Inconscience?
Passion?
La faim guérit-elle du vertige?
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................................NICOLE RACONTE...................................

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage....
| Novembre 2009 | ||||||||||
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Inconscience?
Passion?
La faim guérit-elle du vertige?
Horizons lointains
Rêves, espérance,réalité.
Attente ? Ou fuite ?
Bluets dans les champs
Coquelicots, bouton d'or
Revoilà l'été !
Près du lieu où habitait Benjamin, un château fort se dressait tout en haut de la colline. Son papa lui avait raconté, qu'il y a bien longtemps, Charlemagne partant
rejoindre son neveu Roland avait construit une première fortification. Charlemagne, Benjamin le connaissait ! Dans son livre d'histoire, il avait vu son portrait. On disait de lui qu'il
avait inventé l'école ! Benjamin ne savait pas trop s'il devait ou non s'en réjouir, mais savoir qu'il avait séjourné près de chez lui le rendait fier, et Roland ? Il s'était battu à
Roncevaux avec son épée Durandal !
Depuis l'époque de l'empereur à la barbe fleurie, une deuxième forteresse, le château neuf, avait était édifiée. Cette fois c'est un neveu du pape qui en avait commandé la construction. Le pape d'Uzeste c'était Clément V ! Tant de gens illustres qui avaient vécu dans son voisinage, enflammaient l'imagination du garçon. Déjà sa maison le faisait rêver : c'était un ancien moulin. Sous sa chambre, située dans l'ancienne salle des meules, passait une dérivation du Brion. Souvent, le soir avant de s'endormir « il jouait à autrefois ». Avec son frère Nicolas, ils s'inventaient des rôles, tantôt il était le meunier qui accueillait les paysans, tantôt il devenait le seigneur qui venait contrôler ses sujets ! N'étant pas encore féru d'histoire, il y avait bien des erreurs dans ces reconstitutions ! Un jour, un évènement vînt alimenter ses jeux. Papa était en vacances et profitait de ces quelques jours pour faire des travaux de terrassement dans la cour. L'oncle Patrick était là pour l'aider. A l'aide d'une pelleteuse, louée pour l'occasion à la ville, ils creusaient une tranchée destinée à recevoir des canalisations. Tout à coup l'un d'eux arrêta l'engin et observa le sol. Devant leur attitude interrogative et curieuse Benjamin s'approcha.
Un moment plus tard, il apparut nettement qu'il y avait là, le départ d'un « chemin » qui s'enfonçait dans la terre : un sous terrain peut-être ?
Depuis leur installation dans la région, toute la famille avait entendu des rumeurs: un trésor et un sous terrain existeraient. Personne n'en connaissait le tracé ou la situation,
personne n'avait trouvé de preuves mais les langues s'agitaient. Les oubliettes du château avaient une sortie à l'air libre ! L'abbaye dont les ruines de la chapelle subsistaient dans le pré
voisin communiquait avec le moulin par un passage secret on ne savait trop pourquoi, mais pourquoi pas !
Benjamin et Nicolas écoutaient. On interrogea les voisins, l'ancien propriétaire, on rechercha les précédents occupants, tous étaient au courant des bruits répandus mais aucun n'avait d'explications solides et logiques. Quelques jours plus tard, les hommes décidèrent d'interrompre leur enquête et de réaliser les aménagements prévus. Benjamin, lui, n'oublia pas, désormais il se promenait dans les bois environnants en fouillant dans les fourrés, regardant d'un œil acéré les talus, les amas de pierres. Nicolas l'accompagnait mais il avait peur de tomber dans un puits profond et de disparaître. Les alentours de la vieille chapelle attiraient le garçon mais maman avait interdit aux explorateurs de s'en approcher. Des broussailles, des ronces envahissaient les décombres qui étaient surement habités par des occupants peu fréquentables ! Benjamin armé d'un bâton se croyait capable d'exterminer les vipères qui y avaient trouvé refuge mais Maman était intraitable. Pendant tout l'été papa continua ses travaux d'aménagement. Benjamin et Nicolas, profitant des beaux jours, continuèrent et multiplièrent les ballades dans les environs. Un jour, ils s'éloignèrent plus que d'habitude et tournant et retournant, ils perdirent leurs repères. Consultant sa montre, Benjamin réalisa qu'ils ne pourraient être à l'heure pour respecter les consignes de maman. Nicolas commençait à pleurnicher.
