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Mardi 18 décembre 2007

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C’est un matin calme, trop calme. L’horizon est parfaitement dégagé, la mer est plate, seuls quelques papillons et libellules volètent autour de nous. Que font-ils ici ? Pas un buisson, pas une touffe d’herbe pour justifier leur présence ? Une belle journée s’annonce pourtant la libellule m’avertit : la tempête venue de l’est approche. Le vent chaud dévastateur, qui depuis la Lybie brûle tout sur son passage en traversant le grand désert, sera bientôt là, la libellule l’a annoncé ! 



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Cette tranquillité, cette apnée de la nature, c’est le Sahara qui reprend son souffle. Les insectes l’ont pressenti et sont venus se réfugier dans la rocaille du bord de mer espérant que la brise marine vaincra l’ennemi. Au loin le ciel se charge de sable, un nuage brun avance inexorablement. C’est un pays hors du temps, un pays pour les pierres et le vent que rien n’arrête, peut-être aussi pour les scorpions et les gerboises qui trouvent refuge sous un rocher. Le Sarahoui s’enveloppe dans sa djellaba, le visage masqué par le chèche bleu ou noir. Il avance, courbé affrontant l’adversaire seulement si c’est nécessaire. Les rues du village sont vides, les portes sont closes, la poussière tourbillonne. Le souffle culbute les cartons, renverse les caisses et rejette les détritus vers la mer. Parfois il démolit les cabanes de pêcheurs sur le plateau.
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Aujourd’hui il est le maître, il a franchi les dunes, s’est chargé de leur sable ocre et les disperse au gré de son humeur. On croit s’être protégé mais quand viendra l’heure du repas les grains crisseront sous les dents.
Nommé chergui ou simoun ou bien sirocco selon les lieux où il souffle il est partout redouté. Les nomades le subissent. Dès les premiers signes, le campement s’affaire: entraver les dromadaires pour ne pas les perdre, rassembler le troupeau de chèvres, leur seule possession et consolider la tente.       
C’est le vent du désert à qui rien ne résiste. Seule, au bout de quelques heures ou de quelques jours, venue de l’océan une brise fraiche chassera l’importun. Instantanément la température descendra et la vie reprendra. 
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par Nicole Coste publié dans : Récits de voyage
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Dimanche 16 décembre 2007

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Les chèvres sont restées dans l'arganier et je suis revenue avec de nombreuses photos et des textes pour vous faire partager mon séjour!

A bientôt     Nicole

par Nicole Coste
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Mardi 18 septembre 2007
Je suis absente jusqu'à Noël.P5020146.JPGPA160648.JPGPA160655.JPG 

Quelques photos pour vous faire rêver!
par Nicole Coste
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Mercredi 12 septembre 2007

 

 
 
Souvenirs, souvenirs... 
 
