Présentation

Derniers Commentaires

Recherche

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Jeudi 24 juillet 2008

Malaw  le bûcheron

 

Il y a très longtemps au cœur de la forêt, dans ce pays d'Afrique, hommes, bêtes et arbres vivaient en harmonie. Tous pouvaient se parler et l'entente régnait, la cohabitation ne posait aucun problème. Les hommes et les animaux cueillaient les fruits qui pendaient aux branches, les rameaux morts servaient à faire du feu, les oiseaux se régalaient des insectes qui attaquaient le tronc.

Mais il y avait Malaw le bûcheron ! Bûcheron était son métier. Entretenir la forêt, couper les vieilles branches, élaguer les jeunes pousses, son activité. Pendant ses moments de loisirs il sculptait dans le bois ramassé, des masques, des ustensiles de cuisines et même des pirogues pour les gens du village. C'était devenu un véritable artiste et sa renommée avait dépassé les limites de ce lieu. Ses objets ciselés avec art intéressaient beaucoup de monde, des rois des tribus voisines lui commandaient des œuvres et il lui fallait de plus en plus de bois. Il se mit donc à abattre des arbres, beaucoup d'arbres. Tous les jours à l'aube, il partait, sa hache sur l'épaule. Les jours passaient, l'inquiétude gagnait la population, les arbres gémissaient, les animaux poussaient des cris plaintifs, les hommes se révoltaient.

Le roi des animaux, le lion, fit appeler Malaw pour le sermonner et le ramener à la raison. Mais Malaw était devenu très riche et puissant. Son commerce de masques et autres objets l'avait rendu célèbre. Des marchands venus du bout du monde échangeaient ses productions contre des soieries, des bijoux, des objets rares qu'il offrait ensuite aux rois de son pays. Personne ne pouvait plus le sanctionner. Les gens du village recevaient eux aussi des cadeaux et n'osaient plus protester.

Et Malaw le bûcheron coupait des arbres...

Un jour, le plus vieux des feuillus réunit ses amis :

  • - Comment empêcher l'homme de tuer nos frères?

Une voix s'éleva :

  • - Les humains prennent nos fruits pour se nourrir, ils utilisent aussi nos feuilles, il faut les retenir dès demain, ils n'auront plus rien!

Ainsi fut fait. La journée fut triste, hommes et animaux avaient faim. Ils se réunirent à leur tour et allèrent demander aux arbres de cesser cette grève.

  • - Comment, s'écrièrent-ils, chaque jour Malaw le bûcheron abat nos frères, vous ne dites rien, vous le laissez faire et bien à notre tour de vous punir: plus de fruits, plus de feuilles!
  • - Essayons de trouver ensemble une solution!

Après plusieurs heures de réflexion, Baabum, le gorille fut désigné pour donner une sévère correction à Malaw. Toute la nuit Baabum prépara sa riposte. A l'aube, il se cacha dans un buisson et quand, de bon matin, en sifflotant, sa hache sur l'épaule, Malaw partit pour son travail, il lui sauta dessus, le roua de coups. Malaw repartit chez lui couvert de bosses et de bleus sous les rires des manguiers, des baobabs et de leurs amis !

Cependant, l'homme ne voulut point en rester là. Connaissant son pouvoir et la faiblesse du Roi, il fit apporter au palais grand nombre de cadeaux, tous plus beaux les uns que les autres. Il demanda ensuite une audience à Sa Majesté, qui s'empressa de la lui accorder.

Ayant écouté l'histoire de la vengeance, il convoqua les responsables de cet acte qui accoururent. Cette fois, pensaient-ils, leur problème serait réglé. Hélas, ils durent déchanter, le Roi leur imposa de demander pardon au bûcheron !

On ne désobéit pas au Roi et bien que très en colère, ils allèrent s'exécuter. Quelques temps plus tard, la Reine tomba malade. Très inquiet, le Roi fit venir les sorciers. Madjinné, le plus grand des sorciers, vint du plus profond de la brousse. Il consulta des cartes, récita des monologues, se pencha sur la Reine, entra dans une longue méditation et enfin déclara :

  • - Roi des Rois, seul Malaw le bûcheron peut sauver la Reine, ton épouse. Il doit t'apporter l'écorce d'un arbre. Il est le seul à le connaître et à pouvoir le trouver mais il doit se mettre en quête au plus vite.

