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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 16:25
 
    
    Long ruban d'asphalte qui traverse l'Afrique du nord au sud : Tanger- Le Cap, la  transsaharienne qui autrefois partait d'Alger et traversait le grand désert, s'est, pour des
raisons sécuritaires, déplacée vers l'Ouest.
        
Le Maroc est le premier pays traversé. Plus accessible à tous par le détroit de Gibraltar franchi en une heure, il accueille les touristes avec son hospitalité légendaire. Il y a une quarantaine d'années, les visiteurs ne s'aventuraient guère après Goulimine. Porte du désert, ancien marché caravanier, la cité fournissait suffisamment d'exotisme : ville des hommes bleus, marché aux dromadaires, premières dunes. Au-delà, l'ancien Sahara espagnol, en rébellion contre le gouvernement du pays, n'était pratiquement pas accessible : le souvenir des razzias contre les avions de l'aéropostale : encore présent, et les mines du polisario : une réalité.
Au début des années 70, Ifni, redevient marocaine et la présence espagnole n'est plus qu'un souvenir ! Puis il y eut « la marche verte », les tentatives de conciliation et la construction d'une route pour intégrer les nouveaux territoires. Tantan fut pendant quelques temps l'ultime étape. Les nombreux contrôles de police, les débris de véhicules brûlés, suffisaient à décourager les intrépides qui désiraient poursuivre..
Pourtant une richesse attirait les vacanciers : la pêche.
 
On murmurait que depuis ces falaises qui, des kilomètres durant font un trottoir à l'Atlantique, on remontait d'énormes bêtes des profondeurs de l'océan. Il fallait y aller voir, tenter sa chance et à son tour arracher une belle proie aux flots tumultueux.
 
 
Le manque d'approvisionnement en eau potable, distribuée par citernes et utilisée chichement, limitaient les téméraires. Mais, à leur retour, leurs récits, les photos de leurs prises créèrent des envieux qui de plus en plus nombreux osèrent aller de plus en plus loin. Les sars y dépassaient trois kilos, les courbines battaient records supérieurs à quarante kilos et dans les criques battues par les vagues, les loups dansaient dans l'écume.
La réelle pacification de la région la rendait plus attirable.
Layoune, capitale du Sahara occidental se développa, Dakla, ancienne « Villa Cisneros », garnison militaire, subit une invasion pacifique !
Rien n'était prêt pour accueillir les nouveaux nomades : pas d'électricité, peu d'hôtels, et un climat rude. Les vents de sable fréquents, la pauvreté des lieux, blés et pâturages sont tributaires de la pluie, limitèrent les voyageurs et seuls les « accros » du hameçon acceptèrent des séjours prolongés.
 
 
 
L'homme veut toujours aller voir plus loin et plus loin il y a la Mauritanie puis le Sénégal!
La route par l'Algérie, la traversée du mythique Tamanrasset, l'arrêt au pied de l'arbre du Ténéré, étant désormais difficile, la médiatisation du rallye Paris Dakar et l'explosion du marché du quatre-quatre, ont crée les conditions de nouvelles équipées.
Que vont-ils chercher ces explorateurs du XXI° siècle ?
Les véhicules sont tous équipés de GPS et de toutes les innovations possibles, la route est goudronnée jusqu'à Dakar, des relais accueillent ces « raideurs ».
Les gérants de ces auberges, les premiers à prévoir cet essor, se préparèrent à accueillir un tourisme nouveau. Ici on restaure un ksar, là on en construit un, ailleurs on aménage un campement dans une oasis ou on bâtit un restaurant. Le bouche à oreille fonctionne et ces installations nouvelles deviennent des étapes obligatoires
 
 
On y voit des vélos, des motos ou des tout terrains. Les solitaires, les couples ou les groupes partent à l'assaut du désert . Ils « font » le Sahara et dédaignent le goudron pour s'offrir des sensations. On entend le soir au bivouac leurs histoires :
-         panne sur la voie ferrée du train du désert qui transporte de Zouerate à Nouakchott, le minerai de fer.
-         ensablement sur la piste qui longe l'océan, et qui est recouverte par marée haute !
-         passage mouvementé de la frontière mauritanienne,
mais aussi :
-          un thé sous la tente sarahoui,
-         un guide improvisé, surgi de nulle part, qui les a aidés à se diriger.
et dans leurs yeux, brille le souvenir d'une aventure dans des lieux inoubliables.
 
