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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 16:38

Un autre voyage, d'autres souvenirs!

Il y a très longtemps …
Décembre 1984, il fait très chaud sur le littoral atlantique marocain. Nous sommes quelques kilomètres au nord d’Agadir, la ville au 300 jours de soleil, la ville du séisme de 1960. Dans ce petit village de pêcheurs on n’a pas oublié la nuit du 29 février 1960, mais on n’y pense plus ! Inch Allah ! On espère ne plus jamais revivre une telle expérience. Tous les matins à l’aube les hommes préparent les barques puis vont affronter la barre, la « sauter » pour relever leurs filets et revenir vendre le produit de la pêche.
La place en bordure de la route est en terre battue, de là partent des ruelles vers le port. Des échoppes, épiciers, bouchers, et quelques artisans animent le bourg. Depuis quelques années, une foule cosmopolite déambule dans les rues. Il y a les campeurs qui se rassemblent sur le terrain près de la plage : tentes, caravanes et, nouveaux venus, les camping-cars, ils s’installent pour passer l’hiver au soleil. Plus loin vers l’ancienne madrague (installation pour la pêche au thon) c’est le rendez-vous des surfeurs. Au sud, le rocher du Diable et sa crique accueille les hippies. Tout ce monde se côtoie sans vraiment se rencontrer. Le village de Taghazout est connu bien au-delà du Détroit ! Comme jadis le petit port de Saint Tropez, il attire ! Déjà des chantiers de construction sont ouverts, mais le non raccordement au réseau électrique est un frein. Certes nous souhaitons le progrès pour nos amis villageois mais … que va devenir ce petit bourg quand la fée électricité l’aura doté ?
Nous avons installé notre camp de base dans une crique quelques kilomètres plus au nord près d’un village Imi Ouadar. Village de pêcheurs, une seule épicerie et un four pour cuire le pain permettent d’assurer le nécessaire ! Ali l’épicier possède un bateau, il ouvre son magasin au retour de la levée des filets. Une dizaine d’années auparavant il est parti en France « chercher fortune » ! A la mort de son père il est revenu au Pays pour devenir le chef de famille. Nous avons sympathisé et passons de longs moments à bavarder autour du thé. Il fait des projets : se marier, des enfants, mais il lui faut de l’argent ! A notre question : tes enfants iront-ils à l’école ? Sa réponse est nuancée. Les garçons : oui ! Les filles ? Elles iront chercher l’eau au puits sur la place en face de la boutique et garderont chèvres et moutons.
Nous pratiquons la pêche sous marine. Les sentiers qui mènent à la côte d’ici jusqu’au Cap Guir n’ont plus de secrets pour nous ! Au retour nous avons souvent un « comité d’accueil » ! Distribution de poissons ! Cela devient une habitude et nous devons surveiller pour garder quelques pièces destinées à notre repas ! Je garde le souvenir d’une sortie de l’océan sous les acclamations des femmes venues cueillir des moules (pour les faire sécher) rassemblées sur un rocher comme au spectacle !
A Tiguert une petite crique permet la mise à l’eau de quelques barques et nous sommes conviés à prendre le thé. Les pêcheurs affalés sur les filets fument le hash, les verres collent aux doigts et l’eau provient surement de la source où vont s’abreuver les chèvres en fin de journée ! Un peu inquiets, mais l’eau du thé a du bouillir !! Nous n’aurons aucun souci !
Janvier 1985 grande animation à Agadir : on annonce la visite du Roi pour la pose de la première pierre du futur port. Travaux de rénovation, peinture, jardins, nettoyage, pose des drapeaux, tout le monde s’active ! Aucune date n’est annoncée et les drapeaux fanent vite au soleil il faudra les remplacer avant le grand jour ! C’est le 3 mars, jour de la fête du trône qu’aura lieu l’événement.
Bientôt nous remontons vers le nord, autres lieux, autres rencontres ! Oualidia, Tétouan et la côte méditerranéenne (Oued Laou).
Fin mai nous retraversons le détroit en nous promettant de revenir l’année suivante !

Aujourd’hui le vieux camping de Taghazout n’est plus, au rocher du Diable c’est Atlantica Imourane, et chez Ali, Atlantica Park ! Ali est toujours là, son frère tient toujours l’épicerie. Malika sa fille ainée ne va pas chercher l’eau au puits !
A Taghazout la place est goudronnée !
Une chose perdure : notre souhait de revenir au Maroc pour découvrir d’autres lieux et faire de nouvelles rencontres.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 16:44

