Présentation

Derniers Commentaires

Recherche

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Lundi 12 mai 2008

 

Dans le grand désert de sable, le vent souffle soulevant la poussière. Chassés des oasis de l'intérieur, papillons et libellules volent vers la bordure littorale ou l'air frais venu de l'océan rend l'atmosphère plus supportable. Dans les rochers, entre les dunes, un jeune fennec s'est réfugié. Profitant de la fraîcheur nocturne pour chercher de la nourriture, il a vagabondé toute la nuit puis, surpris à des kilomètres de son gîte par la chaleur matinale, il s'est réfugié dans cette grotte. Loin des siens, loin de ses habitudes, il est aux aguets. Au moindre bruit il agite ses oreilles comme une antenne radar à l'affût du plus petit mouvement. A l'horizon, une caravane passe. Courbant l'échine, s'abritant derrière les dromadaires, les touaregs, enveloppés dans leurs burnous, le visage caché par le chèche,  avancent résignés vers l'oasis la plus proche.

Soudain un galop se fait entendre, le renardeau se réfugie dans le coin le plus sombre. Une gazelle apparaît dans l'entrée. Elle a fui devant un danger connu d'elle seule, aveuglée par le sable qui tourbillonne, elle cherche un refuge pour reprendre des forces. Elle entre, dans l'obscurité elle ne voit rien, pourtant ses narines frémissent, elle flaire et pénètre. Sa curiosité est aiguisée, elle inspecte les lieux et découvre le jeune animal tapi contre la roche. Il tremble. Elle s'approche et le lèche. Son instinct maternel lui souffle qu'il faut rassurer la bête. A grands coups de langue râpeuse elle le rassure. Il se détend peu à peu et se blottit contre elle.

Dehors les éléments se déchainent. Un voile sombre cache le soleil. Bêtes et gens attendent, on ne se rebelle pas contre la nature, on subit, deux ou trois jours de patience et le ciel redeviendra bleu, la vie reprendra son cours.

Gazelle et renardeau, serrés l'un contre l'autre, espèrent une accalmie. Ce soir peut-être, ils pourront rejoindre leur famille.

Se reverront-ils ? Surement pas ! Mais quand le fennec croisera la piste d'une gazelle, ses narines frémiront au souvenir d'un moment d'amitié.

                                      Nicole pour Dimitri

par Nicole Coste publié dans : contes d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (10)    créer un trackback recommander
Lundi 28 janvier 2008
Je vous offre aujourd’hui un conte du Burkina Fasso
 
L’éléphant, le chef des animaux, donna un jour l’ordre à tous les animaux de se rendre 
auprès de lui…
Tous sinon se serait la guerre.
Tous obéirent…c’était le chef.
Chacun prépara ses paquets, ses provisions pour le voyage et se mit en route…
Bientôt les voilà tous devant l’éléphant.
Les uns arrivant un peu plus tôt les autres un peu plus tard, mais tous…enfin presque.
L’éléphant fit l’appel, et chacun de répondre : je suis ici !
Tous sauf l’escargot.
L’éléphant appela : ESCARGOT
Personne ne répondit
Trois fois l’escargot ne put répondre, l’escargot n’était pas là…
La réunion commença sans lui. L’éléphant présidait cette assemblée
Tout était bientôt terminé, lorsque les animaux qui étaient tout au fond de la cour 
se mirent à crier :
Voilà l’escargot, voilà l’escargot !
Le pauvre animal s’approcha, tout honteux, tout tremblant, il redoutait la colère de l’éléphant, 
mais comment pouvait-il faire ?
Il n’était pas de taille à lutter contre lui.
-         D’où viens-tu lui demanda l’éléphant ?
-         De mon village !
-         Et pourquoi arrives-tu si tard ? N’as-tu pas reçu mon ordre ?
-         Je l’ai bien reçu, grand chef éléphant, je l’ai reçu… 
et je me suis mis en route aussitôt mais le chemin est long ,
 tu ne m’as donné qu’un pied pour marcher, 
souvent les branches entraient dans mes yeux, cela me retardait, 
et puis je redoute le froid, la pluie me donne la fièvre !
-         Alors pour arriver chez toi en bonne santé 
je suis retourné chercher ma case et je l’ai transporté avec moi !
-         Voilà chef éléphant ce qui m’a retardé !
-         Voilà pourquoi j’arrive si tard !
L’éléphant se mit à rire, il rit beaucoup !
Il rit longtemps !
 
