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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 14:18

Cette promenade ! Un rêve éveillé ! Jamais nous n’aurions imaginé vivre une telle aventure. Le véhicule : un quatre-quatre couleur sable qui n’a plus d’âge mais qui ronronne et  vibre, le chauffeur, visage aux joues creuses burinées et hérissées d’une belle barbe blanche,   enturbanné d’un chèche noir, vêtu d’une tunique bleue ayant deux ouvertures sur les côtés,  utilisant un langage, pour nous incompréhensible mais qui, étonnamment  voulait dire quelque chose !   Enturbannés à notre tour pour être protégé du sable qui pénètre partout et brûle les yeux et le visage, nous nous installons sur le plateau de la voiture qui en pétaradant nous emmène vers des étendues caillouteuses. Empruntant une piste qui serpente entre les buissons d’euphorbe   nous roulons  vers le désert. Quand on pense au Sahara  on imagine des vastes étendues de sable parcourues par des caravanes de dromadaires mais ici c’est un désert  de pierres, de cailloux avec ça et là quelques épineux dont se régalent les animaux à bosse. Là une barkhane s’est formée ! Notre première dune ! Arrêt photo !

 Tu crois que nous allons rencontrer le Petit Prince ? Demande Bénédicte.

On ne sait jamais, regarde bien, répond papa !

J’éclate de rire et me moque de ma sœur qui naïvement croit encore aux contes de fées !    Pourtant le petit bonhomme blond de Saint Exupéry est encore dans ma mémoire  et le paysage nous plonge dans l’ambiance.  Je rêve ! Et si….. Mais aussitôt l’épisode du serpent me fait frissonner.

Dis papa, demande s’il n’y a pas de vipères dans le sable ?

Le serpent minute dont il m’avait conté la dangerosité venait perturber ma joie . Heureusement, Rachid, poursuivant son rôle de guide  nous rassure. Nous ne risquons rien, le bruit de notre équipée fera fuir tout intrus. J’oublie vite ma peur et  me délecte en pensant aux copains à qui je montrerai les photos souvenirs, trêve de rêverie, au travail. Je mitraille sans cesse, beaucoup de clichés seront à éliminer, les cahots de la piste ne permettant pas un cadrage parfait !

Arrivés sur le haut d’un plateau, au milieu d’une vaste étendue où seuls cailloux et rochers rompent la monotonie du paysage, un puits ! Les hommes ont construits une auge en ciment, ils puisent l’eau et alimentent le réservoir. Les animaux s’approchent et se désaltèrent. Fier de son troupeau, Abdérhaman, le conducteur explique et Rachid traduit.

Regarde la marque du troupeau ! Ils sont beaux, bientôt je pourrais les vendre au souk.

Combien vaut une bête ? s’enquiert papa.

Environ 10000dirhams, nous annonce t-il après une longue discussion. Le prix varie suivant la bête et sa destination ! Regarde celui-ci ! C’est un chamelon blanc qui vaudra beaucoup d’argent !

J’interroge notre accompagnateur :

Pourquoi faut-il leur apporter de l’eau ? Je croyais qu’un dromadaire pouvait rester longtemps sans boire.

C’est vrai ! Mais ici ce sont des bêtes élevées pour leur viande et pour avoir de beaux animaux il est bon de leur apporter boisson et nourriture.

               Tu sais, poursuit Rachid : le désert avance, la sécheresse est un fléau, il n’a pas plu suffisamment depuis le printemps de l’année dernière et à cette époque de l’année il n’y a plus rien à pâturer ! Bientôt il faudra déplacer le troupeau plus au Nord pour qu’il trouve de la nourriture.

  •  Vous n’avez pas vu quand se lève le vent de sable ? Il brûle tout sur son passage ! La ville se dépeuple, ses habitants s’enferment.
  •   Pouvons-nous en vivre un ?
  •  A cette époque de l’année c’est plus rare ! Si vous voyez arrivez des nuages de libellules et de papillons, il faut vite s’enfermer !
  • Pourquoi ?
  • Chassés des oasis de l’intérieur par ce vent venu de l’est, les insectes fuient vers la mer et la fraîcheur !

