Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 19:36

Un jour  de printemps, assise dans un parc, le soleil brille, des enfants jouent et…une petite fille s’approche

-            Tu sais, j’ai rencontré trois arbres qui marchaient.

-            Impossible,  lui répondis-je avec ma logique d’adulte.

-            Si, je t’assure et ils m’ont  conté leur aventure.

 Elle est venue  contre moi et de sa jolie voix chantante a commencé :

Il était une fois trois arbres….

Il y avait un vieux chêne, un jeune châtaignier bavard et un pin maritime haut très haut et très arrogant.

. L’ancêtre âgé de près d’un millénaire,  avait quitté le parc de Vincennes, lassé des visiteurs qui sans cesse le photographiaient et lui arrachaient un bout d’écorce: une rumeur le signalait comme étant l’arbre sous lequel Saint Louis rendait la justice, l’arbre de la sagesse. Le châtaignier,  né dans le Périgord,  avait survécu à la dernière tempête. Le hurlement du vent, les craquements sinistres, la vue de ses compagnons jetés à terre le firent frissonner. Le bruit aigu des tronçonneuses, quelques semaines plus tard, le fit fuir  ce lieu maudit. Le pin tirait gloire de n’avoir point succombé aux tornades qui sur la côte, dévastèrent les pinèdes et soulevèrent la colère de l’océan. Sa situation privilégiée, derrière une habitation, le protégeait des bourrasques qui régulièrement venaient de l’ouest.  Il l’avait échappé belle et pour ne plus voir ce désastre,  prit  la route. 

Ils se retrouvèrent dans une clairière où chacun s’accordait une pause.

Des jours et des jours de marche, narraient l’ancêtre, encore alerte, j’en ai vu des forêts !

Oh ! Moi, j’ai dévalé des montagnes, les glissades sur les pentes neigeuses, un vrai régal ! J’avais perdu mes feuilles et me sentais léger et libre. Les flocons tourbillonnaient et se posaient pour me faire une jolie parure !   

Et moi, j’allais sur les routes de France, tout le monde admirait ma ramure. Au milieu de l’hiver vous aviez tous l’air de moribonds ! Le vert de mes aiguilles, l’odeur de résine, faisaient rêver, je suis l’espoir des jours meilleurs !

 C’était le début du printemps, les bourgeons commençaient à poindre sur les rameaux des trois compères.

-            Voudriez-vous faire un bout de chemin avec moi ? Demanda le châtaignier qui  s’impatientait.  Si nous restons là à bavarder, nous allons prendre racine et n’est-ce pas ce que nous avons refusé ?

Le chêne, en bon patriarche, réfléchit longuement.

      -  Où irons-nous? L’été, la canicule viendront dans quelques mois.

-           Je n’ai aucunement peur de la chaleur bien au contraire !  Elle me convient et permet à mes pommes de s’ouvrir en libérant les pignons !

-          Moi,  j’aimerai voir la mer !

-          Et moi, j’ai des rêves de paysages lointains ! Visiter  les pays chauds,  connaître  les palmiers et les oliviers,  offrir mes châtaignes à ceux qui ont faim !

-          Tu es un jeune sot ! S’exclama le pin. Comment traverseras-tu la mer ?  Ses vagues nous repousseront vers les terres.

La discussion dura des heures et des heures. Le ton s’éleva et il fallu toute la diplomatie de l’ancêtre  pour  éviter une séparation. Ils prirent la direction du sud. Quelques oiseaux se posèrent sur leurs branches et firent des plans pour y construire leur nid, mais quand ils revinrent, un brin de mousse dans leur bec, surprise! Les nouveaux amis étaient repartis vers d’autres horizons.

Tout en cheminant, ils bavardaient  se racontant des histoires de forêt !  Le pin, orgueilleux comme un pou, voulait chaque fois être le meilleur, le plus fort ! L’ancêtre ne trahissait pas sa réputation d’arbre de la justice et le plus jeune les écoutait en souriant.

