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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 15:38

C’est ici que notre « aventure » va trouver une suite imprévisible même si nous y pensions tous !

 Les bâtisseurs de notre maison ont eu des liens avec cette région.

Les documents trouvés indiquaient la ville de Goulimine située à moins de cent kilomètres de là. Nos nouveaux amis au camping sont originaires de la région ils ont fui l’intérieur des terres pour trouver la fraicheur du bord de mer.  Un matin le soleil est moins virulent.  Les prévisions météo annoncent un léger frais  ….. Nous partons vers la cité des hommes bleus. La route caracole  au milieu des collines rouges et des  champs d’euphorbes et de figuiers de barbarie. Autour des feuilles  une guirlande orangée tente  les gourmands qui ne s’y font pas prendre deux fois ! Déguster un fruit se mérite.  La difficulté vient de la cueillette et de la découpe de la peau car celle-ci est pourvue de minuscules épines invisibles à l'œil nu mais très agressives et très difficiles à enlever.  Depuis quelques années, nous explique maman, la culture s’est intensifiée, confitures, crèmes de beauté ont donné à ce fruit une valeur commerciale. Maman nous surprend toujours et même papa est ébahi devant ses connaissances !

Où as-tu appris tout ça ?

J’ai vu un flacon chez l’épicier et il m’a tout raconté !

L’épicier du marché ?

Oui ! Ahmed, il a tout un rayon d’huiles essentielles, je crois que je vais le dévaliser avant de partir !

Ahmed ! Nous aimons faire les courses dans sa boutique. Située près du marché aux poissons il a notre visite régulièrement et répond à nos questions sans se lasser.

Pour compléter ses connaissances maman va dans un cybercafé et au retour elle nous abreuve de ses découvertes.

Descendant des collines, un défilé d’ânes et de mulets tirant des carrioles parfois chargées de femmes et enfants se dirigent vers la route. Un souk doit avoir lieu dans un village proche.

Regardez, cria ma sœur, nous arrivons !

Emergeant des brumes de chaleur, une ville apparait dans le lointain. Voulant rivaliser avec maman, me souvenant de nos lectures, j’annonce fièrement : Goulimine, porte du Sahara !

Cette bourgade était autrefois un important centre caravanier. Là se préparaient les grandes méharées qui, bravant le désert se dirigeaient vers Tombouctou. Le marché aux dromadaires était sa principale attraction. Papa voulant lui aussi nous faire partager  son érudition nous raconta pourquoi on appelait ces aventuriers « Les hommes bleus » : la teinture indigo de leur chèche déteignait sur leur visage ! Mais le progrès a fait son œuvre et les chèches sont maintenant en tissu synthétique aux couleurs stables ! On en trouve de toutes les couleurs au mépris de la légende.

  Sans trop de peine on gare le fourgon et notre première halte est pour déguster la boisson nationale, le thé à la menthe.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 16:16

Ifni, ancienne enclave espagnole, ville blanche et bleue, juchée sur ces falaises, dominant la mer,  restera une des plus belles haltes de notre voyage. Elle a conservé de son passé espagnol de beaux jardins emplis d’hibiscus et de géraniums et des bâtiments coloniaux qui ont subi une reconversion. C’est ainsi que l’église Santa Cruz est devenue le Palais de justice. Nous y sommes restés une semaine profitant des soirées plus fraîches pour emprunter la promenade qui conduit au marché. Tous les soirs, au retour des bateaux dans le port, les pêcheurs viennent vendre le produit de leur journée. Les chats, à la recherche de nourriture, vous frôlent les jambes ; Bénédicte pousse des cris,   des rires fusent !

Les poulpes vivantes sur l’étalage avancent leurs tentacules et glissent lentement sur l’étal espérant trouver une issue de secours. Hélas, elles sont vite rattrapées et battues vigoureusement, il parait que c’est le seul moyen de les attendrir et de les rendre consommables. Malgré les sollicitations pressantes des vendeurs maman refuse d’en acheter une. Elle préfère choisir un poisson et aussitôt deux gamins se précipitent :

Je te le prépare !