Premier voyage au Maroc

Noël 1976 approche, les vacances scolaires commencent ce soir.
17h, la cloche retentit, l’école est finie ! Je rejoins mon domicile, la voiture est prête, les valises sont chargées, la chienne est excitée même si elle ne connaît pas les conditions du voyage !!
Sans plus attendre, départ vers le sud, cette année nous fêterons Noël au soleil sur un autre continent. Premier arrêt : la frontière franco-espagnole et oui ! Il y avait encore une frontière ! Nous devons déclarer le fusil transporté, Alain a l’intention de chasser au Maroc. Formalités rapides, munis du sésame nous repartons. On nous a prévenus, le Somosierra avant Madrid pourrait-être enneigé. La météo semble clémente mais …. Le voilà qui se profile à l’horizon, enfin nous supposons, il fait nuit noire ! Pas d’inquiétude il ne neigera pas mais, l’aiguille de la jauge d’essence s’incline dangereusement vers le zéro et depuis un certain nombre de kilomètres nous n’avons croisé aucune station service ! La montée est raide, et dans le halo des phares j’aperçois un panneau sur lequel est dessinée une pompe !! Au sommet du col, de nombreux camions sont arrêtés, capot levé pour refroidir ! Nous faisons le plein de carburant et … cap au sud !
Madrid apparaît auréolé de lueurs blafardes, pas de GPS pour nous guider mais des panneaux et sans erreur nous arrivons à Aranjuez. Voyage sans histoire, nous nous relayons, le Desfilados après Valdépénas est assez impressionnant dans la nuit ! Au petit matin nous approchons de la côte Méditerranéenne, et en début d’après-midi nous voilà à Algésiras. Renseignement pris, un bateau fera la traversée vers 20h pour Tanger. Nous avons le temps de nous sustenter et de faire une sieste.
Au moment des formalités d’embarquement, on relève nos passeports, un doute nous saisit : avons-nous bien fait de partir ? Ce n’est vraiment pas le moment !! Nos passeports nous sont rendus, nous pénétrons dans la gueule du ferry ! Nous avions tort de nous inquiéter ! Deux heures de traversée, la mer est calme, Tanger la blanche nous accueille, mais il faut sortir du port avec les documents dûment tamponnés d’autant plus que nous avons le fusil ! Etions-nous inconscients d’importer une arme, fut-elle de chasse ? Surement pas ! Mes beaux parents l’ont déjà fait et nous allons les rejoindre ! Nous devons revenir le matin, à l’ouverture des bureaux, pour rencontrer la personne qui détient le tampon ! Première nuit en Afrique ! La chienne garde le véhicule ! « Parcours du combattant » le lendemain mais nous avions pris nos renseignements auparavant par téléphone et nous pouvons repartir ayant satisfait à toutes les obligations. Deuxième étape : Rabat, pour obtenir le permis de chasse. Il fait beau et nous apprécions les paysages. La campagne s’anime, je filme. La caméra super8 chauffe ! Pas de go pro ! Pas d’appareil photo numérique, nous sommes au vingtième siècle ! A Souk el Arbaa nous franchissons l’ancienne frontière entre le Maroc Espagnol et la partie française. Elle est obsolète depuis 1956, date de l’indépendance du pays.
Rabat, nous avons l’autorisation de posséder le fusil, il faut pour l’utiliser, faire de nouvelles démarches. Je prends un taxi qui nous conduira à la bonne adresse et mon mari suit. Les renseignements que nous avions ne sont pas bons et il ne sera pas possible de chasser librement il faut rejoindre une organisation spécialisée, tant pis, nous verrons au retour !
Direction Marrakech. La nuit est là et la fatigue se fait sentir. Le premier hôtel à l’entrée de la ville est très bien ! Demain est un autre jour, au programme, les souks de la ville ! Cette impression d’être dans un autre monde, au cœur des commerces est un souvenir inoubliable que chaque touriste ressent la première fois ! Balek ! Balek ! Les ânes vous frôlent ! Regarde ! Pour le plaisir des yeux ! Les cuivres étincellent, les cuirs exhalent leur odeur caractéristique, les caftans aux belles couleurs sont tentants et ….je ne résiste pas ! Nos jours sont comptés, il faut reprendre la route, nous sommes attendus ce soir à Agadir. Nous passons devant la gare et … surprise ! Un troupeau de moutons et de chèvre paisse sans être perturbé par la circulation. J’imagine pareille chose devant la gare Saint Jean à Bordeaux ! Impossible !
La route est magnifique, les montagnes de l’Atlas, ocres, rouges, les premiers arganiers, tout nous ravit ! Il n’y a pas beaucoup de circulation, il faudra attendre les années 90, l’accentuation du commerce avec le sud pour que cette route devienne très dangereuse. L’autoroute permet aujourd’hui de rejoindre le Souss en sécurité mais …. Le charme du trajet est rompu. Au soleil couchant la ville aux trois cent jours de soleil est là, dans sa baie si calme et si prisée. Les odeurs de sardines annoncent le port. Il n’y a pas encore le nouvel ensemble actuel dont la première pierre sera posée le 6 mars 1985 par sa Majesté Hassan II. Taghazout ! Le vieux camping ! Peut-on appeler camping cet espace sommairement clôturé, où, au milieu des arganiers des centaines de caravanes venues des pays européens stationnent durant l’hiver ? Il n’y a pas d’électricité, l’eau est amenée par camions citernes de la ville et … quand le plein est fait c’est une foire d’empoigne pour remplir les réservoirs, les seaux pour les lessives ! Beaucoup vont à la source de la Madrague (à la sortie du village) pour les corvées de linge ! Les générateurs rechargent les batteries et « cassent » les oreilles des voisins ! Des querelles de voisinages qui s’enveniment si les protagonistes sont de nationalités différentes, les compatriotes venant défendre les couleurs du pays !! Mais tout s’arrange rapidement, on oublie vite autour d’un apéritif convivial ! Quand nous arrivons c’est la fin des parties de pétanque, et les bouteilles sont sur les tables. Nous n’avons rien inventé, la vie de camping a ses règles immuables. Nous logerons à l’Hôtel Talborj, et aurons le plaisir de vivre Agadir by night !
Durant le séjour, le Cap Ghir, Tamri, la côte rocheuse et poissonneuse nous attire. Nous assistons tôt le matin au départ des barques du port du village et une envie nous démange : participer à une sortie en mer. Palabres, négociations, nous partons une après-midi sur une « flouka ». Arrêt au petit large pour prise des calamars qui serviront d’appât, puis travail sérieux ! Le fond de la barque se remplit, les pêcheurs voulant nous faire plaisir, ne sont pas pressés de faire demi-tour, ils veulent que notre investissement soit rentabilisé ! Difficile de trouver des positions sans écraser la « récolte » qui s’amoncelle. A la tombée de la nuit retour à la rame, le moteur refuse de démarrer. Sur le port touristes et autochtones nous attendent curieux d’estimer notre compétence. Nous choisissons quelques pièces et donnons les autres aux villageois qui apprécient.
Taghazout est, à cette époque, un petit village, que le tourisme n’a pas encore transformé. 68 n’est pas très éloigné et la vague Hippie a choisi ces lieux pour y vivre en liberté. Les surfeurs se rassemblent à la Madrague et les commentaires entre les deux mondes (hippies et retraités caravaniers) vont bon train. Au rocher du Diable, aujourd’hui Camping d’Imourane, les campeurs voulant faire du sauvage ( ?) se rassemblent. D’autres choisissent de s’installer près du Camping mais dans la zone non clôturée donc gratuite.
Nous visitons la ville, le port, la vieille ville, samedi le souk est incontournable. Odeurs, couleurs, abondance des légumes du Souss, ravissent nos yeux et la caméra tourne ! Le « vendeur d’eau » est assailli par les flashes ! Mais peu consomment !
Le lac Ben tachine a notre visite. Le gardien des lieux vient nous voir : il n’a pas plu depuis plusieurs années nous raconte-t-il. Il nous donnera une leçon de « chèche » : 8mètres de turban à enrouler autour de la tête. Une belle prise, un black-bass de 3 kg fera de cette journée une réussite. Les autres poissons seront pour le gardien.
Mais le temps avance inexorablement et c’est le retour. Nous faisons halte à Arbaoua où une auberge accueille des chasseurs et organise des séjours. Nous ne sommes pas conquis et préférons les contacts avec les Marocains, la chasse au Maroc n’est pas pour nous, mais la pêche oui ! Elle permet de vivre avec les villageois en partageant leurs réussites et parfois aussi leurs échecs.
Ceuta sera notre port du départ, et c’est avec une seule envie : y revenir pour un séjour plus long que nous quittons le pays.
C’était notre premier voyage, ce ne sera pas le dernier !