Malaw fut convoqué :

  • - Je veux cette écorce avant demain soir sinon je te ferai couper la tête, entendit-il.

Il partit aussitôt surprenant les habitants de la forêt : il n'avait pas sa hache ! Qu'allait-il faire ? Il semblait se diriger vers un endroit précis. Soudain, il s'arrêta, son cœur se mit à battre, il inspecta les environs : ce qu'il cherchait n'était plus là !

  • - Tu cherches Suruur? Il y a longtemps qu'il a parti, il a eu peur de ta hache et a fui, loin, très loin!lui dit un baobab qui l'observait.
  • - S'il te plait, aide-moi à le trouver, il y va de ma vie!
  • - Je veux bien t'aider mais il faut que tu me promettes une chose...
  • - Oui, oui, aide-moi!
  • - Jamais plus tu ne dois abattre des arbres!
  • - Mais je ne peux pas te promettre cela, bucheron est mon métier!
  • - Alors, cherche toi-même! Mais n'oublie pas ce que t'as promis le roi!

Malaw chercha, chercha, mais ne trouva point. En fin d'après midi, il revint voir le Baobab.

  • - Aide-moi! Le Roi va me couper la tête!
  • - Jure Malaw, jure d'abord que tu ne couperas plus d'arbre!

Malaw jura, pensant qu'il pourrait utiliser les arbres morts de mort naturelle. Le baobab le conduisit alors près de Suruur qui lui donna un morceau d'écorce après lui avoir fait jurer une nouvelle fois qu'il ne couperait plus rien.  Il rentra au palais, Madjinné le grand sorcier prépara un sirop et le soir même la Reine fut guérie.

Et depuis ce temps là, dans cette région d'Afrique, les bêtes, les gens et les arbres vivent en paix. Les enfants se régalent de leurs fruits, les mères préparent des sirops avec les feuilles et les écorces pour guérir les maladies.

Et Malaw le bûcheron ? Il sculpte des jouets, des ustensiles et même des pirogues dans les troncs des vieux arbres morts de mort naturelle.    

par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 29 juin 2008

C'était il y a bien longtemps, au temps de la création du monde. Il n'y avait alors dans l'univers que la lune, les étoiles et quelques soleils. Les soleils dardaient leurs rayons, les étoiles scintillaient et la lune, toute ronde, brillait.

Le Créateur décida alors d'ajouter des planètes dans cet espace infini. Il fit jaillir de ses mains, de la glaise, fabriqua quelques boules qu'il jeta dans le ciel. Puis il s'intéressa à l'une d'elles, la façonna, la modela. Les soleils, curieux, s'approchèrent et dans la cohue qui s'ensuivit quelques rayons furent cassés et restèrent  prisonniers des profondeurs. Les flammes emprisonnées au centre de la terre, cherchaient de l'air pour vivre et grandir. Sous l'effet de la chaleur il y eut des explosions : les pierres volaient, le feu jaillissait par les cratères ouverts. Certains se refermèrent et les volcans se rendormirent. Mais il y avait eu un beau charivari ! L'écorce du globe s'était soulevée, engendrant montagnes et vallées. Cinq continents furent ainsi créés, séparés par des fosses abyssales qui se remplirent d'eau, on les appela océans. Contemplant le paysage, le Créateur décida qu'il était temps d'y introduire la vie.

De sa besace emplie de trésors, tel un magicien, il fit apparaître des animaux et sema des graines à la volée. Quelques temps plus tard,  il estima l'heure venue pour que l'homme s'installe dans ce lieu qu'il appela  Terre.

Dans l'espace les astres dansaient, la lune tournait autour de la Terre comme attirée par elle. Les soleils chauffaient, chauffaient, l'eau des océans s'évaporaient et de jolis nuages s'élevaient  dans les airs retombant parfois en ondée quand les astres brûlants étaient loin.