 
« Au sortir de Langon, il fallait d'abord traverser la Garonne sur le vieux pont Eiffel aujourd'hui disparu. Une ligne droite, un virage à gauche sous le grand viaduc, et la montée commençait, dure, au milieu des vignes … » F Mauriac
Non je ne vous emmène pas à Malagar mais tout à côté, chez mes grands parents !
Malagar n’était alors que la célèbre côte qui nous obligeait à mettre pied à terre quand, à vélo, nous rendions visite à nos aïeux.
Très souvent, mon frère et moi, avons rejoint la demeure familiale, celle où nous étions nés à la fin de la dernière guerre. Nous ignorions qu’à quelques kilomètres, vivait un homme célèbre, dont les livres décriraient de façon remarquable cette région chère à mon cœur.
La bâtisse nous accueillait, fièrement dressée au milieu du vignoble, et la vue qui s’offrait à nos regards était au moins aussi belle que celle de notre illustre voisin ! Plus bas dans la vallée, le fleuve serpentait entre les peupliers et, à l’horizon, on apercevait la ligne sombre de la forêt landaise. Tout au long de la rivière, les villages s’égrenaient, et les soirs de quatorze juillet, on comptait les feux d’artifices qui célébraient la fête nationale : dix, était le record à battre !
On disait que, par temps clair, on pouvait apercevoir les premiers contreforts pyrénéens. Je n’ai jamais eu la chance de les voir.
Ici, on vivait encore comme au début du siècle, bien que le progrès fasse une timide apparition. Mémé, lavait son linge au lavoir et je l’accompagnais pour pousser la brouette.
    -   Jamais ils n’inventeront une machine pour ce travail, clamait-elle !
Pépé Joseph poussait la charrue tirée par le cheval, Bijou. Les premiers tracteurs commençaient à apparaître, mais étaient réservés aux « grosses propriétés ».
J’adorais mon grand père, j’étais sa première petite fille et c’est avec plaisir que je venais, aux vacances scolaires, séjourner ici.
Pourtant quelques années auparavant, un évènement avait terni cette entente.
A quatre ans, à la suite d’une coqueluche qui n’en finissait pas de guérir, le médecin recommanda un changement d’air. Je quittais donc pour quelques temps frère et sœur pour la maison de mes origines. Craignant que la solitude ne crée l’ennui, on m’inscrivit à l’école du village.
Désormais, matin, midi et soir, une promenade à travers champs me conduisait à l’école et me ramenait au logis. C’était l’occasion pour moi d’inventer de nouveaux jeux et de me glisser dans de nouveaux personnages.
En cette fin d’après midi, le soleil brillait, c’était la saison des labours, on entendait les cris d’encouragement aux animaux : Hue ! Hue ! Parfois la bête se faisait houspiller, aucun répit ne lui était accordé.
Tout naturellement, je m’imaginais tenant les rênes et traçant mon sillon. Mon cheval est rebelle, utilisons les grands moyens !
-       Pompon ! Nom de Dieu, tu avances ! 
J’ignore que les adultes ont des droits que les enfants ne possèdent pas, celui de jurer par exemple.
-      Qu’est-ce qu’un juron ?
Dans la cour de récréation, « les gros mots » fusent à l’abri des oreilles des grands, si possible.
Là je ne cherche pas à me cacher, en toute innocence, je crie à tue tête, ce que je crois être un ordre efficace.
Devant la maison, pépé Joseph m’attend, courroucé. Il m’administre une gifle magistrale. En larmes, je ne comprends ma faute qu’en écoutant le rapport qu’il fait à mémé.
Une incompréhension m’envahit, un sentiment d’injustice qui s’atténuera progressivement.
Oublié ? Non, moment enfoui dans la malle des souvenirs !
publié dans : nicole-raconte
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Mardi 11 septembre 2007
RÊVERIES
 
 
 
Benjamin marche dans la forêt,il traîne son ennui
que pourrait-il bien faire ?
C’est un jour d’été, un de ces jours où…
On n’ose pas le dire, mais l’école manque !
L’école et surtout les récréations,
les copains, les jeux d’équipes !
Les vacances sont longues quand on reste à la maison !
Une petite musique lui fait dresser l’oreille : il s’approche,
une source chante entre les arbres et coule dans un fossé.
Benjamin jette un caillou et écoute le gros plouf !!
Son regard erre,
une feuille flotte.
Il la suit des yeux un instant. Où va t-elle ?
Il se souvient : la maîtresse a raconté,
le fossé va se jeter dans le ruisseau,
le ruisseau dans la rivière, la rivière dans la mer.
Benjamin rêve, la feuille est devenue navire …
Assis dans l’herbe, son chien Tobb couché à ses pieds,
il part pour un voyage lointain.
Il part rejoindre les amis sénégalais
avec qui il a correspondu toute l’année.
Déjà il vogue sur l’atlantique,
Les grosses vagues ne lui font pas peur !
Tel un pirate il se dresse, un bâton à la main !
Il ne craint personne.
A l’abordage !
Mais où se trouve l’ennemi ?
Un bruit assourdissant gronde au loin.
Des canons ?
Le tonnerre qui annonce la tempête ?
Rien de tout cela !
Oh! Non! Benjamin se frotte les yeux...
Que sont ces gros scarabées qui creusent la falaise?
Enormes, ils avancent péniblement,
une grosse pince sur le front leur permet de creuser.
A chaque coup le sol tremble,
Tobb, lui même, ne sait que penser!
Tout le monde connaît son courage légendaire!
Il doit faire quelque chose!
Oui, mais quoi, devant ce danger inconnu?
Il tente les contres attaques habituelles:
Se hérisser pour paraître plus impressionnant,
aboyer, aboyer plus fort encore!
Hélas, la bête fait plus de bruit que lui!
Il va falloir utiliser la ruse, étudier l’ennemi,
Tobb réfléchit...
Benjamin est ébahi, d’où viennent ces monstres?
Sur quelle planète ont-ils été conçus?
La curiosité et un peu d’inconscience, le poussent à s’approcher!
Tobb doit le protéger.
Quand soudain.... La panique semble se répandre sur la falaise!
D’autres monstres apparaissent, de minuscules insectes tournent autour!
Tobb se met à aboyer, à sauter, il se retrouve en terrain connu....
Benjamin se frotte les yeux...
Que lui est-il arrivé?
Assis sur la colline, qui surplombe la rivière,
il voit devant lui le chantier....
 