 

  • Mais quand vient la pluie, les oueds se gonflent, les cuvettes gardent l’eau et quelques semaines plus tard nous pouvons semer le blé ! Le désert se couvre de fleurs, les bêtes peuvent faire bombance ! Parfois, c’est la catastrophe, les torrents déboulent avec une telle puissance qu’ils emportent tout sur leur chemin. Malgré tout ici, chaque goutte d'eau est un espoir de grain de blé: Et avec le blé, c'est le pain!

 

 

Il est temps de prendre la direction du retour. Le soleil ardent darde ses rayons, il nous semble apercevoir un lac au loin, papa nous explique : c’est un mirage, une illusion d’optique ! A mesure qu’on s’approche « le lac » s’éloigne ! L’explication est longue, les brumes de chaleur, la différence de température ne nous passionnent pas ! Je retiens qu’autrefois beaucoup de voyageurs  se sont faits piéger, ils croyaient trouver là de quoi étancher leur soif, malheureusement ils ne sont jamais revenus.

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 17:59

Une visite inoubliable : L’Oasis de Tighmert est un lieu exceptionnel, une palmeraie avec de beaux arbres et à proximité la Kasbah Caravansérail.

Cette Kasbah vieille de 300 ans, entretenue par Abdoul et son cousin est une véritable maison musée. Depuis plus d'une trentaine d'années, ils accumulent de multiples objets traditionnels d'époque à maintenant, on en apprend beaucoup sur la tribu sahraouis! Après la visite, direction  la tente bédouine, pour boire un thé à la menthe et commencer  de grandes discussions

Maman est ravie de les rencontrer !  Une promenade dans la palmeraie à dos d’âne  pendant que les parents s’instruisent en écoutant ce Touareg sédentarisé et reconvertit en gardien de la tradition.

La soirée est également un très bon souvenir, nous ne pouvions refuser de partager le repas préparé par  Bouchra, la maman de Rachid. Avant de rejoindre la salle commune de nos hôtes, maman nous fit ses recommandations : ici pas de chaises, on s’assoit sur les tapis et les coussins, pas d’assiettes, le plat sera au milieu de la table et chacun mangera la part qui lui fait face en se servant du pain car il n’y aura sûrement pas de fourchettes !  Dûment chapitrés, les bras chargés de cadeaux, nous nous approchons : embrassades, cris de joie, l’impression d’être là depuis toujours ! Les hommes s’assoient autour de la table basse sur des banquettes recouvertes de coussins, les enfants nous entourent et nous « kidnappent » pour notre bonheur  pendant que notre mère est elle aussi enlevée ! Elle rejoint les femmes et réapparaîtra en tenue locale. La pièce est sombre, dans l’air flotte l’odeur des épices, cette fragrance si caractéristique du pays !   Rachid sert d’interprète et rendez-vous est pris pour le lendemain : atelier teinture pour maman très intéressée par cet art ! Pendant que notre artiste exercera ses talents nous irons, en compagnie d’un autre convive, dans le désert, alimenter un abreuvoir pour dromadaires. Au retour comme nous sommes vendredi, nous dégusterons le couscous !

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 14:34

Comme toujours dans ce pays où l’hospitalité n’est pas un vain mot, nous sommes accueillis avec des « bienvenus » qui n’en finissent plus. Le serveur qui baragouinait, plus qu’il ne parlait le français, s’enquit de notre provenance.

Ifni !

Et en France ? Paris ?

Non, Bordeaux !

Ah ! 33 ! le vin !

Tu connais ?

Non ! Je ne suis jamais allé en France, mais j’aime bien parler avec les touristes ! Et je regarde le foot aussi !  Tu veux visiter ? J’appelle mon fils, il t’explique, te montre le marché, les boutiques, tu veux acheter les bijoux ? Tu viens chez moi demain, je ne travaille pas, la femme fait le couscous !

Devant cette avalanche de questions, de propositions, nous écoutons médusés, surpris par cette sollicitude pour les étrangers  que nous sommes ! Ce n’est pas la première fois que nous recevons une invitation, chaque fois la surprise nous laisse sans voix : des étrangers que nous voyons pour la première fois !  Puis maman explique avec gène, que nous ne pouvons  accepter ! Bénédicte et moi aurions bien voulu voir comment vivent les gens, visiter une maison, mais les parents pensent que c’est de la curiosité et que nous devons refuser gentiment ! Un jour peut-être !