Regarde je vais le vider !

 Comment résister !  En échange d’une pièce, quelques minutes plus tard, lavé, écaillé, notre souper est emballé dans une poche. Malgré les odeurs nauséabondes, effluves de poissons, sueurs, poubelles renversées, nous prenons beaucoup de plaisir à venir chaque soir faire nos provisions.  

Installés avec vue sur la plage nous nous régalons tous les matins en regardant les vaguelettes de l’océan s’écrasaient sur la grève. Au petit large les barques se dandinent doucement et les pêcheurs sont au travail.

Les surfeurs arrivent plus tard mais …. Ce n’est pas une mer pour valoriser leur compétence ! J’ai lié connaissance avec eux et essayé de tenir sur la planche ! Nous avons bien ri, et mes tentatives se sont soldées par des plongeons ! Les parties de football me sont plus favorables ! Les parents ont eux aussi fait des rencontres et  grâce aux bons conseils de certains habitués, ils se sont découverts une passion : la pêche à pied ! A chaque marée basse ils arpentent le bord de mer, soulèvent les cailloux, fouillent sous les rochers en espérant déloger crabes, étrilles ou bulots. Le plus souvent c’est une récolte de coquillages échoués qui revient au campement ! Des vacances de rêve !   

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 16:10

L’après-midi est consacrée au farniente, plage et lecture et dans la soirée, la Médina ! Habituellement c’est la ville ancienne avec son dédale de petites ruelles abritant les commerces traditionnels. Celle-là est nouvellement bâtie, Agadir ayant été ravagée par un tremblement de terre en 1960, on a reconstruit ici un ensemble où des  artisans proposent leurs produits. C’est avec plaisir que nous déambulons et bavardons avec les nombreux créateurs dont les échoppes bordent les venelles tantôt  voutées, tantôt à ciel ouvert. Maman est aux anges ! Il y a ici, des peintres, des sculpteurs sur bois, du travail des zelliges, elle observe, interroge, écoute et participe ! Un homme s’approche, intrigué par son intérêt et sa culture : c’est le concepteur de ces lieux. En djellaba blanche, longue barbe et longs cheveux, on le dirait sorti d’un film, druide peut-être ? Il nous invite à prendre le thé à l’ombre des grands arbres, des eucalyptus majestueux,  qui maintiennent une fraîcheur agréable.          

 

Le lendemain nous  roulons vers le sud et pour éviter les grosses chaleurs le départ a  lieu dès le lever du jour.

Malgré l’heure précoce, la route qui traverse  la banlieue d’Agadir est assez encombrée : hommes attelés à leurs charrettes tirées par des ânes, petits camions chargés de légumes. Se frayer un passage demande doigté et dextérité et surtout beaucoup de patience. Papa réussit à merveille à nous sortir de cette pagaille !

Commence alors une longue traversée monotone, des terrains moissonnés où poussa du  blé, chaumes brûlées par le soleil, vaste étendue jaune entrecoupée de bosquets plus gris que vert !   Le sommeil nous rattrape et dédaignant le paysage nous prenons un peu de repos. Papa  nous réveille. Nous empruntons la route côtière qui longe de très près l’Océan. Les vagues s’écrasent sur le littoral rocheux, de l’autre coté des champs où des bergers, souvent des enfants, surveillent des troupeaux d’ovins et de caprins. Ils nous font de grands signes pour nous saluer, les chèvres, curieuses et indociles, tentent de traverser. Des jets de cailloux les en dissuadent !  

 Puis viennent les falaises taillées dans la roche rouge, sculptées par l’érosion,  créant de magnifiques paysages !  Nous approchons du but, il faut trouver notre chemin et ne pas rater l’allée qui conduit au camping. Chacun écarquille les yeux :

  Là, regarde à droite !

