mariette comprend l'intention du seigneur, elle veut s'enfuir mais la porte est fermée. Paniquée, elle ouvre la fenêtre et se jette dans les eaux glacées et tumultueuses du Célé.

Dans le silence qui suivit on entendit un faible cri et la rivière engloutit l'enfant. Jamais on ne retrouva son corps. On dit que deux anges conduisirent au ciel l'âme pure de la bergère. Au matin des hordes venues d'on ne sait où, envahirent la contrée. Terreur et désolation régnaient dans les campagnes. Gardes et guerriers périrent et le seigneur vit sa forteresse brûler. Lui-même frappé à mort, fut jeté  dans le Célé. Le château s'appela désormais château du diable.

C'est depuis cette époque, par les nuits de pleine lune que l'on peut parfois apercevoir une chevrette blanche, tout en haut dans les rochers. On ne sait d'où elle vient, on ne sait où elle va, nul ne peut s'en approcher 

  • - Est-ce l'âme de Mariette qui revient hanter les lieux d'où elle s'est envolée, un soir de Noël?

 

 

 Le village se nomme Cabrerets, village de la chèvre, il est situé près de Cahors. Le duc essaya de contenir l'invasion sarrasine, s'opposa aux francs barbares de Charles Martel puis de son fils Pépin le Bref. En 745 Waïffre reconstruisit la forteresse, plus tard, lors de la guerre de cent ans elle devint le château des Anglais puis fut entièrement détruite.   

 

 

Par Nicole Coste - Publié dans : nicole-raconte
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