Sur  Terre, tout ceux qui, au début, appréciaient la chaleur dispensée, commençaient à la trouver insupportable. La canicule sévissait : les plantes se desséchaient, les nuages n'arrivaient plus à produire suffisamment de pluie pour des arrosages bénéfiques, les hommes attendaient le moment où les soleils s'éloignaient pour se rafraîchir.  Le créateur regardait ce spectacle de désolation et se lamentait :

  • - Que faire pour que tous vivent en harmonie?

Il réfléchit longuement avant de prendre sa décision : disperser les soleils dans l'univers et n'en laisser qu'un pour cette première œuvre.  Ultérieurement, plus loin, il recommencerait !

De joie, la Terre se mit à tourner sur elle-même, offrant tour à tour une face à la lumière solaire, l'autre plongée progressivement dans la pénombre. C'est ainsi que  le jour et la nuit firent leur apparition offrant à chacun un temps de repos! Comme il n'y avait plus qu'une source de lumière, toutes les planètes se placèrent en orbite autour d'elle, il faut une année à la Terre pour réaliser un tour complet. Seule la Lune continua à virevolter autour d'elle, jouant parfois à cacher le soleil. Le jour de la première éclipse ce fut la panique : la nuit en plein jour ! Mais quelques minutes plus tard le soleil réapparut derrière la lune.

Des questions s'imposent: le créateur a-t-il renouvelé son expérience autour d'autres soleils? Sommes-nous seuls dans l'univers? Où vont les étoiles filantes? Les comètes traversent le firmament et ne reviennent qu'après des siècles, quel est le but de leur voyage ?


Une histoire sortie de mon imagination !    

par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
ajouter un commentaire commentaires (18)    créer un trackback recommander
Mardi 24 juin 2008

Je vous offre aujourd'hui un conte à raconter à vos enfants. Il fait partie des contes originaires d'Afrique de l'est et peut convenir pour des enfants de sept à huit ans! 

 

Tout au début des temps, il n'y avait ni terre, ni planète seulement un soleil, une lune et des étoiles dans l'univers.

Le créateur prit une grosse boule d'argile : la modela, creusa des vallées, éleva des montagnes d'où descendirent des rivières qui serpentèrent autour des collines, entre les plaines où plus tard, s'installèrent les hommes quand l'œuvre fut terminée.   

Il voulait que la Terre sèche vite, très vite, or elle était très grosse ! Il ajouta dans le ciel huit soleils qui dardèrent leurs rayons vers elle. Très rapidement il fit chaud, très chaud.

Le matin quand les habitants se levaient, ils espéraient que la journée s'écoulerait vite afin que les neuf soleils aillent se coucher.

Un jour, ou plutôt un soir, où ils avaient eu encore plus chaud que d'habitude, ils s'adressèrent à la lune :

  • - Oh, Lune! Mère de toutes les étoiles, aide-nous, libère-nous des neuf soleils.
  • - Je veux bien vous aider, dit la lune, mais comment faire? Laissez-moi réfléchir, je vous donnerai ma réponse le mois prochain.

Le mois suivant, la lune revint.

  • - J'ai bien examiné la situation, voilà ce que j'ai décidé: ramassez et rapportez-moi des feuilles de bétel, beaucoup, beaucoup de feuilles de bétel.

Le bétel est une plante que suçaient les gens pour se rafraîchir et qui avait un jus tout rouge.

Les gens étaient très ennuyés : s'ils obéissaient à la lune, ils n'auraient plus de feuilles à mâcher, mais si on ne faisait rien la chaleur insupportable les ferait tous mourir !

Ils décidèrent de faire confiance à l'astre de la nuit et ramassèrent de grandes brassées de feuilles qu'ils lui donnèrent quand le soir fut venu.

Toute la nuit la lune mâcha les feuilles et recracha le jus. Quand le matin arriva, le ciel était tout rouge. La famille soleil se leva et le vieux soleil demanda à la lune :

  • - Que s'est-il donc passé? On dirait qu'il y a eu une bataille!
  • - Oh! Ce n'est rien! J'ai dévoré mes enfants, les étoiles, cette nuit! Quel festin!
  • - Tu as dévoré tes enfants?
  • - Oui, dit la lune en se léchant les babines.