 A droite ? Surement puisqu’il est au bord de la mer !

Une esplanade nous attend, de nombreuses tentes, la foule autour du lavabo, pas d’arbres donc pas d’ombre mais une belle plage de sable et des surfeurs qui jouent dans les vagues !

   L’installation est rapide, c’est l’avantage du camping car. Déjà quelques enfants s’approchent pour observer. Nous en avons l’habitude et c’est l’occasion de lier rapidement connaissance.

 

  Nicolas !

Ahmed !

Bénédicte !

Hassan !

Maman, on va se baigner ?

J’arrive, vous n’y allez pas tout seuls !

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 17:15

Réveillés de bonne heure par le bruit des voitures sur le boulevard proche, une nouvelle virée sur la plage avec baignade nous met en forme pour « affronter » l’expédition au souk !

  Mamou, c’est merveilleux ! Il faut que l’hiver prochain vous veniez ici !

Alors vous êtes contents ! Racontez !

Il y avait des montagnes de légumes, du monde, des cris, des odeurs ! Oh ! Mamou si tu savais quelle belle matinée on a passé !

Vous n’avez pas eu peur ?

Peur ? Non ! On était trop pris par le spectacle ! Papa a marchandé, tu sais il faisait semblant de trouver cher, maman se cachait pour rire ! J’ai fait plein de photos !

             Il y avait beaucoup de monde ! Un monsieur qui vendait de l’eau ! Des gâteaux, des montagnes de gâteaux dégoulinant de miel mais ….. Qu’est ce qu’ils sont bons !! Et toujours les vendeurs nous appelaient, nous disaient : bienvenue ! Regarde, juste pour le plaisir des yeux ! On a acheté des djellabas, chacun la notre, même papa, et des babouches !  

Et maintenant vous allez où ?

On descend vers Ifni, le camping est au bord de la plage, on va se  baigner, mais auparavant nous nous arrêterons à la Médina, on nous a dit qu’il fallait la voir ! Il fait très chaud mais tout va bien !

Régulièrement nous communiquions avec la famille en France pour les rassurer et prendre des nouvelles. Cette fois c’est en Amérique que nous appelons. Papou et Mamou sont bien partis eux aussi mais   nous sommes tellement excités par notre promenade que nous ne les laissons pas parler et que nous nous disputons pour leur raconter notre matinée.

Papa et maman s’emparent de l’appareil pour une conversation plus suivie et pour un compte rendu plus précis !

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 17:24

Quand la brise marine nous chassa de la baie c’est avec entrain que nous partons à la découverte de la ville. C’est notre première véritable halte, nous avons évité Marrakech où la température devait avoisiner les 45°, et ici nous allons pénétrer dans la vie marocaine. Les terrasses de café sont occupées par des touristes, nombreux à venir profiter des délices d’un soir d’été. Les magasins, tous ouverts malgré l’heure tardive, n’ont rien à envier à ceux de notre pays. Nous nous dirigeons vers le marché, lieu où selon nos parents nous allons retrouver l’authenticité du pays. J’avoue que cela ne me déplaisait pas de flâner devant les boutiques, j’étais même tenté par l’achat d’une montre qui… mais maman me prévient :

  Bien sur, elle n’est pas chère mais c’est une contre façon.

Tant  pis, personne ne le saura !

Si, toi! Et en plus tu es en infraction et risque une amende à la frontière!

Je râlais discutais:

  Je la cacherai personne n’en saura rien, les copains seront épatés.

Rien à faire les parents sont intransigeants avec la morale. C’est  le tour de Bénédicte: un sac siglé au nom d’un couturier de renom et des lunettes de soleil attirent son attention :

  Non, commença maman quand papa eut une idée :

Vous vous achetez lunettes, casquettes, sac, tee-shirt mais vous en ferez cadeau à des enfants avant de quitter le Maroc !