En sa qualité d'aîné, Benjamin voulait le rassurer !
Malgré ces affirmations, il ne savait trop dans quelle direction se diriger ! Il essayait de se rappeler par où il était arrivé, il regardait le soleil pour en déduire l'ouest, mais rien de sur, rien qui ne lui indique la direction de la maison. Après un temps d'interrogation il décida de marcher droit devant lui, il finirait bien par retrouver un chemin, la forêt n'était pas si étendue que cela et des fermes se trouvaient en bordure, il pourrait alors demander de l'aide. Tenant fermement la main de Nicolas pour le rassurer, il avança vers ce qu'il croyait être son but. Les oiseaux, ignorants leur appréhension, chantaient joyeusement appréciant la douceur de la fin de journée. Il flottait dans l'air des parfums d'humus et sous leurs pas les feuilles crissaient. Les fougères prenaient une belle couleur dorée annonçant l'automne. Bientôt on pourrait croiser des ramasseurs de cèpes mais aujourd'hui ils étaient seuls ! Benjamin proposa une chanson pour vaincre la peur et éventuellement se signaler. Il se rappela qu'il avait promis un bouquet à maman et coupa rapidement quelques branches !
Pendant ce temps au moulin l'impatience et la colère s'emparaient de maman. Elle appela papa :
Papa prit son VTT et à l'orée de la forêt il cria les noms de ses enfants. Pas de réponse, seul l'écho lui revînt. Il s'avança mais ne savait trop où chercher.
Nicolas, un instant rassuré se mit à sangloter :
A cet instant un bruit de branches cassées les fit sursauter. Nicolas cria et s'accrocha à son frère. Benjamin se retourna :
Ils reconnurent Jean, un voisin, qui aidait parfois papa dans ses travaux de restauration.
Entre les branches des châtaigniers, nombreux dans cette partie du bois, ils aperçurent les ruines de la chapelle !
En quelques enjambées ils le rejoignirent. Il n'y eut pas de punition, l'aventure avait suffisamment impressionnée les gamins pour leur servir de leçon !
La rentrée des classes mit fin aux recherches brouillonnes, Benjamin fut très attentif aux leçons d'histoire, particulièrement à celles qui portaient sur le Moyen-âge !
L'année suivante, poursuivant ses investigations, Papa apprit que son moulin était autrefois un moulin à aube et que la situation de la roue justifiait le départ d'un sentier pour l'atteindre.
Les élucubrations sur les passages secrets n'avaient plus de raison d'être !
Sur l'océan d'écume
Battements d'ailes
Mouettes dans le ciel bleu
Océan de dunes
Océan d'écume
Clapotis des vagues
Crissement du sable
Vogue la barque
Vole la mouette
Dans
L'immensité du désert
Et la
Vaste étendue de la mer.
Nicole
« Mars qui rit parmi les averses prépare en secret le printemps », déjà les premiers bourgeons apparaissent sur les arbustes et les jonquilles fleurissent dans les vignes. La résurrection est programmée, cette année encore les écoliers iront cueillir ces fleurs jaunes et les vendront sur le marché du samedi au profit des œuvres de l'établissement. Dans quelques semaines les lilas embaumeront et les brassées de rameaux aux grappes violettes parfumeront la maison. Oserai-je avouer que, faisant un retour dans l'enfance je ne manquerai pas de chercher les fleurs à cinq pétales synonymes de porte bonheur. Comme il y a bien longtemps je glisserai le talisman contre ma poitrine et ...l'oublierai !