Tous les animaux qui avaient eu très peur pour l’escargot se mirent à rire
 
Puis l’éléphant dit :
-         Tu as bien parlé ESCARGOT ? 
désormais tu auras des yeux au bout de tes cornes, 
ainsi les branches des arbres ne pourront plus te frapper, 
et pour te punir d’être arriver en retard, 
désormais tu porteras ta maison sur ton dos…
 Et c’est depuis ce temps là 
que l’escargot a des yeux au bout de ses cornes 
et qu’il porte sa maison sur son dos !
 
Mais ce n’est pas une bien grande punition !
 
 
par Nicole Coste publié dans : contes d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (13)    créer un trackback recommander
Mercredi 23 janvier 2008
En bordure du Niger il est une ville dont le nom fait rêver : 
Tombouctou la mystérieuse. On raconte qu’ici, il y a bien longtemps 
les nomades avait confié, la garde d’un puits à une vieille femme nommée 
Bouctou. Venues du Sud, chargées d’or, venues du nord, lestées 
de plaques de sel, les caravanes y échangeaient leur cargaison. 
Ainsi se développa une cité marchande connue bien au-delà des 
frontières du Sahara. Depuis ces temps lointains, deux fois par an, 
aux abords de la fabuleuse cité s’organise  l’azalaï : 800 kilomètres 
de marche pour joindre Taouedeni, où dans l’ancien lac asséché, 
les mineurs extraient l’or blanc.
Aujourd’hui, pour la première fois, Sofiane accompagne les hommes 
dans cette aventure. Les dromadaires, ici on dit les chameaux, 
sont bâtés. Tôt le matin, c’est le grand départ. Il faut avancer avant que 
les rayons de soleil ne viennent ralentir le rythme de la marche. 
Vingt jours pour traverser la hamada, plateau rocheux, et les vastes 
étendues de de sable. Le soir, au bivouac, quelques brindilles arrachées 
aux touffes de buisson permettent d’allumer le feu qui fera chanter l’eau 
dans la théière. Sofiane participe aux travaux, la fatigue ne se fait pas 
encore sentir, pile le mil pour confectionner les galettes, les dokhns, il est 
heureux, cette expédition est vitale pour la survie du groupe. Les dunes se dressent devant eux et leur franchissement n’est pas toujours facile. 
Le jeune homme songe aux épopées anciennes, aux risques qu’ils 
encourent.
 