Comme il n'y avait plus d'étoiles dans le ciel puisqu'il faisait jour, le soleil crut la lune, réfléchit et à son tour dévora les huit autres soleils !

Depuis ce jour, un seul, mais un gros soleil réchauffe la terre ! On dit même que s'étant rendu compte le soir même que la lune avait menti, il ne voulut plus jamais la revoir !

 

 

par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
ajouter un commentaire commentaires (13)    créer un trackback recommander
Lundi 23 juin 2008
Seule dans le désert
Je crois apercevoir...
Mais non! Ce n'est qu'un mirage
Jamais il ne reviendra...
                                     Maryse

 



par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
ajouter un commentaire commentaires (5)    créer un trackback recommander
Lundi 16 juin 2008

Inconscience?
Passion?
La faim guérit-elle du vertige?










par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
ajouter un commentaire commentaires (7)    créer un trackback recommander
Samedi 7 juin 2008

Bluets dans les champs

Coquelicots, bouton d'or

Revoilà l'été !

par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
ajouter un commentaire commentaires (11)    créer un trackback recommander
Vendredi 6 juin 2008

Près du lieu où habitait Benjamin,  un château fort se dressait tout en haut de la colline. Son papa lui  avait raconté, qu'il y a bien longtemps, Charlemagne partant rejoindre son neveu Roland avait construit une première fortification. Charlemagne, Benjamin le connaissait ! Dans son livre d'histoire, il avait vu son portrait. On disait de lui qu'il avait inventé l'école ! Benjamin ne savait pas trop s'il devait ou non s'en réjouir, mais savoir qu'il avait séjourné près de chez lui le rendait fier, et Roland ? Il s'était battu à Roncevaux avec son épée Durandal !

Depuis l'époque de l'empereur à la barbe fleurie, une  deuxième forteresse, le château neuf, avait était édifiée. Cette fois c'est un neveu du pape qui en avait commandé la construction. Le pape d'Uzeste c'était Clément V ! Tant de gens illustres qui avaient vécu dans son voisinage, enflammaient l'imagination du garçon. Déjà sa maison le faisait rêver : c'était un ancien moulin. Sous sa chambre, située dans l'ancienne salle des meules, passait une dérivation du Brion. Souvent, le soir avant de s'endormir «  il jouait à autrefois ». Avec son frère Nicolas, ils s'inventaient des rôles, tantôt il était le meunier qui accueillait les paysans, tantôt il devenait le seigneur qui venait contrôler ses sujets ! N'étant pas encore féru d'histoire, il y avait bien des erreurs dans ces reconstitutions ! Un jour, un évènement vînt alimenter ses jeux. Papa était en vacances et profitait de ces quelques jours pour faire des travaux de terrassement dans la cour. L'oncle Patrick était là pour l'aider. A l'aide d'une pelleteuse, louée pour l'occasion à la ville, ils creusaient une tranchée destinée à recevoir des canalisations. Tout à coup l'un d'eux arrêta l'engin et observa le sol. Devant leur attitude interrogative et curieuse Benjamin s'approcha. 

  • - C'est un départ d'escalier dit Patrick, regarde, deux pierres espacées d'un mètre environ, qui s'enfoncent vers le sol.
  • - Creusons, répondit papa!

Un moment plus tard, il apparut nettement qu'il y avait là, le départ d'un « chemin » qui s'enfonçait dans la terre : un sous terrain peut-être ?

Depuis leur installation dans la région, toute la famille avait entendu des rumeurs: un trésor et un sous terrain existeraient. Personne n'en connaissait le tracé ou la situation, personne n'avait trouvé de preuves mais les langues s'agitaient. Les oubliettes du château avaient une sortie à l'air libre ! L'abbaye dont les ruines de la chapelle subsistaient dans le pré voisin communiquait avec le moulin par un passage secret on ne savait trop pourquoi, mais pourquoi pas !

