Malaw le bûcheron
Il y a très longtemps au cœur de la forêt, dans ce pays d'Afrique, hommes, bêtes et arbres vivaient en harmonie. Tous pouvaient se parler et l'entente régnait, la cohabitation ne posait aucun problème. Les hommes et les animaux cueillaient les fruits qui pendaient aux branches, les rameaux morts servaient à faire du feu, les oiseaux se régalaient des insectes qui attaquaient le tronc.
Mais il y avait Malaw le bûcheron ! Bûcheron était son métier. Entretenir la forêt, couper les vieilles branches, élaguer les jeunes pousses, son activité. Pendant ses moments de loisirs il sculptait dans le bois ramassé, des masques, des ustensiles de cuisines et même des pirogues pour les gens du village. C'était devenu un véritable artiste et sa renommée avait dépassé les limites de ce lieu. Ses objets ciselés avec art intéressaient beaucoup de monde, des rois des tribus voisines lui commandaient des œuvres et il lui fallait de plus en plus de bois. Il se mit donc à abattre des arbres, beaucoup d'arbres. Tous les jours à l'aube, il partait, sa hache sur l'épaule. Les jours passaient, l'inquiétude gagnait la population, les arbres gémissaient, les animaux poussaient des cris plaintifs, les hommes se révoltaient.
Le roi des animaux, le lion, fit appeler Malaw pour le sermonner et le ramener à la raison. Mais Malaw était devenu très riche et puissant. Son commerce de masques et autres objets l'avait rendu célèbre. Des marchands venus du bout du monde échangeaient ses productions contre des soieries, des bijoux, des objets rares qu'il offrait ensuite aux rois de son pays. Personne ne pouvait plus le sanctionner. Les gens du village recevaient eux aussi des cadeaux et n'osaient plus protester.
Et Malaw le bûcheron coupait des arbres...
Un jour, le plus vieux des feuillus réunit ses amis :
- - Comment empêcher l'homme de tuer nos frères?
Une voix s'éleva :
- - Les humains prennent nos fruits pour se nourrir, ils utilisent aussi nos feuilles, il faut les retenir dès demain, ils n'auront plus rien!
Ainsi fut fait. La journée fut triste, hommes et animaux avaient faim. Ils se réunirent à leur tour et allèrent demander aux arbres de cesser cette grève.
- - Comment, s'écrièrent-ils, chaque jour Malaw le bûcheron abat nos frères, vous ne dites rien, vous le laissez faire et bien à notre tour de vous punir: plus de fruits, plus de feuilles!
- - Essayons de trouver ensemble une solution!
Après plusieurs heures de réflexion, Baabum, le gorille fut désigné pour donner une sévère correction à Malaw. Toute la nuit Baabum prépara sa riposte. A l'aube, il se cacha dans un buisson et quand, de bon matin, en sifflotant, sa hache sur l'épaule, Malaw partit pour son travail, il lui sauta dessus, le roua de coups. Malaw repartit chez lui couvert de bosses et de bleus sous les rires des manguiers, des baobabs et de leurs amis !
Cependant, l'homme ne voulut point en rester là. Connaissant son pouvoir et la faiblesse du Roi, il fit apporter au palais grand nombre de cadeaux, tous plus beaux les uns que les autres. Il demanda ensuite une audience à Sa Majesté, qui s'empressa de la lui accorder.
Ayant écouté l'histoire de la vengeance, il convoqua les responsables de cet acte qui accoururent. Cette fois, pensaient-ils, leur problème serait réglé. Hélas, ils durent déchanter, le Roi leur imposa de demander pardon au bûcheron !
On ne désobéit pas au Roi et bien que très en colère, ils allèrent s'exécuter. Quelques temps plus tard, la Reine tomba malade. Très inquiet, le Roi fit venir les sorciers. Madjinné, le plus grand des sorciers, vint du plus profond de la brousse. Il consulta des cartes, récita des monologues, se pencha sur la Reine, entra dans une longue méditation et enfin déclara :
- - Roi des Rois, seul Malaw le bûcheron peut sauver la Reine, ton épouse. Il doit t'apporter l'écorce d'un arbre. Il est le seul à le connaître et à pouvoir le trouver mais il doit se mettre en quête au plus vite.
Malaw fut convoqué :
- - Je veux cette écorce avant demain soir sinon je te ferai couper la tête, entendit-il.
Il partit aussitôt surprenant les habitants de la forêt : il n'avait pas sa hache ! Qu'allait-il faire ? Il semblait se diriger vers un endroit précis. Soudain, il s'arrêta, son cœur se mit à battre, il inspecta les environs : ce qu'il cherchait n'était plus là !
- - Tu cherches Suruur? Il y a longtemps qu'il a parti, il a eu peur de ta hache et a fui, loin, très loin!lui dit un baobab qui l'observait.
- - S'il te plait, aide-moi à le trouver, il y va de ma vie!
- - Je veux bien t'aider mais il faut que tu me promettes une chose...
- - Oui, oui, aide-moi!
- - Jamais plus tu ne dois abattre des arbres!
- - Mais je ne peux pas te promettre cela, bucheron est mon métier!
- - Alors, cherche toi-même! Mais n'oublie pas ce que t'as promis le roi!
Malaw chercha, chercha, mais ne trouva point. En fin d'après midi, il revint voir le Baobab.
- - Aide-moi! Le Roi va me couper la tête!
- - Jure Malaw, jure d'abord que tu ne couperas plus d'arbre!
Malaw jura, pensant qu'il pourrait utiliser les arbres morts de mort naturelle. Le baobab le conduisit alors près de Suruur qui lui donna un morceau d'écorce après lui avoir fait jurer une nouvelle fois qu'il ne couperait plus rien. Il rentra au palais, Madjinné le grand sorcier prépara un sirop et le soir même la Reine fut guérie.
Et depuis ce temps là, dans cette région d'Afrique, les bêtes, les gens et les arbres vivent en paix. Les enfants se régalent de leurs fruits, les mères préparent des sirops avec les feuilles et les écorces pour guérir les maladies.
Et Malaw le bûcheron ? Il sculpte des jouets, des ustensiles et même des pirogues dans les troncs des vieux arbres morts de mort naturelle.
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NICOLE RACONTE


Près du lieu où habitait Benjamin, un château fort se dressait tout en haut de la colline. Son papa lui avait raconté, qu'il y a bien longtemps, Charlemagne partant
rejoindre son neveu Roland avait construit une première fortification. Charlemagne, Benjamin le connaissait ! Dans son livre d'histoire, il avait vu son portrait. On disait de lui qu'il
avait inventé l'école ! Benjamin ne savait pas trop s'il devait ou non s'en réjouir, mais savoir qu'il avait séjourné près de chez lui le rendait fier, et Roland ? Il s'était battu à
Roncevaux avec son épée Durandal !
Depuis leur installation dans la région, toute la famille avait entendu des rumeurs: un trésor et un sous terrain existeraient. Personne n'en connaissait le tracé ou la situation,
personne n'avait trouvé de preuves mais les langues s'agitaient. Les oubliettes du château avaient une sortie à l'air libre ! L'abbaye dont les ruines de la chapelle subsistaient dans le pré
voisin communiquait avec le moulin par un passage secret on ne savait trop pourquoi, mais pourquoi pas !




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