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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 16:35

Que de bouleversements cet été là !

Il fallu  toutes les grandes vacances pour nous sentir vraiment chez nous. Pendant que les parents clouaient, démontaient remontaient, Bénédicte et moi nagions, plongions. La piscine était appréciée,. Les copains partis en vacances nous retrouveraient aussi bronzés qu’eux.

 L’automne s’annonçait, prometteur d’une vie nouvelle, le vingt et unième siècle qui se profilait à l’horizon verrait l’aboutissement du projet.

Papa et maman, parfois pris de remords de nous laisser une autonomie que nous apprécions, nous proposaient des visites dans les environs.

Celle-ci est riche en vestiges archéologiques, et joignant l’utile à l’agréable, les sorties « culturelles »nous occupèrent. Visite de Roque taillade : Charlemagne est passé là avant de rejoindre Roncevaux, Uzeste, village dans lequel est né Bertrand de Goth, il deviendra  pape sous le nom de Clément V, un pape si près de chez nous ! De quoi alimenter nos conversations avec les copains. Dans son château de Villandraut aujourd’hui en ruines, c’est une visite animée par le guide qui nous a propulsé des siècles en arrière! Mieux qu’un jeu vidéo !   

 

Mes préférences allaient tout de même aux virées sur  le bassin d’Arcachon, proche. Quelques dizaines de kilomètres et les odeurs de varech emplissaient nos narines.

  Papa et si nous achetions un bateau ?

Pour explorer l’île aux oiseaux poursuivit Bénédicte, à qui j’avais fait part de mes projets !

Pas question, répondit papa, il y a beaucoup d’autres choses à financer avant de l’envisager. Mais je vous promets une après midi en canoë sur la Leyre  la semaine prochaine. Cette promenade fut un vrai régal !

 

La saison avançait, l’angoisse, le stress commençait à nous tenailler. Nouvelle école, nouveaux camarades, nouvelles habitudes, c’était le côté le moins tentant de l’aventure. Nos chambres étaient prêtes, accueillantes grâce au bon goût de maman. Incessamment le bureau allait se  couvrir de cahiers, stylos et autres instruments de travail. Mes livres s’alignaient sur les étagères, à cette époque l’ordinateur n’était pas encore là.

 La maison se chargeait de nos odeurs, nous nous adaptions à ses particularités et commencions à nous y sentir à l’aise. L’étage, sous les combles, n’avait pas encore était aménagé, il y avait, entassé dans un coin, des cartons et des malles, certains nous appartenant, d’autres abandonnés par les précédents occupants, qui n’avaient pas voulu s’encombrer de vieilleries et qui, généreusement nous les avaient laissées !

Ce rangement serait pour plus tard, aux prochaines vacances

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 15:58

Le retour fut bruyant. Nous étions « excités comme des puces » dit maman, mais je voyais bien qu’elle aussi, avait sur les lèvres un sourire épanoui qui en disait long.

Les parents essayèrent de calmer notre enthousiasme et le leur, en évoquant le financement, les problèmes d’installation.

Ca y est ! On a trouvé ! criai-je aux copains dès mon arrivée à l’école.

Où ? Où ?

Y’a une piscine, elle est grande, elle est dans les pins pas très loin de Bordeaux. Papa a dit : vingt minutes aux heures creuses !

Tu vas changer de classe ? Fred se sentait abandonné.

Vous savez, ce n’est pas encore sur, les parents réfléchissent.

 

 

Les jours suivants, nous essayâmes de deviner si les réflexions étaient ou non positives.

La maison possédait  un grenier que maman envisageait de transformer en salle de jeux, avec la piscine, on approchait de la maison idéale !

Les papis et les mamies furent consultés. Nous nous y attendions, les avis ne furent pas concordants. La différence de mentalité apparût. Les uns appréciaient la situation, les autres s’inquiétaient d’un investissement non productif qui allait nous endetter pour longtemps, répétait maman après un coup de téléphone qui n’en finissait plus. 

De nombreuses fois, papa nous emmena revoir l’objet de nos rêves.

Quelques semaines plus tard la décision était prise :

-  Vous êtes d’accord ? On l’achète !