Ce matin une atmosphère étrange règne sur le groupe, un nuage ocre 
apparaît à l’horizon: dans quelques heures le sirocco soufflera. Le vent 
chaud, venu de l’orient qui dessèche tout sur son passage, ne les 
épargnera pas. Il est temps de rajuster son chèche, de s’envelopper 
dans sa djellaba et de maintenir fermement la longe qui le relie au chameau. 
Déjà la poussière vole à la surface du sol, les bêtes sont nerveuses et 
ralentissent la marche. Aucune paroi rocheuse dans les environs pour se 
protéger, la colonne doit progresser contre le fléau et rejoindre au plus 
vite la prochaine halte. Sofiane connait les dangers du vent : il efface 
les traces, on ne retrouve plus les jalons. Ali, son père dirige la caravane, il s’approche et le réconforte :
-          Ne crains rien, derrière le cordon de dunes nous pourrons nous mettre à l’abri 
et organiser le bivouac.  
Après quelques heures de marche les voici enfin sur le lieu choisi pour 
la nuit. Entraver les animaux afin qu’ils ne s’enfuient pas affolés par la 
tempête, 
piler le mil et préparer les galettes, allumer le feu, ce soir toutes 
ces tâches répétitives sont accomplies lentement, la lassitude et la fatigue 
marquent les visages. 
Le repos est nécessaire, il faudrait dormir, pourtant Sofiane roulé dans sa 
couverture, observe le ciel. Le vent s’est calmé, là-haut brille l’étoile 
qui la nuit, leur sert de guide, saura-t-il un jour se fier à elle pour conduire 
à son tour la tribu vers la mine ?
-          Sofiane ! Près de lui se tient une vieille femme.
-           Qui es-tu ?
-          Je suis Bouctou, la gardienne du puits et depuis des lunes et des lunes 
la protectrice de 
ton clan.  Les tiens m’ont protégée autrefois, aujourd’hui c’est à moi de vous aider. Demain, quand la tempête soufflera à nouveau, quand les signes qui servent 
de repères auront disparu, aie confiance en moi, et je vous guiderai.
-          Mais comment … Sofiane éberlué se frotte les yeux, personne, la vieille femme a disparu ! 
A-t-il rêvé ? Un rayon de lune fait scintiller un caillou blanc sur le sol, Sofiane 
le prend entre ses mains, il le caresse longuement, ses yeux se ferment, il plonge 
dans un profond sommeil réparateur.
Aux premières lueurs de l’aube, la caravane reprend la piste.
-          Âw ! Âw ! Tu peux avancer !  
Crie le chamelier d’une voix gutturale. Déjà la poussière vole, les grains 
de sable piquent les visages, la journée s’annonce périlleuse, Sofiane 
s’est rapproché d’Ali, il le sent tendu, fatigué, c’est un vieil homme, 
un chibani disent les nomades avec respect. Longtemps il a conduit 
l’azalai, et avant lui son père, son grand père et son arrière grand père, 
mais aujourd’hui, devant les éléments déchaînés, il est inquiet.
-          Akaaba ! crie l’homme de tête, je ne vois plus les signes !
Sofiane, anxieux, presse la pierre qu’il a glissée dans sa poche. 
Là-bas, à l’horizon, il entrevoit le creux entre les dunes qui, tel un col, leur
 permettra de franchir l’erg. C’est la « passe » qu’ils cherchaient. Ses compagnons vont-ils le croire ? N’est-il pas victime d’un mirage, le péril qui guette le voyageur inexpérimenté
 ?
-          Père ! Père ! Regarde ! Il tend le bras et la pierre étincelle au soleil.
Le vieillard a compris, le temps est venu pour lui de se reposer, ce sera son dernier voyage et son fils continuera la tradition.  
-          Aie confiance en moi ! Lui a dit Bouctou, il sait qu’elle est près de lui, il doit 
convaincre les autres. La chose est difficile, la discussion s’anime, les propositions divergent, il s’avance et d’une voix ferme qu’il ne reconnait pas lui-même il indique 
la voie.
-          Tout droit ! Vite il nous faut traverser avant que le vent ne reprenne de la vigueur !
En silence, la colonne s’ébranle. Sofiane puise sa force dans le talisman 
donné par Bouctou.
-          Aie confiance en moi ! A-t-elle dit.
Sans encombre la caravane chemine, les dunes semblent s’écarter, 
et l’ouragan se calme. Le soir au campement, le père appelle le fils :
-          Souviens-toi, il ne faut jamais douter !
Bientôt ils échangeront le mil contre les lourdes plaques de sel et reprendront 
le chemin du retour.
Dans quelques semaines, à Tombouctou la mythique, des danses et des cris 
de joie fêteront les hommes et les animaux qui ont survécu au désert aride. 
Ils s’inclineront devant Sofiane.
-          Aie confiance en moi !  Et dans sa main brille le galet blanc.
par Nicole Coste publié dans : contes d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (8)    créer un trackback recommander
Dimanche 6 janvier 2008
A l'origine des temps, alors que le monde était tout nouveau, tout beau et que les animaux venaient tout juste de se mettre au service des hommes, il y avait un chameau qui vivait en plein désert.
Pourquoi vivait-il dans le désert? Parce qu'il ne voulait rien faire...
Mais s'il ne voulait rien faire, les hommes ne lui donnaient rien...
Il se nourrissait de bouts de bois, de ronce, d'épines...Il ne pousse pas grand chose dans le désert!
Mais jamais il ne travaillait.
Si quelqu'un lui adressait la parole il disait:
                             
-  "BOF comme ça!
                              -  "BOF" et puis voilà!
Un jour le cheval vînt le trouver:   
                              -  Chameau, chameau, sors de là, viens trotter avec nous!
                             