Benjamin et Nicolas écoutaient. On interrogea les voisins, l'ancien propriétaire, on rechercha les précédents occupants, tous étaient au courant des  bruits répandus mais aucun n'avait d'explications solides et logiques. Quelques jours plus tard, les hommes décidèrent d'interrompre leur enquête et de réaliser les aménagements prévus. Benjamin, lui, n'oublia pas, désormais il se promenait dans les bois environnants en fouillant dans les fourrés, regardant d'un œil acéré les talus, les amas de pierres. Nicolas l'accompagnait mais il avait peur de tomber dans un puits profond et de disparaître. Les alentours de la vieille chapelle attiraient le garçon mais maman avait interdit aux  explorateurs de s'en approcher. Des broussailles, des ronces envahissaient les décombres qui étaient surement habités par des occupants peu fréquentables ! Benjamin armé d'un bâton se croyait capable d'exterminer les vipères qui y avaient trouvé refuge mais Maman était intraitable. Pendant tout l'été papa continua ses travaux d'aménagement. Benjamin et Nicolas, profitant des beaux jours, continuèrent et multiplièrent les ballades dans les environs. Un jour, ils s'éloignèrent plus que d'habitude et tournant et retournant, ils perdirent leurs repères. Consultant sa montre, Benjamin réalisa qu'ils ne pourraient être à l'heure pour respecter les consignes de maman. Nicolas commençait à pleurnicher.

  • - Je veux rentrer! J'ai peur!

En sa qualité d'aîné, Benjamin voulait le rassurer !

  • - Ne t'inquiète pas! Je sais où on est! Je reconnais l'endroit, on y est venu avec papa, on y a ramassé des champignons!

Malgré ces affirmations, il ne savait trop dans quelle direction se diriger ! Il essayait de se rappeler par où il était arrivé, il regardait le soleil pour en déduire l'ouest, mais rien de sur, rien qui ne lui indique la direction de la maison. Après un temps d'interrogation il décida de marcher droit devant lui, il finirait bien par retrouver un chemin, la forêt n'était pas si étendue que cela et des fermes se trouvaient en bordure, il pourrait alors demander de l'aide. Tenant fermement la main de Nicolas pour le rassurer, il avança vers ce qu'il croyait être son but. Les oiseaux, ignorants leur appréhension, chantaient joyeusement appréciant la douceur de la fin de journée. Il flottait dans l'air des parfums d'humus et sous leurs pas les feuilles crissaient. Les fougères prenaient une belle couleur dorée annonçant l'automne. Bientôt on pourrait croiser des ramasseurs de cèpes mais aujourd'hui ils étaient seuls ! Benjamin proposa une chanson pour vaincre la peur et éventuellement se signaler. Il se rappela qu'il avait promis un bouquet à maman et coupa rapidement quelques branches !

Pendant ce temps au moulin l'impatience et la colère s'emparaient de maman. Elle appela  papa :

  • - Les enfants ne sont pas rentrés ils m'avaient promis d'être de retour à six heures!
  • - Sais-tu où ils sont allés?
  • - Ils devaient fureter dans le bois pour me ramener de la bruyère!

Papa prit son VTT et à l'orée de la forêt  il cria les noms de ses enfants. Pas de réponse, seul l'écho lui revînt. Il s'avança mais ne savait trop où chercher. 

Nicolas, un instant rassuré se mit à sangloter :

  • - J'ai peur, nous sommes perdus! Tu crois qu'il y a des loups dans le bois?
  • - Tu sais bien que non, ne soit pas idiot, on va trouver quelqu'un!

A cet instant un bruit de branches cassées les fit sursauter. Nicolas cria et s'accrocha à son frère. Benjamin se retourna :

  • - Alors les enfants vous cherchez des cèpes? C'est un peu tôt!

Ils reconnurent Jean, un voisin, qui aidait parfois  papa dans ses travaux de restauration.  

  • - On est perdus! gémit Nicolas.
  • - Perdus? Mais vous êtes à deux pas de chez vous! Regardez!

Entre les branches des châtaigniers, nombreux dans cette partie du bois, ils aperçurent les ruines de la chapelle !

  • - Allez! Suivez-moi je vous ramène au bercail!
  • - Ecoute! Nicolas sautait de joie, il venait de reconnaître la voix de papa qui les appelait!