Au fur et à mesure des visites de notre futur patrimoine, les occupants nous racontaient son histoire. Ils habitaient là depuis cinq ans et repartaient dans leur région natale ayant atteint l’âge de la retraite.

 Les précédents propriétaires en étaient les bâtisseurs et seul l’âge et l’éloignement de leurs enfants avaient motivé la vente.

Cédric, mon voisin, ne comprenait pas :

Vous achetez et vous êtes encore là ?

Il faut leur laisser le temps de déménager. Je termine l’année scolaire et à notre tour de changer de rue !

Dis donc, il faut un quatre -quatre  pour venir chez toi ? Questionna Jonathan.

Non ! Pourtant l’idée était séduisante, ce véhicule à la mode, irait très bien avec notre nouvelle vie ! J’allais la soumettre à papa !

 

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 17:30

 Nous allions jouer les aventuriers pendant un certain temps. Au fil des visites, pendant que les parents visitaient, mesuraient, examinaient et calculaient, nous faisions des parties de cache- cache dans les pièces vides qui sentaient souvent le moisi,  nous nous disputions les chambres, chacun voulant s’approprier la meilleure. Nous créions des personnages qui nous recevaient et nous distrayaient. Les escaliers en colimaçon qui conduisaient sous les toits nous tentaient mais nous avions interdiction absolue de les emprunter.

Dès que la voiture s’arrêtait devant un logement notre imagination se débridait. Avant que l’accompagnateur n’ouvre les volets, des personnages fictifs apparaissaient sur le seuil et s’avançaient pour nous accueillir. Main dans la main, complices, nous partions à la découverte.  

Après avoir en vain sillonné les bords de la Garonne, les parents élargirent leur champ d’investigation.

C’était l’hiver, la campagne était triste, humide, et nous commencions à nous lasser de ces randonnées. Le jeu avait cessé de nous plaire, nous avions épuisé les scénarios, ne restaient qu’ennui et réprimandes. Nous étions toujours là ou il ne fallait pas et jamais prêts quand le signal du départ était donné !

Pourtant les batailles de pommes de pin, les courses folles en bordure des « esteys », avaient emporté notre préférence.  L’hiver, les vignes et les pâturages offrent un spectacle de désolation, tandis que les résineux gardant leurs aiguilles,  la morte saison y est moins triste ! Et puis il y avait le Ciron ! Il serpente entre des aulnes  et le vignoble avant de rejoindre la Garonne qui le conduira jusqu’à l’océan.

Un parcours pour kayaks permet de descendre son cours. Je rêvais de franchir les rapides qui jalonnent la rivière !

On pourra faire des courses, vous viendrez chez moi ! Annonçai-je à mes copains.

Chez moi ! Je ne savais pas encore où serait ce chez moi !

.

Papa accepta les arguments de maman, la proximité de l’autoroute lui permettrait de rejoindre la préfecture dans des délais raisonnables. Il pourrait, à l’automne cueillir des champignons et peut-être chasser la palombe ! La palombe ! Ce ramier qui, chaque automne migre vers l’Afrique du Nord et se rassasie de glands avant de franchir les Pyrénées. Dès le mois de Septembre d’étranges cabanes deviennent des résidences secondaires dans la forêt. Le « mal bleue » s’abat sur la région rendant les hommes indisponibles  ! Ils se retrouvent pour guetter et chasser les oiseaux.

De temps en temps une bâtisse attirait nos regards : nichée dans une clairière elle symbolisait le rêve que nous poursuivions, hélas elle était habitée et pas à vendre !

La chance allait nous sourire. Le printemps nous gratifiait d’un soleil agréable, les oiseaux chantaient en préparant leur première nichée, nous avions rendez-vous chez des gens qui voulaient repartir dans la région parisienne. Une super affaire avait précisé notre informateur :

Ils veulent partir rapidement, allez les voir !

Dans la voiture maman entonna «  colchiques dans les prés «   que nous reprîmes tous en chœur bien que ce ne fût pas de saison, les jonquilles auraient été plus appropriées ! Papa se concentrait sur la conduite, scrutant les panneaux afin de suivre les explications  communiquées par l’agence. Entre les pins, un portail en fer forgé s’ouvrait sur une allée goudronnée bordée de rosiers et dans une clairière une demeure apparût. Un cri de joie fusa.