Cette fois encore, elle essaie de se sortir de cette situation sans vexer notre interlocuteur quand apparait un jeune homme qui vient nous saluer :

Rachid, mon fils, tu verras lui il parle le français, il connaît, il te montre ! Tu sais il est allé à l’école à Agadir ! Mais maintenant il cherche du travail.

Comment refuser ? Un rapide clin d’œil des parents et papa :

Rachid combien veux-tu de dirhams pour nous faire visiter ta ville ?

Comme tu veux, Monsieur, tu me donnes ce que tu veux !

Situation délicate, bien vite rompue par le père :

Tu donnes 150dh, si t’es content tu donnes plus !

D’accord ! On y va, tu prépares le tagine de dromadaire !

La ville, construite au pied d’un ksar en ruines, n’offre que peu d’intérêt, mais il est toujours agréable d’accepter les sollicitations des vendeurs de boutiques sous les arcades.  Chacun de nous veut un chèche pour ressembler à ces hommes bleus dont on a lu les histoires ! De grands éclats de rires animent l’échoppe : s’enrouler dans ce turban de plus de 4mètres est tout un art et avec beaucoup de patience, Rachid aide le vendeur. Maman et Bénédicte se voient parées du Melhfa, un voile aux couleurs chatoyantes dans lequel se drapent les femmes du sud ! Plus tard les bijoutiers reçoivent notre visite. Assis sur des coussins, autour de l’inévitable plateau de thé  nous les  écoutons conter l’épopée des caravanes faisant le commerce de l’or, argent et esclaves.

Astucieusement ils passent des bracelets autour des poignets et des chevilles de ces dames et font cliqueter colliers et  boucles d’oreilles. Un rayon de soleil s’infiltre dans la boutique et joue sur la bouilloire d’étain.   

Il est temps de se restaurer ! Rachid, nous t’invitons !

 Papa a trouvé le bon moyen de nous éloigner de ces lieux de tentation ! Il a tout de même remercié nos hôtes et après une rude négociation conduite par notre guide, acheté quelques breloques.  Au cours du repas, Rachid nous indique une oasis dans les environs qui mérite une visite, comme nous rentrerons trop  tard pour rejoindre le camping, il propose de nous offrir l’hospitalité d’un bivouac chez lui pour la soirée, nous pourrons sans crainte garer notre véhicule  et dormir en toute sécurité !

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 15:38

C’est ici que notre « aventure » va trouver une suite imprévisible même si nous y pensions tous !

 Les bâtisseurs de notre maison ont eu des liens avec cette région.

Les documents trouvés indiquaient la ville de Goulimine située à moins de cent kilomètres de là. Nos nouveaux amis au camping sont originaires de la région ils ont fui l’intérieur des terres pour trouver la fraicheur du bord de mer.  Un matin le soleil est moins virulent.  Les prévisions météo annoncent un léger frais  ….. Nous partons vers la cité des hommes bleus. La route caracole  au milieu des collines rouges et des  champs d’euphorbes et de figuiers de barbarie. Autour des feuilles  une guirlande orangée tente  les gourmands qui ne s’y font pas prendre deux fois ! Déguster un fruit se mérite.  La difficulté vient de la cueillette et de la découpe de la peau car celle-ci est pourvue de minuscules épines invisibles à l'œil nu mais très agressives et très difficiles à enlever.  Depuis quelques années, nous explique maman, la culture s’est intensifiée, confitures, crèmes de beauté ont donné à ce fruit une valeur commerciale. Maman nous surprend toujours et même papa est ébahi devant ses connaissances !

Où as-tu appris tout ça ?

J’ai vu un flacon chez l’épicier et il m’a tout raconté !

L’épicier du marché ?

Oui ! Ahmed, il a tout un rayon d’huiles essentielles, je crois que je vais le dévaliser avant de partir !

Ahmed ! Nous aimons faire les courses dans sa boutique. Située près du marché aux poissons il a notre visite régulièrement et répond à nos questions sans se lasser.

Pour compléter ses connaissances maman va dans un cybercafé et au retour elle nous abreuve de ses découvertes.