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 15:21

Ce périple si souvent rêvé, si longtemps préparé, se termine mais le lever du soleil sur la lagune, les oiseaux dans les marécages, le clapotis contre le bateau, rendent la fin très acceptable !

 Bizarre impression, il nous reste encore 1500km, l’Espagne à traverser et pourtant en posant le pied sur le territoire ibérique nous nous sentons chez nous ! Le dépaysement a été grand et le plaisir encore plus grand.

La chaleur que nous craignions tant nous surprend ici en Andalousie ! C’est le week end du 15 août, il y a foule partout ! Deux jours plus tard nous franchissons les Pyrénées, nous allons faire une halte chez Papou et Mamou de retour eux aussi de leur escapade en Amérique ! La soirée promet d’être bruyante et animée !

 Les voilà ! Mamou nous attend sur la terrasse et prévient Papou.

Alors ! Racontez !

C’était, c’était formidable !

Et vous ?

Papi tu n’as pas eu trop peur ?

Il faut que vous alliez au Maroc cet hiver, on a des amis, ils vous attendent !

Pourquoi- pas ! Mais avant vous allez tout nous raconter !

Et vous, votre voyage en Amérique ?

Dis papi tu n’as pas eu peur ?

La soirée fut animée, chacun voulant prendre la parole, la coupant aux autres. Les souvenirs s’entremêlaient, étaient parfois contestés, comme si nous n’avions pas toujours vécu les mêmes choses !

Nous sommes restés quelques jours avant de reprendre le chemin de notre villa. Le temps de tout se raconter ! de répéter une nouvelle fois combien ce voyage nous avait enchanté ! de convaincre nos grands parents de traverser à leur tour le Détroit pout vivre une magnifique aventure, pour faire des rencontres inoubliables !

La fin des vacances fut très occupée : trier les photos, faire un compte rendu, rencontrer amis et famille et ….. la  rentrée était déjà d’actualité !

 

Nous avions envoyé des photos au Maroc ainsi qu’à Mr et Mme Lafon et nous attendions des réponses !

Elle est là cette lettre venue de l’autre continent. Le projet de promenade en forêt est remis à plus tard, nous nous précipitons à la maison. Plusieurs feuillets s’échappent de l’enveloppe. C’est Fatima, qui a écrit et les garçons ont rajouté quelques mots. Là-bas, on attend toujours la pluie pour commencer les semailles et le vent de sable s’est levé !

De longues formules de politesse essaient, parfois maladroitement mais très sincèrement de nous dire combien notre visite les a réjouis en ravivant pour certains d’anciens souvenirs et pour les autres en partageant de bons moments !