    -    Quelle est belle ! Youpi !  

Visiter une maison habitée est une  autre aventure.. Par timidité, par crainte de paraître indiscret, nous restions sur le seuil des pièces, n’osant pas trop observer. Les propriétaires très compréhensifs,  encourageaient notre exploration, vantaient les commodités des lieux. 

Un courant de sympathie s’installa. Ils nous invitèrent à goûter.  Pendant que les parents évoquaient les problèmes d’argent, nous pûmes prendre possession du parc.

 Dans la voiture, Lorraine s’impatientait, il fallait qu’elle donne son avis !

Aussitôt libre, elle renifla, visita les alentours et revînt vers nous, frétillant de la queue, sa façon à elle d’approuver notre choix.

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 07:19

              Organiser la prospection ne fut pas chose facile.

Changer les habitudes acquises perturba  le déroulement de nos fins de semaine. Avant, assister aux matches, recevoir des amis, rendre visite à la famille ou s’exercer à des activités de loisirs créatifs (en compagnie de maman bien sur !), ne nous laissait pas le temps de s’ennuyer. Désormais promenades et recherches !

Se promener, chercher, mais où ?

Tu fais quoi, demain, me demandait Fred, à la fin du match ?

Demain, je cherche une maison !

Veinard ! Tu m’inviteras ?

Idiot ! Bien sur !        

Définir le lieu probable de notre vie future occupa  de nombreuses soirées. Un vrai dilemme !

 Pour nous, la campagne c’est la campagne, peu importe qu’elle se trouve au nord ou au sud, à l’est ou à l’ouest ! 

 Au cours de ces discussions, l’enfance de nos parents devenait plus tangible. Eux aussi avaient été petits ! Nous le savions, sans pour cela l’avoir réalisé ! Apparus dans nos existences ensemble, adultes et engagés dans des métiers qui les passionnaient, leur jeunesse séparée prenait vie. Ils racontaient leurs jeux, leurs bêtises, leurs joies et leurs peines. Petit à petit les liens familiaux se tissaient, l’histoire, notre histoire s’inscrivait dans nos mémoires..

Parmi les personnages de notre proche entourage, il y avait les grands-parents paternels et maternels.

Les premiers, viticulteurs, propriétaires  de plusieurs hectares de vignes  dans l’Entre deux mers  nous accueillaient dans une demeure ancestrale qui portait le nom pompeux de : « Château Le Grand Redon ». Château, un bien grand mot pour désigner l’habitation, certes imposante qui, sur la colline, dominait la vallée de la Garonne. Quand à l’Entre deux mers ! Qui avait eu l’idée de nommer ainsi ces terres qui s’étendent entre Dordogne et Garonne ?

 Tous les étés, pendant une quinzaine de jours, je  courais dans le parc, grimpais sur l’aile du gros tracteur rouge, jouais à cache-cache avec les cousins, et je découvrais que bien des années auparavant, mon père occupait de la même façon ses temps libres. Mon arrière-grand-mère lui préparait des tartines luisantes de confiture qu’il dévorait avec le même appétit que le mien !

Les soirs d’été, tout comme moi, il observait les feux d’artifice qui zébraient et illuminaient le ciel. Depuis la terrasse de la maison familiale on pouvait en effet deviner une multitude de villages qui longeaient la vallée et les illuminations annonçaient leur fête annuelle.

 Papa  se voyait déjà gentleman farmer, arpentant les champs, les fins de semaine, en compagnie de Lorraine, bavardant avec les voisins de la qualité de la récolte à venir !

Le soleil couchant embrasait à l’horizon la cime des pins. De l’autre côté du fleuve Garonne qui coulait dans la vallée,  s’étendait la forêt landaise si chère à maman.

L’odeur de la résine, le murmure du vent bruissant dans les branches, le crissement des aiguilles sur le sol lui manquait.

Elle nous racontait l’histoire de ces bergers du siècle dernier, montés sur les échasses, pour éviter l’envasement, des résiniers entaillant le tronc des pins pour en extraire  la résine. Un dimanche une visite dans un écomusée nous avait fait connaître la vie de nos ancêtres.