 
 
Mais oui, bien sur ! Le chantier ! Maman a raconté…
Ils vont construire une nouvelle école,
et le voilà près de l’endroit choisi pour …
Un lieu bien agréable pour une chose peu sympathique,
Bah !! Il repensera à sa rêverie quand la leçon sera trop ennuyeuse
Et il racontera aux copains.
Les extra terrestres, les monstres, sa peur…
Non il ne dira rien, ce sera son secret.
Allez, Tobb, viens nous rentrons,
La rentrée approche,
Il me faut déjà y penser !!
Les copains, les jeux, les histoires de vacances !
Oh ! Après tout la vie n’est pas si moche que ça !!
 
 
 
 
par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
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Dimanche 9 septembre 2007

Une promenade sur le bassin d'Arcachon022.JPG 

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Samedi 8 septembre 2007
 
 
 
Une belle journée d’automne s’annonce, chaude, ensoleillée. Une promenade dans les esteys, ces chemins qui permettent l’accès au sous-bois, est tentante, c’est oublier le mal bleu qui sévit depuis quelques jours. Les usines ont fermé leurs portes, les artisans ne répondent plus aux appels et seuls les commerces tenus par des femmes sont ouverts. Dans les écoles, les garçons, les maîtres, scrutent le ciel pendant les récréations. Le dimanche, sur les terrains de sport, il n’est pas rare de voir le gardien de but lever les yeux et se laisser distraire par « un passage ».
Marie et sa fille Justine, nouvelles venues dans cette région, ne comprennent pas l’agitation qui s’est emparée du village.
Déjà, au retour des vacances estivales, Marie avait vu nombre de ses habitants passer la totalité de leur temps libre dans les bois. Curieuse, elle était allée voir. Surprise ! Les hommes construisaient des cabanes.
Marie avait questionné :
-         Que faites-vous ?
-         Nous sommes des « palomayres », on prépare la saison.
Elle les avait laissés à leurs occupations se promettant d’interroger ses nouvelle amies pour obtenir des éclaircissements.
La préparation de la rentrée scolaire de Justine lui avait fait oublier momentanément ces mœurs étranges jusqu’à hier, à la sortie des classes. Justine lui a demandé d’inviter son amie Emma pour une après-midi cueillette de champignons. Emma n’a pas sauté de joie :
-         Maman n’aime pas trop, c’est dangereux !
-         Pourquoi ?
-         Je ne sais pas siffler !
Interloquée, Marie est allée aux renseignements.
-         Quand on s’approche d’une palombière, il faut siffler pour demander l’autorisation de passage si tout est calme, vous entendrez un sifflement en retour et vous pourrez avancer, il serait plus prudent de vous faire accompagner par quelqu’un du coin, lui a expliqué son voisin.
Ce matin, sur la place du marché, elle a, après plusieurs demandes, trouvé celle qui leur servira de guide : Jeanne.
Après le déjeuner, elles ont pris le chemin de la forêt et bavardent gaiement quand une pancarte attire leur regard :