  -  BOF, répondit le chameau!

Le cheval alla se plaindre à l'homme.

Le lendemain, le chien vînt le trouver:
                                  -  Chameau, chameau, sors de là ,viens jouer à rapporter avec moi!
                                   -  BOF, répondit le chameau

Le chien alla se plaindre à l'homme.

Le jour suivant boeuf vînt le trouver:
       
                            -  Chameau, chameau, sors de là, vient labourer avec nous!
                                    -  BOF, répondit le chameau!
Le boeuf  alla se plaindre à l'homme.

A la fin de la journée, l'homme réunit le cheval, le chien et le boeuf.
                                     -  Mes amis, leur dit-il, vous avez bien travaillé mais là-bas, dans le désert ce monsieur BOFme semble bien paresseux!
Je vais m'occuper de lui mais en attendant vous allez travailler davantage.

Les trois amis étaient furieux, ils se réunirent à la lisière du désert.
Le chameau vînt les voir, il mâcha une herbe puis dit:
                                     -  BOF, une fois plus.
Vint à passer le djinn responsable du désert. Il s"arrêta pour participer au conseil.
                                      -  Djinn de tous les déserts dit le cheval,est-il juste que dans ce monde quelqu'un reste sans rien faire?
                                       -  Assurément non; répondit le djinn.
                                      
 -  Eh bien dit le cheval, il existe dans votre désert, un chameau brailleur au long cou et aux longues jambes qui n'a pas levé le petit doigt depuis ce matin.
                                        -  Il refuse de trotter, il dit BOF
                                        -  Il refuse de rapporter, il dit BOF
                                        -  II refuse de labourer, il dit BOF

                                        -  Il ne dit rien d'autre, demanda le djinn?
                                        -  Non; BOF et puis c'est tout!
                                        -  Très bien, je m'en vais le BOFER, attendez une minute s'il vous plaît!
Le djinn traversa le désert et trouva le chameau, il s'accroupit et songea à un tour de magie.
                                        -  Tu as obligé trois amis à travailler encore plus, à cause de ta fichue paresse!
                                        
                                       
 -  BOF, répondit le chameau.
                                         -  Si j'étais toi, je ne dirai plus BOF
                                         Et le chameau répondit:
BOF
Mais à peine avait-il dit cela qu'une grande et grosse bosse lui poussa sur le dos.
                                          -  Vois-tu dit le djinn à force de dire BOF, il te pousse une bosse sur le dos, allez: au trava
il!      
                                    -  Mais comment travailler avec une bosse sur le dos?
                                          -  C'est exprès, tu as dans ta bosse de quoi manger pour trois jours sans t'arrêter, comme cela tu pourras rattraper le temps perdu! Ta bosse sera ton garde manger! Va rejoindre tes trois amis !
Au travail!

Le chameau n'a jamais rattrappé ses trois jours, il a toujours une bosse sur le dos! 
                                         





Je vous offre ce conte trouvé dans un recueil  Nicole
par Nicole Coste publié dans : contes d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (9)    créer un trackback recommander
Vendredi 24 août 2007
 
Venu de l’intérieur du désert, après avoir roulés ses eaux, jadis impétueuses, à travers une nature tropicale, l’oued se dirige vers l’océan atlantique. Son lit entaille profondément la hamada littorale. A droite de l’embouchure des dunes majestueuses se reflètent dans l’onde, à gauche, des falaises surplombent la rive. Soumis à l’influence des marées le fleuve communique avec la mer par intermittence. La lagune très poissonneuse accueille de nombreux oiseaux migrateurs de passage ou en hivernage. Il n’est pas rare d’apercevoir, tôt le matin, des pêcheurs sur leurs barques relevant des filets. Entendent-ils papoter les occupants du lieu ?
 