Des odeurs épicées chatouillent nos narines, des couleurs ocre, jaune, dorée, défilent devant nos yeux. Le chant nasillard de l’appel à la prière retentit ! Souvenirs, souvenirs !!

 

Ils attendent nos grands parents, espèrent leur visite pour prolonger ces instants de bonheur.

Ils insistent pour que nous promettions un prochain voyage l’année suivante.

Pour les grands parents, c’est gagné ! Ils ont décidé de partir après les fêtes de fin d’année. A leur tour ils consultent la toile, s’inscrivent sur les forums consacrés au Maroc et préparent leur circuit. Ils ne sont pas limités par le temps et ont émis une idée qui va germer dans nos têtes : nous pourrions, nous les enfants  les rejoindre aux vacances de février. Nous prendrions l’avion et ils nous attendraient à Marrakech, que nous ne connaissons pas. Deux semaines de rêve ! Papa et maman n’ont pas encore approuvé cette suggestion. Ils ont conditionné leur accord aux résultats scolaires, ce sont bien des parents !! 

Mais ils mijotent eux aussi, un autre projet ! Nous n’avons vu du Maroc qu’une petite partie ! Peut-être pourrions-nous envisager un nouveau départ   et parcourir de nouvelles contrées ! Papi et Mami ont à nouveau proposé de nous prêter leur véhicule et  …. Ils ont même l’intention, au retour de leur périple d’hiver de commander un nouvel engin, qu’ils prévoiront plus grand pour des voyages à quatre !!

 

 Là-haut dans le grenier la vieille malle, autrefois  bourrée de vieux papiers, abandonnée depuis si longtemps est toujours là !  Béante, elle va nous servir à classer nos souvenirs de voyage ! Nous la regardons avec tendresse : elle est à l’origine de notre aventure et parfois, la curiosité permet de belles découvertes !

 

 

                                                                    FIN

       

 

 

 

Ainsi se termine ce récit! J'espère qu'il vous aura permis de passer de bons moments, vos commentaires m'aideraient à m'améliorer . Peut-être vous aura-t-il donné envie de traverser le Détroit et découvrir  à votre tour  ce pays magnifique où le touriste est bien accueilli.

Vous trouverez des bons  conseils pour organiser votre voyage sur ce forum:

http://www.maroc-campingcar.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         

 

 

 

 

 

       

 

 

 

 

 

         

 

 

 

 



 

 

  

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 10:57

Tôt le matin nous reprenons la route du retour, nous avons repéré une lagune et espérons une promenade en barque pour clore les vacances. La tête encore pleine des paysages du sud, ocre, jaune, nous sommes surpris de revoir du vert, des cultures ! Sur le bas côté des vendeurs proposent les fruits de saison : figues, melons, raisins, à profusion ! Quand un stationnement est possible en sécurité nous allons faire notre marché ! Le dialogue est vite engagé :

Bienvenue !

 D’où venez-vous ?

Tiens goûte, une figue pour toi, une autre pour toi ! Tu vois ce sont les meilleures !  

Et toujours la gentillesse, le sourire, et parfois l’invitation à partager le thé ! Mais notre temps est compté !

Moulay Bousselham, à l’écart de la nationale, est cependant très peuplée ! Ville de vacances pour les Marocains, sur le camping  de nombreuses tentes occupées par des familles,  les enfants  courent dans les allées, les hommes papotent! Il règne ici une joyeuse ambiance très bruyante. Nous nous installons et sommes vite abordés par notre voisin qui, après les salutations et les souhaits de bienvenue nous invite à partager le thé !  Il parle un bon français, ce qui, ici, n’est pas toujours le cas, le Nord du Maroc a été colonisé par les Espagnols,  les adultes pratiquent ce langage. Encore un grand moment de convivialité, une soirée qui nous fera regretter un peu plus la fin du voyage ! Flânant sur le bord de la lagune, nous sommes interpelés par un homme :

  •  Tu veux faire une sortie en barque ? Demain je vous emmène !
  • Oh ! oui ! papa ! Dis oui !

S’en suit une négociation, de longues palabres, puis :

  • D’accord ! demain 8 heures !
  • Inch Allah !

Ensuite nous rejoindrons le port d’embarquement et quitterons le continent Africain ! Et maintenant une promenade au village ! Les vacances ne sont pas terminées !

Ville de vacances certes, mais ville marocaine : le marché comme toujours regorge de légumes, les épices embaument la rue ! Une nouvelle occasion de faire le plein de saveurs ! Plus loin les poissons, les crabes, les araignées … tentation qu’il nous faut satisfaire !  

La promenade en barque, un peu nostalgique, c’est le dernier jour ! Mais une profusion de photos qui viendront compléter l’album souvenir.

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 10:46

Je ne sais pas ! Trop tôt pour faire des projets et nos vacances ne sont pas terminées ! Certes nous prenons le chemin du retour mais il nous reste quelques jours pour voir et vivre de nouvelles aventures.

Calme dans le camping car, les pensées de chacun volent vers ces derniers jours, virevoltent, se remémorent et

Qui aurait pensé que nous rencontrerions ces gens que nos prédécesseurs dans la maison connaissaient ? C’est Bénédicte qui rompt le silence.

Il faut leur écrire et téléphoner à Papou et Mamou, l’hiver prochain ils doivent aller les voir !

Les enfants, le voyage continu ! Nous rentrons au camping et demain direction Tiznit célèbre pour ses artisans  bijoutiers !