 

ATTENTION
PALOMBIERE
 
 
Marie et Jeanne demandent aux fillettes de se taire. Dissimulée par des « brandes » une porte signale l’entrée du lieu. A mi-voix Jeanne explique :
-         Avant de pénétrer il faut tirer sur le cordon qui se balance près de la poignée et attendre la réponse. C’est la palombière de mon mari, voulez-vous visiter ?
-         Oui, oui crie Justine.
Un appel leur parvient, la voie est libre.
 Une longue promenade, dans des galeries où le soleil perce à travers les fougères qui les recouvrent, les conduit vers une pièce où trois hommes jouent à la belote. Les effluves des herbes sèches et l’odeur de la résine embaument les lieux. Leurs yeux habitués à la pénombre, découvre les éléments essentiels à un séjour de longue durée . Sur la cuisinière en fonte, d’une autre époque, dans une poêle percée, cuisent les châtaignes ramassées le matin même. 
-         Bonjour tout le monde, combien de palombes aujourd’hui ?
-         Zéro, elles sont passées trop haut, on n’a pas pu les faire poser  !
Justine et Emma observent : sur le côté des marches conduisent à un poste de gué : la oueyte. La-haut un homme guette. Elles le rejoignent. Devant lui des commandes reliées à des ficelles qui se prolongent vers les arbres des alentours.
 
-         Alors la Parisienne, demande Jeannot, mari de Jeanne, ça vous intéresse la chasse ?
Marie reste muette, il est bien question de chasse, elle l’avait oublié, prise par son désir de comprendre, d’aimer sa nouvelle région d’adoption, elle n’avait retenu que l’aspect folklorique de l’activité.
-         Et si vous veniez dimanche passer la journée, Jeanne préparera le salmis, d’ici là on aura tué assez de pigeons pour « régaler » tout le monde.
Marie ne sait quoi répondre mais Justine s’écrie :
-         Oh oui, vous invitez Emma c’est ma copine, on pourra tirer les cordelettes ?  
-         Bien sur, avec un peu de chance vous assisterez au travail des appeaux pour poser les rouquets, c’est bientôt la Saint Luc et chez nous c’est le Grand truc, répond Jeannot.
Jeanne explique : le 18 octobre, est réputé pour être le jour de la plus importante migration.
Marie donne son accord et annonce qu’elle apportera la tourtière ce dessert qu’elle a découvert récemment.
-         Je l’achèterai chez Héloïse, on me l’a recommandée !
Les femmes repartent munies de conseils pour découvrir les « touronnières » à cèpes. Les fillettes ont rempli leurs poches de « castagnes » chaudes qu’elles dégustent tout en faisant des bouquets de bruyère. Dans le panier, sur un lit de fougères, Marie et Jeanne déposent leur précieuse récolte : bolets à tête noire et girolles
Marie est préoccupée, elle est depuis toujours opposée à la pratique de ce soi-disant sport qui a pour but la destruction de la vie animale. Elle s’est laissée piéger, est-elle atteinte par le mal bleu elle aussi ?
Il faut qu’elle prévienne Justine qui n’a vu dans l’affût que l’observation des oiseaux et qui ne s’attend pas aux coups de fusil mortels. Jeanne s’inquiète de son silence sur le chemin du retour :
-         Que vous arrive t-il ? Il ne faut pas leur en vouloir, ils vous appellent la Parisienne mais ils vous ont adoptée, la preuve ils vous acceptent dans leur antre !
-          Ce n’est pas ça, je n’aime pas qu’on tue pour le plaisir.
-         Vous êtes végétarienne !
-         Non…
-         Je ne comprends pas, vous faites l’autruche, vous ne voulez pas savoir d’où vient ce que vous avez dans votre assiette ?
-         Peut-être, mais…
-         Té ! Regardez ces piocs (dindes et dindons) dans la cour de la ferme, ils feront un bon rôti pour Noël !
-         Maman, on pourrait élever des poussins ?
Jeanne éclate de rire :
-         Vous n’êtes pas sortie de l’auberge, vous allez regretter votre installation à la campagne !
-         Le mal bleu, c’est quoi ?
-         C’est la fièvre qui s’empare des hommes quand apparaît le premier vol ! Ils prennent leurs vacances en octobre et rien ne se fait pendant cette période, enfin rien ne se faisait parce qu’avec le progrès, les jeunes s’en vont et oublient les traditions !
-          Pourquoi bleu ?
-         La couleur du plumage des ramiers! Allez, attendez dimanche pour vous faire une opinion, nous ne sommes pas des assassins !
 Les derniers rayons du soleil embrasent la pinède, bientôt la brume envahira les sous bois, il est temps de rentrer à la maison et de préparer l’omelette aux champignons.
par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
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Mercredi 29 août 2007
Une journée hors du temps
 
