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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 15:35

 

 Cafouille la sorcière

 

 Des sorcières, il y en a de toutes sortes :

des méchantes, des laides, des monstrueuses,

des maléfiques, des vieilles

et même des jeunes qui vont à l’école des sorcières

apprendre leur métier.

A l’école des sorcières,

il y a des petites sorcières, très coquettes, très jolies

pas encore très méchantes, juste un peu….

coquines, énervantes, agaçantes,

quelquefois même un peu pestes,

enfin des apprenties sorcières…

A l’école des sorcières, c’est l’heure des vacances,

c’est le moment pour elles d’aller dans le monde

exercer leurs pouvoirs.

Toutes les destinations sont possibles,

pas de problèmes de transport,

elles enfourchent leur balai,

la formule magique et hop !

A peine parties les voilà déjà arrivées

sur le lieu de leurs vacances !

Pas d’embouteillage,

pas de risque d’accidents sur les routes, le bonheur !

Les unes après les autres,

elles choisissent leur destination :

moi l’Espagne, pour moi la montagne,

pour moi le Pôle Nord, et pour moi l’Amérique…

Seule dans un coin,

une petite sorcière ne dit rien, timide,

elle n’ose parler,

elle prendra ce qui restera.

Son nom, Cafouille, Cafouille la timide !

Elle voudrait bien donner son avis, prendre la parole,

mais quand elle commence, elle bafouille, elle bégaie,

les autres parlent fort,

personne ne prend le temps de l’écouter.

Tout à coup elle entend :

  • Qui veut aller dans le Sahara ?
  • C’est où  demande quelqu’un ?
  • C’est le désert, c’est pour Cafouille,
  • elle n’aura pas peur, il n’y a personne.

Cafouille murmure :

-   D’accord ! Oui, je veux bien y aller, mais….

Elle ne peut continuer,

on est passé à une autre destination.

Pourtant, se dit-elle,

pourquoi aller dans le désert s’il n’y a personne !

A-t-on besoin d’une sorcière dans le désert ?

-   Alors Cafouille ! Tu pars quand ? Tu dors !

 

Elle attrape son balai, patatrac ! 

Elle se prend les pieds dedans et tombe sur les fesses !

Un autre essai, elle se cogne le front,

tout le monde rit et se moque.

Cafouille devient toute rouge,

elle voudrait rentrer sous terre,

elle voudrait que personne ne la voie !

Oh ! Oui ! Elle sera bien dans le désert, toute seule,

personne pour ricaner dans son dos, personne pour crier :

« Cafouille la Timide, Cafouille qui bafouille. »

Allez, un effort Cafouille, je lève la jambe droite, je m’assois et…

.Ah ! La formule magique, j’allais oublier !

Quelle est donc cette formule qui va m’expédier dans le désert !

Le maître lui tend un papier sur lequel est écrit :

Chafouri, Chafoura !

Ton balai enfourcheras

Chafouri, Chafoura

Au désert t’emmèneras!

 

Un grand souffle chaud, le sable vole et le balai se plante dans le sable au sommet d’une dune.

Un peu étourdie, Cafouille roule, roule, roule,

elle est au pied de la dune et son balai est resté en haut !

Vite, il faut remonter le chercher !

Mais non suis-je sotte  !

Je suis une sorcière je connais les formules magiques voyons !

Chafouri, Chafoura

Le balai m’apporteras

Chafouri, Chafoura

Le balai sera là !

Plusieurs essais, puis miracle ! Le balai est là !

Elle bat des mains, ça y est, je suis une vraie sorcière, personne n’a ri !

Personne, personne, bien sur, il n’y a personne ! Mais alors que vais-je faire ?

Chafouri, Chafoura

Qui viendra ?

Chafouri, Chafoura

Qui m’accompagnera ?

 

Moi ! Moi ! Entend-elle autour d’elle !

Mais, mais, mais…Il y a du monde ! pourtant le désert, c’est le désert !