Au début de l’été ils stationnèrent sur une place. La ronde des saisons qui jamais ne s’arrête, avait permis au feuillage de chacun de se développer. Désormais chêne et châtaignier arboraient une parure dont la magnificence faisait envie au pin. Celui-ci cependant ne l’admettait  pas ! Il continuait à pérorer, faisant étalage de sa soi-disant science et de ses connaissances diverses. Ses deux compagnons avaient pris l’habitude de le laisser parler et de profiter de la beauté des paysages. Installés au milieu du square, les voitures venaient se ranger sous leurs branches pour bénéficier de l’ombre rafraîchissante. Les enfants jouaient et leurs cris et jeux mettaient de la gaîté.

Ils décidèrent de faire une longue pause,  de jouir du calme et reposer leur tronc et racines. Cependant  une semaine plus tard,  des fourmillements agitèrent  leurs extrémités.

-            Non, décidemment je ne suis pas fait pour l’immobilité ! décréta le plus jeune. Qui m’aime me suive ! Je repars en promenade.  

Et tels les trois mousquetaires, unis comme de bons copains et pourtant se chamaillant sans cesse, ils reprirent la route.

Leur marche les entraina vers des rivages marins. Dès que  les effluves iodés de la mer parfumèrent l’air ambiant, le pin eut une bouffée de spleen! Il perdit  sa superbe et se remémorant son enfance et sa vie d’avant il raconta  à ses amis de belles histoires. Les écureuils qui volaient de branche en branche, les résiniers qui fendaient son écorce pour récupéraient son sang, lui laissant une cicatrice. C’était il y a bien longtemps, peut-être était-ce ses parents qui avait connu l’outrage, mais peu importe ! Les deux autres étaient sous le charme. Mais lorsque sa vanité  reprenant le dessus, il évoqua les ramasseurs de cèpes, ils rirent de bon cœur ! Que s’imaginait-il donc ? Les bolets poussent aussi dans les chênaies et les châtaigneraies ! Cependant il leur cloua le bec.

-            Et les bidaous ? Ils élisent domicile sous vos branches ?

Silence, les deux compères ne  connaissaient pas ce champignon, on ne  le trouve que dans les pinèdes qui bordent l’Atlantique ! Le chêne poursuivit, témoin de l’Histoire de France il était intarissable et sa vie remplit d’anecdotes. Le châtaignier raconta les automnes aux belles couleurs flamboyantes et la joie que lui procurait l’abondance de fruits.    

Les échanges de souvenirs terminés,  une décision importante s’imposait :

-            Allons-nous rester là jusqu’à l’automne ? Le soleil qui déjà darde ses rayons ne brûlera-t-il pas nos futurs fruits ? Et quand l’hiver sera de retour, quand à nouveau se lèveront les tempêtes, comment  résisterons-nous ?

-          Je suis las de cette errance ! Je suis trop vieux pour courir le monde ! Je voulais m’éloigner de mon parc, j’ai fait de belles rencontres, il est temps que je choisisse le lieu de ma retraite !

-          J’ai gambadé, découvert d’autres horizons, je dois me poser quelques années pour permettre à mes châtaignes de trouver un sol adéquat et de germer pour assurer la continuité.

-          Loin de mon océan aux colères terribles, j’ai trouvé une colline d’où je pourrai admirer, de loin, la grande bleue !

  Les trois amis, élurent domicile sur un plateau des Corbières protégés de la tramontane. Mais de temps en temps, quand l’inaction est trop pesante, ils font une promenade et c’est au cours de l’une d’elle que Sylvie les rencontra  Ravis de trouver une oreille attentive, ils lui contèrent leur secret.


Le départ du conte est vrai: Sylvie, cinq ans, m'a réellement dit: j'ai rencontré trois arbres qui marchaient! La suite .... est due à mon imagination

                                                    

Partager cet article

Repost 0

commentaires

cimo 29/04/2010 12:05



c'est beau,c'est doux, c'est original, c'est génıal. Je viens de passer un trés bon moment avec cette merveilleuse histoire. amitiés



jeanine et rené 22/04/2010 07:54



oui il est adorable ce conte, chere Nicole, merci à ton imagination, des arbres voyageurs, ce n'est pas banal ! bonne journee et bisous



danae 20/04/2010 13:07



Je viens te faire un petit coucou Nicole. Belle journée de printemps.