 Ses parents, retraités de l’enseignement habitaient sur les bords de l’océan, une villa, dans une clairière d’où on entendait mugir les vagues : une vraie maison de vacances. Papou et Mamou nous semblaient jeunes, ils étaient beaucoup moins autoritaires que nos autres grands-parents, moins conformistes et acceptaient nos fantaisies sans sourciller : 68 était passé par-là. Une nostalgie de cette époque les poursuivait et l’âge de la retraite aidant, ils vivaient maintenant, un peu bohème, sillonnant le monde avec leur camping car.

Leurs visites étaient l’occasion d’entendre les récits de leur voyage, ce qu’ils faisaient de façon très agréable.

 Notre mère profita de cette liberté d’esprit : c’est sans problème qu’elle  choisit une carrière artistique. Ses racines landaises lui assuraient une stabilité rassurante. Un pèlerinage sur les lieux de vacances de  son enfance nous avait fait faire connaissance avec  nos aïeux. Ils vivaient au milieu de la forêt dans  une ferme  typique bâtie dans un airial, ces clairières entourées de chênes, au bout d’un chemin sableux. Ils cultivaient quelques arpents de terre sur lesquels poussaient du maïs, et élevaient des poules et des lapins. Un paradis pour maman, un désert pour papa!

Il estimait que la civilisation n’avait pas encore pénétré cette région et maman défendait l’authenticité de la vie. Quand le débat s’animait nous filions vers nos chambres. Nous avions peur que nos parents se disputent mais nous les retrouvions le matin heureux de commencer une nouvelle journée !

 

Bénédicte rêvait :

_   irait-elle cueillir des raisins dans  un panier de bois ou jouerait-elle à apprivoiser un chevreuil comme le Petit Prince et son renard ? 

La chienne était sereine, notre agitation ne la troublait guère, elle nous faisait confiance,  Peut-être allait-elle enfin pourchasser un lièvre.

Quand à moi, je ne savais trop que penser ! Pourquoi fallait-il changer de vie ?

Jonathan, le gardien de but de l’équipe de foot, s’inquiétait déjà de mon remplaçant !

Comment ferons-nous l’année prochaine ? Qui sera attaquant ?

Ne t’inquiète donc pas ! Au train où vont les choses, je marquerai encore des points !

Sur la carte de la Gironde,  étalée dans la salle à manger, des cercles définissaient les zones possibles, acceptables ou de dernier recours.

Papa me fit faire à l’occasion des mathématiques appliquées.

Il ne voulait pas trop s’éloigner de son travail. Calcul de distances, recherche de l’échelle, évaluation de la vitesse, aboutirent à des coloriages sur le document.  Chaque suggestion passait aussitôt le test : zone admissible ou trop éloignée ?

Les premières fins de semaine furent très agitées. Le choix de l’itinéraire du lendemain générait et entraînait des  palabres sans fin, jusqu’à ce qu’une loi soit établie : une semaine rive droite, une semaine rive gauche du fleuve, autrement dit un dimanche pour maman un dimanche pour papa !

La route François Mauriac (un écrivain  que maman affectionnait, né près de la maison des grands parents paternels), nous conduisait à travers le vignoble. Loupiac, Cadillac, les villages s’égrenaient, chargés du poids de l’histoire romaine puis médiévale. A Sainte Croix du Mont, une grotte creusée dans un mur d’huîtres fossiles nous rappelait qu’autrefois l’océan parvenait jusque là, difficile à imaginer ! Nous écoutions, comme on écoute un conte, la vie des personnages qui, au fil des jours rejoignaient ceux de nos bandes dessinées : Aliénor, Le Prince Noir, Napoléon, il faudrait plusieurs années avant qu’ils ne reprennent leur rôle dans la chronologie de l’Histoire de France !

Les camarades prenaient parti, donnaient leur avis. Le lundi, les questions fusaient :

As-tu visité le château du Prince Noir ?

Louis, passionné par le Moyen Age, était le plus curieux. Ses parents, professeurs à l’université, lui fournissaient les renseignements complémentaires à mes récits !

Le Prince Noir avait une armure noire, d’où son nom ! M’affirma t-il le lendemain.