Descendant des collines, un défilé d’ânes et de mulets tirant des carrioles parfois chargées de femmes et enfants se dirigent vers la route. Un souk doit avoir lieu dans un village proche.

Regardez, cria ma sœur, nous arrivons !

Emergeant des brumes de chaleur, une ville apparait dans le lointain. Voulant rivaliser avec maman, me souvenant de nos lectures, j’annonce fièrement : Goulimine, porte du Sahara !

Cette bourgade était autrefois un important centre caravanier. Là se préparaient les grandes méharées qui, bravant le désert se dirigeaient vers Tombouctou. Le marché aux dromadaires était sa principale attraction. Papa voulant lui aussi nous faire partager  son érudition nous raconta pourquoi on appelait ces aventuriers « Les hommes bleus » : la teinture indigo de leur chèche déteignait sur leur visage ! Mais le progrès a fait son œuvre et les chèches sont maintenant en tissu synthétique aux couleurs stables ! On en trouve de toutes les couleurs au mépris de la légende.

  Sans trop de peine on gare le fourgon et notre première halte est pour déguster la boisson nationale, le thé à la menthe.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 16:16

Ifni, ancienne enclave espagnole, ville blanche et bleue, juchée sur ces falaises, dominant la mer,  restera une des plus belles haltes de notre voyage. Elle a conservé de son passé espagnol de beaux jardins emplis d’hibiscus et de géraniums et des bâtiments coloniaux qui ont subi une reconversion. C’est ainsi que l’église Santa Cruz est devenue le Palais de justice. Nous y sommes restés une semaine profitant des soirées plus fraîches pour emprunter la promenade qui conduit au marché. Tous les soirs, au retour des bateaux dans le port, les pêcheurs viennent vendre le produit de leur journée. Les chats, à la recherche de nourriture, vous frôlent les jambes ; Bénédicte pousse des cris,   des rires fusent !

Les poulpes vivantes sur l’étalage avancent leurs tentacules et glissent lentement sur l’étal espérant trouver une issue de secours. Hélas, elles sont vite rattrapées et battues vigoureusement, il parait que c’est le seul moyen de les attendrir et de les rendre consommables. Malgré les sollicitations pressantes des vendeurs maman refuse d’en acheter une. Elle préfère choisir un poisson et aussitôt deux gamins se précipitent :

Je te le prépare !

Regarde je vais le vider !

 Comment résister !  En échange d’une pièce, quelques minutes plus tard, lavé, écaillé, notre souper est emballé dans une poche. Malgré les odeurs nauséabondes, effluves de poissons, sueurs, poubelles renversées, nous prenons beaucoup de plaisir à venir chaque soir faire nos provisions.  

Installés avec vue sur la plage nous nous régalons tous les matins en regardant les vaguelettes de l’océan s’écrasaient sur la grève. Au petit large les barques se dandinent doucement et les pêcheurs sont au travail.

Les surfeurs arrivent plus tard mais …. Ce n’est pas une mer pour valoriser leur compétence ! J’ai lié connaissance avec eux et essayé de tenir sur la planche ! Nous avons bien ri, et mes tentatives se sont soldées par des plongeons ! Les parties de football me sont plus favorables ! Les parents ont eux aussi fait des rencontres et  grâce aux bons conseils de certains habitués, ils se sont découverts une passion : la pêche à pied ! A chaque marée basse ils arpentent le bord de mer, soulèvent les cailloux, fouillent sous les rochers en espérant déloger crabes, étrilles ou bulots. Le plus souvent c’est une récolte de coquillages échoués qui revient au campement ! Des vacances de rêve !   

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 16:10

L’après-midi est consacrée au farniente, plage et lecture et dans la soirée, la Médina ! Habituellement c’est la ville ancienne avec son dédale de petites ruelles abritant les commerces traditionnels. Celle-là est nouvellement bâtie, Agadir ayant été ravagée par un tremblement de terre en 1960, on a reconstruit ici un ensemble où des  artisans proposent leurs produits. C’est avec plaisir que nous déambulons et bavardons avec les nombreux créateurs dont les échoppes bordent les venelles tantôt  voutées, tantôt à ciel ouvert. Maman est aux anges ! Il y a ici, des peintres, des sculpteurs sur bois, du travail des zelliges, elle observe, interroge, écoute et participe ! Un homme s’approche, intrigué par son intérêt et sa culture : c’est le concepteur de ces lieux. En djellaba blanche, longue barbe et longs cheveux, on le dirait sorti d’un film, druide peut-être ? Il nous invite à prendre le thé à l’ombre des grands arbres, des eucalyptus majestueux,  qui maintiennent une fraîcheur agréable.          