MARTIENNE-BONHEUR 14/04/2010 17:03



Un petit coucou,avec quelques rayons de soleil de St Sulpice et Cameyrac....


Bisous.Aimée


 






MARTIENNE-BONHEUR 10/04/2010 21:54



Bonsoir Nicole,


Après une semaine de pause,me revoilà..


As-tu passé de bonnes fetes de Paques ?.


Nous avons déjeuné dans la maison de réeducation,ou se trouve ma belle-maman depuis le 22 fevrier,après une fracture du plateau tibial.


Elle était ravie,de nous avoir avec elle,surtout que notre fille a déjeuner également avec nous.


Le soir,nous avons rejoint ma fille,mon gendre,ma petite fille (22ans)notre arrière-petit fils de 8 mois et ses heureux parents,notre petit fils et sa petite
femme,tous les deux 19 ans ....


En ce moment,sur mon blog,l'Afrique,avec le royaume du Zwaziland,ou a cause de leur pratique,preque la moitié du peuple a le sida....Dramatique
!!!


Et lundi,mon pastel : Le desert marocain,le dromadaire...


Bises Nicole et à bientot.Aimée


 





 


 



danae 30/03/2010 13:22


Sur mon log, des ambiances orientales du maroc, ça devrait t'intéresser. Bises Nicole


MARTIENNE-BONHEUR 28/03/2010 22:54


Juste un petit passage,pour te faire un gros bisou.
J'ai récupéré mes lunettes,avec mes nouveaux verres.
Il me semble que c'est plus confortable,au niveau de ma vue....Bien sur,l'oeil gauche,est identique....
A bientot.Aimée

Au fait,j'espère que vous ne vous etes pas envolés ces derniers jours,sur le bassin avec ses grands vents.




katara 25/03/2010 09:57


Rien de plus génial que de fabriquer des histoires pour des enfants qui adorent ça. Je le faisais quand mes filles étaient petites, après elles me réclamaient toujours
la même, celle d'un pauvre bossu qui évidemment finissait par épouser une princesse. bises et bonne semaine à toi Nicole


jeanine et rené 25/03/2010 07:53



quel charmant conte, bravo Nicole ! bisous



MARTIENNE-BONHEUR 22/03/2010 22:45


Bonsoir Nicole,

Enfin,j'arrive a rentrer dans les commentaires,pour t'en laisser un.
Ce conte que tu as fini,grace à ton imagination est très touchant.
J'admire ceux qui grace à leur plume,écrive de si belles choses,celà peut etre des contes,comme toi,des poeésies,comme d'autres.

Moi,je n'y arrive pas.
J'ai beau faire.
Dans ma tète,tout arrive,tout est très beau,mais,lorsque je veux le coucher sur le papier,j'ai déjà oublié la moitié...
C'est bien dommage.

Merçi Nicole pour ta gentillesse.
Tu sais,maintenant,mon problème est là et bien,je vivrais avec.
Un moment de desespoir,mais,la vie est belle et vaut la peine d'etre vécue.

Pour te mettre dans l'ambiance des animaux,que nous verrons en fin de semaine,en Afrique du Sud,voilà déjà deux singes.

Bisous et merçi de ta gentillesse.Aimée




Jakline 20/03/2010 18:36


Les arbres sont toujours source de belles histoires, et des "personnalités" ont su l'exploiter ( je pense à Brassens entre autres); avec ce joli conte, tu les rejoins.


danae 20/03/2010 17:33


C'est une très belle histoire, ce voyage des trois arbres, née de ta belle imagination et très bien racontée. Je suis sincère. Merci de ta visite. Dans quelque
temps j'aurai une très belle histoire de désert authentique tirée d'une histoire orale car j'ai une amie algérienne qui me trouve des trésors. Bises chère Nicole