Neuf heures du matin, les brumes stagnent sur la 

lagune, un bruit de moteur trouble le silence 

matinal, un parfum iodé flotte dans l’air. Ali, 

Mohamed, Tayyeb, Abderazack rejoignent la rive, 

ils sont allés relever les filets posés la veille. Les 

manœuvres d’accostage accomplies, les bateaux 

échoués sur la vase, ils doivent remonter les 

caisses de soles, mulets, bars, sur la plate-forme 

trente mètres plus haut. Depuis peu un escalier 

remplace le sentier escarpé et rend l’opération 

plus facile.
Ici le temps semble figé, le héron impassible 

cherche pitance au milieu des « floukas », les 

flamants roses se rassemblent sur les plages, 

foulques, cormorans et oiseaux migrateurs font 

halte ou s’installent pour l’hivernage. Là-haut les 

Sahraouis s’affairent : préparer le poisson pour le 

mareyeur, choisir les hommes qui accompagneront 

les touristes du jour. Peuple de pasteurs nomades, 

ils ont installé leur campement, le plus souvent 

fixe, dans les plaines caillouteuses qui longent la 

route transsaharienne. Tentes khaïma ou 

constructions en planches aux toits de tôle ou de 

papier goudronné, elles sont dispersées dans la 

vaste étendue qui s’étale jusqu’au plateau. Tout 

autour, des chèvres broutent la maigre végétation 

qui subsiste après les pluies trop rares, gardées 

par les enfants, tandis que les femmes vaquent à 

leurs occupations.  Accrochés aux touffes 

d’épineux, poils, détritus soulevés par les rafales 

de vent qui soufflent de temps à autre dans ces 

régions arides et au loin les dunes, paysage 

changeant, jamais tout à fait le même et pourtant 

immuable. Parfois une gerboise s’enfuit apeurée, 

un lézard disparait derrière un rocher et si on 

soulève une pierre il est fréquent de trouver un 

scorpion.
 
Qui pourrait croire que dans cette immensité au 

début du siècle dernier sévissaient les rezzous 

entre tribus ? Pays des Réguibat, au nord du Rio de 

Oro, la région garde des vestiges archéologiques 

qui témoignent d’une occupation humaine 

ancienne. Au hasard d’une promenade le long des 

falaises de grés qui bordent la lagune on peut 

observer un cimetière pré islamique, près de 

l’embouchure les ruines d’un fort qui pourrait bien 

dater du XV° siècle. 
Tayyeb ignore surement cette histoire, il fait partie 

du groupe restreint de pêcheurs ayant le droit de 

pratiquer son activité dans ce secteur protégé : 

Naïla, bras de mer qui se prolonge à l’intérieur des 

terres et se termine par une saline, est l’une des 

réserves les plus importantes du pays, c’est un lieu 

paradisiaque, loin des circuits touristiques. Ce 

matin c’est lui qui conduit la barque qui nous 

emmène sur les lieux de pêche. Après avoir dévalé 

l’escalier ensablé, chargé le matériel dans 

l’embarcation, l’homme manœuvre pour rejoindre 

le chenal. Dans les prairies humides, sur l’autre 

berge des moutons paissent. Nous dérangeons les 

oiseaux qui prennent leur envol à notre passage. 