-           Anguille, petite anguille, d’où viens-tu ? Demande un gros poisson aux flancs argentés à l’animal serpentiforme qui ondule près de lui.
 
-         Mon histoire est une longue histoire, commence t-elle….Venue de la mer des Sargasses, un jour je reprendrai la route qui me conduira vers le berceau de ma naissance.
 
-         Tu radotes, tu veux m’épater !
 
-         Je dis la vérité, et suis née prés des Amériques.
Le mulet n’en croit pas ses ouïes, cette prétentieuse voudrait lui faire croire qu’elle a nagé des milliers de kilomètres avant de venir se perdre dans ce coin d’Afrique ?
Qu’elle a affronté les tempêtes sans dommage, et qu’elle repartira pour assurer sa descendance ?
-         Allons, allons ne dis pas de bêtise ! Tu sais que je suis le poisson le plus rusé du lac ! N’entends-tu pas les pêcheurs sur les falaises ? Ils me voient, me traquent, m’espèrent mais ne réussissent  que rarement à piéger mes frères. Nous déjouons leur ruse, sautons par-dessus les filets et faisons la fine bouche devant leurs appâts ! Toi, ta gourmandise te perdra, déjà tes sœurs se balancent au bout du fil et ne doivent leur salut qu’à leurs contorsions qui les font retomber dans le lac. Tu voudrais me faire croire…
 
-         Crois ou ne crois pas ! J’ai vu le jour, larve, au large des Bermudes, après trois années d’errance, je suis devenue civelle dans les eaux saumâtres ou douces avant de prendre ma livrée actuelle. A l’âge de huit ans je repartirai et portée par les courants je reviendrai vers mes origines pour donner naissance à une progéniture nombreuse qui perpétuera l’espèce. Ainsi va la vie des anguilles !
 
-         Je ne peux te croire ! Moi qui grâce à mon intelligence ai atteint un âge respectable, moi qui ai déjoué les pièges des prédateurs, j’ai toujours côtoyé des individus de ta famille.
Ainsi bavardaient deux individus dans les profondeurs du lac…
par Nicole Coste publié dans : contes d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (12)    créer un trackback recommander
Dimanche 8 juillet 2007
Le sage de l’oasis
 
 
 
Comme chaque année, la tribu d’Ali se dirige vers le point d’eau.
Depuis peu, une rumeur circule :
Un homme vit là, sédentaire.
 
 Il possède un dromadaire, âgé lui aussi.
 Les clans racontent tous la même chose :
chaque soir, il part dans les dunes,
son animal chargé de sacs vides,
et revient au matin, les sacs pleins.
 Personne ne sait où il va, personne ne sait ce qu'il transporte.
    Personne n'ose   poser la question.
Un parfum de mystère l’entoure !
Mais Ali n'est pas un homme superstitieux...
 
 
La tribu installée, le campement monté,
Il va errer du côté du nouvel occupant.
 L’histoire de cet homme le fascine et l’intrigue,
il souhaite faire sa connaissance.
Ali est curieux, aime comprendre,
   et apprendre avec les gens, les choses de la vie !
Chaque rencontre est une fête !
Une nouvelle page dans son livre d’études !
 il pose des questions, réclame des explications.
 Elles ne sont pas fréquentes
les occasions de s’instruire dans le désert  ! 
Il a décidé, malgré les réticences de sa famille,
De percer le secret du vieil homme.
Il s’approche de la tente,
une vraie tente berbère de couleur marron, une khaïma.
Tout autour, des cailloux, des rochers,
et le dromadaire mâchouillant quelques buissons,
 le vieillard est à l’intérieur,
 il prépare le thé.
 Que faire ?
 Il ne peut troubler cet instant 
Il reviendra ce soir et…….
 