Elle se retourne et voit : un dromadaire, un fennec, une gazelle, à ses pieds un lézard…

Bonjour, je suis  Dromadaire le mâchouilleur,

moi je suis  Fennec le rusé

et moi Gazelle l’acrobate,

et moi Lézard longue langue,

que viens-tu faire ?

Je suis sorcière, j’ai appris les tours de magie et je viens les expérimenter !

Ouf ! Je l’ai dit, et sans bafouiller, pense t-elle.

Des tours de magie ? Quésako ? Demande l’animal à bosse.

A quoi sert la magie ? Ca se mange ? Ca se boit ?

Euh ! Non ! Mais c’est très utile, je dirais même indispensable.

Ah ! Bon ! Dit le renard, montre-nous !

Bien, je vais te transformer en, en, en poisson !

Chafouri, Chafoura

Un poisson deviendras,

Chafouri, Chafoura

Un poisson   tu seras !

 

Et le fennec … devenu petit poisson, ouvre et ferme la bouche.

De l’eau ! De l’eau ! Vite de l’eau !

Cafouille s’affole, que faire ? La formule, la formule !

Chafouri, Chafoura

Redeviens, redeviens,

Chafouri, Chafoura

Ce que tu étais, tu redeviens !

 

Ouf ! Revoilà le renard.

Tu parles d’un tour de magie ! J’ai failli y laisser la vie !

Mais j’en ai d’autres, j’en ai d’autres !

Cafouille s’affole , elle ne veut pas perdre si vite ses nouveaux amis.

Elle n’est pas mauvaise, Cafouille,

elle fait partie des sorcières gentilles !

Elle réfléchit,  réfléchit, que pourrait-elle faire ?

Si tu es une vraie sorcière, dit le lézard,

fait venir la pluie,

ici, il n’y a que cela de vraiment indispensable.

La pluie, la pluie, on a bien du lui donner la formule magique à l’école,

voyons, cherchons, mais oui !

L’autre jour, une sorcière a fait tomber une averse le jour du grand pique-nique !

Tout le monde s’enfuyait en courant, elle ricanait,

elle avait même déclenché une vraie tempête,

les parasols volaient, les nappes s’enroulaient autour des arbres,

elle, elle applaudissait à ce chari- vari !

La formule, vite, où est-elle ?

Peut-être :

Chafouri, Chafoura

Le vent soufflera

                        Chafouri, Chafoura

               Les nuages, tu emmèneras !

Une tornade de sable se lève !

Ah ! Non ! Crient les animaux, ici pas de vent s’il te plait !

Essayons autre chose :

Chafouri, Chafoura,

Gouttes, gouttelettes !

Chafouri, Chafoura,

Des gouttes sur nos têtes !

 

Et quelques gouttes : Flic ! Floc ! Tombent sur le sol !

Pas mal, pas mal, mais insuffisant… Faut mieux faire…..

Elle se croit revenu à l’école, peut mieux faire !

Un effort, elle va bien y arriver !

Chafouri, Chafoura,

                       La pluie appelleras

Chafouri, Chafoura,

La pluie viendra !

 

Un grand silence, tous attendent,

un nuage gris apparaît, un autre, un autre

et une pluie fine  vient les rafraîchir.

Le dromadaire, le fennec, la gazelle et même le lézard,

tous approchent d’une flaque d’eau

et viennent se désaltérer.

Chafouri, Chafoura,

Avec nous, elle est,

Chafouri, Chafoura,

                                          Avec nous, elle restera !

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 21:31

 

Aujourd'hui je vous offre un conte inspiré par la région. J'espère que vous l'apprécierez!

 

L’oiseau tonnerre

 

 Elle s’appelle  Amina, gardienne des chèvres de la tribu elle connaît tous les chemins, tous les sentiers sur le grand plateau de pierres blanches qui s’étend jusqu’à l’horizon. Elle avance et sautille sur les cailloux brisés, coupants dans cette étendue où il n’y a ni arbre, ni herbe.  Elle sait conduire son troupeau vers les cuvettes qui retiennent l’eau, là où la verdure perdure. Mais cette année la pluie n’est pas venue. Depuis de longs mois on l’attend, on l’espère, on prie le Dieu de l’envoyer et on scrute le ciel. Viendront-ils ces gros nuages noirs qui ramèneraient le sourire sur les visages des adultes ?