En quelques enjambées ils le rejoignirent. Il n'y eut pas de punition, l'aventure avait suffisamment impressionnée les gamins pour leur servir de leçon !

La rentrée des classes mit fin aux recherches brouillonnes, Benjamin fut très attentif aux leçons d'histoire, particulièrement  à celles qui portaient sur le Moyen-âge !

  L'année suivante, poursuivant ses investigations, Papa apprit que son moulin était autrefois un moulin à aube et que la situation de la roue justifiait le départ d'un sentier pour l'atteindre.

Les élucubrations sur les passages secrets n'avaient plus de raison d'être !

 

               

 

 

par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
ajouter un commentaire commentaires (10)    créer un trackback recommander
Lundi 26 mai 2008

par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
ajouter un commentaire commentaires (11)    créer un trackback recommander
Mardi 20 mai 2008

 

             

 « Mars qui rit parmi les averses prépare en secret le printemps », déjà les premiers bourgeons apparaissent sur les arbustes et les jonquilles fleurissent dans les vignes. La résurrection est programmée, cette année encore les écoliers iront cueillir ces fleurs jaunes et les vendront sur le marché du samedi au profit des œuvres de l'établissement. Dans quelques semaines les lilas embaumeront et les brassées de rameaux aux grappes violettes parfumeront la maison. Oserai-je avouer que, faisant un retour dans l'enfance je ne manquerai pas de chercher les fleurs à cinq pétales synonymes de porte bonheur. Comme il y a bien longtemps je glisserai le talisman contre ma poitrine et ...l'oublierai !

Une allée de lilas conduisait à la maison de mon enfance. Les premiers jours d'Avril, nous partions à l'école munis de bouquets pour la maîtresse. Une émotion, une bouffée de nostalgie m'a toujours assaillie quand des années plus tard mes élèves m'ont à leur tour couverte de fleurs. Plus tard le joli moi de Mai verra s'épanouir dans les massifs les arums. Bien que la plante exhale une odeur nauséabonde c'est un parfum d'encens qui chatouille mes narines : les gerbes de ces cornets décoraient les églises lors des cérémonies de profession de foi tandis que les inflorescences au gout sucré des acacias ornaient les tables de fête. Contre les grilles du jardin s'accrochaient les branches des roses pompons, épineuses mais si tentantes. Quand la saison le permettait les enfants  couraient dans les champs et ramenaient des brassées de marguerites, occasion de jouer à : je t'aime, un peu, beaucoup... Les bluets et les coquelicots étaient encore nombreux et  les gerbes tricolores étaient de toutes les célébrations du mois. Lors de sorties nature, les enfants qui m'accompagnaient ont découvert  les campanules  qui agitaient leurs clochettes sur les talus avant que la faux du cantonnier ne les supprime ! Ma leçon a porté ses fruits ; elles sont devenues dans ce village, pour un temps, « les fleurs de la maîtresse » ! Dans mon jardin j'ai pendant longtemps accueilli les capucines, et toujours planté des zinnias pour garnir les vases au cœur de l'été, en souvenir des massifs de ma jeunesse.

Une promenade autour de mes plates-bandes me permet ainsi de voyager dans le passé, sans mélancolie, en retrouvant les odeurs et les couleurs qui ont été de toutes les fêtes familiales.

 

 

par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander
Mercredi 9 avril 2008
Un conte du Canada

