Qui n’a jamais rêvé d’aller vers le grand sud ?
Suivre la route des caravanes qui, chargées d’épices, d’or parfois et quelquefois d’esclaves, remontaient du Niger, traversaient la Mauritanie pour accéder aux provinces du sud, marocaines depuis la Marche verte.
Marcher dans les pas de Saint Exupéry à Cap Juby, fouler le sable à la recherche du Petit Prince, se contenter de l’essentiel, car ici le superflu n’existe pas !
Le Sahara n’offre à perte de vue qu’une grève caillouteuse, un paysage où toute vie végétale semble exclue. C’est à peine si de temps en temps, quelques buissons épineux, croissent contre les rochers. Ils font le bonheur des troupeaux de dromadaires.
Le désert est atténué par la frange littorale et le plateau rocailleux est soudain entaillé par le lit d’un oued.
Venu des lointaines montagnes de l’Atlas, il s’enfonce parfois dans le sable pour ressurgir plus loin et poursuivre sa quête de la mer.
Le flux et le reflux érigent souvent une barrière de sable, coupant cette rivière de son but ultime.
Il s’étale et la lagune ainsi formée, devient paradis pour les oiseaux marins.
Flamands roses, hérons, y font une halte sur le chemin de leur migration. Les goélands, les mouettes, y cherchent pitance.
Que survienne un orage et le passage s’ouvrira à nouveau, l’eau douce s’unira à l’eau salée, et les poissons repeupleront l’oued !
La route des caravanes était marquée de puits, celle des nouveaux nomades est un long ruban goudronné, l’eau toujours nécessaire mais l’essence indispensable pour avancer.
Le dromadaire n’est plus qu’un élément du troupeau destiné à la boucherie, les quatre quatre les ont remplacés pour les courts trajets, et les camions transportent du Nord au Sud le ravitaillement, et du Sud au Nord la production des provinces sahariennes.
Les oasis sont devenues stations service et autour d’elles se développe et s’organise le commerce des nécessités.
Deux formes tourisme se côtoient
Il y a celui qui veut toujours aller plus loin, repousser sans cesse les frontières de l’accessible.
Il y a peu la route s’arrêtait à Villa Cisneros, Dakhla, au-delà la sécurité n’était plus assurée ! La guerre du front Polisario a semé des mines non répertoriées et le danger guettait le téméraire.
Cela ne pouvait durer ! Au prix de vies humaines, de négociations, de palabres, la voie est libre vers la Mauritanie puis le Sénégal. Bravant les vents de sable, si fréquents, il est tentant d’aller voir….et de croiser ou suivre les chercheurs d’un nouveau trésor.
Cette côte, sauvage s’il en est, est une des plus poissonneuses du Maroc. Professionnelle ou de loisir, la pêche en fait sa richesse.
Les camions qui, en grand nombre, remontent vers Agadir sont chargés de courbines, bars, daurades…
Et dans ce lieu oublié du monde…..
Dès le mois d’octobre, les camping-cars arrivent. Le bouche à oreille a bien fonctionné. On amène ses amis, puis les amis de ses amis…
Pour le pêcheur, point de puits pour situer le campement, son chemin est parsemé de balcons, de rochers et de postes de pêche
Une esplanade, le regroupement s’organise. Quartier des français, des italiens, des allemands, l’Europe se forme, se centralise et se décentralise au gré des caractères de chacun !
Certains s’installent pour six mois et aménagent leur espace, d’autres ne seront que de passage et devront rester discrets, ne pas s’imposer, il y a les habitués et les autres ! Quelques problèmes de voisinage viendront pimenter le séjour. On transporte avec soi ses valises et ses habitudes. La vie en communauté n’est pas toujours facile, la promiscuité ne facilite pas les rapports.
Il y aura toujours un chien qui vagabonde au-delà du territoire qui lui est attribué, une radio qui est réglée trop haut, la mauvaise humeur se manifeste, les clans se forment ! Rien de bien grave et la bonne humeur règnera à nouveau dans quelques heures !
Il y a quelques années, seuls des courageux venaient y exercer leur passion.
Le désert n’offre aucune des richesses habituellement recherchées par le touriste.
Il n’y a rien à y voir, rien à entendre, il faut être animé de sollicitations très fortes pour y vivre ou bien y être né.
Le soleil s’y lève déformé par la brume, mais en montant au zénith, il lancera ses flèches brûlantes. Ce n’est pas pour le folklore que l’indigène se drape dans sa djellaba et s’enroule dans son chèche !
Point d’adduction d’eau, point d’électricité, le village le plus proche est à trente kilomètres, le pain frais quotidien est un rêve !
Mais le progrès est passé par là ! Avec la multiplication des touristes, le camion citerne vient remplir les bidons d’eau, les véhicules se sont améliorés, congélateur, panneaux solaires, permettent de recréer une vie meilleure. Les paraboles fleurissent, et un village de vacances est né !
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