 
Les soirées, dans les déserts, sont très chaudes;
 quelquefois, un vent très doux vient caresser
 les visages endurcis par les brûlures du soleil.
 Mais, ce soir-là, Ali est insensible à la beauté du ciel,
A la douceur ambiante,
Il ne voit pas les nombreuses étoiles,
 la lune lointaine, cette lune……
enfant son grand-père lui affirmait
que des hommes y avaient posé les pieds...
Non, ce soir,
Ali a décidé de parler à l’homme mystérieux...
 Près de la tente, attaché à un pieu le chameau…

Ses compagnons ont tenté en vain de l’en dissuader
 mais Ali, est curieux et têtu...
Il pénètre sous la toile, le vieil homme est assis,
 les yeux clos, les mains jointes,
invoquant, on ne sait quel esprit.
Un long silence s'installe, le jeune homme ne sait que faire,
 toussoter pour signifier sa présence ou demeurer là,
 à attendre que l'autre réagisse.
Celui-ci regarde l'intrus...
- Que me veux-tu, homme?
La voix du vieux semble sortir des profondeurs du passé,
 rauque, unique, grave et intrigante à la fois,
une voix qui inspire respect...
 Ali a osé pénétrer dans son antre,
Comment va-t-il réagir ?



 Les yeux baissés, regardant ses babouches, il dit.
« Excusez-moi, je voudrais savoir !
-Savoir quoi ? Tu es bien jeune pour savoir !
-Quel est ton nom !
« Ali monsieur ! »
-Ali ! C’est un nom qui a une destinée
un nom qui a toute une histoire,
et tu veux savoir, me dis-tu ? 
Lève les yeux regarde-moi !
-Petit Ali, le savoir c’est la connaissance,
l’intelligence, la sagesse, la science,
c’est tout ça le savoir, c’est aussi le pouvoir…
-Ai-je bien répondu à ta question ?
 Perdu dans toutes ses réponses, Ali ne comprend pas …
Le savoir ….
Mais ce qu’il veut c’est………….
 
 
Ce que Ali voudrait savoir :
Est-ce que son désert sera toujours à lui ?
 Pourra-t-il s'y promener à longueur d'années,
Pourra-t-il y accompagner ses futurs enfants,
les enfants de ses enfants ?
 Les nouvelles de la ville sont surprenantes:
 on dit que des boîtes à images sont apparus dans les maisons,
qu’elles transmettent les nouvelles du monde,
on dit que les hommes en sont fous
et ne se parlent plus !
 
La ville est loin,
Mais elle attire et ensorcèle les jeunes de sa famille.
 
Il est né dans les dunes,
la ville, c'est le bruit,
le monde toujours pressé, courant derrière le temps
Ali riait, comment pouvait-on rattraper le temps?

- Tu as l'air tourmenté, Ali,
assieds-toi près de moi.

Si proche et si loin aussi...
- Tu as peur de l'avenir, n'est-ce pas, je le lis dans tes yeux...
Ali ne sait que répondre,
tout est si confus soudain dans sa tête.
 
- Tu es jeune, Ali... Laisse le temps au temps...
Le jeune homme relève la tête.
Le temps... Non, il ne faut pas laisser le temps au temps,
il faut réagir,
protéger le désert,
pour eux, pour leurs enfants et pour ceux de demain...
- Parle, voyons, vide ta tête, tu réfléchis trop, Ali...
Il regarde le sorcier.
 
Je voudrais dit Ali, je voudrais...
-tu voudrais quoi?
-je voudrais arrêter le temps!
Je voudrais que rien ne change,
que le sable soit toujours le sable,
que les oasis restent des oasis!
-Mon pauvre garçon, apprends que le temps ne s'arrête jamais!
Il poursuit inlassablement sa route,
mais je vais te confier un secret:
 approche, écoute bien ce que je vais te dire...
 
 
….Ecoute Ali ! Quand les hommes du désert
se réunissent autour d’un feu,
ils racontent la légende des filles du vent…
Ce sont les dunes qui sans cesse se déplacent.
Pas facile de les retenir ces coquines !
Personne ni toi, ni moi, ni eux, ne pourrons les dompter.
Quand un grand coup de vent
soulève des milliers de grains de sable !
Hop ! Les voilà quelques mètres plus loin.
Et depuis des milliers d’années, elles sont toujours là !