 

 Parfois quand le soleil darde ses rayons, elle se réfugie dans un creux de rocher et, retrouvant des gestes ancestraux, elle grave des signes sur la paroi calcaire. Elle est fille du désert ! Elle en connaît les pièges et les dangers : le scorpion qui dresse la queue dès qu’on le débusque prêt à piquer l’intrus.  Elle craint par dessous tout le vent, celui qui vient de l’est , précédé par les vols de libellules qui, chassées de leurs oasis, volent vers l’océan qui mugit au loin. Cette nuit Amina a entendu son souffle, elle a senti la toile de tente se gonfler comme la voile du bateau. Mais au lever du soleil seule une brise légère subsistait, l’astre s’est élevé dans le ciel bleu. Pourtant ce calme est suspect, cette immobilité anormale, comme si la nature en apnée attendait avant de reprendre sa respiration. Les animaux sont nerveux. En apparence indifférent aux signes, chaque membre de la famille a repris son activité. Vers midi quelques insectes ont tournoyé, la brise s’est amplifiée  et a changé de sens. Venue du nord, elle est arrivée du levant apportant la chaleur. Vite on a mis de l’ordre, rangé le matériel, consolidé les amarres, fermé les bêtes dans l’enclos protégé, mais rien n’est venu. Au crépuscule le vent a, à nouveau, changé de sens, et le soleil s’est couché derrière des nuées sombres. Puis l’orage a grondé. L’oiseau tonnerre a faim a pensé Amina !

 

Elle garde en mémoire la légende que lui a racontée sa grand mère un soir d’orage où la peur l’avait précipitée dans les bras de son aïeule. L’oiseau tonnerre est un oiseau géant qui vit dans un gros nuage noir , loin, très loin vers l’ouest. Quand la faim le taraude il s’envole et part chasser la gazelle ou le fennec. En survolant la terre le battement de ses ailes immenses produit un grondement, son souffle puissant déclenche une tornade et la foudre jaillit des éclairs de ses yeux. Quand il est rassasié, bien repu, il regagne son nid et le calme revient. La peur fait éclater les cumulus et la pluie bienfaitrice arrose le désert.

 

L’oiseau tonnerre, Amina l’espère mais elle tremble quand la lumière des éclairs éclabousse le plateau.

 

Soudain la pluie vient, c’est toujours la nuit que vient la pluie. Les grosses gouttes tombent et crépitent sur la khaïma. L’eau ruisselle sur les collines et l’averse rebondit sur le sol et se mêle à la poussière faisant naître une bonne odeur de terre mouillée. Les femmes s’activent plaçant des récipients pour recueillir l’eau du ciel, les hommes font déjà le projet d’ensemencer les champs. Amina est heureuse, demain sera jour de bain !

La tribu s’endort bercée par une douce musique. Il pleut toute la nuit et à l’aube le soleil se lève dans un ciel tout bleu et vide de nuages.

L’oiseau tonnerre a réconcilié les hommes et la nature.

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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 10:19
Je vous offre aujourd’hui un conte du Burkina Fasso
 
