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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 17:26

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Une route, quoi de plus banal qu'une route ? Dans nos pays développés les voie de communication sont nombreuses et si l'une est indisponible pour travaux d'autres permettent de rejoindre le but fixé. Tous les chemins mènent à Rome dit-on ! Dans nos livres d'histoire nous avons appris que les Romains avaient entrepris de grands travaux pour relier leurs possessions : la Via Appia, la Via Emilia et d'autres célèbres. En Amérique des routes mythiques traversent d'Est en Ouest et du Nord au Sud le continent. Chez nous la nationale 7 a été chantée par Trenet.

Ici la transsaharienne qui relie le Maghreb aux pays d'Afrique noire est, sur des centaines de kilomètres le seul ruban asphalté. Le touriste qui veut s'aventurer au-delà, emprunter les pistes qui sillonnent la Hamada doit s'adjoindre l'aide d'un Sarahoui ou posséder un bon GPS avec des points repères surs  pour ne pas se perdre.

Nous sommes sur une plaine caillouteuse, trottoir qui longe l'océan à l'ouest et vers l'est l'immensité du désert. Qu'y a-t-il au-delà des falaises qui barrent l'horizon ? Des traces de chemins empruntés par les autochtones apparaissent sur le sol, nous partons à l'aventure ! Distances, particularités géographiques sont notées, des amas de pierres placés aux changements de direction et tout à coup  une bande de couleur caractéristique apparaît au loin : chemin goudronné en plein désert ? Est-ce un mirage ? Pas de doute possible il y a bien au pied de la colline une voie goudronnée qui se dirige vers les sommets. Toute récente elle conduit vers Smara la cité autrefois  interdite que Michel Vieuchange atteignit le 16 novembre 1930 après avoir accomplit  1400 kilomètres depuis Tiznit à pied. Fondée en 1898 par Ma el-'Aïnine dans ce territoire qui se nommait alors Sahara espagnol.

« J'ai vu tes deux kasbah et ta mosquée en ruines. Je t'ai vu toute entière posée sur ton socle face au désert, déserte, dans le silence, sous l'ardent soleil. J'ai vu tes palmiers à présent desséchés. Tu es bien l'œuvre d'un homme, Ma el Aïnin au sommet de sa puissance. » (M Vieuchange)

Qui était donc cet homme ? Un cheikh, un chef de tribu, qui voulait rassembler toutes les peuplades du sud pour résister aux roumis, les envahisseurs chrétiens. Aux confins de la Saghiet El Hamra et au bord de l'oued Solouane, il fonda la cité mythique et fit construire une mosquée qu'il voulait aussi prestigieuse que celle de Cordoue. Hélas ! En 1910 la grande sécheresse tarit les puits, les bêtes moururent de soif, son royaume de sable s'effritait et l'envahisseur le fit brûler. C'est quelques années plus tard que le français partit à sa recherche.

 A travers  des paysages monotones, la hamada caillouteuse, avec de-ci de là quelques tentes de nomades qui élèvent des chèvres, en trois heures depuis Tantan ou Layoune, on atteint Es Smara (lieu herbeux) aujourd'hui ville de garnison.

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commentaires

chrystelyne 07/04/2009 21:17

Tu ne te contentes pas de voyager en plus, tu t'aventures !!!! Plein d'émotions  et d 'émerveillment   sur cette fabuleuse route à la rencontre d' une cité  chargée  d'histoire !amitié chrystelyne