Et Richard cœur de Lion, était le fils d’Aliénor, reine d’Angleterre ! Lui répondis-je.

Notre région était anglaise, même qu’il y a eu la guerre de cent ans pour redevenir français ! Poursuivit-il.

-   Et elle s'est terminée à Castillon la Bataille sur les bords de la Dordogne!

La cloche mettait fin à nos joutes.

 

Sur l’autre rive, l’autoroute nous éloignait rapidement de la ville, mais il fallait vite emprunter des voies secondaires pour atteindre les bourgs dans lesquels se dressaient leurs clochers rivalisant avec  les arbres de la forêt.

Des noms célèbres, des châteaux de réputation mondiale, Yquem, Sauternes, s’inscrivaient sur les panneaux de signalisation. Parfois au travers d’un portail en fer forgé, au bout d’une allée qui ressemblait à une avenue, apparaissait une maison bourgeoise. Le vin avait fait la fortune des familles propriétaires depuis des siècles. Quand on s’éloignait de quelques kilomètres, la pinède s’étalait jusqu’aux confins de l’océan. Ici aussi les leçons d’histoires ponctuaient nos sorties les vestiges du passé, nombreux, alimentaient les bavardages.      

Aller à l’aventure, questionner les gens n’était pas très productif, nous n’aboutirions à rien en pratiquant de cette façon,  il fallait trouver une autre méthode plus fiable.

Un soir, pendant le repas, la discussion s’envenima, rien de concret n’apparaissait, la quête du paradis menaçait d’être longue.

Nous n’avions jamais entendu nos parents se quereller et l’inquiétude grandissait :

Papa proposa la recherche sur Internet et maman les petites annonces sur les journaux spécialisés, la visite dans les agences immobilières qui  permettraient d’établir un programme plus constructif.

Ce travail ne nous concernait plus !

 

Depuis la terrasse de MalagarDepuis la terrasse de Malagar

Depuis la terrasse de Malagar

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 07:34

Elle avait commencé trois ans auparavant, quand nos parents nous confièrent un matin, au petit déjeuner  leur projet :

Nous allons acheter une maison !

Vivant depuis toujours dans cet appartement bordelais  c’était la surprise!

Toute la famille était réunie : Bénédicte alors âgée de sept ans, maman Patricia, papa Gilles et moi Nicolas neuf ans au moment de cette grande décision !

 

Ce n’était pas la première fois que le premier repas  de la journée donnait lieu à des discussions sur des rêves.  Il y avait eu, l’achat d’une caravane, celui d’un bateau et un tour du monde dans la foulée, l’éventualité d’un nouveau bébé ! Pendant quelques jours les conversations, alimentées par les commentaires de chacun, animaient les repas,  puis la vie reprenait son cours !

Cette fois ci la réflexion semblait sérieuse, ce n’était pas une lubie du moment : les yeux embués de sommeil, nous tartinions nos biscottes quand papa sur un ton très solennel  annonça :

-  C’est décidé, nous allons déménager !

-   Déménager ! Pourquoi ? On n’est pas bien ici ?

 

Vivre en ville n’était plus possible, selon eux rien ne valait la campagne. Ici l’air n’était plus respirable,  le bruit, la pollution, des fléaux qu’il fallait fuir, bref nous prenions des risques tous les jours. L’écologie s’insinuait dans notre existence, des souvenirs d’émissions, de reportages, remontaient à la surface.

   -   Une maison avec une cheminée ? Nous aurons l’électricité et la télévision ?

   -    Vous êtes sots, vivre à la campagne ne signifie pas remonter le temps, juste s’éloigner des embarras de la civilisation en gardant le meilleur.

La nature possédait toutes les vertus et nous allions très rapidement nous en rendre compte.

 Rapidement c’était vite dit !  Ce qui est sur c’est qu’à partir de cet instant rien ne fut plus comme avant.

Tels les mousquetaires, tous unis, nous nous précipitions dans l’aventure, bien décidés à dénicher la perle rare qui satisferait chacun d’entre nous.

  • Où se trouvait-elle ?

 

 

  Bénédicte rentre  au collège cette année. Tout le monde craque devant sa frimousse espiègle, il m’arrive d’être jaloux ! Pas très grande, blonde, frisée, elle n’est pas trop mal pour une fille !