Et si nous allions à Fort Bou Jerrif ? dit soudain papa à la sortie de la ville. Nous pourrions y passer la nuit.

 Un concert d’approbation ! Rien de mieux pour oublier le spleen qui nous tenait que de faire de nouveaux projets !

La piste d’accès à cet ancien fort est caillouteuse, durant neuf kilomètres nous sommes secoués, brinquebalés mais les paysages sont grandioses ! Pour ne pas abimer la mécanique, papa roule lentement et ce n’est que quelques heures plus tard que nous apercevons l’esplanade sur laquelle est construite une auberge-hôtel. Installation rapide, repas vite avalé et à la découverte de l’environnement ! La randonnée nous conduit à l’ancienne forteresse militaire puis au bord de l’oued.  Plus loin des champs de figuier de barbarie s’étendent à perte de vue. Cela nous rappelle les explications données par maman quelques temps auparavant : utilisées pour fabriquer des huiles et des crèmes de beauté, les figues sont devenues objet de culture !

La soirée est calme, les parents doivent dormir, une longue route nous attend demain !!

Très vite, nous sommes repris par la découverte de ce beau pays. Sur le bas côté de la route nous croisons parfois des hommes couchés contre une borne. Qu’attendent-ils ? Le bus pour aller faire des courses ? Un ami ?

 Un arrêt à Tiznit! Hum ! Maman et Bénédicte sont très intéressées !! Tiznit la pré-saharienne est entourée par six kilomètres de remparts. Une visite dans la Médina  nous replonge dans la vie des autochtones. Nous flânons dans les ruelles étroites, protégées de la chaleur. De nombreuses échoppes proposent des créations en argent et papa ne résiste pas : maman et Bénédicte seront gâtées ! Ici, le marché aux légumes : odeurs, couleurs nous ravissent ! C’est l’occasion d’utiliser nos nouvelles connaissances : avec nos amis nous avons appris à compter et mémorisé quelques mots !

Salam alekoum, Zouz matichas (bonjour deux tomates)

Choukran ! (merci)

Bénédicte pouffe mais … le marchand a compris et je suis très fier !

Essaouira est le but de l’étape de ce jour. A la sortie d’un virage une bourgade apparaît toute blanche. Le chemin de ronde, flanqué de créneaux garde l ‘ancienne Mogador   . L’heure est propice aller à la rencontre des créateurs.  Très cosmopolite,  elle a connu sa période hippie et reçu des musiciens célèbres de l’époque.

Comme toujours maman en a appris l’histoire  et nous raconte : ici arrivaient les caravanes venues d’Afrique, transportant or et épices, on la surnommait le port de Tombouctou.

Errer dans la médina, muser dans les petites rues ….

 Regarde ! Juste plaisir des yeux !

Des coffrets en thuya, chefs d’œuvre de marqueterie, des galeries de peinture, la tentation est à chaque coin de rue ! Dur de résister ! Nous avons encore des cadeaux à faire, le choix est difficile !

Une promenade sur le port où le ballet des mouettes accompagne le retour des barques de pêcheurs. Des sardiniers préparent leur prochaine sortie, nous ne pouvons repartir sans acheter quelques poissons pour le repas du soir !

 Oh ! Regarde ! Des crabes !

 Non, ce sont des araignées !   

 Finalement c’est dans une gargote du port que nous dégusterons une bonne friture !

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 16:17

Oui ! Oui ! Quand ?

Demain !  Les garçons viendront avec nous  et même Fatima si elle  le désire ! Ce sera notre dernière promenade au Sud, demain nous entamerons la remontée !

Déjà ? Nous n’avons pas vu passer le temps mais inexorablement le calendrier a avancé et si nous voulons faire un retour sans nous presser il faut envisager de prendre la direction du nord !

La Plage Blanche

Cette étendue de sable d’une cinquantaine de kilomètres, tout au bout d’une piste carrossable est un joyau de la côte Atlantique. Face aux îles Canaries elle invite à la rêverie. Quand nous l’atteignons, une multitude de tentes jonchent le bord de mer. Elle doit son nom aux aviateurs de l’aéropostale qui survolaient  ce ruban blanc. Le désert, qui la borde, impose, de son côté, un déroulement de vallons successifs, semés de roches, de cactus que vient cisailler, en contrebas, un oued au lit rocheux.

 . Nous stationnons assez loin du bord  pour éviter la montée des eaux lors de la pleine mer. Très vite une meute d’enfants voltige autour du  véhicule attirée comme des mouches par la nouveauté. Curiosité, envie de communiquer, la surprise  se lit sur leurs visages quand nos copains Sofiane et Mouloud descendent.  Quelques mots de leur part et les gamins s’éloignent ! Nous rangeons le fourgon et partons à la découverte du site. Des pêcheurs tentent leur chance mais  ils sont bredouilles !  Pourtant on est ici sur un lieu très réputé pour exercer ce sport ! Une partie de foot est engagée et nous sommes invités à y participer. Pourquoi pas ! Les parents et les filles poursuivent leur chemin et ce n’est que plus tard que nous les rejoindrons pour le repas. Repas à l’intérieur car nous sommes assaillis par ces gamins qui tous, veulent nous entrainer vers leurs campement ! L’hospitalité marocaine, l’accueil sont à la hauteur de leur réputation mais parfois…. C’est un peu envahissant ! Baignades, jeux, il faut prendre la route du retour ! Une glace dans un café  clôture de façon agréable cette journée !