D’accord ! Nous espérions secrètement que la condition serait oubliée !

Notre choix fait, nous reprîmes la promenade vers le marché. Sur deux niveaux il présente les produits locaux. Les étals des poissonniers suscitent de nombreuses questions: beaucoup de poissons nous sont inconnus et selon maman à des prix très bas. A l’entrée les fleuristes proposent des compositions du plus bel effet. Papa en offre une à maman qui rougit de plaisir. Nous échangeons un clin d’œil avec Bénédicte qui ne peut s’empêcher de chantonner : « Oh les amoureux ! »

A l’étage au-dessus les effluves des épices chatouillent nos narines. Des pyramides jaune safran, ocre, rouge comme le piment aimantent maman. Elle sent, goûte, interroge. Papa est mis à contribution pour noter le nom de chaque produit choisi. Nous avons l’impression d’être dans la caverne d’Ali Baba remplie de trésors.

  Stop, décrète papa, sinon nous n’aurons plus rien à acheter au souk demain.

Maintenant je vous offre le restaurant!

Chic, on va au Mac Do!

Certainement pas, nous allons déguster un tagine !

Après une rapide consultation du guide, notre choix fait, nous hélons un taxi pour nous y conduire.

Tard dans la soirée, nous rejoignons le camping pour une nuit peuplée de rêves !

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 10:49

 

 Agadir est notre prochaine étape mais nous l’atteindrons en deux jours pour faire connaissance avec le pays. Paysages divers : cultures maraichères,  champ de blés moissonnés, puis après Marrakech traversée des derniers contreforts de  l’Atlas, le toit du Maroc.  La terre  ocre, presque rouge est  parsemée ça et là de bosquets d’arbres qui nous font penser aux oliviers. Ce sont en fait des arganiers. Ils sont, nous raconte maman l’espoir des femmes. Il faut aller voir la fabrication de l’huile tirée de ses fruits.

L'huile d'argan est en majorité fabriquée dans des "coopératives féminines d'huile d'argan".

Consultant ses notes, elle jubile : il y en a une dans la région ! Une visite s’impose ! Nous avons  assisté à toutes les étapes de la préparation ! L'huile d'argan sert à la fois en alimentaire et en cosmétique. Maman  fait provision de cet élixir qui promet de lui conserver sa beauté naturelle.  Nous reprenons la route au bord de laquelle des étalages brinquebalants supportent des bidons de récupération, emplis de cette huile. Les enfants essaient d’arrêter les touristes pour vendre la production locale.   Tout à coup un cri, un arrêt un peu brutal de papa !

Que se passe-t-il ?

Regardez !

Dans un arbre une grappe de chèvres se régale des fruits ou des feuilles de l’arganier ! Il y en a jusqu’au sommet et elles ne sont pas du tout affolées par les spectateurs ! 

Vite une photo ! Et un petit cadeau pour le berger !

 Agadir nous surprend. C’est une ville européenne, nous nous étions déjà habitués aux échoppes, véritables capharnaüms et voici qu’un hypermarché est annoncé !

  Il y a même un Mac Do m’écriai-je !

C’est l’occasion de renouveler nos provisions et de faire des achats pour la suite de l’aventure répond maman !

La visite du grand magasin nous laissa un sentiment mitigé. Aucune surprise, on pouvait se croire quelque part en France ou ailleurs. Un peu déçus, d’un commun accord, nous décidâmes de ne prendre que le superflu et d’attendre le lendemain pour s’offrir une matinée au souk.

Le camping international où nous avions programmé la soirée, nous replongea dans le réel du pays. Robinets cassés, sanitaires encombrés, poubelles débordantes de détritus, squattées par des chats affamés qui se disputent la nourriture, ce n’était pas très engageant ! Nous hésitons à faire les trente kilomètres qui nous séparent d’un lieu décent.