Mais à cette époque, un palais de conte de fée, trottait dans sa tête. La comtesse de Ségur était passée par là, (oui je sais, elle n’est plus à la mode mais en fouillant dans les greniers des grands parents nous avions retrouvés les vieux livres qui avaient bercés l’enfance des parents et peut-être même des grands parents !!) Elle se voyait recevant ses amies,  organisant des goûters dans un parc, déambulant dans des pièces immenses, jouant aux petites filles modèles, la vie de château quoi !

Aujourd’hui, elle  s’enferme dans la chambre avec ses copines (elle en a beaucoup !) et on les entend pouffer de rire, et piailler toute l’après midi ! Elles essaient de ressembler à leur chanteuse préférée, écoutent les CD, lisent des magazines et rêvent de devenir stars à leur tour.

 

Maman, c’est une super maman !

Elle peint, décore des livres. Quand elle  pénètre dans son atelier, au fond du couloir, elle met un écriteau sur la porte : «  ne déranger qu’en cas d’absolue nécessité ».  J’aime beaucoup les aquarelles qu’elle fait. Elle a réalisé nos portraits, ils sont en bonne place dans le séjour, les visiteurs ne manquent pas d’apprécier la ressemblance.

A la sortie de l’école,  toujours souriante, élégante avec un rien de fantaisie, je ne vois qu’elle. Les copains m’envient : une maman artiste, ça classe !

Je crois qu’elle est l’instigatrice de l’affaire !

 Manque de place,  atmosphère bruyante, très souvent elle nous disait ses difficultés d’exercer son travail . Dès les premiers beaux jours, elle s’exilait sur les bords de la Garonne, son chevalet sous le bras et revenait le soir les joues colorées et les yeux brillants. Le port, les bateaux, les voyages inspiraient ses œuvres,  mais ses allées et venues compliquaient son activité, elle souhaitait une  autre organisation, peut-être de nouveaux lieux pour exercer sa passion. 

Papa,  on le voit moins souvent. Il part le matin après le petit déjeuner et ne rentre que le soir vers huit heures. Ingénieur dans une société qui vend des produits phytosanitaires, les copains ne comprennent pas son métier, je fais l’important mais je n’ai pas tout compris non plus !

Quelquefois il part toute la semaine en voyage d’affaires. Il va à Paris  et à l’étranger pour des séminaires.  Il nous ramène des cadeaux, nous aimons bien.

Quand maman a une idée, elle le convainc toujours, elle sait trouver les arguments qui emporteront la décision. On les adore. On a de la chance d’avoir des parents super sympas !

 Les parents de Fred, mon meilleur ami sont séparés. Quand arrive le dimanche, il calcule pour savoir dans quelle famille il va passer le week end, je ne l’envie pas du tout !

Nicolas, c’est moi, j’ai douze ans, maman dit que je suis grand et beau garçon !

Je  suis en cinquième et je ne me débrouille pas trop mal !

J’ai de nombreux amis depuis l’école primaire : Fred, Louis, Jonathan et d’autres. On joue au foot, on se retrouve à l’entraînement et pour les matches. Passionné d’informatique, complètement accro aux jeux vidéos, je frise l’over dose. Dans notre nouvelle demeure, j’ai un ordinateur dans la chambre et dès que j’ai fini mes devoirs, je surfe et je joue. Au début de l’aventure je rêvais de sports, de terrain de jeux, court de tennis ! Ma chambre était tapissée de photos : Mikaël Jordan, Yannick Noah, Tony Parker.

Je n’avais pas très envie de vivre ailleurs. J’allais perdre mes camarades de classe, du moins le croyais-je, et me retrouver seul ! L’inconnu me faisait peur.

 

 

N’oublions pas le chien, une femelle, Lorraine, elle n’a jamais vu de gibier sauvage pourtant c’est un  Korthal,  chien d’arrêt par excellence. Elle est arrivée dans la famille peu après ma naissance, et a pris une telle place qu’il semble parfois que nos parents ont trois enfants ! Aujourd’hui elle est un peu sourde, passe le plus clair de son temps à dormir mais nous accompagne partout.