L’éléphant, le chef des animaux, donna un jour l’ordre à tous les animaux de se rendre 
auprès de lui…
Tous sinon se serait la guerre.
Tous obéirent…c’était le chef.
Chacun prépara ses paquets, ses provisions pour le voyage et se mit en route…
Bientôt les voilà tous devant l’éléphant.
Les uns arrivant un peu plus tôt les autres un peu plus tard, mais tous…enfin presque.
L’éléphant fit l’appel, et chacun de répondre : je suis ici !
Tous sauf l’escargot.
L’éléphant appela : ESCARGOT
Personne ne répondit
Trois fois l’escargot ne put répondre, l’escargot n’était pas là…
La réunion commença sans lui. L’éléphant présidait cette assemblée
Tout était bientôt terminé, lorsque les animaux qui étaient tout au fond de la cour 
se mirent à crier :
Voilà l’escargot, voilà l’escargot !
Le pauvre animal s’approcha, tout honteux, tout tremblant, il redoutait la colère de l’éléphant, 
mais comment pouvait-il faire ?
Il n’était pas de taille à lutter contre lui.
-         D’où viens-tu lui demanda l’éléphant ?
-         De mon village !
-         Et pourquoi arrives-tu si tard ? N’as-tu pas reçu mon ordre ?
-         Je l’ai bien reçu, grand chef éléphant, je l’ai reçu… 
et je me suis mis en route aussitôt mais le chemin est long ,
 tu ne m’as donné qu’un pied pour marcher, 
souvent les branches entraient dans mes yeux, cela me retardait, 
et puis je redoute le froid, la pluie me donne la fièvre !
-         Alors pour arriver chez toi en bonne santé 
je suis retourné chercher ma case et je l’ai transporté avec moi !
-         Voilà chef éléphant ce qui m’a retardé !
-         Voilà pourquoi j’arrive si tard !
L’éléphant se mit à rire, il rit beaucoup !
Il rit longtemps !
 
Tous les animaux qui avaient eu très peur pour l’escargot se mirent à rire
 
Puis l’éléphant dit :
-         Tu as bien parlé ESCARGOT ? 
désormais tu auras des yeux au bout de tes cornes, 
ainsi les branches des arbres ne pourront plus te frapper, 
et pour te punir d’être arriver en retard, 
désormais tu porteras ta maison sur ton dos…
 Et c’est depuis ce temps là 
que l’escargot a des yeux au bout de ses cornes 
et qu’il porte sa maison sur son dos !
 
Mais ce n’est pas une bien grande punition !
 
 
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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 15:11
En bordure du Niger il est une ville dont le nom fait rêver : 
Tombouctou la mystérieuse. On raconte qu’ici, il y a bien longtemps 
les nomades avait confié, la garde d’un puits à une vieille femme nommée 
Bouctou. Venues du Sud, chargées d’or, venues du nord, lestées 
de plaques de sel, les caravanes y échangeaient leur cargaison. 
Ainsi se développa une cité marchande connue bien au-delà des 
frontières du Sahara. Depuis ces temps lointains, deux fois par an, 
aux abords de la fabuleuse cité s’organise  l’azalaï : 800 kilomètres 
de marche pour joindre Taouedeni, où dans l’ancien lac asséché, 
les mineurs extraient l’or blanc.
Aujourd’hui, pour la première fois, Sofiane accompagne les hommes 
dans cette aventure. Les dromadaires, ici on dit les chameaux, 
sont bâtés. Tôt le matin, c’est le grand départ. Il faut avancer avant que 
les rayons de soleil ne viennent ralentir le rythme de la marche. 
Vingt jours pour traverser la hamada, plateau rocheux, et les vastes 
étendues de de sable. Le soir, au bivouac, quelques brindilles arrachées 
aux touffes de buisson permettent d’allumer le feu qui fera chanter l’eau 
dans la théière. Sofiane participe aux travaux, la fatigue ne se fait pas 
encore sentir, pile le mil pour confectionner les galettes, les dokhns, il est 
heureux, cette expédition est vitale pour la survie du groupe. Les dunes se dressent devant eux et leur franchissement n’est pas toujours facile. 
Le jeune homme songe aux épopées anciennes, aux risques qu’ils 
encourent.
 