Considérant que notre véhicule nous assure une autonomie qui exclue le recours aux installations défectueuses nous nous installâmes dans un coin calme. Une promenade sur la plage, une séance baignade suivie d’une bronzette et d’une dégustation d’esquimaux achevèrent de rasséréner la famille.

Nous replonger dans la civilisation n’était pas si désagréable que ça !

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 16:19

 

  Dans l’immédiat il est temps de rejoindre le bivouac prévu pour la nuit. C’est une des contraintes propre aux camping caristes, trouver un lieu propice pour stationner. Heureusement pour nous la préparation du voyage nous assure des étapes soigneusement choisies. Nous allons traverser le Rif pour rejoindre la côte Atlantique.

Les maisons ont des toitures en tôle ondulée et sont entourées de figuiers de barbarie. Les rifaines ont de curieux chapeaux de paille ornés de cordelières en laine très colorées. Maman et Bénédicte demandent un arrêt pour en acheter un. Sur le bord de la route des étalages de poteries, de souvenirs  et  légumes de saison attirent l’œil . L’arrêt provoque un attroupement. Un instant décontenancée la famille hésite à se montrer mais les figures sont avenantes et l’envie importante. Dans cette partie du pays, anciennement colonisée par les espagnols, la langue française est peu pratiquée et les palabres pour se faire comprendre ajoutent à l’étrangeté de la situation. Comme souvent ce sont les enfants qui sauvent la mise. Par gestes ils montrent les objets convoités. La grappe humaine qui s’est agglutinée autour d’eux s’écarte. Un homme s’avance et au milieu de la cohue leur demande :

  Français ? Bienvenue dans notre pays, que cherchez-vous ?

Impressionnée, maman désigne les couvres chefs. L’homme négocie le prix qu’il nous annonce. Fouillant dans sa bourse maman lui tend les quelques pièces demandées tandis que papa s’informe :

  Vous parlez bien le français, avez-vous vécu en France ?

Oui, plusieurs années, où allez-vous ?

Larache, nous y passerons la nuit.

C’est une belle ville, comptez-vous visiter les ruines romaines de Lixus ?

Peut-être au retour, nous descendons vers Agadir.

Agadir, la ville des touristes !

Nous irons plus au sud, peut-être Goulimine.

Bonne chance et bon voyage !

Nous rejoignons notre véhicule enchantés par la rencontre. Bénédicte s’extasie :

Vous avez vu, ils sont gentils ! Mais ils sont sales !

En fin d’après midi nous retrouvons  l’Océan. Les ruines de Lixus, évoquée précédemment, sur la rive droite du fleuve Loukkos,  précèdent  Larache, petite ville de pêcheurs, sur l’autre rive. La zone portuaire s’étale en contrebas de la cité sur une falaise, telle la proue d’un bateau face à l’océan.

L’aire d’accueil se situe à la sortie de la bourgade. Notre première nuit ne sera pas très silencieuse! Toute la nuit des marocains de retour au pays s’arrêtent pour prendre quelques moments de repos. Ils s’interpellent, les enfants jouent, les klaxons retentissent pour appeler les retardataires à l’heure du départ. 

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 10:54

 Je ne sais si je saurais raconter l’atmosphère de ces lieux !  Des femmes chargées de lourds ballots, des cris, des gens qui courent… un homme en uniforme nous demande de nous ranger. Nos amis  viennent à notre secours et maman les suit pour accomplir les formalités.

Quelques heures plus tard, munis de nos sésames  nous nous séparons, ils partent sur la côte méditerranéenne et nous descendons vers l’atlantique. Le dépaysement commence aussitôt, la curiosité s’empare de nous et oubliant notre bonne éducation nous lorgnons sans cesse par les fenêtres en commentant  à voix haute. Papa et maman essaient sans succès de nous faire taire mais bientôt eux aussi se laissent aller. Tout est pour nous étrange, attelages divers, voitures d’une autre époque, troupeaux de chèvres sur les trottoirs…

Maman, regarde, un dromadaire! En effet très vite le touriste est sollicité pour une promenade sur « le vaisseau du désert »!