Il n’était pas venu pour cela !
Cet homme était un véritable sorcier,
 il pénétrait dans vos pensées
 et vous faisait oublier vos questions !
Il n’allait pas repartir comme ça !
 Il voulait savoir, il saurait !
Dis-moi, vieil homme, toi qui as la connaissance,
toi qui connais les secrets du désert,
que transportes-tu,
lors de tes sorties nocturnes ?
Tu es curieux Ali,
 mais la curiosité est utile pour apprendre !
 
Tu n’ignores pas que les autres t’appellent le sorcier
 et qu’ils croient que tu as trouvé une mine d’or ?
Ou autre chose de précieux ?
 Comment peux-tu vivre toute l’année dans cette oasis ?
 Nous sommes des nomades,
nous nous déplaçons en cherchant des pâturages et toi ?
Moi je suis bien trop vieux pour me déplacer, je n’ai pas de troupeau,
 ce que je transporte dans mes sacs ? Viens voir !
Je ne suis pas un sorcier, non !
 Les hommes n’aiment pas que l’on soit différent d’eux,
il faut des explications pour tout !
 Sils ne comprennent pas, ils croient à des pouvoirs mystérieux !!
Tout est si simple, il suffisait de demander !
Ali suivi l’homme,
il le conduisit vers un tas de cailloux derrière les palmiers.
 Tu vois je construis un abri solide qui résiste au vent du désert
quand la saison est mauvaise !
Ali comprit, les choses ont une explication souvent très simple,
 il suffit de poser les questions pour avoir les réponses !
 
Il revint dans sa tente, il devait dormir,
 demain une journée recommencerait,
il faudrait s’occuper des bêtes,
chercher la nourriture…
Et le soir il pourrait repenser au vieil homme
qui avait prononcé des paroles vraies,
des paroles rassurantes...
Oui, son désert survivrait toujours aux hommes,
il pourrait le raconter à ses enfants,
à ceux de demain...

 
 
par Nicole Coste publié dans : contes d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (9)    créer un trackback recommander
Vendredi 25 mai 2007
Deuxième leçon : la toilette

Aujourd’hui, est jour de fête dans la clairière. Pour la première fois, Saperli et Popette reçoivent des invités. Tous les lapereaux nés au printemps doivent se retrouver !
C’est l’été, le soleil brille, une magnifique journée les attend.
Ils sont très excités et ne tiennent pas en place. Lapinou et Lapinette, leurs parents, très pris par les préparatifs les ont laissés libres.

Les deux lapins ont grandi, ils connaissent bien la prairie et n’hésitent pas à dévaler les fossés, à se glisser sous les buissons en bordure de la forêt pour une partie de cache-cache.
- Un, deux, trois,
- Trouve-moi !
Quand ils reviennent au gîte Saperli et Popette sont maculés de boue. Maman Lapinette se fâche :
- Pour recevoir ses amis il faut être très propre ! A la toilette, tous les deux !
Moment désagréable ! Les deux petits n’aiment pas quand maman leur parle de cette façon.
Lapinette a prévu démêlage, brossage de la fourrure et examen attentif des griffes et des oreilles !
Elle veut qu’ils soient parfaits pour la réception.
Dans le terrier pas de baignoire, pas de savon qui fabrique les bulles avec lesquelles jouent les enfants !
Non, les pattes vont et viennent sur la fourrure pour la lisser, la débarrasser des herbes qui se sont glissées dedans.
- Je vous laisse commencer seuls, mais attention je vérifierai !
Saperli aide Popette, il brosse son dos et attend qu’elle en fasse autant !
La séance devient vite un jeu et comme toujours les cris fusent :
- Saperli, tu m’as tiré les poils !
- Toi, tu m’as griffé !
- Aie !
- Quoi encore ?
- Il m’a poussée dans la mangeoire, j’ai des grains partout, il faut tout recommencer !
Cette fois maman prend sa grosse voix :
- Dans cinq minutes je viens passer l’inspection, dépêchez-vous !
- Vite Popette, maman va se fâcher !
Et frotte, et frotte ! Les griffes s’activent, elles vont et viennent pour enlever brindilles et feuilles qui parsèment leur fourrure. Les petits lapins sont maintenant tout propres, le pelage bien peigné, pas un poil qui dépasse !