 
Séjourner dans une de ces haltes est source de rencontres insolites :
 
Les Hollandais remontent vers le nord à bicyclette, bien moins fatigant que la marche à pied selon eux. Le pèlerinage à Compostelle, qu'ils ont fait précédemment, les a épuisés, mais la remontée du Magrheb, le franchissement des Pyrénées, une source de plaisir si on choisit la bonne saison !
Lui, l'Italien, descend à moto jusqu?au Cap en solitaire et la compagnie lui manque déjà !
Eux, les Portugais, font cinq à six fois par an le voyage vers la Gambie. Chacun conduit une voiture qui vendue là-bas apporte le bénéfice, un fourgon d'assistance assure la maintenance et le retour .
Un groupe de jeunes français a découvert ce besoin du marché africain. Ils convoient automobiles, camions, fourgons remplis de pièces mécaniques de récupération et au hasard des villages vendent leurs trésors. Ils iront jusqu'à épuisement du stock, le Mali peut-être le Burkina Fasso !
Si les transactions sont fructueuses, ils recommenceront. L'Afrique est miséreuse, elle reconditionne « nos poubelles » et fait du neuf avec du vieux. Les rêves de fortune sont souvent déçus, les aventureux ne gagnent qu'une misère sur la misère. Ils rentrent la tête emplie de souvenirs d'un ailleurs différent. Les convois humanitaires sont légions. déshérités.
 
Ainsi va le monde et dans ce pays de tradition nomade, personne n'est étonné de voir et de revoir des individus dont on ne sait s'ils vont ou s'ils reviennent !
Comme les Touaregs qui courent à la poursuite des nuages, signes de pluie donc de récolte, ils traquent la bonne affaire.
 
 
Le poisson se raréfie mais le nombre de cannes augmente.
Sur les falaises, dans les abris construits avec des matériaux de récupération, il y a de moins en moins d'autochtones ( le métier ne nourrit plus la famille) et de plus en plus d'européens qui stationnent leurs véhicules de loisir. Avec la saison des frimas, comme les flamants sur la lagune, ils se posent et se rassemblent. Il y a les « anciens », forts de leur antériorité, et les nouveaux qui espèrent!.Ils échangent leur connaissance des lieux, des bons postes. Le troc, parfois la vente et souvent les dons permettent d'écouler les prises abondantes . Une coopération se développe, des amitiés se construisent.
 
Voyant cette affluence, les projets de campings se multiplient.
 
Dans les villages, les échoppes fournissent l'indispensable, les cafés restaurants assurent le couvert aux passagers des camions qui descendent vers le sud ou en remontent le poisson, source nouvelle de profit. Les touristes sont les bienvenus, ils apportent un peu d'argent. L'électrification est en marche, internet suit, les conditions sanitaires s'améliorent. Le respect de l'environnement commence à devenir d'actualité.
 
Le vrai désert n'est pas loin.
Les pistes, permettent d'atteindre des endroits moins fréquentés. Des campements berbères s'égrènent sur les étendues rocailleuses, des chèvres broutent les brins de verdure vestiges de la dernière pluie et les dromadaires qui ne sont plus que bêtes à viande arrachent les touffes de buisson épineux entre les rochers.
Les femmes préparent les repas, les hommes au volant de véhicules qui n'ont plus d'âge assurent l'approvisionnement en nourriture et en eau, les enfants quand ils ne gardent pas les troupeaux vont à l'école à une dizaine de kilomètres.
   
 Fuir la civilisation ou s'éloigner de régions où il est de plus en plus difficile de survivre, tel est le paradoxe.
 Les européens arrivent en masse et les africains rêvent de notre continent. Ils espèrent trouver l'Eldorado, mais la mort est parfois au bout du voyage.
Les Canaries sont proches, les atteindre, franchir l'océan dans des barques de pêche, est entreprise à risques. L'Atlantique les rejette sur la grève et engloutit leurs rêves dans ses profondeurs.
    
 
Et sur la route, l'interminable flot de camions se poursuit, jour et nuit, pour écouler le produit de la pêche, source nouvelle de profit .
 
 
 
Sur la mer, les goélands planent en jacassant . Ils surveillent la côte, attendent le départ des hommes pour récupérer quelque pitance abandonnée sur les rochers.
 
 
 
Au large, survolant les vagues, les oiseaux migrateurs, partent eux aussi à la recherche d'un hivernage plus accueillant.
 
                                                                Nic
  
 

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commentaires

josi 01/11/2008 15:10

Bravo pour votre site en ragardant les photos est en lisant les textes cela nous remémore notre voyage de janvier 2008 au Maroc...Et l'envie de repartir ...c'est fait nous repartons le 3 janvier Séte-Tanger. A bientôt  sur le web ou  sur les routes du Maroc.AmicalementJosi

Thierry 15/04/2007 21:59

Bonjour Nicole c est un plaisir de te lire je comprends que tu adore cette region .
Bravo pour ton blog je t invite a venir nous rejoindre sur Voyages et Partages .
Cordialement Thierry