Ce matin une atmosphère étrange règne sur le groupe, un nuage ocre 
apparaît à l’horizon: dans quelques heures le sirocco soufflera. Le vent 
chaud, venu de l’orient qui dessèche tout sur son passage, ne les 
épargnera pas. Il est temps de rajuster son chèche, de s’envelopper 
dans sa djellaba et de maintenir fermement la longe qui le relie au chameau. 
Déjà la poussière vole à la surface du sol, les bêtes sont nerveuses et 
ralentissent la marche. Aucune paroi rocheuse dans les environs pour se 
protéger, la colonne doit progresser contre le fléau et rejoindre au plus 
vite la prochaine halte. Sofiane connait les dangers du vent : il efface 
les traces, on ne retrouve plus les jalons. Ali, son père dirige la caravane, il s’approche et le réconforte :
-          Ne crains rien, derrière le cordon de dunes nous pourrons nous mettre à l’abri 
et organiser le bivouac.  
Après quelques heures de marche les voici enfin sur le lieu choisi pour 
la nuit. Entraver les animaux afin qu’ils ne s’enfuient pas affolés par la 
tempête, 
piler le mil et préparer les galettes, allumer le feu, ce soir toutes 
ces tâches répétitives sont accomplies lentement, la lassitude et la fatigue 
marquent les visages. 
Le repos est nécessaire, il faudrait dormir, pourtant Sofiane roulé dans sa 
couverture, observe le ciel. Le vent s’est calmé, là-haut brille l’étoile 
qui la nuit, leur sert de guide, saura-t-il un jour se fier à elle pour conduire 
à son tour la tribu vers la mine ?
-          Sofiane ! Près de lui se tient une vieille femme.
-           Qui es-tu ?
-          Je suis Bouctou, la gardienne du puits et depuis des lunes et des lunes 
la protectrice de 
ton clan.  Les tiens m’ont protégée autrefois, aujourd’hui c’est à moi de vous aider. Demain, quand la tempête soufflera à nouveau, quand les signes qui servent 
de repères auront disparu, aie confiance en moi, et je vous guiderai.
-          Mais comment … Sofiane éberlué se frotte les yeux, personne, la vieille femme a disparu ! 
A-t-il rêvé ? Un rayon de lune fait scintiller un caillou blanc sur le sol, Sofiane 
le prend entre ses mains, il le caresse longuement, ses yeux se ferment, il plonge 
dans un profond sommeil réparateur.
Aux premières lueurs de l’aube, la caravane reprend la piste.
-          Âw ! Âw ! Tu peux avancer !  
Crie le chamelier d’une voix gutturale. Déjà la poussière vole, les grains 
de sable piquent les visages, la journée s’annonce périlleuse, Sofiane 
s’est rapproché d’Ali, il le sent tendu, fatigué, c’est un vieil homme, 
un chibani disent les nomades avec respect. Longtemps il a conduit 
l’azalai, et avant lui son père, son grand père et son arrière grand père, 
mais aujourd’hui, devant les éléments déchaînés, il est inquiet.
-          Akaaba ! crie l’homme de tête, je ne vois plus les signes !
Sofiane, anxieux, presse la pierre qu’il a glissée dans sa poche. 
Là-bas, à l’horizon, il entrevoit le creux entre les dunes qui, tel un col, leur
 permettra de franchir l’erg. C’est la « passe » qu’ils cherchaient. Ses compagnons vont-ils le croire ? N’est-il pas victime d’un mirage, le péril qui guette le voyageur inexpérimenté
 ?
-          Père ! Père ! Regarde ! Il tend le bras et la pierre étincelle au soleil.
Le vieillard a compris, le temps est venu pour lui de se reposer, ce sera son dernier voyage et son fils continuera la tradition.  
-          Aie confiance en moi ! Lui a dit Bouctou, il sait qu’elle est près de lui, il doit 
convaincre les autres. La chose est difficile, la discussion s’anime, les propositions divergent, il s’avance et d’une voix ferme qu’il ne reconnait pas lui-même il indique 
la voie.
-          Tout droit ! Vite il nous faut traverser avant que le vent ne reprenne de la vigueur !
En silence, la colonne s’ébranle. Sofiane puise sa force dans le talisman 
donné par Bouctou.
-          Aie confiance en moi ! A-t-elle dit.
Sans encombre la caravane chemine, les dunes semblent s’écarter, 
et l’ouragan se calme. Le soir au campement, le père appelle le fils :
-          Souviens-toi, il ne faut jamais douter !
Bientôt ils échangeront le mil contre les lourdes plaques de sel et reprendront 
le chemin du retour.
Dans quelques semaines, à Tombouctou la mythique, des danses et des cris 
de joie fêteront les hommes et les animaux qui ont survécu au désert aride. 
Ils s’inclineront devant Sofiane.
-          Aie confiance en moi !  Et dans sa main brille le galet blanc.
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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 18:20
Il était une fois une petite graine ,
une petite graine toute ronde, toute verte,
 une petite graine somme toute bien ordinaire !
 Pas de quoi en faire une histoire,
 sauf que……
Cette graine était tombée sur une feuille…
 un grand coup de vent l’emporta loin d’ici,
dans le nid d’un oiseau !
 une petite graine dans le nid d’un oiseau , rien d’extraordinaire ?
 pas de quoi…. ,
 sauf que….
En s’agitant dans le nid , les oisillons firent tomber la graine
qui s’envola vers …
un panier de pique-nique posé là,
 par une famille venue passer la journée en forêt.
Une graine dans un panier,
rien d’extraordinaire,
 pas de quoi…….,
 sauf que……..
La graine, toute petite , toute ronde, toute verte,
atterrit, le soir, dans une valise,
en partance pour ….New York !!!
Après un voyage en avion,
dont elle ne vit pas grand chose,
sauf que….
Elle fut secouée, retournée, puis transportée
et enfin sa prison s’ouvrit .
 Elle se cacha dans un coin.
Toutes les petites graines aiment se cacher…..
Rien de bien ……
Le bagage fut agité par la fenêtre d’un gratte- ciel
et à nouveau le grand voyage !!!!
 