- Pouvons-nous aller jouer ?
- Non, je dois regarder les griffes !
- Aïe ! Aïe !
Maintenant les oreilles !
- Oh ! Non ! Pas ça !
Mais bien sur, comme toujours, maman n’écoute pas !
- Et les dents ? Vous n’auriez pas oublié de nettoyer vos dents ?
Les deux petits prennent un air penaud !
Pas de dentifrice à la fraise pour eux, mais une betterave bien dure pour aiguiser les grandes incisives qui poussent, poussent sans arrêt.
- N’oubliez jamais, vous devez user continuellement celles d’en haut sur celles d’en bas sous peine de graves ennuis.
- Que peut-il nous arriver ?
- Des dents comme des défenses d’éléphant !
Saperli et Popette éclatent de rire.
- Et la trompe ? Comment pousse-t-elle ?
- Ne riez pas petits chenapans, c’est très dangereux, vous ne pourriez plus manger.
A ces mots les lapereaux ne rient plus, ils sont très gourmands et grignotent consciencieusement leur betterave .

La séance est enfin terminée, trois petits tours, elle applaudit satisfaite.
- Vous êtes les plus beaux lapereaux de la clairière, venez vous asseoir près de papa.
Devant leur moue dépitée elle déclare :
- Nous allons apprendre une nouvelle chanson, écoutez

Frotte, frotte,
Peigne, peigne,
Deux lapins tout propres
Nous serons !
Des griffes bien taillées
Des oreilles nettoyées
Regardez, regardez
Deux lapins bien soignés !








par Nicole Coste publié dans : contes d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (5)    créer un trackback recommander
Jeudi 10 mai 2007
Il était une fois une petite graine ,
une petite graine toute ronde, toute verte,
 une petite graine somme toute bien ordinaire !
 Pas de quoi en faire une histoire,
 sauf que……
Cette graine était tombée sur une feuille…
 un grand coup de vent l’emporta loin d’ici,
dans le nid d’un oiseau !
 une petite graine dans le nid d’un oiseau , rien d’extraordinaire ?
 pas de quoi…. ,
 sauf que….
En s’agitant dans le nid , les oisillons firent tomber la graine
qui s’envola vers …
un panier de pique-nique posé là,
 par une famille venue passer la journée en forêt.
Une graine dans un panier,
rien d’extraordinaire,
 pas de quoi…….,
 sauf que……..
La graine, toute petite , toute ronde, toute verte,
atterrit, le soir, dans une valise,
en partance pour ….New York !!!
Après un voyage en avion,
dont elle ne vit pas grand chose,
sauf que….
Elle fut secouée, retournée, puis transportée
et enfin sa prison s’ouvrit .
 Elle se cacha dans un coin.
Toutes les petites graines aiment se cacher…..
Rien de bien ……
Le bagage fut agité par la fenêtre d’un gratte- ciel
et à nouveau le grand voyage !!!!
 
Extraordinaire, cette aventure !!
Peut-être bien qu’on pourrait en faire une histoire !!
 
Après avoir tournoyée dans le ciel Américain,
elle se posa dans un parc au milieu d’un jardin .
Là, elle prit le temps de germer,
 profitant des soins accordés aux fleurs !
 
Et voilà comment une petite graine,
 bien ordinaire, se fit une nouvelle vie en Amérique !
une vie bien ordinaire,
 pas de quoi en faire toute une histoire…..
bien que…..
 
 
par Nicole Coste publié dans : contes d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (14)    créer un trackback recommander
Mercredi 2 mai 2007
    Une semaine en Toscane et me revoilà!
par Nicole Coste publié dans : contes d'ailleurs
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Vendredi 6 avril 2007