Nous nous protégeons des embruns, tant que le 

soleil n’a pas surgi derrière les dunes, la 

température est fraiche. 

Notre guide, enveloppé dans son chèche noir, 

navigue en connaisseur entre les vasières peuplées 

de limicoles. A l’est l’horizon s’éclaire, rougeoie et 

l’astre ardent apparaît, ce n’est plus du froid qu’il 

faut se protéger mais de ses brûlures sur la peau ! 

C’est l’instant que choisit Tayyeb pour arrêter le  

moteur. Chacun s’active, choisit son appât et lance 

la ligne dans les profondeurs du lac. La journée 

sera faste, l’un de nous remonte une courbine de 

20kg, les autres se contenteront de pièces plus 

petites mais d’un nombre important ! Le retour est 

triomphant escorté de goélands et de mouettes 

rieuses, appâtés par les sardines que nous leur 

lançons, ils poussent des cris stridents.
Cette lagune, au milieu de nulle part est un paradis 

pour les gens de passage. Le désert fascine, « il ne 

s’apprend pas, il se vit » disent les nomades, eux 

mènent ici une vie humble. Le village est à trente 

kilomètres, au loin le flux des camions trouble la 

sérénité des lieux, la ligne électrique impose ses 

pylônes à l’horizon. Ici, dans cette terre de 

rocailles et de broussailles, chiens et chats 

faméliques errent à la recherche de l’eau, les 

hommes palabrent accroupis dans le sable et le 

clapotis rythme le temps.  
 
 
 
 

 

par Nicole Coste publié dans : Récits de voyage
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Vendredi 24 août 2007
 
Venu de l’intérieur du désert, après avoir roulés ses eaux, jadis impétueuses, à travers une nature tropicale, l’oued se dirige vers l’océan atlantique. Son lit entaille profondément la hamada littorale. A droite de l’embouchure des dunes majestueuses se reflètent dans l’onde, à gauche, des falaises surplombent la rive. Soumis à l’influence des marées le fleuve communique avec la mer par intermittence. La lagune très poissonneuse accueille de nombreux oiseaux migrateurs de passage ou en hivernage. Il n’est pas rare d’apercevoir, tôt le matin, des pêcheurs sur leurs barques relevant des filets. Entendent-ils papoter les occupants du lieu ?
 
-           Anguille, petite anguille, d’où viens-tu ? Demande un gros poisson aux flancs argentés à l’animal serpentiforme qui ondule près de lui.
 
-         Mon histoire est une longue histoire, commence t-elle….Venue de la mer des Sargasses, un jour je reprendrai la route qui me conduira vers le berceau de ma naissance.
 
-         Tu radotes, tu veux m’épater !
 
-         Je dis la vérité, et suis née prés des Amériques.
Le mulet n’en croit pas ses ouïes, cette prétentieuse voudrait lui faire croire qu’elle a nagé des milliers de kilomètres avant de venir se perdre dans ce coin d’Afrique ?
Qu’elle a affronté les tempêtes sans dommage, et qu’elle repartira pour assurer sa descendance ?
-         Allons, allons ne dis pas de bêtise ! Tu sais que je suis le poisson le plus rusé du lac ! N’entends-tu pas les pêcheurs sur les falaises ? Ils me voient, me traquent, m’espèrent mais ne réussissent  que rarement à piéger mes frères. Nous déjouons leur ruse, sautons par-dessus les filets et faisons la fine bouche devant leurs appâts ! Toi, ta gourmandise te perdra, déjà tes sœurs se balancent au bout du fil et ne doivent leur salut qu’à leurs contorsions qui les font retomber dans le lac. Tu voudrais me faire croire…
 
-         Crois ou ne crois pas ! J’ai vu le jour, larve, au large des Bermudes, après trois années d’errance, je suis devenue civelle dans les eaux saumâtres ou douces avant de prendre ma livrée actuelle. A l’âge de huit ans je repartirai et portée par les courants je reviendrai vers mes origines pour donner naissance à une progéniture nombreuse qui perpétuera l’espèce. Ainsi va la vie des anguilles !
 