 

Le lendemain nous  roulons vers le sud et pour éviter les grosses chaleurs le départ a  lieu dès le lever du jour.

Malgré l’heure précoce, la route qui traverse  la banlieue d’Agadir est assez encombrée : hommes attelés à leurs charrettes tirées par des ânes, petits camions chargés de légumes. Se frayer un passage demande doigté et dextérité et surtout beaucoup de patience. Papa réussit à merveille à nous sortir de cette pagaille !

Commence alors une longue traversée monotone, des terrains moissonnés où poussa du  blé, chaumes brûlées par le soleil, vaste étendue jaune entrecoupée de bosquets plus gris que vert !   Le sommeil nous rattrape et dédaignant le paysage nous prenons un peu de repos. Papa  nous réveille. Nous empruntons la route côtière qui longe de très près l’Océan. Les vagues s’écrasent sur le littoral rocheux, de l’autre coté des champs où des bergers, souvent des enfants, surveillent des troupeaux d’ovins et de caprins. Ils nous font de grands signes pour nous saluer, les chèvres, curieuses et indociles, tentent de traverser. Des jets de cailloux les en dissuadent !  

 Puis viennent les falaises taillées dans la roche rouge, sculptées par l’érosion,  créant de magnifiques paysages !  Nous approchons du but, il faut trouver notre chemin et ne pas rater l’allée qui conduit au camping. Chacun écarquille les yeux :

  Là, regarde à droite !

 A droite ? Surement puisqu’il est au bord de la mer !

Une esplanade nous attend, de nombreuses tentes, la foule autour du lavabo, pas d’arbres donc pas d’ombre mais une belle plage de sable et des surfeurs qui jouent dans les vagues !

   L’installation est rapide, c’est l’avantage du camping car. Déjà quelques enfants s’approchent pour observer. Nous en avons l’habitude et c’est l’occasion de lier rapidement connaissance.

 

  Nicolas !

Ahmed !

Bénédicte !

Hassan !

Maman, on va se baigner ?

J’arrive, vous n’y allez pas tout seuls !

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 17:15

Réveillés de bonne heure par le bruit des voitures sur le boulevard proche, une nouvelle virée sur la plage avec baignade nous met en forme pour « affronter » l’expédition au souk !

  Mamou, c’est merveilleux ! Il faut que l’hiver prochain vous veniez ici !

Alors vous êtes contents ! Racontez !

Il y avait des montagnes de légumes, du monde, des cris, des odeurs ! Oh ! Mamou si tu savais quelle belle matinée on a passé !

Vous n’avez pas eu peur ?

Peur ? Non ! On était trop pris par le spectacle ! Papa a marchandé, tu sais il faisait semblant de trouver cher, maman se cachait pour rire ! J’ai fait plein de photos !

             Il y avait beaucoup de monde ! Un monsieur qui vendait de l’eau ! Des gâteaux, des montagnes de gâteaux dégoulinant de miel mais ….. Qu’est ce qu’ils sont bons !! Et toujours les vendeurs nous appelaient, nous disaient : bienvenue ! Regarde, juste pour le plaisir des yeux ! On a acheté des djellabas, chacun la notre, même papa, et des babouches !  

Et maintenant vous allez où ?

On descend vers Ifni, le camping est au bord de la plage, on va se  baigner, mais auparavant nous nous arrêterons à la Médina, on nous a dit qu’il fallait la voir ! Il fait très chaud mais tout va bien !

Régulièrement nous communiquions avec la famille en France pour les rassurer et prendre des nouvelles. Cette fois c’est en Amérique que nous appelons. Papou et Mamou sont bien partis eux aussi mais   nous sommes tellement excités par notre promenade que nous ne les laissons pas parler et que nous nous disputons pour leur raconter notre matinée.