Une allée de lilas conduisait à la maison de mon enfance. Les premiers jours d'Avril, nous partions à l'école munis de bouquets pour la maîtresse. Une émotion, une bouffée de nostalgie m'a toujours assaillie quand des années plus tard mes élèves m'ont à leur tour couverte de fleurs. Plus tard le joli moi de Mai verra s'épanouir dans les massifs les arums. Bien que la plante exhale une odeur nauséabonde c'est un parfum d'encens qui chatouille mes narines : les gerbes de ces cornets décoraient les églises lors des cérémonies de profession de foi tandis que les inflorescences au gout sucré des acacias ornaient les tables de fête. Contre les grilles du jardin s'accrochaient les branches des roses pompons, épineuses mais si tentantes. Quand la saison le permettait les enfants couraient dans les champs et ramenaient des brassées de marguerites, occasion de jouer à : je t'aime, un peu, beaucoup... Les bluets et les coquelicots étaient encore nombreux et les gerbes tricolores étaient de toutes les célébrations du mois. Lors de sorties nature, les enfants qui m'accompagnaient ont découvert les campanules qui agitaient leurs clochettes sur les talus avant que la faux du cantonnier ne les supprime ! Ma leçon a porté ses fruits ; elles sont devenues dans ce village, pour un temps, « les fleurs de la maîtresse » ! Dans mon jardin j'ai pendant longtemps accueilli les capucines, et toujours planté des zinnias pour garnir les vases au cœur de l'été, en souvenir des massifs de ma jeunesse.
Une promenade autour de mes plates-bandes me permet ainsi de voyager dans le passé, sans mélancolie, en retrouvant les odeurs et les couleurs qui ont été de toutes les fêtes familiales.
Si vous croyez pauvres gens
Que marcher c'est donné
Si vous croyez pauvres gens
Que la marche est innée..
Non, ce n'est pas un droit, non
Non, ce n'est pas un devoir, non
Ce n'est qu'un privilège
Qui ne touche que les non bénéficiaires
Il est aisé bien sûr
De mettre un soulier devant une chaussure
Il est aisé pour ceux
Qui ont des pieds, les deux
Mais pour les handicapés
Qui n'ont pas de pieds
Ils sont biens attristants
Ces moignons dégradants
Si vous croyez pauvres gens
Que marcher c'est donné
Si vous croyez pauvres gens
Que la marche est innée..
Aussi, comme il leur est doux
De savoir qu'à leur tour
Ils pourront faire des pas
Jusqu'au jour du trépas
15 novembre 1978
poème de Maryse
Sa fille Christelle agée d'un an, venait d'être platrée de la taille jusqu'aux orteils alors qu'elle avait tout juste expérimenté la marche.
Aujourd'hui Christelle a retrouvé l'usage de ses jambes.
Dans le grand désert de sable, le vent souffle soulevant la poussière. Chassés des oasis de l'intérieur, papillons et libellules volent vers la bordure littorale ou l'air frais venu de l'océan rend l'atmosphère plus supportable. Dans les rochers, entre les dunes, un jeune fennec s'est réfugié. Profitant de la fraîcheur nocturne pour chercher de la nourriture, il a vagabondé toute la nuit puis, surpris à des kilomètres de son gîte par la chaleur matinale, il s'est réfugié dans cette grotte. Loin des siens, loin de ses habitudes, il est aux aguets. Au moindre bruit il agite ses oreilles comme une antenne radar à l'affût du plus petit mouvement. A l'horizon, une caravane passe. Courbant l'échine, s'abritant derrière les dromadaires, les touaregs, enveloppés dans leurs burnous, le visage caché par le chèche, avancent résignés vers l'oasis la plus proche.
Soudain un galop se fait entendre, le renardeau se réfugie dans le coin le plus sombre. Une gazelle apparaît dans l'entrée. Elle a fui devant un danger connu d'elle seule, aveuglée par le sable qui tourbillonne, elle cherche un refuge pour reprendre des forces. Elle entre, dans l'obscurité elle ne voit rien, pourtant ses narines frémissent, elle flaire et pénètre. Sa curiosité est aiguisée, elle inspecte les lieux et découvre le jeune animal tapi contre la roche. Il tremble. Elle s'approche et le lèche. Son instinct maternel lui souffle qu'il faut rassurer la bête. A grands coups de langue râpeuse elle le rassure. Il se détend peu à peu et se blottit contre elle.
Dehors les éléments se déchainent. Un voile sombre cache le soleil. Bêtes et gens attendent, on ne se rebelle pas contre la nature, on subit, deux ou trois jours de patience et le ciel redeviendra bleu, la vie reprendra son cours.
Gazelle et renardeau, serrés l'un contre l'autre, espèrent une accalmie. Ce soir peut-être, ils pourront rejoindre leur famille.
Se reverront-ils ? Surement pas ! Mais quand le fennec croisera la piste d'une gazelle, ses narines frémiront au souvenir d'un moment d'amitié.
Nicole pour Dimitri
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