Extraordinaire, cette aventure !!
Peut-être bien qu’on pourrait en faire une histoire !!
 
Après avoir tournoyée dans le ciel Américain,
elle se posa dans un parc au milieu d’un jardin .
Là, elle prit le temps de germer,
 profitant des soins accordés aux fleurs !
 
Et voilà comment une petite graine,
 bien ordinaire, se fit une nouvelle vie en Amérique !
une vie bien ordinaire,
 pas de quoi en faire toute une histoire…..
bien que…..
 
 
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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 18:19
 
 Il était une fois un dromadaire et un âne.
Un dromadaire, bien bossu, mâchouillait en bordure du désert.
Quelques touffes de buissons épineux lui servaient de repas.
Un âne, non loin de là, avançait pas à pas.
 Un âne tout triste, errant parmi les cailloux,
à la recherche d'un bien improbable festin.
De temps en temps, le dromadaire levait la tête,
humait l'air et regardait au loin.
L'âne, lui aussi, s'arrêtait, se battait les flancs avec sa queue pour chasser les mouches,
et restait, immobile, les yeux à demi fermés.
L'un s'était éloigné de ses compagnons dans sa quête de nourriture,
l'autre attendait, résigné, qu'on le bâte
et le charge pour rejoindre le village.
Passe par-là, un petit renard des sables,
un fennec rusé et curieux.
Il se plante devant le dromadaire et lui demande :
-         Que fais-tu là chameau ?
-         Je ne suis pas un chameau, je suis un dromadaire,
-          n'as-tu point vu mon unique bosse ?
-         Ne sois pas susceptible, ami, quels sont tes projets ?
-         Projet ? Qu'est-ce qu'un projet ?
-         N'as-tu point idée de ce que tu vas faire
-         lorsque tu auras fini de mâchonner ce buisson ?
-         Que veux-tu donc que je fasse ?
-         J'avancerai et je mâchonnerai la prochaine touffe !
-         Tu ne sais rien faire d'autre que mâchonner,
-         mâchonner, toujours mâchonner ?
-         Bien sur que si animal curieux,
-         ne sais -tu pas qu'on m'appelle le vaisseau du désert,
-         que je traverse cette immensité de dunes et de rochers
-         pour rendre service aux hommes
-         et transporter les plaques de sel qui leurs sont nécessaires ?
-         Ah ! Dit l'animal songeur,
-         et les hommes, que te donnent-ils en échange ?
-         En échange, en échange, quel échange ?
-          Les hommes, je les transporte sur mon dos
-         ou bien ils cheminent à côté de moi.
-         Le soir, au point d'eau, quand il y en a un,
-         ils me donnent à boire, mais je suis sobre,
-         c'est pour cela que je suis le meilleur pour vivre ici !
Drôle d'animal pensa le fennec, moi les hommes je les fuis !
Il continua son chemin et s'assit sur son arrière train devant l'âne.
-         Bonjour ! Qui es-tu animal aux longues oreilles ?
-         Je suis l'âne, on m'appelle aussi le baudet !
-         N'est-ce pas de toi que l'on dit « têtu comme un âne » ?
-         On le dit !
-         Que fais-tu ? Qu'attends-tu ?
-         Moi j'attends l'homme, qui coupe de l'herbe dans le champ,
-          il la chargera sur mon dos, s'assoira lui-aussi,
-          et nous rentrerons au village.
-         Toi aussi, tu travailles pour l'homme ?
-         Que te donne-t-il ?
-         Que veux-tu qu'il me donne ?
-         Un sac d'avoine, quand la récolte est bonne,
-         un quignon de pain dur,
-         et quelques coups de pieds pour que j'avance plus vite !
-         Pourquoi l'attends-tu ?
Viens avec moi ! Tu seras libre !
-         Libre, et que ferai-je ?
-         Viens te dis-je, tu verras?.
L'animal, pas si bête qu'on veut bien le dire,
réfléchit un instant : qu'avait-il donc à perdre ?
Sa vie, monotone, ne lui donnait pas à espérer des jours meilleurs !
-         D'accord, dit-il en relevant la tête et dressant ses oreilles, je te suis !
Cette décision fut accompagnée d'une belle ruade.
Et l'on vit partir cet étrange couple.
Ils s'arrêtèrent devant le dromadaire qui ...mâchonnait un buisson.
-         Viens-tu avec nous, animal orgueilleux ?
La bête les toisa du haut de ses deux mètres :
-         Merci, bonne route, le désert est grand,
-         comment ferez-vous pour trouver les points d'eau ?
-         Nous nous débrouillerons, dit l'âne, qui avait pris de l'aplomb !
Ils cheminèrent ainsi quelques heures.
 Le soleil, encore haut dans le ciel, brûlait leur pelage.
-         Où trouver de l'ombre, dans ce paysage ?
-         Qu'allons -nous manger ?
-         Se lamentait l'âne, qui ne trouvait même pas un détritus
-         dans ces lieux désertés par les hommes.
-         Il me faudrait trouver une gerboise, dit le fennec, nous partagerions.
-         Mais je ne suis pas carnivore !
Il me faut de l'herbe !
-         De l'herbe dans le désert !
Tu rêves !
-         Alors je retourne chez les hommes,
-          répondit-il en reprenant sa mine résignée.
-         Il doit bien y avoir une solution dit la bête sauvage
-         qui avait l'habitude de ne compter que sur elle.
-         Regarde, s'écrie l'âne, de l'eau, la mer !
-         Mais non, ignorant, c'est un mirage !
-         Il ne l'écouta point et s'élança vers ce qu'il croyait être de l'eau.
Hélas ! Le fennec avait raison,
 plus il avançait, plus la mer s'éloignait.
Cependant, le fennec avait aperçu, au loin, une caravane.
-         Viens, dit-il à son compagnon,
-          nous allons les suivre et ce soir au campement, il y aura festin !
Ainsi firent-ils, se tenant à distance respectable,
 ils suivirent la caravane.
A la nuit tombée, ils se glissèrent près du bivouac.
 Quelques fanes de légumes,
des reliefs de repas leur permirent de se restaurer.
-         Que faites-vous, demanda une voix nasillarde près d'eux ?
C'était le dromadaire qui menait la caravane.
-         Tu le vois, dit l'âne, nous nous débrouillons !
Le dromadaire blatéra, blatéra...
-         Que grommelles-tu encore ?
-         Vous me semblez bien inconscients tous les deux,
-         vous voulez fuir les hommes et vous voilà faisant leurs poubelles !
-         Nous les utilisons comme ils nous ont utilisés !
-         Bien sur et demain que ferez-vous ?
-         Oh ! Demain est un autre jour,
-         nous allons dormir, bailla l'âne.
 
 
                                                                  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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