Nos amis sont heureux, nous aussi mais…  un vent de mélancolie se lève ! Une nouvelle nuit dans leur cour et nous allons nous séparer et rejoindre Ifni avant de nous diriger vers le nord. Echange d’adresse, promesses de s’écrire, de se téléphoner, de revenir ! Papa klaxonne et s’impatiente, nous avons tout à coup beaucoup de choses à nous dire ! Maman vient nous chercher et agitant nos mains par la fenêtre nous nous éloignons !

Déjà ces derniers jours ne sont plus que souvenirs, souvenirs que nous ne sommes pas prêts d’oublier !

On leur enverra les photos !

On écrira à Mr et Mme Lafon, ils vont être surpris !

             On leur enverra des cadeaux.

Dis papa on reviendra l’année prochaine ?

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 10:53

Au retour une surprise nous attend : maman nous accueille drapée dans le voile des femmes du sud, les mains et les pieds tatoués de tatouages au hénné dont elle nous explique la signification symbolique.

Comment sais-tu tout cela ? Les femmes ne parlent que la langue sahraouis !

Elles ont reçu la visite d’une amie parlant français, vous allez la rencontrer elle vient partager le couscous que nous avons préparé toutes ensemble !

Ahmed le père a bavardé, le téléphone arabe a fonctionné, Fatima a autrefois accompagné sa mère quand elle travaillait dans une famille française. C’est avec eux qu’elle a appris notre langue !  Elle revient chargée de photos, de lettres. 

Quel était le métier de ses employeurs ?

Instituteurs ! Mes frères ont étudié et étaient amis avec les garçons de la maison !

Nous échangeons un regard, se pourrait-il que….. Nous nous « jetons » sur ses documents. Un rappel à l’ordre des parents. Maman a expliqué à Fatima qu’en France nous habitions une maison qui avait autrefois appartenu à des gens venant de cette région du Maroc.  Elle est  allée chercher ce dossier. Très vite, il n’y a plus aucun doute  et la jeune femme est très touchée par cette coïncidence.

Il faut que vous veniez à la maison, ma mère, très âgée sera heureuse de vous rencontrer.

Une fois de plus la facilité des contacts, l’hospitalité de ces gens nous surprend !

Avant de rencontrer Aïcha la maman, nous devons déguster le plat national du vendredi ! Assis en rond autour d’une table basse, le repas est une fête ! Fatima sert d’interprète, les conversations vont bon train. Nous avons beaucoup de chance, il ne fait pas très chaud, elle nous dit que parfois le thermomètre atteint les 50° ! Cela nous semble ahurissant, comment peut-on vivre pendant de telles chaleurs ?

Après avoir bien mangé, Fatima nous conduit dans le dédale de ruelles étroites et ouvrant une porte bleue décorée de ferrures nous pénétrons dans une cour de terre battue. Aïcha nous attend, impatiente de savoir !

Dans le salon des banquettes recouvertes de coussins et tapis au sol attendent les invités. Sur la table basse, la théière, le plateau argenté et les petits verres si caractéristiques du pays, un assortiment de pâtisseries nous attendent. Aïcha est une vieille dame édentée,  le décor minéral du paysage extérieur a déteint  sur son visage : ocre, sillonné de ravines profondes, mais ses yeux pétillent et son sourire de bienvenue nous met à l’aise. Un flot de paroles se déverse :

Maman, ils ne comprennent pas ! il faut que tu leur parles en Français ! Tu sais ce sont eux qui connaissent Mr et  Mme Lafon ! Ils habitent dans la maison de Pierre, Michel et Françoise ! 

Fatima utilise la langue du pays et traduit, sa mère pousse  des cris, lève les bras au ciel ! Françoise ? Le bébé ! Mon bébé !  Sa fille, doucement lui parle, essaie de ralentir et d’endiguer l’émotion qui étreint sa mère. Tout à coup Aïcha se lève et nous étreint l’un après l’autre ! Elle est si contente nous dit sa fille, tellement heureuse de nous connaître. Pour elle, nous  sommes les héritiers de cette famille qui lui a donné tant de joie !

L’appareil photo crépite avec sa permission, et nous lui promettons de faire parvenir à Mr et Mme Lafon des clichés souvenirs.

La fraicheur de la soirée nous rappelle que nous devons rejoindre notre camping car. Il est trop tard pour revenir au Camping d’Ifni et nous passerons une deuxième nuit chez nos amis. Nous programmons une marche au pied des collines, des femmes courbées en deux rentrent au village, elles ploient sous le fardeau des fagots qui alimenteront le feu pour la cuisson du repas. En ville, c’est l’heure où les voitures disputent l’asphalte aux charrettes tirées par les ânes.

Pas question de se coucher tôt ! Les garçons ont prévenu leurs copains et une partie de foot est organisée ! Papa joue l’arbitre et maman regarde les cartes ! Elle appelle papa et s’en suit un conciliabule. Sur, quelque chose se prépare, nous connaissons le ton de leur bavardage ! 

 Les enfants ! Une virée sur la Plage Blanche, ça vous intéresse ?