Un âne qui tire une carriole!

Il va falloir acheter du pain pour ce soir!

Et pour cela s’arrêter et quitter le refuge du véhicule et … trouver un bureau de change ! Nous l’avions « oublié » mais changer de pays implique changer de monnaie ! « L’expédition » nécessite une préparation. Papa restera dans le fourgon pour surveiller et nous irons tous les trois en ville faire les provisions. Lorraine, d’habitude impassible, s’agite et grogne dés que quelqu’un s’approche.

L’avenue à quatre voies longe la mer et des immeubles de construction récente la bordent. Comme sur la côte espagnole l’urbanisation est en pleine expansion et les touristes sont nombreux à apprécier les joies de la plage.

Papa, une ville! On s’arrête?

La curiosité nous dévore, allons-nous trouver les boutiques nécessaires ?

Maman nous prend par la main et nous partons pour notre expédition. Un établissement bancaire permet de nous munir des espèces nécessaires à nos achats.

Un marché nous attire. Les étals particulièrement riches en légumes et fruits sont un régal pour les yeux. Rapidement maman fait son choix et remplit le panier. Elle compte soigneusement les billets et les tend au vendeur qui la gratifie d’un : bienvenue chez nous, expression que nous entendrons souvent lors de toutes nos rencontres !

Sur une table des pains ronds et plats exhalent leur bonne odeur. On dirait des gâteaux !

1 dirham le pain !

Donnez-m’en quatre !

Voilà Madame, bonnes vacances !

Nous rejoignons papa,  impatients de lui raconter notre virée. En entendant notre récit enthousiaste, il regrette d’être resté dans le véhicule !

 Nous allons prendre un thé à la menthe, annonce –t-il !

 Lorraine assurera la garde du véhicule !

 Nous choisissons un bar avec terrasse  vue sur la Méditerranée et toute la famille s’installe. Bientôt le serveur apporte une théière fumante d’où s’échappe une bonne odeur de menthe. Devant nos yeux étonnés il verse le breuvage en levant  très haut le récipient pour  obtenir une mousse dans les verres. Nous l’accompagnons de la pâtisserie du pays : les cornes de gazelles.

 A l’horizon, si proches et si lointaines les côtes Espagnoles se diluent dans les brumes de chaleur.

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 16:06

Nos rôles sont bien définis : Papa est le pilote, maman la navigatrice, responsable des cartes et des adresses de haltes, nous devons nous assurer que les placards sont bien fermés  et nous occuper de la chienne, mission de la plus haute importance et pas si facile que ça car Lorraine a l’humeur vagabonde et exploratrice !

Les parents  échangeront régulièrement leurs prérogatives afin de préserver la parité et éviter la fatigue.

La météo prévoyait une journée orageuse. Les sommets pyrénéens étaient auréolés de gros nuages noirs mais, sitôt franchi la frontière et la série de tunnels qui permet une traversée de la chaîne de montagne,  un ciel bleu  nous accueillit.  La traversée de l’Espagne fut accompagnée de tirades éducatives : maman raconta les peintres, Guernica et ses horreurs, Picasso, Dali. En Andalousie, en traversant les champs d’oliviers, nous fîmes la connaissance de Paco Ibanez et de l’histoire récente de ce pays soumis au franquisme. Puis l’air de Carmen résonna   dans la cellule. Les corridas s’invitèrent dans la discussion, sujet de polémique entre les parents. Il faisait chaud, très chaud, la climatisation, bien heureusement nous permettait un voyage confortable ! Lors des haltes sous un bosquet de pins parasols, l’odeur âcre des huileries se mêlaient à celle du goudron en fusion !