Papa et maman s’emparent de l’appareil pour une conversation plus suivie et pour un compte rendu plus précis !

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 17:24

Quand la brise marine nous chassa de la baie c’est avec entrain que nous partons à la découverte de la ville. C’est notre première véritable halte, nous avons évité Marrakech où la température devait avoisiner les 45°, et ici nous allons pénétrer dans la vie marocaine. Les terrasses de café sont occupées par des touristes, nombreux à venir profiter des délices d’un soir d’été. Les magasins, tous ouverts malgré l’heure tardive, n’ont rien à envier à ceux de notre pays. Nous nous dirigeons vers le marché, lieu où selon nos parents nous allons retrouver l’authenticité du pays. J’avoue que cela ne me déplaisait pas de flâner devant les boutiques, j’étais même tenté par l’achat d’une montre qui… mais maman me prévient :

  Bien sur, elle n’est pas chère mais c’est une contre façon.

Tant  pis, personne ne le saura !

Si, toi! Et en plus tu es en infraction et risque une amende à la frontière!

Je râlais discutais:

  Je la cacherai personne n’en saura rien, les copains seront épatés.

Rien à faire les parents sont intransigeants avec la morale. C’est  le tour de Bénédicte: un sac siglé au nom d’un couturier de renom et des lunettes de soleil attirent son attention :

  Non, commença maman quand papa eut une idée :

Vous vous achetez lunettes, casquettes, sac, tee-shirt mais vous en ferez cadeau à des enfants avant de quitter le Maroc !

D’accord ! Nous espérions secrètement que la condition serait oubliée !

Notre choix fait, nous reprîmes la promenade vers le marché. Sur deux niveaux il présente les produits locaux. Les étals des poissonniers suscitent de nombreuses questions: beaucoup de poissons nous sont inconnus et selon maman à des prix très bas. A l’entrée les fleuristes proposent des compositions du plus bel effet. Papa en offre une à maman qui rougit de plaisir. Nous échangeons un clin d’œil avec Bénédicte qui ne peut s’empêcher de chantonner : « Oh les amoureux ! »

A l’étage au-dessus les effluves des épices chatouillent nos narines. Des pyramides jaune safran, ocre, rouge comme le piment aimantent maman. Elle sent, goûte, interroge. Papa est mis à contribution pour noter le nom de chaque produit choisi. Nous avons l’impression d’être dans la caverne d’Ali Baba remplie de trésors.

  Stop, décrète papa, sinon nous n’aurons plus rien à acheter au souk demain.

Maintenant je vous offre le restaurant!

Chic, on va au Mac Do!

Certainement pas, nous allons déguster un tagine !

Après une rapide consultation du guide, notre choix fait, nous hélons un taxi pour nous y conduire.

Tard dans la soirée, nous rejoignons le camping pour une nuit peuplée de rêves !

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 10:49

 

 Agadir est notre prochaine étape mais nous l’atteindrons en deux jours pour faire connaissance avec le pays. Paysages divers : cultures maraichères,  champ de blés moissonnés, puis après Marrakech traversée des derniers contreforts de  l’Atlas, le toit du Maroc.  La terre  ocre, presque rouge est  parsemée ça et là de bosquets d’arbres qui nous font penser aux oliviers. Ce sont en fait des arganiers. Ils sont, nous raconte maman l’espoir des femmes. Il faut aller voir la fabrication de l’huile tirée de ses fruits.

L'huile d'argan est en majorité fabriquée dans des "coopératives féminines d'huile d'argan".

Consultant ses notes, elle jubile : il y en a une dans la région ! Une visite s’impose ! Nous avons  assisté à toutes les étapes de la préparation ! L'huile d'argan sert à la fois en alimentaire et en cosmétique. Maman  fait provision de cet élixir qui promet de lui conserver sa beauté naturelle.  Nous reprenons la route au bord de laquelle des étalages brinquebalants supportent des bidons de récupération, emplis de cette huile. Les enfants essaient d’arrêter les touristes pour vendre la production locale.   Tout à coup un cri, un arrêt un peu brutal de papa !

Que se passe-t-il ?

Regardez !

Dans un arbre une grappe de chèvres se régale des fruits ou des feuilles de l’arganier ! Il y en a jusqu’au sommet et elles ne sont pas du tout affolées par les spectateurs ! 