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 14:18

Cette promenade ! Un rêve éveillé ! Jamais nous n’aurions imaginé vivre une telle aventure. Le véhicule : un quatre-quatre couleur sable qui n’a plus d’âge mais qui ronronne et  vibre, le chauffeur, visage aux joues creuses burinées et hérissées d’une belle barbe blanche,   enturbanné d’un chèche noir, vêtu d’une tunique bleue ayant deux ouvertures sur les côtés,  utilisant un langage, pour nous incompréhensible mais qui, étonnamment  voulait dire quelque chose !   Enturbannés à notre tour pour être protégé du sable qui pénètre partout et brûle les yeux et le visage, nous nous installons sur le plateau de la voiture qui en pétaradant nous emmène vers des étendues caillouteuses. Empruntant une piste qui serpente entre les buissons d’euphorbe   nous roulons  vers le désert. Quand on pense au Sahara  on imagine des vastes étendues de sable parcourues par des caravanes de dromadaires mais ici c’est un désert  de pierres, de cailloux avec ça et là quelques épineux dont se régalent les animaux à bosse. Là une barkhane s’est formée ! Notre première dune ! Arrêt photo !

 Tu crois que nous allons rencontrer le Petit Prince ? Demande Bénédicte.

On ne sait jamais, regarde bien, répond papa !

J’éclate de rire et me moque de ma sœur qui naïvement croit encore aux contes de fées !    Pourtant le petit bonhomme blond de Saint Exupéry est encore dans ma mémoire  et le paysage nous plonge dans l’ambiance.  Je rêve ! Et si….. Mais aussitôt l’épisode du serpent me fait frissonner.

Dis papa, demande s’il n’y a pas de vipères dans le sable ?

Le serpent minute dont il m’avait conté la dangerosité venait perturber ma joie . Heureusement, Rachid, poursuivant son rôle de guide  nous rassure. Nous ne risquons rien, le bruit de notre équipée fera fuir tout intrus. J’oublie vite ma peur et  me délecte en pensant aux copains à qui je montrerai les photos souvenirs, trêve de rêverie, au travail. Je mitraille sans cesse, beaucoup de clichés seront à éliminer, les cahots de la piste ne permettant pas un cadrage parfait !

Arrivés sur le haut d’un plateau, au milieu d’une vaste étendue où seuls cailloux et rochers rompent la monotonie du paysage, un puits ! Les hommes ont construits une auge en ciment, ils puisent l’eau et alimentent le réservoir. Les animaux s’approchent et se désaltèrent. Fier de son troupeau, Abdérhaman, le conducteur explique et Rachid traduit.

Regarde la marque du troupeau ! Ils sont beaux, bientôt je pourrais les vendre au souk.

Combien vaut une bête ? s’enquiert papa.

Environ 10000dirhams, nous annonce t-il après une longue discussion. Le prix varie suivant la bête et sa destination ! Regarde celui-ci ! C’est un chamelon blanc qui vaudra beaucoup d’argent !

J’interroge notre accompagnateur :

Pourquoi faut-il leur apporter de l’eau ? Je croyais qu’un dromadaire pouvait rester longtemps sans boire.

C’est vrai ! Mais ici ce sont des bêtes élevées pour leur viande et pour avoir de beaux animaux il est bon de leur apporter boisson et nourriture.

               Tu sais, poursuit Rachid : le désert avance, la sécheresse est un fléau, il n’a pas plu suffisamment depuis le printemps de l’année dernière et à cette époque de l’année il n’y a plus rien à pâturer ! Bientôt il faudra déplacer le troupeau plus au Nord pour qu’il trouve de la nourriture.

  •  Vous n’avez pas vu quand se lève le vent de sable ? Il brûle tout sur son passage ! La ville se dépeuple, ses habitants s’enferment.
  •   Pouvons-nous en vivre un ?
  •  A cette époque de l’année c’est plus rare ! Si vous voyez arrivez des nuages de libellules et de papillons, il faut vite s’enfermer !
  • Pourquoi ?
  • Chassés des oasis de l’intérieur par ce vent venu de l’est, les insectes fuient vers la mer et la fraîcheur !

 

  • Mais quand vient la pluie, les oueds se gonflent, les cuvettes gardent l’eau et quelques semaines plus tard nous pouvons semer le blé ! Le désert se couvre de fleurs, les bêtes peuvent faire bombance ! Parfois, c’est la catastrophe, les torrents déboulent avec une telle puissance qu’ils emportent tout sur leur chemin. Malgré tout ici, chaque goutte d'eau est un espoir de grain de blé: Et avec le blé, c'est le pain!

 

 

Il est temps de prendre la direction du retour. Le soleil ardent darde ses rayons, il nous semble apercevoir un lac au loin, papa nous explique : c’est un mirage, une illusion d’optique ! A mesure qu’on s’approche « le lac » s’éloigne ! L’explication est longue, les brumes de chaleur, la différence de température ne nous passionnent pas ! Je retiens qu’autrefois beaucoup de voyageurs  se sont faits piéger, ils croyaient trouver là de quoi étancher leur soif, malheureusement ils ne sont jamais revenus.

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 17:59

Une visite inoubliable : L’Oasis de Tighmert est un lieu exceptionnel, une palmeraie avec de beaux arbres et à proximité la Kasbah Caravansérail.