-         Je ne peux te croire ! Moi qui grâce à mon intelligence ai atteint un âge respectable, moi qui ai déjoué les pièges des prédateurs, j’ai toujours côtoyé des individus de ta famille.
Ainsi bavardaient deux individus dans les profondeurs du lac…
par Nicole Coste publié dans : contes d'ailleurs
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Mercredi 22 août 2007
 
Pour réaliser un reportage, mes élèves ont suivi la rubrique faits divers dans le journal local. Un communiqué les a interpellés. Après enquête et visite nous avons  pu connaître la vie de : SIMBA LE LION.
 
Sur la place du village on dresse un chapiteau. Les badauds s’agglutinent, curieux : il n’est pas courant dans ce coin des Landes de voir apparaître lions, tigres, singes et autres animaux qui animeront le spectacle de la soirée. Les cirques qui sillonnent les campagnes se font rares, les spectateurs blasés aussi. Dans celui-ci une lionne a mis bas et les lionceaux sont une charge supplémentaire. Emu, un restaurateur apporte de la nourriture. Il caresse les « chatons » et une soudaine envie de pouponner l’envahit ! Peut-on abandonner ces lionceaux que guette la famine ? Le propriétaire affirme que les bébés sont sevrés et peuvent sans risque quitter leur mère. Après une nuit peuplée de rêves fous, il ramène un jeune male au foyer.
Surprise du caniche qui se croyait unique objet de l’attention des adultes ! Le chien adopte rapidement ce compagnon de jeu, sensiblement de sa taille. Pendant quelques jours l’âge lui donnera l’ascendance mais très vite le jeune fauve, bien nourri, grossit. Les jeux continuent, la ruse de l’un compense la force de l’autre. Pour que la situation perdure un aménagement du territoire est nécessaire. L’homme entreprend donc de grands travaux : cage dans la cave avec sortie grillagée vers un enclos extérieur lui-même doublement protégé.
La bête grandit, quand le matin les portes s’ouvrent, il pousse un rugissement de joie !
Dans la pinède le cri surprend ! On s’interroge, les langues se délient, on papote chez les commerçants, la rumeur s’amplifie et la maréchaussée enquête. Les experts sont consultés, les légistes aussi :
-          Conditions sanitaires bonnes
-         Sécurité de bon niveau
-         Conditions d’adoption non règlementaires
Le verdict tombe : Samba doit rejoindre un zoo. Très rapidement un hébergement lui est proposé dans les environs. L’histoire se propage, les médias sont alertées : pour ou contre le retour de Samba dans son parc landais ?
Une régularisation administrative permet sa réintégration dans sa famille d’accueil. La bonne volonté de son maître est évidente, il apporte des améliorations au site et retrouve le fauve.
Curieuse, je suis allée rendre visite à Samba.
Dans un parc entourant une villa, dans une clairière de la forêt landaise, j’ai vu un superbe animal à la crinière naissante.  Son regard luisait, il épiait nos gestes et ne semblait pas apprécier notre intérêt pour sa personne ! De bonne grâce il est rentré dans sa tanière et son maître est allé le caresser. Possédant des griffes rétractiles comme le chat, il peut être un compagnon de jeux agréable, mais ne nous y trompons pas, le quadrupède est d’humeur variable, certains jours les récréations sont courtes ou inexistantes !   
Dehors une surprise m’attendait : la promenade de Samba  prolongée  par un deuxième parc séparé, hébergeait une femelle de quatre mois ! Je suis rentrée dans la cage et l’ai prise dans mes bras. Malgré sa fourrure épaisse et soyeuse ce n’était ni une peluche ni un gros chaton !  
Que se passera-t-il lorsque le temps des amours viendra ?   Comment l’amoureux des fauves gèrera-t-il la situation ?
 
 
 
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
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