Deux jours plus tard, la Méditerranée s’étale à nos pieds, et nous ne résistons pas à un bain revigorant. Les débuts de l’aventure sont prometteurs et augurent favorablement de la suite. Nous nous  étions adaptés sans problème à notre vie itinérante, dans les campings, nous repérions de suite les installations utiles et les places disponibles. Le rocher de Gibraltar, gardien du Détroit qui sépare l’Europe de l’Afrique se dresse à l'horizon.  Demain  départ à l’aube, pour prendre le premier bateau : les billets, les passeports et autres documents vérifiés maintes et maintes fois sont rangés dans le sac de maman chargée de la partie administrative. Sur le parking où nous allons passer la nuit nous  faisons connaissance avec une famille française qui, spontanément  nous rassure et se propose de nous guider. Ils ont la désinvolture que procure l’habitude, c’est leur troisième voyage au Maghreb !       

 Une fois sur le territoire marocain nos routes se sépareront, nos circuits étant très différents. Avec leur aide, nous atteignons le Port où règne une activité intense. Une foule bruyante et colorée,  beaucoup de Marocains rentrent au pays pour les vacances, des véhicules surmontés de galeries chargées d’impressionnants échafaudages, des fourgons, des camions.  Après avoir tourné, viré, dans les dédales de la voie d’accès, nous prenons place dans la file en attente du bateau. L’embarquement, et le placement dans le garage, guidé par les responsables se passe dans un lourd silence ! Papa, inquiet pour le véhicule, nous sensibles à l’acte important de notre aventure !  C’est le point de non retour, nous allons changer de continent ! Bénédicte anxieuse, n’allait-elle pas être malade ?

Insatiable, le Ferry engloutit tout ce monde !

Quelques minutes plus tard sur le pont du bateau, nous assistons aux manœuvres de départ. Cette  traversée que nous appréhendions tant se passe sans encombre, les dauphins nous accompagnent et jouent dans le sillage du bateau. Cris de joie à chaque apparition, oubliée la peur,   déjà la côte marocaine apparaît,  le débarquement se prépare ! Nous suivons nos guides et arrivons jusqu’au Poste frontière.

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 17:01

 

Trois mois plus tard…

 

Livres et cahiers rangés, c’est l’heure des séparations devant le collège.

Salut ! A l’année prochaine !

Tu m’envoies des photos !

On s’appelle !

Tu pars quand ? Demanda Kevin, mon meilleur copain dans cette classe.

14 juillet, enfin c’est pas tout à fait fixé, à un ou deux jours près !

Combien de temps ?

Un mois !

Veinard, moi je reste à la maison, cette année pas de vacances, papa est au chômage. Enfin on ira sur le bassin.

Quand je serai de retour, tu viendras à la maison, on se baignera dans la piscine.

Les parents klaxonnaient, ils trouvaient les adieux assez longs et ne comprenaient pas que nous ayons tant de choses à nous dire après une année scolaire passée ensemble. Un sentiment bizarre nous envahissait, mélange de joie et de tristesse, envie de partir et de rester !

Je m’engouffrai dans la voiture de maman, rejoint par Bénédicte et cette fois c’était bien le début des congés !

Hourra ! M’écriai-je, ça y est, c’est fini !

La première semaine de liberté fut consacrée à la préparation du chargement : choix difficile sans cesse contesté et revu à la baisse par papa qui tenait un compte précis des kilos embarqués !

Enfin le grand jour arriva ! Un départ tôt le matin était programmé, nous avions décidé, Bénédicte et moi de dormir dans le véhicule pour nous habituer. La nuit fut courte, ponctuée de fou-rires, de bavardages et de disputes. Quand maman vînt nous réveiller pour le petit déjeuner, il nous fallut un long moment avant de réaliser qu’aujourd’hui commençait le début de l’aventure projetée depuis si longtemps !

Un dernier tour d’inspection, vérification de la check liste, tour de clé, en avant, c’est le départ !

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