Cette Kasbah vieille de 300 ans, entretenue par Abdoul et son cousin est une véritable maison musée. Depuis plus d'une trentaine d'années, ils accumulent de multiples objets traditionnels d'époque à maintenant, on en apprend beaucoup sur la tribu sahraouis! Après la visite, direction  la tente bédouine, pour boire un thé à la menthe et commencer  de grandes discussions

Maman est ravie de les rencontrer !  Une promenade dans la palmeraie à dos d’âne  pendant que les parents s’instruisent en écoutant ce Touareg sédentarisé et reconvertit en gardien de la tradition.

La soirée est également un très bon souvenir, nous ne pouvions refuser de partager le repas préparé par  Bouchra, la maman de Rachid. Avant de rejoindre la salle commune de nos hôtes, maman nous fit ses recommandations : ici pas de chaises, on s’assoit sur les tapis et les coussins, pas d’assiettes, le plat sera au milieu de la table et chacun mangera la part qui lui fait face en se servant du pain car il n’y aura sûrement pas de fourchettes !  Dûment chapitrés, les bras chargés de cadeaux, nous nous approchons : embrassades, cris de joie, l’impression d’être là depuis toujours ! Les hommes s’assoient autour de la table basse sur des banquettes recouvertes de coussins, les enfants nous entourent et nous « kidnappent » pour notre bonheur  pendant que notre mère est elle aussi enlevée ! Elle rejoint les femmes et réapparaîtra en tenue locale. La pièce est sombre, dans l’air flotte l’odeur des épices, cette fragrance si caractéristique du pays !   Rachid sert d’interprète et rendez-vous est pris pour le lendemain : atelier teinture pour maman très intéressée par cet art ! Pendant que notre artiste exercera ses talents nous irons, en compagnie d’un autre convive, dans le désert, alimenter un abreuvoir pour dromadaires. Au retour comme nous sommes vendredi, nous dégusterons le couscous !

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 14:34

Comme toujours dans ce pays où l’hospitalité n’est pas un vain mot, nous sommes accueillis avec des « bienvenus » qui n’en finissent plus. Le serveur qui baragouinait, plus qu’il ne parlait le français, s’enquit de notre provenance.

Ifni !

Et en France ? Paris ?

Non, Bordeaux !

Ah ! 33 ! le vin !

Tu connais ?

Non ! Je ne suis jamais allé en France, mais j’aime bien parler avec les touristes ! Et je regarde le foot aussi !  Tu veux visiter ? J’appelle mon fils, il t’explique, te montre le marché, les boutiques, tu veux acheter les bijoux ? Tu viens chez moi demain, je ne travaille pas, la femme fait le couscous !

Devant cette avalanche de questions, de propositions, nous écoutons médusés, surpris par cette sollicitude pour les étrangers  que nous sommes ! Ce n’est pas la première fois que nous recevons une invitation, chaque fois la surprise nous laisse sans voix : des étrangers que nous voyons pour la première fois !  Puis maman explique avec gène, que nous ne pouvons  accepter ! Bénédicte et moi aurions bien voulu voir comment vivent les gens, visiter une maison, mais les parents pensent que c’est de la curiosité et que nous devons refuser gentiment ! Un jour peut-être !

Cette fois encore, elle essaie de se sortir de cette situation sans vexer notre interlocuteur quand apparait un jeune homme qui vient nous saluer :

Rachid, mon fils, tu verras lui il parle le français, il connaît, il te montre ! Tu sais il est allé à l’école à Agadir ! Mais maintenant il cherche du travail.

Comment refuser ? Un rapide clin d’œil des parents et papa :

Rachid combien veux-tu de dirhams pour nous faire visiter ta ville ?

Comme tu veux, Monsieur, tu me donnes ce que tu veux !

Situation délicate, bien vite rompue par le père :

Tu donnes 150dh, si t’es content tu donnes plus !

D’accord ! On y va, tu prépares le tagine de dromadaire !

La ville, construite au pied d’un ksar en ruines, n’offre que peu d’intérêt, mais il est toujours agréable d’accepter les sollicitations des vendeurs de boutiques sous les arcades.  Chacun de nous veut un chèche pour ressembler à ces hommes bleus dont on a lu les histoires ! De grands éclats de rires animent l’échoppe : s’enrouler dans ce turban de plus de 4mètres est tout un art et avec beaucoup de patience, Rachid aide le vendeur. Maman et Bénédicte se voient parées du Melhfa, un voile aux couleurs chatoyantes dans lequel se drapent les femmes du sud ! Plus tard les bijoutiers reçoivent notre visite. Assis sur des coussins, autour de l’inévitable plateau de thé  nous les  écoutons conter l’épopée des caravanes faisant le commerce de l’or, argent et esclaves.

Astucieusement ils passent des bracelets autour des poignets et des chevilles de ces dames et font cliqueter colliers et  boucles d’oreilles. Un rayon de soleil s’infiltre dans la boutique et joue sur la bouilloire d’étain.   

Il est temps de se restaurer ! Rachid, nous t’invitons !

 Papa a trouvé le bon moyen de nous éloigner de ces lieux de tentation ! Il a tout de même remercié nos hôtes et après une rude négociation conduite par notre guide, acheté quelques breloques.  Au cours du repas, Rachid nous indique une oasis dans les environs qui mérite une visite, comme nous rentrerons trop  tard pour rejoindre le camping, il propose de nous offrir l’hospitalité d’un bivouac chez lui pour la soirée, nous pourrons sans crainte garer notre véhicule  et dormir en toute sécurité !

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