Revenons à nos projets !!

quelques vues de Bordeaux
quelques vues de Bordeaux
quelques vues de Bordeaux

quelques vues de Bordeaux

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 15:41

 

 

Octobre, depuis quelques jours déjà l’école a ouvert ses portes, les vacances s’éloignent, seuls restent les souvenirs   encore bien présents.

Depuis leur retour, Les enfants attendent l’arrivée du facteur avec une impatience fébrile.

-  Tu crois qu’il nous écrira ?

-  Bien sur il l’a promis !

Impossible pour eux d’envisager qu’une promesse puisse ne pas être honorée.

Pourtant les jours passent, toujours pas de nouvelle.

 

Mercredi, un bel après-midi se prépare. Nicolas et Bénédicte ont fini leurs devoirs et cherchent une occupation. 

-    Peut-être trouverons-nous des champignons dans les sous-bois ? Les pluies récentes font fleurir l’humus disent les gens d’ici et il y a quelques talus hospitaliers pour les cèpes. La forêt a pris de belles couleurs d’automne et l’espoir d’une récolte attise leur envie de promenade.

 Un klaxon strident rompt le silence. Le chien aboie, se précipite à l’extérieur. 

-  C’est  lui ! Allons voir !

Une course effrénée conduit les enfants au bout du chemin.

La voiture jaune de la poste stationne. Arrivé le premier, l’animal saute de joie, c’est pour lui une fête d’accueillir chaque jour le visiteur! Un gâteau vient le récompenser, il a accompli son travail de gardien.

 Les mains se tendent, pour récupérer le précieux paquet.

Dans la bousculade qui  suit, les enveloppes tombent et s’éparpillent sur le sol. Des cris, des hurlements, et une exclamation:

-  Regarde! Le timbre! Elle vient de là-bas!

-  Maman! Maman! Il a écrit!

 

L’histoire continuait.

                                                 (à suivre)

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 15:21

Bonjour à tous

Des activités diverses m’ont éloignée de la tenue de mon blog ;
 Vous êtes plusieurs à avoir poursuivi vos visites, je vous en remercie !
 Aujourd’hui je reviens avec une longue histoire que je publierai en plusieurs épisodes.
Cette histoire n’est pas réelle mais inspirée de faits réels  les   personnages ont tous quelque chose de vrai !
Je vous souhaite une bonne lecture et espère vos commentaires pour m’encourager à poursuivre !

       Nicole

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 14:57
 jOLI MOI DE MAI
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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 16:48