Vite une photo ! Et un petit cadeau pour le berger !

 Agadir nous surprend. C’est une ville européenne, nous nous étions déjà habitués aux échoppes, véritables capharnaüms et voici qu’un hypermarché est annoncé !

  Il y a même un Mac Do m’écriai-je !

C’est l’occasion de renouveler nos provisions et de faire des achats pour la suite de l’aventure répond maman !

La visite du grand magasin nous laissa un sentiment mitigé. Aucune surprise, on pouvait se croire quelque part en France ou ailleurs. Un peu déçus, d’un commun accord, nous décidâmes de ne prendre que le superflu et d’attendre le lendemain pour s’offrir une matinée au souk.

Le camping international où nous avions programmé la soirée, nous replongea dans le réel du pays. Robinets cassés, sanitaires encombrés, poubelles débordantes de détritus, squattées par des chats affamés qui se disputent la nourriture, ce n’était pas très engageant ! Nous hésitons à faire les trente kilomètres qui nous séparent d’un lieu décent.

Considérant que notre véhicule nous assure une autonomie qui exclue le recours aux installations défectueuses nous nous installâmes dans un coin calme. Une promenade sur la plage, une séance baignade suivie d’une bronzette et d’une dégustation d’esquimaux achevèrent de rasséréner la famille.

Nous replonger dans la civilisation n’était pas si désagréable que ça !

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 16:19

 

  Dans l’immédiat il est temps de rejoindre le bivouac prévu pour la nuit. C’est une des contraintes propre aux camping caristes, trouver un lieu propice pour stationner. Heureusement pour nous la préparation du voyage nous assure des étapes soigneusement choisies. Nous allons traverser le Rif pour rejoindre la côte Atlantique.

Les maisons ont des toitures en tôle ondulée et sont entourées de figuiers de barbarie. Les rifaines ont de curieux chapeaux de paille ornés de cordelières en laine très colorées. Maman et Bénédicte demandent un arrêt pour en acheter un. Sur le bord de la route des étalages de poteries, de souvenirs  et  légumes de saison attirent l’œil . L’arrêt provoque un attroupement. Un instant décontenancée la famille hésite à se montrer mais les figures sont avenantes et l’envie importante. Dans cette partie du pays, anciennement colonisée par les espagnols, la langue française est peu pratiquée et les palabres pour se faire comprendre ajoutent à l’étrangeté de la situation. Comme souvent ce sont les enfants qui sauvent la mise. Par gestes ils montrent les objets convoités. La grappe humaine qui s’est agglutinée autour d’eux s’écarte. Un homme s’avance et au milieu de la cohue leur demande :

  Français ? Bienvenue dans notre pays, que cherchez-vous ?

Impressionnée, maman désigne les couvres chefs. L’homme négocie le prix qu’il nous annonce. Fouillant dans sa bourse maman lui tend les quelques pièces demandées tandis que papa s’informe :

  Vous parlez bien le français, avez-vous vécu en France ?

Oui, plusieurs années, où allez-vous ?

Larache, nous y passerons la nuit.

C’est une belle ville, comptez-vous visiter les ruines romaines de Lixus ?

Peut-être au retour, nous descendons vers Agadir.

Agadir, la ville des touristes !

Nous irons plus au sud, peut-être Goulimine.

Bonne chance et bon voyage !

Nous rejoignons notre véhicule enchantés par la rencontre. Bénédicte s’extasie :

Vous avez vu, ils sont gentils ! Mais ils sont sales !

En fin d’après midi nous retrouvons  l’Océan. Les ruines de Lixus, évoquée précédemment, sur la rive droite du fleuve Loukkos,  précèdent  Larache, petite ville de pêcheurs, sur l’autre rive. La zone portuaire s’étale en contrebas de la cité sur une falaise, telle la proue d’un bateau face à l’océan.

L’aire d’accueil se situe à la sortie de la bourgade. Notre première nuit ne sera pas très silencieuse! Toute la nuit des marocains de retour au pays s’arrêtent pour prendre quelques moments de repos. Ils s’interpellent, les enfants jouent, les klaxons retentissent pour appeler les retardataires à l’heure du départ. 

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