En ce temps là l'ours régnait sur le ciel. Il paressait, allongé paisiblement , il gardait jalousement la lumière et la chaleur, toute la lumière et toute la chaleur.
Pendant ce temps sur terre, il faisait froid, très froid! Il neigeait dans les montagnes, il neigeait dans les plaines. Il faisait nuit sans interruption. Les animaux mouraient de froid et de faim.Un vent glacé soufflait, tous grelottait.
Devant cette situation catastrophique, les animaux tinrent conseil.
Ils discutèrent longtemps cherchant des solutions pour y remèdier. Une idée leur vînt, ils partirent à la recherche du plus grand arbre de la région. Après plusieurs jours de quête ils trouvèrent un sapin centenaire qui leur parut convenir. Il était si haut que la cime semblait toucher le ciel!
Ils appelèrent l'écureuil.
Celui-ci grimpa, grimpa...grimpa si-haut qu'on ne le vit plus. Il poursuivait son escalade , arriva dans le brouillard, puis dans les nuages. A mesure qu'il montait, il agitait sa queue et perçait un trou dans les cumulus. Inquiet, il se demandait si son ascension aurait une fin, pourtant malgré la fatigue, il n'abandonnait pas. Ses efforts furent récompensés, la voute s'éclaircit et apparut enfin une lumière. L'écureuil fut aveuglé, sa fourrure commençait à roussir à cause de la chaleur.
Il venait d'atteindre le monde d'en haut!
Mais aussitôt la lumière s'engouffra par le trou percé par la queue de l'animal. 
Sur
Terre  le jour fit place à la nuit. Les animaux applaudirent.
Tout la-haut les yeux de l'écureuil s'habituérent à la lumière, il regardait émerveillé, quand il vit dans une île proche, endormi à l'ombre d'un arbre inconnu, le maître des Terres d'en Haut: UN OURS ENORME. 
Aux branches de l'arbre pendaient des outres de belles tailles. C'était l'arbre à chaleur portant ses fruits pleins de la chaleur qui manquait tant sur Terre.
   -   Comment faire pour ramener un fruit, un seul suffirait à donner du bonheur à mes amis?
Il redescendit et leur raconta ce qu'il avait vu, puis il leur demanda de grimper avec lui. A la queue leu leu, les uns rapidement, les autres avec difficulté, tous entreprirent l'ascension à sa suite. Les premiers attendirent patiemment les plus lents et enfin réunis, les questions fusèrent:
   -   Qui aura le courage d'aller décrocher une outre de chaleur?
   -   Qui aura la force de la transporter?
   -   Qui n'aura pas peur de l'ours?
   -   Qui pourra courir assez vite pour lui échapper?
   -   Qui saura traverser l'eau pour atteindre l'île?
Le lièvre court vite mais ne sait pas nager!
Le castor nage vite mais n'est pas assez fort!
C'est alors que l'écureuil vit le renne, timide, assis à l'écart du groupe.
   -   Tu sais nager, tu es rapide à la course et tu as sur la tête des bois pour te défendre contre la méchanceté de l'ours! Veux-tu aller chercher une outre de chaleur?
Ils étaient tous d'accord, seul le renne était capable de s'acquiter de cette tâche.
Il accepta et partit vers l'île où vivait l'OURS TERRIFIANT.
Il nageait sans bruit, quand à mi-chemin, il entend une petite voix près de son oreille.  
   -   Je suis la souris, je suis sur ton dos bien accroché à tes bois!
   -   Tu es trop petite, tu vas te faire dévorer!
Le renne était faché mais il était trop tard.
   -   Tiens toi tranquille, ne bouge pas!
Sur l'île, il se précipita vers l'arbre, décrocha une outre et repartit en courant le plus vite possible. Réveillé, l'ours furieux détacha son canoé et pagaya pour rejoindre le voleur. Le renne appela la souris, silence, elle n'était plus là.
   -   Pauvre petite bête, elle a du tomber sur l'île.
Le renne nageait mais l'ours se rapprochait dangereusement quand sa pagaie se brisa. Son bateau se mit à tourner et le renne put rejoindre la rive. Applaudi par ses amis, il voulut leur raconter l'aventure quand la souris débarqua de la pagaie transformée en radeau! Elle avait grignoté le bois pour stopper la poursuite de l'ours!
Ils redescendirent sur TERRE.
A l'ouverture de l'outre, la neige fondit, une douce chaleur se répandit partout, 

Si quelquefois la lumière disparait, si le soleil ne brille pas toujours c'est que parfois l'ours, le maître d'en haut, vient se coucher sur le trou de l'écureuil!

   Depuis ce temps là, se succèdent le jour, la nuit, l'été et l'hiver!


 
par Nicole Coste publié dans : nicole-raconte
ajouter un commentaire commentaires (21)    créer un trackback recommander
 
Blog : Gastronomie sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus