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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 11:12

Comment naissent les légendes…

La civilisation arabe est riche de légendes souvent transmises oralement. Les conteurs, sur les places des grandes villes, savent faire vivre leur histoire en y ajoutant les détails qui font d’une anecdote souvent réelle un vrai conte.

Recueillir ces tranches de vie, en chercher l’origine et en écouter le récit est un vrai plaisir.

Un ami m’a fait part d’une aventure dont deux de ses amis avaient été les protagonistes. Je vous la confie et si vos pas vous conduisent vers le sud, vous connaîtrez l’origine du : Monstre du Fatma !

 

Fatma1

 

  La route vers le sud longe l’Atlantique sur une vaste terrasse dominant l’océan avec des à-pics de 10 à 30 mètres. Ici la dureté désert est atténuée par la frange littorale. Le plateau rocailleux est soudain entaillé par le lit d’un oued. Venu des lointaines montagnes de l’Atlas, il poursuit sa quête vers la mer. Le flux et le reflux érigent souvent une barrière de sable coupant le fleuve de son but ultime. Il s’étale et la lagune ainsi formée devient paradis pour les oiseaux marins. Flamants roses et hérons fouillent les vasières. Goélands et mouettes se reposent sur le sable.

Fatma3

Le Ma Fatma est l’une de ces rivières. Sur l’esplanade qui domine son embouchure les pêcheurs ont établi leur campement. Un balcon sur l’océan permet à ces passionnés d’exercer leur art avec une vue magnifique sur l’immensité bleutée. A marée basse les plus courageux vont déranger les oiseaux et remplissent leurs bourriches de tellines. Sur les flancs de la falaise les vagues, par leurs assauts répétés, ont creusé  des grottes. Dans l’une d’elles, vestiges d’une autre époque, un crocodile fossilisé apparait sur la paroi ;

Quand l’amplitude des marées est très grande, moules et bulots qui se réfugient ou s-installent dans les anfractuosités peuvent être délogés par les plus aventureux.

Les autochtones descendent avec une échelle de corde et récoltent les pouces-pieds. Leur vente assurera quelques gains mais le risque de chute et de noyade est grand.Fatma6

 

 

Ce matin Ahmed et Michel empruntent le sentier escarpé, entre les buissons épineux. Ils ont consulté l’annuaire des marées et  disposent de suffisamment de temps pour ramener une bonne provision de coquillages. Munis de couteaux ils détachent les plus grosses pièces et recueillent les bulots qui errent sur les rochers. L’heure avance, le sac est bien rempli, ils songent à remonter avant que la mer ne leur coupe le chemin du retour. Une dernière pièce ? Ahmed se penche  et tend la main vers un recoin sombre. Un remous agite la surface de l’eau. Un tentacule se projette vers lui,   une gerbe d’encre noire l’aveugle. Il pousse un cri  d’effroi et les deux hommes se précipitent vers la sortie.  Rapidement ils se dirigent vers des lieux plus hospitaliers. Essoufflés, ils s’assoient sur une pierre et racontent leur histoire. Les vêtements maculés prouvent le danger de leur équipée.  

Les questions fusent, le tentacule grossit, il était gros comme… ils ne savent plus, mais ce qui est sur c’est qu’il était énorme !

  

Aucun doute ils ont vu Le monstre du Fatma.

 

dcp_1658.jpg

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commentaires

Nicole Tourneur 21/07/2010 08:30



Superbes tes photos, j'avoue qu'elles m'ont fait passer un excellent moment, surtout que je ne bouge presque plus de la maison. Tes photos ont coloré mes murs !


J'ai l'impression que tu peux faire plus de choses sur overblog que sur blogspirit, ou bien je ne sais pas me servir de mon blog...


Merci encore pour ces photos. Bises


Nicole



Jakline 06/07/2010 00:43



Ils s'en tirent bien; juste un peu colorés!!



jeanine et rené 31/05/2010 08:06



voila comment naissent loégendes, bien beau pays en tout cas, bonne semaine et bisous



danae 29/05/2010 10:37



Une histoire passionnante et vécue comme savent les raconter les gens du coin. Ici aussi en Bretagne, il y a des pousse pieds et il est interdit de les ramasser mais les braconniers existent et
c'est très près de l'eau au pied de rochers et c'est dangereux. Bises Nicole et bravo pour ton récit.