 Etrange rencontre

La route, long ruban d’asphalte, serpente entre les dunes. Quelques dromadaires indifférents à la circulation mâchent  longuement les touffes d’épineux qui, miraculeusement ont poussé dans cette étendue aride. Le ciel est bleu, pas un souffle ne soulève les grains de sable, c’est un de ces rares jours où l’harmattan ne vient pas troubler la sérénité du paysage.  Nous quittons le goudron pour une piste, cap ouest. Chemin cahoteux, pierreux, sableux, nous sommes au pays des Sarahouis, nomades depuis toujours, nous apercevons des tentes couleur de sable qui abritent les familles. Des troupeaux de chèvres paissent autour des campements.
Que faisons-nous ici?
Une heure plus tard une brise fraîche apporte des odeurs marines. Devant nous l'Atlantique bordé par une plage  à perte de vue, un endroit idéal pour la pêche. L'immensité de la mer et celle du désert donnent à cette promenade un sentiment de liberté absolu! Deux humains perdus dans le Sahara!!  
Seuls? Nous avions oublié qu'ici nous ne sommes jamais seuls! Venu de nulle part, un homme s'avance. Visage buriné, ocre comme la terre dont il semble issu. Nous sommes habitués à ces rencontres avec des loqueteux qui échangent leurs connaissances des lieux contre quelques cigarettes. Une surprise nous attend! Dans un français irréprochable il nous aborde poliment. Vêtu à l'européenne  de hardes propres,  qui doivent avoir une longue vie, il a une bonne allure. Cette "apparition" n'a pas fini de nous surprendre! Grand, d'âge mur il s'inquiète de notre provenance. La France? il connait! Il y a vécu dans une autre époque, nous dit-il. Mon mari prépare son matériel de pêche, lui me demande s'il peut rester un moment avec moi pour bavarder. Très vite la conversation prend un tour ... étonnant. Si la philosophie est la recherche de la sagesse, j'ai croisé un philosophe!
 Il est  étrange  de réfléchir sur le monde et l'existence humaine, de méditer sur le bonheur avec un parfait inconnu rencontré par hasard dans un lieu inhospitalier  pour le genre humain !  
 Est-ce le  paysage d'une exceptionnelle beauté qui incite à s'interroger sur les valeurs essentielles de la vie?  
Vivre ici, pourquoi? Comment? Depuis quand? Où?
Toutes ces questions je ne les poserai pas, par discrétion, pour respecter son choix de dire ou de ne pas dire.  
Lui raconte: les Sarahouis, le nomadisme, la liberté et ses contraintes: le besoin d'eau, de manger, de se protéger des intempéries. Comment a-t-il résolu tout cela?
Il me demande de l'accompagner, oh! pas loin, juste contre la falaise pour découvrir le "secret" : une source d'eau douce! Il ne l'a pas découverte, elle est connue de tous et même des chèvres qui viennent s'y abreuver. "Ce qui embellit le désert c'est qu'il cache un puits quelque part."  Le petit prince.
Pour la nourriture il y a les poissons, il pose un filet à marée basse et le relève à la marée suivante. Il ne me dira pas les contraintes de ce travail mais je sais qu'il faut entrer dans l'eau jusqu'à mi poitrine pour poser et retirer le dit filet et ceci par tous les temps! Dur labeur dont il tire quelques revenus. Récolte dont il se régale:
-   Quoi de plus satisfaisant que de faire griller la pêche du jour sur un feu de bois, sur une plage, face à l'Amérique? Me dit-il en souriant! Et il y a les coquillages! ajoute-t-il!
Retour à la nature, écologie, bonheur simple, est-il vraiment sincère quand il me raconte tout celà?    
Son lieu de vie? Nous l'y accompagnerons plus tard à la suite d'une invitation à prendre le thé. Une cabane, faite de matériaux de récupération: palettes, toiles, branchages, pierres, un banc au soleil sur lequel nous nous asseyons. Comme réchaud, un kanoun, poterie en terre cuite utilisée comme braséro pour la cuisson au charbon de bois sur lequel il pose la bouilloire. A côté un véhicule qui n'a plus d'âge! Mais nous dit-il, elle roule et me permet d'aller chercher des provisions, légumes, boissons qui ne se trouvent pas dans le sable!
Qui est-il? Pourquoi ce choix de vie? Nous ne le saurons pas! Pendant nos bavardages il est resté  très pudique sur sa vie n'abordant que des thèmes généraux sur l'amour , la beauté et la vanité des biens matériels.  
Il a évoqué Saint Exupéry qui au début du XX° siècle était à Cap Juby, aujourd'hui Tarfaya à quelques kilomètres d'ici. Je sais qu'un musée lui est consacré dans cette  ville  mais .... combien d'autochtones connaissent son nom ?
Assis sur la grêve, nos pensées errent librement. Il rompt le silence en me demandant nos signes astrologiques: scorpion pour mon époux, balance pour moi.
-   Tu as de la chance, mais tu dois être prudente et tolérante! Ta vie sera belle!
Si je m'attendais à "un diseur de bonne aventure"! Cette journée est pleine de surprise!
 La partie de pêche est calme, comme la mer dont les vagues viennent lécher le sable. Nous ne ramènerons pas de poissons. un thé, un au revoir et nous rejoignons la civilisation. Avons-nous rêvé cette rencontre? Etait-ce un mirage auquel nous avons cru comme beaucoup de voyageurs du désert?
Nous sommes revenus sur cette plage l'année suivante mais ... plus de cabane, plus d'apparition, et ... pas de poissons non plus!!


« La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu'elle nous résiste. L'homme se découvre quand il se mesure avec l'obstacle.  »
de Antoine de Saint-Exupéry
Extrait de Terre des hommes

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 07:40

A vous tous qui passait par ici je souhaite une bonne année!

   Je vous présente mes meilleurs voeux de santé, bonheur pour 2014!

                                             Nicole

Bonne Anne 2014
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